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    Résumé Allociné:

     

    Adaptation Live de la saga littéraire du Sorceleur.

    Le sorceleur Geralt, un chasseur de monstres mutant, se bat pour trouver sa place dans un monde où les humains se révèlent souvent plus vicieux que les bêtes.

     

     

    Et voilà.

     

     

     

     

    Nouvelle série phare de Netflix, The Witcher m'a quelque peu intrigué alors j'ai fini par mater, comme tout le monde. En fait la série a beau être adaptée d'une série le romans, The Witcher m'évoque davantage une série de jeux vidéos à succès qu'une saga culte de l'heroic fantasy comme l'Assassin Royal ou Le Disque Monde.

     

     

     

     

    D'ailleurs j'avais même jamais entendu parler des livres en fait.

    Enfin bref. Pour en revenir à la série qui nous intéresse, The Witcher a beaucoup fait parler d'elle, non seulement parce qu'elle est tirée de romans à succès mais surtout parce qu'elle est arrivée plus ou moins au moment où Game of Thrones se terminait (GOT qui a été la série la plus téléchargée au monde, et la plus chère aussi je crois). Bref, si l'attente était là, elle partait avec un gros handicap vu qu'elle allait immédiatement souffrir de la comparaison avec la saga de George R.R Martin.

    De fait, dès le premier épisode, on tombe sur un château envahi par les méchants, une fille pourchassée, un antihéros qui tue des monstres Bref on comprend pas grand chose si ce n'est que les humains ont autant besoin du Witcher qu'ils le détestent. C'est brouillon, et le coup du "héros martyr" est un peu cliché. Je trouve ça mal amené.
    La suite est à l'avenant avec l'introduction d'un personnage qui va se révéler très important pour l'évolution de l'histoire.  Mais voilà, sans vouloir spoiler, on comprend toujours pas le délire. Je veux dire, bien que l'histoire se mette progressivement en place avec une chronologie quelque peu morcelée (avec un sens de l'élipse et du flashback tout particuliers), certains ressorts scénaristiques sont mal amenés d'autant que  certains perso sont ou surfaits, ou inintéressants, ou encore hyper chiants, la palme revenant à une sorcière qui passe de Cosette à sorcière rebelle sache trop qu'on sache pour quelle raison. Et ses sautes d'humeurs incessantes la rendent très vite assez insupportable.

     

     

     

    Yennefer (Anya Chalotra), la sorcière la plus paumée de l'histoire, et le perso le plus mal exploité

     

     

     

    En fait, le gros problème de la série à mon sens est son format. C'est en général compliqué d'adapter une oeuvre littéraire car on est un peu obligé de couper dans le tas, voire d'éluder certaines intrigues ou personnages. Et là on sent clairement que huit épisodes étaient trop peu. Il y avait sans doute une crainte de la part des producteurs de ne pas avoir assez de scènes choc pour satisfaire le fan (ou le public moyen) mais au final les personnages perdent en épaisseur et l'histoire perd en intérêt. Dommage. D'ailleurs dans le lot, au delà du personnage éponyme, je ne sauve que la reine Calanthe de Cintra qui est aussi charismatique que détestable par sa bêtise assumée. Une espèce de Cersei Lannister, avec une armure et sans inceste.

     

     

     

     

    Calanthe de Cintra (Jodhi May), la reine guerrière aussi "badass" que mégalomane

     

     

     

     

    Côté mise en scène, la série a beau être fortement budgétée, il n'en demeure pas moins que le résultat est globalement assez cheap. Certes on n'est pas au niveau de la Caverne de la Rose d'Or et les monstres sont bien faits, mais non seulement les combats sont mal filmés, mais en plus je sais pas les décors sont globalement répétitifs. Par ailleurs, gros budget oblige, les scènes de sang et de sexe qu'on est en droit d'attendre sont aux abonnés absents. Ah ouais on n'est pas sur HBO là ha ha! Dommage.

     

     

    Alors est-ce que la série est un fiasco pour autant? Je dirais non. Elle se laisse regarder, et même si j'en avais pas grand chose à faire des climax et autres cliffhangers comme on dit, j'ai continuer à mater sans déplaisir.

    Côté distribution, les acteurs paient le manque d'épaisseur de l'histoire ou de leurs personnages. A ce niveau seul (ou presque) Henry Cavill s'en tire. Il faut dire que le bonhomme (qui a récupéré 10 points de charisme depuis Superman) porte clairement la série et la tire vers le haut. C'est toujours ça de pris.

