•  Des fois je mate mon blog et je vois un article que pour X raisons j'ai jamais terminé et donc que je n'ai jamais publié (et je me rends compte qu'il y en a plein). Alors je le supprime s'il n'est vraiment plus d'actualité ou bien si je me suis déjà bien investi et qu'il est conséquent je le termine à l'arrache. Ce qui est le cas de celui-ci qui date du mois d'août.

     

     

    Pour en revenir à l'article donc, quand ma femme m'a proposé d'aller à Lisbonne, je lui ai répondu: pourquoi faire? C'est pas que je les aime pas hein, mais si je veux voir des Portos j'ai qu'à aller à Drancy, ou à St Denis, ou au Rez-de-Chaussée de mon immeuble (on se refait pas). Non, franchement ça me chauffait pas, déjà qu'avec Bienvenue chez les Tos (je connais plus le nom du film), le délire m'avait soulé alors d'aller chez eux...

     

    Et puis finalement, vu que seuls les cons et les morts ne changent pas d'avis, que malgré leur communautarisme exacerbé ils restent relativement sympathiques (ils sont gentils les Tos) et que tous les gens que je connais qui ont été à Lisboa comme on dit m'ont vanté les mérites de la ville, alors j'y suis allé à reculons mais j'ai mis mes a priori de côté..

    C'est parti pour le racontage de mes vacances, étape par étape.

     

    1- L'aéroport.

     

    Fidèle à moi-même, je pars à Orly avec ma femme à 14h et, bouchons sur le périph aidant, j'arrive à 16h30 pour un vol prévu à17h40. Ouais, c'est juste, mais bon on a enregistré nos bagages, c'est cool on va embarquer... et c'est le début des emmerdes.

    (Note: cette histoire est véridique). Quand j'étais ado, j'avais une petite réputation de chat noir. J'ai plus toutes les histoires en tête mais il m'est souvent arrivé des trucs de merde bien comme il faut avec malgré tout un dénouement heureux (lol). Ah si: du style rater un avion au retour de Madagascar et rester bloqué un certain temps sur place, perdre mon passeport le jour où je dois partir au Nigeria, me faire virer d'un hôtel à Nice pour vol (et évidemment j'avais rien fait)...  Un poissard avec de la chance dans ma poisse. Un autre exemple parmi tant d'autres: j'ai été 2 fois à Dam (deux fois mémorables d'ailleurs). Je ne parlerai pas de la première où on était 5 et abrégerai la deuxième (ou on était 2)... Quoi qu'il en soit dans les 2 cas on est arrivé à l'improviste et on l'a payé la première nuit (on a dormi dans un parking la première fois et "dormi" dans un hôtel miteux pour clodos la deuxième). Enfin  bon, pour le second séjour à Dam, par le plus grand des hasards avec mon pote on a raté le car de retour pour Paris et on est restés à Dam avec presque rien en poche. On a pris un train pour Rotterdam qui semblait plus proche, puis on a fraudé dans le Thalys comme des clandestins (cachés à 2 dans les chiottes pendant un peu plus d'une heure). La pression était tellement forte qu'on a craqué et qu'on est descendu à Bruxelles. Avec les 5€ qui nous restait on a bouffé un grec à deux et par chance  mon pote a eu la bonne idée d'aller au guichet d'Europcar et nos billets ont été changés sans frais. En y repensant je me dis qu'on a été cons et qu'on aurait pu les changer directement à Dam en fait mais ça n'aurait pas été marrant. D'ailleurs pour compléter le tableau, une fois arrivés à la gare routière, on s'est fait accueillir par la douane  histoire de nous souhaiter la bienvenue en France et nous faire oublier le mal du pays. Heureusement qu'on était clean... 

     

    Là en l'occurrence la roue a tourné. Orly: on arrive avec ma femme au portique de sécurité et la sécu contrôle nos bagages à main dans leur scanner... Et là c'est le drame, l'improbable se produit.

    "Madame, vous avez une arme dans votre valise." On comprend pas, la meuf de la sécu ouvre la valise de ma femme, fouille et dans le double fond, trouve une vieille réplique de pistolet automatique genre Beretta 92F mais à billes.

    "Veuillez restez là je vous prie"

    Ma femme bouche bée, moi pareil. Sauf qu'évidemment je savais d'où il sortait.

    Ce truc je l'avais acheté il y a une vingtaine d'années environ aux puces de Clignancourt. Ca se vendait beaucoup à l'époque puis il me semble que ça a été interdit car ça ressemblait trop aux vrais (certains s'en sont servis pour faire des braquo d'ailleurs). Bref, je l'avais acheté il y une éternité et jamais utilisé d'ailleurs.

