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    Contrairement à l'année dernière où à l'époque j'avais déjà  vu Paterson, Nocturnal Animals et Lost City of Z, je 'ai pas encore de film qui me mette vraiment bien. C'est chose faite avec celui-ci.

     

     

    Résumé Wikipédia:

     

    En 1892, le capitaine Joseph J. Blocker, légende de l'armée américaine, est chargé d'une mission qu'il accepte à contrecœur. Avec ses hommes, il doit escorter Yellow Hawk, un chef de guerre cheyenne mourant, ainsi que sa famille, pour retourner sur leurs terres tribales. Durant le voyage entre le Nouveau-Mexique et le Montana, les militaires et les Cheyennes vont devoir faire preuve de solidarité et d'entraide, pour survivre au périple et aux Comanches et aux trappeurs hostiles qu'ils vont croiser. Ils vont aussi croiser la route d'une veuve dont la famille a été assassinée.

     

     

     

     

     

     

     

    Pour ceux qui n'auraient pas capté, le capitaine Blocker et sa troupe doivent escorter Yellow Hawk du Nouveau Mexique au Montana, en gros ils doivent traverser le pays du sud au nord.

     

     

    Difficile à la vue d'un tel pitch et des premières images de ne pas penser au Méridien de Sang, le fameux roman de Cormack McCarthy (dont je parle ICI), dont le contexte et le propos semblent similaires (une interminable errance à travers le pays où une troupe est confrontée à la barbarie "ordinaire" de l'ouest américain). Seulement voilà, loin du nihilisme de McCarthy, Scott Cooper a misé sur la profonde humanité des personnages.

     

    Le capitaine Joseph Blocker (Christian Bale), un soldat aguerri et respecté par ses pairs

     

     

    En fait Hostiles résonne comme un écho aux guerres qui ont contribué à fonder le pays (et toutes les civilisations d'ailleurs), et pose certains questionnements comme la légitimité des actions militaires qui ont permis leur fondement. Le personnage de Blocker n'est pas un saint. Dans le cadre de l'armée, il a tué, massacré des hommes, des femmes et des enfants. Mais comme il s'évertue à le dire tout au long du film, il n'a fait que son travail. Et voilà le problème, la seule chose qui le différencie d'un vulgaire assassin est bien le fait que les exactions qu'il a commises l'ont été dans le cadre militaire.

    A travers cet état de fait, Yellow Hawk, son ennemi juré qu'il a pour mission d'escorter, se révélera être un double de lui-même dans lequel il finira par se reconnaître et qu'il apprendra à respecter.

     

     

    Blocker et Yellow Hawk (Wes Studi), un ennemi qui lui ressemble bien plus que prévu

     

     

     

    Au milieu Rosalie Quaid, la femme d'un fermier, est un peu le symbole, la personnification des populations pauvres qui sont parties s'installer dans les terres reculées dans l'unique but de démarrer une nouvelle vie quitte à s'exposer à tous les dangers. Et bien plus que les militaires et autres cowboys, on oublie souvent que ce sont ces individus qui ont fait l'Amérique.

     

    Rosalie Quaid (Rosamund Pike), une "femme de fermier" qui a tout perdu

     

     

     

    Côté interprétation c'est plutôt trois étoiles: Christian Bale (que Cooper avait déjà dirigé dans Les Brasiers de La Colère) est égal à lui-même et nous livre une bonne perf, Rosamund Pike que j'apprécie est impeccable de le rôle de la poissarde de service, et Jesse Plemmons (que Cooper avait aussi dirigé dans Strictly Criminal, Robert Foster et Adam Beach font le taff dans leurs rôles respectifs.  Wes Studi apporte quand a lui ce qu'il faut de charisme pour incarner le vieux chef Yellow Hawk. Il en profite d'ailleurs pour retrouver la jolie Q'Orianka Kilcher qui avait déjà joué comme lui dans Le Nouveau Monde de Terrence Malick (jamais vu au passage).

     

    Bon je pourrais m'éterniser mais en fait je l'ai vu il y a déjà un bail donc je vais m'arrêter là. 