     

    Bref, pour résumer, loin d'être la purge qu'on aurait pu craindre, The Witcher est une "sympathique" série totalement inoffensive qui n'a pas d'autre but que de divertir le spectateur moyen. Enfin j'espère.

     

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    Ah lala... Ca fait longtemps que j'ai rien écrit sur ce blog (j'ai l'impression d'écrire ça souvent). En même temps j'ai eu pleins d'autres trucs à gérer pour préparer mon voyage à Mada (la VRAIE Mada, pas le petit bout de terrain dans les Caraïbes là). Parce que oui, je suis à Mada pour trois mois. J'écris en direct de Tana (Antananarivo pour les non initiés) où il fait environ 25°. Enfin bon j'y reviendrai parce que c'est pas le sujet.

     

     

     

     

     

     

     

     

    Résumé de l'éditeur:

     

    L'agent de la DEA Art Keller, Seigneur de la frontière americano-mexicaine, a juré sur la tombe de son adjoint d'employer tous les moyens, légaux ou illégaux, pour mettre un terne au trafic qui inonde son pays. Le Seigneur de la drogue Miguel Angel Barrera, puis ses neveux Adan et Raul répliquent dans le sang et écrasent quiconque, ami ou ennemi, leur barre le chemin. Callan, un Irlandais né au cœur de la mafia new-yorkaise, devenu tueur, puis mercenaire presque malgré lui ; le père Juan Parada, archevêque de Guadalajara, qui lutte auprès des plus hautes autorités de l'Église pour la survie de centaines de milliers d'Indiens anéantis par la guérilla, chassés de leurs terres, empoisonnés par les produits chimiques ; son amie Nora, qui use de ses charmes tarifés et de son tempérament hors du commun pour faire et défaire alliances, marchés et compromis... Tous jouent une partie mortelle sur un échiquier grand comme le monde. Depuis les jungles d'Amérique centrale, la Federacion Barrera distille un poison qui conduit à la folie des hommes. Ni la justice ni la foi ne veulent plus rien dire. L'instinct seul s'impose : celui qui tue, celui qui sauve.

     

     

    Petite présentation du mec:

     

    Né en 1953 à New York, Don Winslow a grandi dans le Rhodes Island, puis est revenu à New York dans les années 70. Il a effectué de nombreux boulots différents tels que comédien, metteur en scène, détective privé et même guide de safari au Kenya (!!!). En 1991 il réussit à publier son premier roman A Cool Breeze on the Underground (Cirque à Picadilly) mettant en scène le détective Neal Carey qui deviendra un de ses héros fétiches. Le livre est bien accueilli par la critique. Suivront une vingtaine d'autres romans aux genres et univers variés (majoritairement des polars on va pas mentir). Plusieurs de ses romans ont été adaptés au cinéma tels que Kill Bobby Z (avec Paul Walker et Lawrence Fishburne)et bien sûr Savages réalisé par Oliver Stone.

     

     

    Don Winslow

     

     

     

     

     J'ai souvent entendu parler de Don Winslow, notamment depuis Savages, le film d'Oliver Stone adapté d'un de ses romans. A vrai dire, j'avais pas aimé le film même si je trouvais le pitch intéressant. Je ne sais d'ailleurs pas à quel point il est fidèle au matériau de base. Enfin bref, tout ça pour dire qu'après ce film, puis Cartel (que je n'ai pas vu, et à tort puisque le film, adapté d'un scénario de Cormack Mccarthy,  n'a en fait aucun rapport avec le roman), j'ai toujours eu le nom de winslow en tête sans jamais me pencher sur un de ses livres. C'est donc chose faite avec la Griffe du Chien.

     

     

    " Le plus grand roman sur la drogue jamais écrit. Une vision grandiose de l'Enfer et de toutes les folies qui le bordent. " dixit le grand James Ellroy.

     

    Ellroy, Connelly... tous livrent une critique élogieuse de La Griffe du Chien. Limite on pourrait se demander s'il y a pas un peu de foutage de gueule commercial derrière. Et bah personnellement, à la lecture du roman, j'ai qu'un seul mot à dire: waouh!!