    On attend. Le "responsable" nous fait signe de patienter en attendant l'arrivée de la police". On attend... On entend nos noms dans le haut-parleur: " Pour le vol XXX à destination de Lisbonne, dernier appel pour l'embarquement pour Mr et Mme Soneseeza (lol). Le responsable va voir la personne de l'embarquement pour leur demander de patienter mais se mange un vent. L'avion part sans nous. Ca commence...

    Ma femme commence à stresser car c'est un peu l'affiche. Moi je la rassure, puis je repense à la tuerie de Nice qui a eu lieu une semaine avant et je me mets à stresser aussi.

    Les keufs arrivent, quatre, 3 mecs, une meuf.

    La meuf: "vous avez des enfants avec vous?
    - Non
    - Qu'est-ce que vous faites avec ça alors?"

    Je lui explique l'histoire, tellement improbable que j'ai du mal à y croire moi-même. J'ai acheté ce truc il y a un bail donc, à l'époque où je vivais encore chez ma mère. J'ai déménagé depuis. Ma mère (ou peut-être même moi à l'époque), a rangé le truc dans la valise, ma mère est morte, j'ai récupéré la valise.

    La keuf: "et vous n'avez pas fouillé la valise?"

    Bah non, elle était vide a priori, et ma femme qui l'avait prise pour son bagage a main, n'a pas fait attention.

     Sur les 4 keufs, la meuf est cool, un mec est cool,un autre semble plus ou moins neutre (il fait partie de la sûreté ou un autre truc, la main près du flingue), son collègue, un gros rougeaud me regarde tellement mal que j'évite de le regarder dans les yeux. Ce fils de p... a la main collée à son flingue et c'est limite si je l'entends pas me sortir une réplique à la Dirty Harry du style "make my day motherfucker". Il m'a fait flipper cet enculé.

     

     

    Fouille au corps, contrôle, re-fouille, re-contrôle. Les passagers nous regardent comme des terroristes ou des trafiquants (au choix). On avait évité les menottes. On attend. Je me vois déjà passer la semaine à Fleury comme un pouilleux pour un soupçon de terrorisme.

    Finalement au bout d'une heure, ils décident de nous relâcher. En fait les procédures ont changé et personne entre la sûreté et la police ne voulait prendre la responsabilité de faire quoi que ce soit avant confirmation (je le comprends parfaitement).

     Les keufs 2 sympas nous sortent "ça arrive souvent rassurez-vous. On va vous accompagner au guichet pour voir avec l'agence pour changer vos billets. Au pire vous leur dites que vous êtiez avec la PAF (police des frontières je crois) pour leur expliquer."

    Très sympas donc. Ils nous accompagnent. Là on tombe sur une pétasse qui nous calcule pas, puis qui nous sort au bout d'un moment : "vous avez raté l'avion c'est votre faute. Les billets sont modifiables en payant un supplément de 50%." Sachant que l'aller coûtait environ 238 € par tête et le retour 50€ (...), on se mangeait 119€ en plus et à multiplier par deux. En plus le prochain vol était le lendemain à 6h. Ambiance...

    On commence à s'embrouiller avec la meuf de la compagnie, les flics qui étaient en retrait s'éclipsent discrètement et nous laissent nous débrouiller avec elle. Evidemment le "appelez le PAF, ils vous diront" n'a pas marché. Au bout d'une heure on a fini par céder et vu que le vol suivant était à 6h on a pris un hôtel à l'aéroport. Facture: 238+55= 293€, avant même de prendre l'avion. J'ai encore du mal à m'asseoir putain...

     

     Evidemment j'ai fait la gueule toute la soirée même si avec le recul j'aurais pu faire la même connerie que ma femme, à savoir ne pas vérifier le double fond d'une valise que j'ai depuis des années.

     

     

    Arrivés à Lisbonne, on prend le taxi pour notre appart AirBnB. La ville est belle et le taxi s'enfonce dans des ruelles étroites, monte, descend. Au bout de 20-30mn on arrive au pied de l'immeuble pour une course qui nous coûte... 14€. Vu la somme, le sourire commence à un peu revenir.