     

    Après un Strictly Criminal de sinistre mémoire, Scott Cooper rehausse le niveau et nous livre un film mature, à la fois dur et touchant, qui rappelle que chaque pays nation s'est construite dans le sang et qu'il faut parfois affronter son passé et pour aller de l'avant. C'est aussi un hommage aux différents peuples (Indiens, fermiers etc.) qui ont construit les Etats Unis, en le payant parfois de leur sang. Une ode à la réconciliation en somme.

     

    Très bon film.

     

    Vais me faire les Brasiers de La Colère tiens.

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  • Bon j'ai commencé la série y a 6 mois environ puis j'ai lâché. Je sais pas, ça m'avait gavé un peu.

     

    Finalement je m'y suis remis et j'ai enchainé les épisodes.

     

     

     

     

     

     

     

    Résumé Allociné:

     

    Lorsqu'une ville côtière près de Rome se transforme en paradis pour joueurs, corruption, rivalités et complots en tout genre ne tardent pas à naître.

     

     

     

     

    Ils se sont pas trop foulés les mecs d'Allociné pour le résumé. Enfin bon, toujours plus que moi lol.

     

    On pourrait vite faire un parallèle avec Gomorra (inévitable) mais le raccourci serait un peu facile. Finalement Suburra arrive à se démarquer par les spécificités la complexité des enjeux qui en découlent. Ainsi on s'attarde davantage sur les aspects politiques et notamment sur les relations floues entretenues par le Vatican et l'administration de Rome. C'est d'ailleurs un des bons points de la série car ces rouages assez flous n'étaient pas assez développés dans le film.

     

     

     

    Sara Monaschi (Claudia Guerini), la porte d'entrée aux affaires du Vatican

     

     

     

    On retrouve donc les mêmes enjeu que dans le film, et, c'est assez marrant, les mêmes personnages, ou presque. Si les Anacleti et d'Aureliano "n°8" (interprétés par les mêmes acteurs)  sont toujours de la partie, ainsi que le Samouraï, de nouveau protagonistes font irruption ou en remplacent d'autres. Ainsi exit l'organisateur de soirée et place à au jeune dealeur fils d'inspecteur. Exit aussi la copine camée de n°8 et l'escorte de luxe, et place au père et à la sœur d'Aureliano ainsi qu'à la prostituée africaine. Le politique libidineux est lui aussi remplacé par un jeune conseiller municipal intègre (qui pourrait sortir d'House of Cards), et le cardinal précédemment joué par Jean Hugues Anglade laisse la place à une obscure "conseillère" chargée des affaires de patrimoine du Vatican. 
    On pourrait croire que ces changements sont mineurs mais ils apportent beaucoup dans le déroulement de l'histoire qui finit par prendre ses distances avec le film.

     

     

     

    Amedeo Cinaglia (Filippo Nigro), un politicien partagé entre ses principes et son ambition

     

     

     

     

    Honnêtement le premier épisode m'avait un peu déçu. Pas qu'il soit mauvais mais plutôt que vu l'intensité du film d'origine, je trouve qu'on reste un peu sur sa faim, les personnages semblant un peu surfaits et certains manquant un peu de charisme (Aureliano en tête). Surtout que la fin de l'épisode laisse suggérer une alliance un peu foireuse et cliché.

     

     

    Aureliano, Gabriele et Spadino, alias les Pieds Nickelés

     

     

     

    Pourtant, une fois que la série trouve son rythme, tout se met en place et on se prend au jeu de la course aux terrains d'Ostie, un jeu ou évidemment tous les coups sont permis. Finalement les personnages gagnent en épaisseur et en complexité à la fois dans humanité mais aussi à travers les relations qu'il entretiennent avec les autres, leurs complices, leurs proches, leurs ennemis. Et si certains comme Gabriele trouvent le moyen de se foutre dans une merde assez incroyable, d'autres comme Aureliano et Amedeo se révéleront plus intelligents que prévus. L'autre truc intéressant aussi c'est que contrairement au film où le Samouraï avait une aura et une réputation qui lui permettaient de garder la main mise sur l'attribution des terrains d'Ostie, ici rien ne se passe comme prévu, et on ressent davantage la pression que lui inflige les "familles" du sud et les incroyables efforts qu'il doit déployer pour mener à bien son projet malgré tous les imprévus et coups fourrés.