     

     

    Dès l'intro, qui nous décrit l'agent spécial Art Keller inspectant une scène de meurtre (enfin, un charnier), le ton est donné. Perso la mise en bouche m'a mis une petite claque. J'étais là genre "ah ouais quand même..."
    Et la suite est à l'avenant. Honnêtement j'ai rarement lu un bouquin aussi nerveux. C'est fou, Don Winslow est très fort. Il y a quelque chose de particulier dans son style et dans sa narration. L'écriture est très nerveuse, concise.Don Winslow ne cherche pas la plus belle prose mais l'efficacité. Ainsi il va à l'essentiel et à l'économie de mots. C'est brut de décoffrage mais bien plus maitrisé qu'il n'y parait. On sent que le mec a de la bouteille.

    Côté narration c'est pareil. Tout au long des 800 pages et quelques, ça part dans tous les sens. Ainsi on passe de Hell's Kitchen (Manhattan) au Sinaloa, de Mexico à Tegucigalpa, du Guatemala à la Colombie, de San Diego à Hong Kong et de Tijuana au Vatican. Le tout avec une improbable cohérence. C'est assez fou, un vrai festival de montagnes russes extrêmement maîtrisé qui tiennent en haleine tout au long du roman. Mais surtout le livre est extrêmement nerveux. Dès le début du livre, il y a une tension qui agrippe le lecteur et qui ne lâchera plus durant toute la lecture du roman et ce pour chaque situation et chaque protagoniste.

     

    Il faut bien comprendre le tour de force dont Don Winslow a fait preuve avec ce roman. Loin d'être un simple polar, La Griffe du Chien est une fresque, un roman fleuve s'étirant sur une vingtaine d'années durant lesquelles on assiste à la naissance du narco trafic mexicain d'envergure internationale et à son émergence à travers la création des principaux cartels. Bien qu'étant une fiction, le livre n'en est pas moins extrêmement documenté sur l'histoire relativement récente du narcotrafic. J'ai lu que Winslow avait passé environ six ans à se documenter avant de s'atteler à l'ouvrage. Et ben ça se ressent. D'ailleurs il s'avère aussi riche en détails, c'est que la plupart des personnages sont inspirés de authentiques personnalités du monde du crime ou d'ailleurs. Leur évolution, les situations (parfois ultra glauques) auxquelles ils font face, les fusillades et même les massacres renvoient la plupart du temps à faits qui ont réellement eu lieu. Et c'est d'ailleurs ce réalisme qui est peut-être le plus terrifiant. Parce que oui, le livre est d'une violence assez inouïe. je dirais pas qu'on est dans un truc aussi sordide que Meridiens de Sang (probablement un des trucs qui m'a le plus mis mal à l'aise niveau violence) mais y a quand même quelques passages assez gratinés.

     Ainsi très peu de choses nous sont épargnées: meurtres en tous genres, torture, décapitation, démembrements, meurtres d'enfants... bienvenue dans l'univers des cartels, un univers d'une sauvagerie sans limite. Ceux qui ont vu les trois ou quatre saisons de Narcos seront en terrain connu.

     

    Pour autant cette débauche de détails historiques ou non ne fait pas non plus oublier la place des personnages dans le livre. Aussi tous les protagonistes bénéficient d'une épaisseur et d'une psychologie dignes de ce nom, et on s'attache assez rapidement à toute cette galerie de personnages hauts en couleurs ayant chacun leurs part d'ombre et de lumière. Et effectivement, même le pire criminel peut susciter l'empathie tout comme le flic le plus droit peut devenir un véritable enculé, la fin justifiant généralement les moyens. Dans tout ce marasme, on peut qualifier le personnage de Sean Callan d'exception. Bien qu'il ne soit pas le seul personnage a voir une certaine "morale" (ils en ont tous une à leur manière), c'est le seul qui possède une espèce d'innocence à sa manière. Plus que tous les autres, Sean est un peu un mec bardé de principes empêtré dans une histoire bien trop grosse pour lui, mais qui s'évertue envers et contre tout à les conserver. En ce sens je l'ai trouvé peut-être un peu plus touchant que les autres. C'est un mec bien qui s'est simplement retrouvé du mauvais côté. D'ailleurs pendant tout le bouquin je trouvais pas trop d'intérêt à son histoire mais il a un rôle clé comme tous les autres personnages au final.

    Honnêtement j'ai pas grand chose à dire de plus sur ce livre si ce n'est qu'il est bien à la hauteur de sa réputation.