     

    2- AirBnB

    L'appart est au 3ème sans ascenseur dans un vieil immeuble. L'immeuble est assez vétuste mais l'appart est cool, fonctionnel et plutôt grand. On est pas dans l'hyper centre mais pas trop loin non plus, vers Alcantara pour ceux qui connaissent. Le quartier est populaire (dans le bon sens du terme) et plutôt bien desservi avec un Lidl à côté et des stations de bus et tramway à proximité. Evidemment c'était trop beau pour être vrai. Le lendemain matin on se rend compte qu'il n'y pas d'eau chaude. Et bien entendu on est samedi. Il faudra attendre lundi après midi pour que la chaudière soit réparée. Résultat douche froide pendant trois jours et quand on est frileux comme ma femme, ça passe moyen. Pour continuer dans la foulée le lundi matin on a pu apprécier non pas le chant des doux passereaux, mais plutôt celui de la perceuse et de la disqueuse. En effet, il y avait , un chantier de ravalement de l'autre côté de la fenêtre. Cool pour les grasses mat.

     

    3- Lisboa

    Bon déjà le truc à savoir, c'est que comme beaucoup de capitales, Lisbonne c'est pas le Portugal. Donc je n'ai pas été au Portugal mais uniquement à Lisbonne, je précise. Le truc qui m'a choqué dans un premier temps c'est la conduite des Lisboetes. En 6 jours là bas, j'ai dû entendre autant de gens klaxonner qu'à Paris en 30 mn lol.Les mecs s'arrêtent aux clous pour laisser passer les piétons. Et puis c'est propre.

    Des touristes partout, des Français partout, des Français encore partout. Putain à la fin on en avait tellement marre qu'on évitait de parler français dès qu'on en voyait.

    Concernant la ville en elle-même, et bien elle est belle. Je n'aurais pas cru mais Lisbonne c'est putain de beau en vrai. Des collines, la vieille ville, le Tage, l'océan. Ce qui m'a choqué à Lisbonne au niveau architectural, c'est l'hétérogénéité des constructions. Si chaque quartier possède son identité, il y a un truc commun à tous. Dans chaque coin il est pas rare de trouver sur la même rue à la suite un vieux bâtiment d'inspiration "manuéline", un bâtiment moderne et un vieil immeuble tout pourri. Mais comme tout est peint en rose ou en jaune ça choque pas le moins du monde. Et en y regardant de plus près, dans toute la ville y a plein de baraques toutes vieilles mais comme toutes les baraques sont peintes, ça donne bien. Les mecs ils ont trouvé la parade et ça marche.

    Visiter Lisbonne c'est un peu étrange. En saison haute on dirait qu'il y a limite plus d'étrangers que d'habitants dans la ville. Les touristes sont partout, les flics aussi (et ils rigolent pas apparemment), et les voyous ou apprentis voyous se font bien discrets au centre ville. Du coup à part 2-3 gitanes à moitié à poil (sans déconner) et autant de gitans tatoués comme des bagnards, j'ai rien vu de spécial. Tu peux te balader limite à deux heure du mat t'auras presque autant de touristes qu'en journée.

     

    Alfama, l'hypercentre de Lisbonne

     

     

    Lisbonne est une belle ville, une ville cool tournée vers le tourisme. Une ville cosmopolite où chaque quartier a ses spécificités. J'avais pour habitude de donner un nom de quartier parisien à chaque coin de Lisbonne. Et pour faire l'analogie donc, t'as Martim Moniz, le Châtelet Lisboet  avec les mêmes Renois qui squattent au milieu des touristes (sauf que ce sont des Caps') et des Indiens en plus qui prennent la moitié de la place pour jouer au cricket). D'ailleurs en parlant d'Indiens, il suffit de marcher 5 mn pour avoir l'impression de se retrouver à Gare du Nord. Un peu plus loin on se retrouve à Alfama alias le coin le plus touristique de la ville et qui ressemble étonnamment à Pigalles (les bars à putes en moins), enfin Montmartre plutôt. C'est Montmartre sur Mer même, avec les collines qui donnent sur une super vue, le funiculaire étant remplacé par le célèbre tramway 28. Quel piège à con ce tram. Le truc est dans tous les guides, genre LE truc à faire, du coup tous les touristes squattent au terminus, ce qui peut donner plus d'une heure d'attente (pour prendre un tramway faut pas pousser). N'empêche comme on a été un peu moins con que la moyenne on l'a quand même fait mais en partant de l'autre terminus dans un joli quartier appelé Campo Ourique quelque peu excentré. Ouais il est cool le tram 28 mais il vaut pas toute la branlette qu'il y a autour. D'autant plus que les autres tramway son aussi très cools et moins fréquentés.

     

     

    Le célèbre tram28

     

    En fait les quartiers de l'"hypercentre" de Lisbonne sont plus ou moins définis par une place centrale, la place de Baixa qui ressemble à République, la Praca do Commercio qui est en bord de mer, la Praca Duque de Saldanha et la Praca Marques de Pombal quelque peu excentrées mais blindées d'hôtels de luxe etc.
     