     

     

     


    Le Samouraï (Francesco Acquaroli), qui peine à finaliser son projet

     

     

     

     

    Au niveau de l'interprétation, pas grand chose à dire hormis qu'on retrouve donc un Aureliano plus jeune et moins charismatique et un Spadino plus vieux que dans le film alors qu'ils sont toujours interprétés respectivement par Alessandro Borghi et Giacomo Ferrara. Si on perd évidemment le charisme de Pierfancesco Favino (alias le Libanais dans Romanzo Criminale, ou encore le père de Marco Polo dans la série éponyme) ou de Claudio Amndola, leurs successeurs Francesco Acquaroli et Filippo Nigro parviennent néanmoins à assurer la relève. Par contre Eduardo Valdarnini est parfait dans lerôle de Gabriele, un petit con de classe moyenne embourbé dans une affaire trop grosse pour lui.

     

     

     

    Gabriele, un "fils de keuf" qui plonge de l'autre côté de la loi

     

     

    La part féminine de la distribution n'est pas en reste puisque la sexy Barbara Chichiarelli est excellente et charismatique à souhait dans le rôle de Livia, la grande sœur d'Aureliano qui doit assurer la relève à Ostie tout en couvrant les conneries de son frère (et qui se révèle être une pure salope d'ailleurs). Avec son tempérament elle rappelle un peu la sœur de Theon Grejoy dans Game of Trones, en plus dure. La belle Claudia Gerini est également excellente dans son rôle de milf/cougar à la fois victime et calculatrices des conflits au sein du Vatican et du Samouraï.

     

     

     


    Livia (Barbara Chichiarelli), la future héritière d'Ostie et Quirino (Mario Sgueglia) son "comptable"

     

     

    Par contre la caution "sensuelle" (parce qu'il en faut bien une, c'est italien hein) est portée par la très très jolie Laurena Cesarini qui interprète ici une prostituée noire qui révèle de retourner au Sénégal(??). Enfin ça fait bugger parce que la meuf est métisse quoi. Enfin vu comment elle prend cher dans la série (elle se fait traiter de singe pendant toute la saison), on comprend son personnage au fond. C'est assez fort de souligner un racisme aussi présent dans la mesure où même Gomorra tentait d'atténuer un peu ce trait dans la saison 2 avec le personnage d'Il Principe. Enfin bon, l'Italie et le racisme c'est une longue histoire d'amour et ce sont pas les supporters de la Lazio ou les membres de Casa Pound qui contrediront quoi que ce soit. D'ailleurs vu que normalement je vais à Rome fin juin, j'espère que ça se passera aussi bien qu'à Lisbonne parce sinon ça va être compliqué lol.

     

     

     

    Bref, avec une saison 2 annoncée par Netflix, Suburra la Série est une série de bonne facture (avec la belle musique de Loscil, déjà derrière celle de Gomorra), assez attachante et qui vaut bien plus que le statut de "sous Gomorra" qu'on pourrait facilement lui prêter.

     

    A voir.

     

     

     A noter une curiosité: apparemment c'est tiré de faits réels, le personnage du samouraï s'inspirant d'ailleurs de Massimo Carminati, un ancien activiste d'extrême droite devenu un très très gros poisson du milieu de Rome. Il a également inspiré le personnage du "Noir" de Romanzo Criminale (son ancien vrai surnom)

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    Il a beau être terminé depuis hier, je vais néanmoins faire un petit retour perso du salon du Livre. Après tout pour une fois que je ne le rate pas il faut bien que j'en parle.

    Cette année apparemment c'était la Russie qui était à l'honneur, et vu l'actualité (élections truquées, espion empoisonné etc) évidemment, un petit boycott a perturbé "cet honneur", ce qui n'a pas manqué de causer quelques remous diplomatiques de faible envergure. Perso ça m'a fait ni chaud ni froid vu que j'ai même pas calculé le pavillon qui était dédié au pays de Dostoïevski (c'est malin).

    Bon en vrai, ça va être assez bref vu que tout a dû être dit et que retour va être extrêmement subjectif. En effet, si j'y suis allé c'est dans un objectif bien particulier, à savoir pister les différentes maisons d'éditions susceptibles de correspondre à mon roman. Vu que mon manuscrit baigne dans un univers qu'on qualifiera de fantastique, j'ai donc été voir les maisons d'éditions orientées  fantastiques/SF.