    Parfaitement maîtrisé, extrêmement nerveux (je le répète), La Griffe du Chien est à mes yeux un petit chef d'oeuvre du genre, bien que destiné à un public averti. Je pense me faire Cartel (la suite) dans pas trop longtemps.

     

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    Résumé de l'éditeur:

     

     

    Jake Adelstein en a bien conscience : il ne s’en sortira pas vivant sans aide. Après avoir écrit un article sur Tadamasa Goto, il a tout le Yamaguchi-gumi à ses trousses. Partant du vieux principe selon lequel « les ennemis de mes ennemis sont mes amis », Jake Adelstein engage un ancien yakuza, Saigo, qui appartenait à la branche ennemie de Goto. En échange ? Jake doit écrire la biographie de son protecteur. À partir de la vie de cet homme qui a connu l’âge d’or des yakuzas, Jake Adelstein dresse une fresque épique de la mafia japonaise, des années 1960 à nos jours. C’est Le Parrain au pays du Soleil-Levant, cela commence sur fond de tatouages sophistiqués et se termine dans les milieux de la finance. Entre-temps, les yakuzas ont perdu leur sens de l’honneur.

    Une fresque épique sur la plus secrète des organisations criminelles.

     

     

     

    J'avais lu et adoré Tokyo Vice (dont je parle ICI ), alors j'ai décidé de lire l'effort suivant de Jake Adelstein.

    Au vu du titre vaguement banal, j'avais peur d'être un peu déçu, mais au final il n'en est rien. L'histoire suit donc la vie haute en couleur de Saigo, un Japonais qui se retrouve singulier dès la naissance. En effet, né dans les années 60 d'un père japonais plutôt conservateur et d'une mère américaine d'origine japonaise, Saigo grandit sous l'influence de celle-ci et sans jamais parvenir à se conformer aux convenances qui font les particularismes culturels du Japon. Rustre dans ses manières, doté d'un physique impressionnant, et d'un sale caractère, le bonhomme devient vite un bagarreur hors pair. C'est donc tout logiquement qu'il devient chef d'une bande de bosozokus, les bandes de motards japonais, puis dévie en créant une milice d'extrême droite avant de finalement intégrer un clan yakuza appartenant à l'Inagawa kai, soit le second groupe yakuza du pays par son importance.

    Bon le mec a quand même eu une vie de dingue et est globalement passé par toutes les cases obligatoires du chef yakuza type: les bandes, les milices, la prison, l'enrôlement dans un clan yakuza, la création de son propre gang, l'irezumi (tatouage japonais), les conflits de territoire, l'argent, la drogue (dure), les femmes, le manque d'argent...

    Parce que ce qui est intéressant dans la description des clans yakuzas, c'est que la structure pyramidale de celle-ci est faite de telle sorte que plus tu évolues, plus tu gagnes d'argent et plus tu te dois de gagner de l'argent. Non seulement il faut avoir de l'argent pour l'apparence et le prestige (belle voiture, belle maison, beaux vêtements, beau tatouage, bref tout ce qui renvoie au grade de l'intéressé), mais aussi et surtout parce qu'à la manière d'associations, il faut payer d'énormes sommes d'argent pour les cotisations au groupe, à l'oyabun, ainsi que pour les fonds de soutien aux yakuzas enfermés, aux  enterrements... Inutile de dire que la spirale devient inéluctable, d'autant plus que l'argent qu'on récupère dépend du nombre de soldats dont on dispose. Bref un sacré casse-tête.

     

     

    Contrairement à ce que le titre (un peu fourre-tout) laisse supposer, Jake Adelstein, en racontant la vie de Saigo (dont on ne connaîtra jamais le nom de famille, il me semble), en profite pour raconter l'histoire des yakuzas au Japon, de leur émergence à la fin du 19ème siècle), à leur explosion après la second guerre mondiale. Très généreux en détails et extrêmement documenté, il en profite pour mettre en lumière les rapports ambigüs que le Japon a longtemps entretenu avec les yakuzas, de la population locale à la police, en passant évidemment par l'appareil politique jusque dans ses plus hautes sphères. On y découvre par exemple les liens trouble qui ont existé entre une branche du Yamaguchi gumi (le plus important groupe yakuza du Japon, et avec lequel Jake Adelstein a eu maille à partir) et la secte Aum, une secte mondialement connue pour avoir propagé du gaz sarin dans le métro tokyoïte, ou encore Shinzo Abe dont la nomination en tant que premier ministre se serait faite dans l'ombre de manière "insistante".