    Comme prévu, j'ai donc revu celles qui sont déjà assez présentes et visibles sur le Net gens la Volte, l'Atalante, Bragelonne, ActuSf. Néanmoins, à ma grande surprise, j'ai pu voir quelques maisons plus discrètes comme Mü ou Critic.

    En vrai j'ai été assez déçu par le fait qu'il n'y avait que très peu de maisons d'éditions axées "sf/fantastique" même si c'était à prévoir. En revanche il est impressionnant de voir la place qu'a pris la littérature estampillée fantasy/romance à la Twilight dont les romans pullulaient aux quatre coins du site, des grandes maisons généralistes aux plus petites spécialisées. C'est affolant mais faut croire que ça marche vraiment ces conneries. En fait je viens de voir que la littérature Young Adult avait fait l'objet d'une thématique à part entière, ce qui me semble très logique quand on veut mettre la Russie à l'honneur. Après tout Twilight, c'est un peu le Anna Karénine de notre époque (lol).  

     

    Enfin, y a les enjeux culturels et il y a les enjeux financiers. Chacun voit midi à sa porte.

     

     

    Mis à part ça, rien de neuf sous le soleil. Outre la Russie, il y a avait également un pavillon dédié au Moyen-Orient (je crois), Enfin c'est pareil j'étais tellement naze que j'ai eu la flemme d'y jeter un coup d'œil. Sinon je me rappele pas si c'est chaque année le cas mais la plupart des régions avaient leur propre stand dans le genre "Vos régions ont du talent". Why not...

    Entre-temps, ma femme essayait de voir les "célébrités" présentes ce jour-là. Perso ma culture littéraire ayant quelques limites j'ai pas reconnu grand monde à l'exception de Delphine de Vigan (et encore j'avais oublié son blaze). Bon en fait en matant CETTE LISTE, je les ai connais tous au moins de nom, mais j'en aurais reconnu quasi aucun. De toute façon j'étais pas venu pour eux, donc je m'en tape un peu. Ma femme en a néanmoins profité pour aller  voir Danny Laferrière (même pas sur la précédente liste, ce qui est un peu honteux vu qu'il est académicien mais bon) et lui acheter un livre dédicacé.

    Moi de mon côté j'ai tapé la discute avec Cédric Castagné, un sympathique écrivain qui me faisait son speech afin de me refourguer son bouquin (un peu comme tous les autres en fait). D'ailleurs, en échangeant un peu avec lui, j'ai fini par réaliser qu'il était au salon en indépendant et qu'il avait auto édité son bouquin. Je trouve ça plutôt cool, d'ailleurs si ça se trouve je vais finir par faire pareil je pense si je ne trouve pas d'éditeur. Enfin encore faudrait-il que j'arrive à mettre autant d'énergie que lui pour y parvenir. Quoiqu'il en soit, plus pour le soutenir que par réel intérêt j'ai fini par acheter son bouquin. Je vais essayer de le lire dans pas trop longtemps en espérant qu'il soit pas trop mal.

     

    A part ça, bah pas grand chose à rajouter si ce n'est que j'ai assez peu vu d'espaces consacrés à la BD ou au manga. Il y avait bien les géants genre Dargaud et Pika mais grand chose de plus. De toute façon j'étais pas venu pour ça.

    En ce qui me concerne j'y étais allé dans une optique particulière et j'ai fait ce que j'avais  à y faire. L'année prochaine j'essaierai d'y aller en touriste à 100%.

     

    Allez next 

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    Résumé

     

    A l'été 2005, un terrifiant ouragan dévaste La Nouvelle-Orléans. Dave Robicheaux, envoyé en renfort, découvre un paysage d'apocalypse livré à l'anarchie et à la violence. Chacun y est prédateur ou proie. Dans ce contexte, le meurtre de deux jeunes noirs qui rôdaient dans un quartier riche ressemble à un lynchage raciste. Mais Dave Robicheaux soupçonne un règlement de comptes d'une autre nature...

     

     

     

     

    Bon on va vite passer sur cet horrible titre français (The Tin Roof Blowdown passe déjà mieux même si difficilement traduisible) et on va aller à l'essentiel c'est à dire le roman.

     

    C'est le seizième roman de James Lee Burke  et le troisième roman (enfin je crois) de l'auteur que je me tape et dont je parle (pour les autres, voir ICI et ICI ). Comme je l'avais dit précédemment ma collègue m'en avait filé quelques uns et c'était le dernier vu que je lui ai rendu les autres.

    Ce roman possède à peu près les mêmes caractéristiques que les précédents. En effet on suit toujours David Robicheaux, le flic au grand cœur et au passé tourmenté, accompagné de Clete Purcel, son acolyte de toujours, et de sa famille atypique (une fille adoptée au Vénézuela, une femme ancienne bonne-sœur, un chat et un raton-laveur à trois pattes. J'invente rien). On peut néanmoins se poser quelques questions en voyant que Robicheaux est un flic qui ne part jamais à la retraite (70 balais quand même!). Mais que font les services sociaux???

    Cette fois-ci, en plein ouragan Katrina, il part à la recherche d'un prêtre tout aussi atypique que lui, et croise la route de membres du MS-13, de jeunes Noirs délinquants, d'un obscur agent d'assurance, du plus gros caïd de la Nouvelle Orléans et d'un curieux détective privé aussi mystérieux qu'effrayant. Et au milieu de tout ce bordel se joue la possession de biens plus précieux que de la vulgaire cocaïne...

     

    Oui oui, c'est à peu près ça.

    Y a toujours quelques trucs lourdingues que j'avais déjà pas aimé dans les autres bouquins, à savoir la caractérisation de certains personnages genre sa famille presque tirée d'une image d'epinal avec sa femme belle, noble, aimante et jamais chiante (j'aimerais bien savoir où il l'a trouvée, histoire que j'aille y échanger la mienne...), sa fille belle, intelligente débrouillarde et qui fait du kickboxing, son chat qui garde la maison comme un putain de clébard et qui protège son pote raton laveur handicapé (what the f...) etc. Néanmoins, je ne peux pas nier que j'ai été assez agréablement surpris. Le moins qu'on puisse dire c'est que James Lee Burke s'est cassé la tête à créer une intrigue assez complexe, qui nous trimballe un peu dans tous les sens à l'image de la galerie hétéroclite de personnages qu'il nous balance en pleine poire. Bon le mec se refait pas. Y a toujours quelques violeurs dans le coin et quelques meufs et mecs qui se font sodomiser, voire gangbanger, et y a toujours Robicheaux qui se pose un peu en gardien du temple et dernier rempart contre la déliquescence qui inonde les moindres recoins de Big Sleazy (la Nouvelle Orléans). James Lee Burke est très croyant et ça se ressent. Son univers est assez manichéen. Néanmoins, il nuance un peu ce trait de caractère en proposant des personnages plus complexes qu'il n'y parait. Cette fois, il pousse le bouchon encore plus loin puisqu'une partie de ce roman est centrée sur la dérive d'un personnage en quête d'une rédemption impossible.

    Bref, si Robicheaux reste le vieux sage presque imperturbable (malgré ses démons), si sa femme Molly reste l'archétype de la sainte, si Clete reste la version sexagénaire (voire septuagénaire) et bodybuildée de Martin Riggs de l'Arme Fatale, La Nuit La Plus Longue est une histoire que je ne décrirai pas comme réaliste mais à hauteur d'homme et qui échappe aux clichés qu'on pourrait imaginer. Pour le coup, James Lee Burke a pondu un bon polar assez tortueux et captivant (et mieux écrit que les autres en ce qui me concerne). Cerise sur le gâteau, il est assez marrant par moments.

     

    Le meilleur de l'auteur que j'ai lu jusqu'à présent. Comme quoi j'ai bien fait de m'accrocher parce que c'était pas gagné.

     

    Allez next

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    A la base j'ai été voir Pentagon Papers mais vu que j'ai dormi pendant 70% du métrage je me suis dit que c'était abusé d'en parler outre mesure. Alors bon je me rattrape avec celui-là que j'ai vu y a déjà deux semaines je crois.  

     

     

     

     

    "Le premier super héros noir"  j'ai entendu la dernière fois sur France Info, c'est Wesley Snipes et Mike Colter qui ont dû être contents.