    Par ailleurs, Jake Adelstein en profite pour s'attarder sur l'histoire des principaux clans (l'Inagawa Kai et le Yamaguchi Gumi entre autres), à travers les hommes phares qui ont fondé ou participé à l'émergence de ceux-ci, et développe les subtilités qui les différencient comme la philosophie, la région d'origine, les secteurs d'activité (par exemple les tekiyas qui gèrent le commerce des fêtes foraines et festivals) et les limites morales de chaque groupe. C'est d'ailleurs assez drôle de voir les paradoxes des yakuzas, généralement liés à des partis d'extrême droite alors qu'ils sont paradoxalement les structures qui enrôlent le plus grand nombre d'hommes issus de populations traditionnellement discriminées au Japon (les Coréens, les "Burakumin").

    On y découvre aussi les différents rites et cérémonies en usage dans le monde interlope des yakuzas.

     

    Bref, je m'arrête là. En plus de raconter la vie assez passionnante de Saigo, Jake Adelstein en profite pour nous livrer une véritable bible des yakuzas. En ce sens, Le Dernier des Yakuzas est pour moi un incontournable pour qui s'intéresse un tant soit peu au sujet.

     

    Gros livre!

     

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    Résumé:

     

    Gotham City, fin des années 70, ou début 80. Arthur Fleck est un pauvre type, de ceux qui n'ont pas eu de chance dans la vie. Employé modeste, vivant toujours avec une mère malade, souffrant de schizophrénie, il gagne sa vie en tant que clown de troisième zone et s'accroche à son rêve de devenir un jour un humoriste célèbre. Pourtant de déconvenues en déconvenues, il finira au détour d'une énième mésaventure à se découvrir, et à devenir malgré lui une icône, un personnage, un nom sous lequel il passera à la postérité: Le Joker.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Dans la série des "mais pourquoi est-il si méchant?", après Leatherface (pourquoi met-il un masque en peau humaine?), Hannibal (pourquoi mange-t'il des gens), Freddy, Darth Vador et je ne sais quel autre icône de la pop culture, voici le cas du Joker. Alors, il faut croire que les américains raffolent de ce concept( à Hollywood en tout cas). Moi je ne comprends pas, si on aime bien les croque mitaines ou les personnage d'horreur c'est justement pour la part de mystère qui les entoure, alors pourquoi chercher à expliquer l'inexplicable? Je sais pas, pour moi c'est un concept globalement assez débile. Un jour ils seront capables de faire un film pour expliquer pourquoi Sadako a fini au fond d'un puits et d'une VHS... Enfin bref.

    Enfin bref donc, pourquoi pas? Allez, soyons fous. Mais encore faut-il trouver la manière d'amener le truc, et si le film a bien pris le temps, je n'ai pas été plus convaincu. Pourquoi?  Parce que tout est tiré par les cheveux. Vu que c'est le personnage principal, il faut lui apporter de l'humanité, il faut que le public (américain), ait de la compassion pour ce malheureux qui... zzz... On s'en bat les couilles putain! On parle du Joker ou de Rémi sans Famille? Rien que ce parti pris totalement hypocrite me soule, comme si on ne pouvait pas faire un film sur un antihéros iconique totalement amoral et mégalomane. Je sais qu'il y a de l'argent en jeu mais quand on fait un film sur le Joker c'est pas pour le transformer en vieux fragile de 40 kg avec un QI de 70... On parle quand même de l'ennemi emblématique de Batman bordel!

     

     

     

    Arthur Fleck (Joaquin Phoenix), un homme au passif social et psychiatrique bien chargé

     

     

     

     

    Pour le coup le Joker de Nolan était déjà bien plus intéressant. C'était un anarchiste pur et dur qui s'en foutait de tout et voulait plus ou moins tout faire sauter. Là, on nous sort des considérations sociales, une enfance malheureuse à souhait, des traumas et du mélo à en gerber... Bref, c'est pas sa faute.  Et puis le délire revendicatif faussement engagé des pauvres contre les méchants riches... C'est moyen. Le mec devient une icône malgré lui on sait pas trop comment, mais c'est normal. 

     

    Par ailleurs toute son histoire autour de son rêve m'a fortement rappelé la Valse des Pantins de Scorsese auquel le film tente de rendre hommage. Ici De Niro n'est plus l'apprenti humoriste mais au contraire remplace Jerry Lewis dans le rôle de l'idole désabusée et vaguement puante.