     

     

     

     Résumé:

     

    Après les événements qui se sont déroulés dans Captain America : Civil War, T’Challa revient chez lui prendre sa place sur le trône du Wakanda, une nation africaine technologiquement très avancée. Mais lorsqu’un vieil ennemi resurgit, le courage de T’Challa est mis à rude épreuve, aussi bien en tant que souverain qu’en tant que Black Panther. Il se retrouve entraîné dans un conflit qui menace non seulement le destin du Wakanda, mais celui du monde entier…

     

     

     

     

     

     

     

     

    Meilleur démarrage Marvel, rien que ça. Putain les Noirs des fois ils me sidèrent. Les mecs tu peux faire limite n'importe quoi quitte à faire élire un président raciste qui va les laisser en chien, ils vont pas voter. Par contre tu leur fous un super héros noir, ils se déplacent tous au ciné comme si leur avenir en dépendait lol. Bon j'en rigole un peu mais je l'ai pensé quand même. Malgré tout, pour une fois qu'on a un film avec plein de Noirs dedans qui cartonne au box office, on va pas se plaindre non plus. Disn... euh Marvel a beau se gaver au passage, ça fait toujours plaisir. Alors bon, communautarisme oblige, j'ai été voir le film pour soutenir la cause (lol). 

    Déjà rien qu'en arrivant au ciné de St Denis, on tombe sur une salle pleine à craquer où j'ai dû dénombrer au maximum quatre blancs. Bienvenue au Wakanda

     

     

    On va passer rapidement sur l'impressionnante distribution: Forest Withaker (qui est en passe de devenir le nouveau Morgan Freeman), la MILF tendance granny Angela Bassett qui prouve qu'on peut toujours avoir un fessier bien rond et musclé à soixante balais (bravo), Laetita Wright qui a bien grandi depuis Top Boy (où elle jouait une apprenti dealeuse, on la voit aussi dans Black Mirror d'ailleurs), Andy Serkis qui joue le méchant blanc (on n'est pas loin de la blaxpoitation là, mais pour une fois qu'on le voit en vrai on va pas se plaindre), Martin Freeman qui n'a pas changé depuis Fargo et qui joue la caution "white friendly" (qui nous rappelle qu'on est dans un film de 2018), Danai Gurira qui reprend à peu de choses près le rôle de Michonne de The Walking Dead, Daniel "gros yeux" Kaluuya qui a grossi de la tête depuis Black Mirror et Get Out, Michael B Jordan (acteur fétiche du réal depuis Fruitvale Station) qui reprend à peu près son rôle d'Adonis Creed, Lupita Nyong'o qui a bien grandi et a récupéré un joli petit corps mis en avant dans une robe moulante un moment. Et évidemment Chadwick Boseman qui est impeccable dans le rôle titre.

     

     

     


    Le casting au grand complet (ou presque) 

     

     

     

     

    C'est marrant parfois Hollywood. Un mec qui réalise un film "d'auteur" est promu à la tête d'une franchise potentiellement juteuse, puis propulsé aux commandes d'une autre future franchise à très gros budget. Parce que c'est un peu ce qui s'est passé pour Ryan Coogler. Le mec s'est illustré à Sundance avec le drame Fruitvale Station (tiré d'une histoire vraie, et déjà avec Michael B Jordan dans le rôle principal). Puis, il est passé à Apollo qui a bénéficié d'un bon succès critique et public (même si pour ce que j'en pense... on peut le lire ICI d'ailleurs). De là à ce qu'il  fasse un Marvel... En fait à bien y réflechir c'est finalement assez logique. Le mec était plus ou moins désigné pour ça. Contrairement à un Antoine Fuquua qui ressemble à un nègre de maison, ou à des mecs "intello engagé" comme Simiens, Ryan Coogler c'est un peu l'homme du consensus. Un mec calibré pour traiter d'histoires grands publics en y apportant quelques nuances soulignant les aspect sociaux et sociétaux. C'est un peu ce que John Singleton ou les frères Allen n'ont pas réussi à faire en somme. 

     

     

     


    Ryan Coogler, 31ans, 3 films (no comment)

     

     

    En France j'ai lu pas mal de trucs sur le Net de gens qui se plaignent des dérives communautaires engendrées par le film. En fait, ça va un peu plus loin que ça. Sans faire de sociologie de comptoir, les Noirs ont longtemps souffert (et souffrent encore) d'un complexe par rapport à leur représentation. Ca peut paraître lourd ou exagéré pour certains mais bon, être considéré comme un sous homme pendant 400ans ou comme un singe, ça laisse des traces qu'on le veuille ou non. On pourra objecter que toutes les "communautés" ont souffert de préjugés, il n'empêche que je ne me rappelle pas avoir lu que les Arabes (du Maghreb ou du moyen orient), les Asiatiques, ou les Blancs, ont été considérés comme une espèce à part entière inférieure à l'espèce humaine. C'est un fait. Il suffit de faire un tour sur le Net pour s'en convaincre.