     

     

    Murray Franklin (Robert De Niro), présentateur et idole d'Arthur

     

     

     

    Alors est-ce que le film est un ratage complet? Non. La facture déjà, très années 70-80 est plutôt bonne. On se croirait presque dans un film d'époque tant la direction artistique est réussie. Elle l'est même tellement que la ville n'a plus de Gotham que le nom. On sait bien qu'il s'agit de new York mais là, ils font même plus semblant.

    La réalisation quant à elle est plutôt bonne. Même s'il le pathos est assez mal dosé, la mise en scène est plutôt sobre et les doses d'humour fonctionnent. Todd Philips, plus habitué aux comédies grasses (Hangover, ou Very Bad Trip en vf, et ses suites) s'en sort plutôt bien même s'il avait déjà officié sur un film d'époque avec le film Starsky & Hutch (que je n'ai pas vu d'ailleurs).

     

    Mais c'est surtour la distribution qui vaut le coup d'oeil, Joaquin Phoenix en tête. Il faut le dire, le Joker n'a eu les grâces que d'acteurs plutôt cotés: Jack Nicholson, Heath Ledger, Jared Leto... Si avec le recul le grand Jack  cabotinait plus qu'Adam Sandler dans n'importe lequel de ses films, et que Jared Leto n'a visiblement pas marqué le public outre mesure pour sa prestation (il n'a d'ailleurs même pas été contacté pour ce film, ni pour les autres, et rage encore ha ha!), Heath Ledger avait construit un personnage assez difficile à égaler. Et si Joaquin Phoenix a déjà contre lui un scénario à haute teneur en pathos, il s'en sort malgré tout avec les honneurs.

     

     

     


    Le Joker, ou la classe faite clown

     

     

     

    Le mec a dû perdre au moins 20 kg, et semble habité comme à son habitude. Et même s'il cabotine par moments (la faute à une direction d'acteur assez moyenne), il s'en sort avec les honneurs pour moi.

     

    Malheureusement pour les autres, il occupe tellement l'écran que le reste du casting passe presque pour de la figuration. Dans le lot, on retrouve la toujours bonne Frances Conroy (Six Feet Under, American Horror Story etc), Brett Cullen ( croisement improbable entre Sean Bean, Chris Cooper et Alec Baldwin, et qui jouait déjà un député dans Dark Knight Rises) très bon en Thomas Wayne très "républicain", De Niro qui assure le service minimum (comme il le fait depuis au moins 15 ans). Enfin on aperçoit les toujours sympathiques Shea Whigham (Boardwalk Empire, Take Shelter) et Brian Tyree Henry (Widows, le rappeur Paperboy dans Altanta) dans des rôles à la limite du caméo.

     

    Heureusement pour elle, la toujours jolie Zazie Beetz (Deadpool) s'en sort nettement mieux que son collègue de la série Atlanta, avec un rôle presque aussi étoffé que celui de Frances Conroy, ce qui en fait le troisième ou quatrième rôle le plus important du film. Niveau perf elle joue bien comme d'habitude mais sans faire genre, en général je m'attarde pas trop sur son jeu dans je la regarde à l'écran.

     

     

    Sophie (Zazie Beetz), la jolie voisine d'Arthur

     

     

     

    Bref, je pense que j'ai tout dit. Loin d'être la branlette que tout le monde nous vend en ce moment, Joker est un film vain à mon sens, assez bavard, mais néanmoins sympathique par sa volonté de proposer autre chose et d'ancrer la mythologie DC dans le "réel". Un peu dans la continuité de Nolan en somme.

     

    Ironie du sort, le film se veut un hommage aux films de Scorsese comme La Valse des Pantins ou Taxi Driver alors que ce dernier vient littéralement de chier sur les films de super héros. Niveau timing c'est parfait ha ha!