     

     

     


    The Black Panther

     

     

     

     

    Pour en revenir au film donc j'avais un peu peur du cliché sur l'Afrique au début du film: les tamtams, la savane... Et en fait non. Si les Noirs d'ici et d'Afrique se sont longtemps identifiés aux Noirs américains (un peu par défaut, faute de modèles), les Noirs américains a contrario ont longtemps eu une vision assez réductrice de l'Afrique. Pour beaucoup on vivait encore au milieu de la brousse à chasser l'antilope à la sarbacane. J'exagère à peine. Je me rappelle d'une interview de Will Smith qui avouait humblement avoir été choqué en allant à Kinshasa à l'époque du tournage d'Ali. Depuis heureusement de l'eau a coulé sous les ponts, Internet et la mondialisation n'ayant pas que des défauts: les américains ont vu Un Prince à New York, Akon et son accent de blédard ont cartonné aux US, 50 et The Game ont réalisé qu'il y avait un marché en dehors des U.S., de l'Europe et du Japon et sont partis faire des concerts au Nigeria ou en Afrique du Sud, Rick Ross ou Talib Kweli ont  tourné des clips à Lagos,  French Montana en Ouganda... Enfin bref, les choses ont changé. 

     

     

     
    Bienvenue au Wakanda

     

     

     

    On voit d'ailleurs l'attention apportée à la représentation du Wakanda qui, loin de l'imagerie de safari, est en faite décrite comme une mégalopole moderne africaine. De la même manière américains, le choix de Lupita Nyong'O est loin d'être anodin. Bien qu'elle soit plutôt une belle femme son physique ne correspond pas vraiment aux canons de beauté occidentaux habituels: peau très noire, nez de noir, cheveux courts et crépus... C'est tout à l'honneur de Coogler (également coscénariste)et de la production de l'avoir choisie dans la mesure où il aurait été facile de foutre une meuf au physique de chanteuse de RnB (genre Ciara par exemple, comme je l'avais déjà écrit à propos des clips de rap). Parce que bon il faut bien avouer qu'à ce niveau les mecs s'en tirent mieux que les filles. Ca peut paraître anodin mais tous ces détails (calculés évidemment) font forcément que le film attire la sympathie au delà même de la niaiserie du message global qu'on pourrait résumer en gros par: fraternité entre les peuples noirs, puis entre tous les peuples du monde entier. Aimons-nous les uns les autres mes frères et soeurs!! 

     

     

     
    Lupita Nyong'O et ses gardes du corps

     

     

     

    Bien qu'il ne s'agissent pas à proprement parler d'un récit initiatique (après tout, on a déjà vu sa tronche dans Captain America je crois), la mécanique scénaristique est bien huilée, et si le film se déroule sans réelle surprise, il n'est pas moins sympathique pour autant (même si des Noirs qui veulent passer incognito dans une boîte de Séoul, on a vu moins con). Y a suffisamment d'action, d'humour (dont une ou deux blagues sur les clichés sur les Africains), et de clins d'oeils à d'autres trucs (comme DBZ ou Game of Thrones)  pour contenter le spectateur de base dont je fais partie. Et même si la mise en scène pêche parfois (en particulier lors d'utilisation de CGI douteux), et que Michael B Jordan est un antagoniste un peu faiblard, ces défauts sont compensés par la présence d'un Chadwick Boseman plus charismatique que jamais. Parce que bon faut avouer que c'est lui qui porte le film.

     


    T'Challa (Chadwick Boseman) et sa belle Nakia (Lupita Nyong'O)

     

     

    En bref, sans avoir pondu le film du siècle, Ryan Coogler Black Panther remplit allègrement sa mission en livrant un blockbuster plus réussi que la moyenne. Un Marvel mais un bon Marvel.

     

    Allez next

     

    Ah si, une curiosité: hormis l'intro et l'épilogue, toute l'histoire se déroule en dehors des Etats-Unis, c'est assez éonnant pour le signaler.

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