     

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    Résumé:

     

    Voici l'histoire du dernier des hommes qui parlait la langue des serpents, de sa sour qui tomba amoureuse d'un ours, de sa mère qui rôtissait compulsivement des élans, de son grand-père qui guerroyait sans jambes, de son oncle qu'il aimait tant, d'une jeune fille qui croyait en l'amour, d'un sage qui ne l'était pas tant que ça, d'une paysanne qui rêvait d'un loup-garou, d'un vieil homme qui chassait les vents, d'une salamandre qui volait dans les airs, d'australopithèques qui élevaient des poux géants, d'un poisson titanesque las de ce monde et de chevaliers teutons un peu épouvantés par tout ce qui précède.
    Peuplé de personnages étonnants, empreint de réalisme magique et d'un souffle inspiré des sagas scandinaves, L'Homme qui savait la langue des serpents révèle l'humour et de l'imagination franchement délirante d'Andrus Kivirähk. Le roman, qui connaît un immense succès en Estonie depuis sa parution en 2007 (plus de 40?000 exemplaires vendus pour un pays d'à peine 1,4 million d'habitant) retrace dans une époque médiévale réinventée la vie peu banale d'un jeune homme qui, vivant dans la forêt, voit le monde de ses ancêtres disparaître et la modernité l'emporter. Une fable?? Oui, mais aussi un regard ironique sur notre propre époque, comme le souligne Jean-Pierre Minaudier dans une postface bien renseignée.

     

     

     

    Donc voilà. C'est le résumé fourni par l'éditeur je crois vu qu'il est présent sur les sites de la Fnac et d'Amazon. Si c'est le cas c'est autant plus étonnant qu'il n'y a pas d'australopithèques mais c'est d'anthropopithèques qu'il s'agit, à moins qu'il y ait eu une erreur de traduction.

     

     

    En toute honnêteté je n'avais jamais entendu parler du bouquin ni même de l'auteur jusqu'à ce qu'une collègue (celle qui m'a filé les bouquins de James Lee Burke, dont je parle ICI ), se décide à me le prêter sans que je lui demande quoi que ce soit. C'est beau l'amour de la lecture.

    Je ne sais pas pourquoi mais je n'ai jamais réussi à entrer dans le délire. Il y a énormément de choses paradoxales dans ce bouquin. Tout d'abord, il y a l'histoire.  Comme je n'en n'avais jamais entendu parler, je m'attendais à lire une histoire de fantasy plus ou moins bateau, ou vaguement grand public comme les premières pages le laissent suggérer.  Pourtant plus on avance, plus l'histoire s'éloigne du carcan de la fantasy. C'est très difficile à résumer sans révéler l'intrigue.

    Pour faire simple on suit les "aventures"de Leemet, un jeune enfant qui grandit dans un monde qui se dérobe sous ses pieds et qui devient malgré lui, le témoin privilégié de la fin d'une civilisation et de l'avènement de la suivante.

    C'est d'ailleurs toute la force du livre. Leemet qui a été bercé par les récits héroïques de ses aïeux, par la force incommensurable de la Salamandre, grandit en voyant son peuple se décrépir, sa forêt se désertifier. Leemet devient le spectateur impuissant de la dégénérescence de ses congénères, qui quittent progressivement la forêt pour s'installer au village, et qui deviennent progressivement asservis à de nouvelles croyances comme le christianisme (qui en prend pour son grade lol)  sous le joug de l'envahisseur allemand. Et surtout qui ne connaissent plus la langue des serpents, cette langue qui leur permettait asservir la faune de la forêt et qui leur permettait de faire appel à la salamandre,un formidable animal immortel, pour vaincre leurs ennemis.

    En lisant le bouquin malgré la qualité de l'écriture, du style et de l'histoire en elle-même, j'ai par moments été gêné par l'impression de sous texte xénophobe qui se dégageait du livre. Les envahisseurs étrangers (allemands), les coutumes qu'ils nous imposent dans le sang etc. C'était d'autant plus gênant que quand je le lisais j'avais toujours à l'esprit la photo de notre Marine nationale avec un nationaliste estonien. Après il a le droit de penser ce qu'il veut hein, mais bon.

    Et pour une fois, j'ai lu la postface, et j'ai eu un second regard sur l'oeuvre.Comme quoi parfois c'est intéressant d'avoir un commentaire. J'ai donc révisé mon jugement et il s'avère que même si je n'ai pas adoré le bouquin, il est difficile de ne pas reconnaître que c'est un très bon livre

     

    Bref, j'en ai trop dit, ou pas assez. Dans tous les cas, L'Homme qui Savait la Langue des Serpents est un très bon roman, assez singulier, et surtout très captivant, sur l'histoire d'un homme qui se révèle être le dernier de son espèce. Une espèce de croisement improbable entre Je Suis Une Légende et Things fall Apart en somme, le tout à la sauce fantasy estonienne.

     

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