     

    3- La culture

    Bah déjà étant une ville européenne à l'histoire glorieuse on se doute qu'elle abrite en son sein un patrimoine culturel conséquent. Bah même si je serai incapable de citer un seul peintre portugais, c'est bien le cas. D'ailleurs j'avais vaguement entendu parler d'un séisme qui avait détruit une bonne partie de la ville mais je ne pensais pas que c'était à ce point. En fait il y a très peu de bâtiments qui y ont résisté et comme j'ai pu le lire quelque part Lisbonne n'a jamais récupéré son aura d'antan. Malgré tout il reste un patrimoine architectural important avec plusieurs châteaux, des églises (dont la basilique d'Estrela). La ville étant bâtie sur des collines, elle contient plusieurs funiculaires assez particuliers. Je n'ai pu faire que l'ascenseur de Santa Justa qui nous amène sur un plateau archi cool et duquel on a une vue assez impressionnante. Comme partout à Lisboa il y a la queue mais personnellement on a pu le faire deux fois, en journée et en soirée/nuit. Une astuce pour éviter les pièges à con. A Lisboa il est intéressant de payer un billet à la journée car quand on sait qu'il coûte 5€ mais qu'un trajet en tram en coûte environ 3, on peut se dire qu'il est rentabilisé avec un aller-retour. Par contre, ça doit être dans les guides mais j'ai pas fait gaffe, ce passe journalier fonctionne aussi avec les attractions type funiculaire. Pour résumer vaut mieux le faire un jour où on prend le passe car sinon c'est 5€ par personne. Quoi qu'il en soit ça reste à faire.

    Elevador de Santa Justa

     


    Bon perso j'ai pas fait de château (je pouvais pas tout faire) mais il parait qu'ils valent le coup.
    Ceci étant niveau culture si pour moi il y a un lieu incontournable, c'est bien Belem. Belem c'est un quartier excentré et assez étendu par rapport à un quartier dense comme Alfama ou Baixa, mais surtout c'est un quartier historique connu principalement pour sa tour et son salon de thé légendaire où on trouve les meilleures pasteis de la ville. Si la tour m'a relativement déçu(elle est pas très grande on pouvait pas y pénétrer, du coup on a l'impression de marcher beaucoup pour pas grand chose), le salon de thé est à la hauteur de sa réputation. Quiconque a déjà mangé des pasteis pense savoir à quoi s'attendre mais en fait non. Elles sont archi bonnes. On est pas au KFC ici ha ha! On peut faire la queue comme un couillon ou bien s'installer confortablement et profiter du joli décor que nous offre le lieu, c'est au choix.

     

     

     

    Le célèbre salon thé Pasteis de Belem

     

     

    Pour terminer sur Belem, j'ai pas eu le temps de me ruer sur tous les musées de la ville mais j'ai quand même pu m'en faire un et non des moindres. Le Museu Colecção Berardo est un musée d'art moderne situé dans un complexe moderne pile entre la Tour et le salon de thé. En plus d'être dans un cadre élégant et agréable (il est climatisé, tant mieux pour les œuvres et pour nous), il a la particularité d'être gratuit. En fait c'est un milliardaire du nom de José Berardo qui a conclu un partenariat avec l'état pour exposer toute sa collection et le moins qu'on puisse dire c'est qu'elle est lourde sa collection! Du Picasso, du Delaunay, du Hockney, du Warhol, du Pollock, du Malevitch, du Klein... On a du y passer plus de deux heures facile. Honnêtement l'entrée coûterait 10€ que ça les vaudrait quand même mais c'est gratuit alors on en profite. Incontournable pour moi.

     

     

     

    Le musée Berardo, une pépite culturelle 

     

    Perso c'est juste un des meilleurs musées que j'ai faits.

     

    4 - Chill

     

    Lisbonne reste une ville côtière, on peut donc en profiter pour aller à la plage qui est même accessible en transports (enfin à en croire la tenue de certains parce qu'on l'a pas fait, la flemme). Par contre pour ceux qui veulent faire trempette, faut se rappeler que c'est l'Atlantique et qu'en conséquence l'eau est plus froide que sur la Méditerranée. Vaut donc mieux en profiter en été. Après pour ce qui est de la ville on a pas été en boîte donc je dirai rien dessus. Néanmoins il y a quelques rooftop assez sympas et un peu moins relou qu'à Paris comme le Lux (pas testé mais ils en disent du bien sur le Net donc à voir), ou encore d'autres dont un qu'on a fait mais que je ne retrouve pas sur Google. Enfin on s'en tape, y en a des cools pour prendre un petit verre avec une vue sur la ville comme dans 2 Flics à Miami. Sinon y a des bars agréables un peu partout, notamment à Alfama, où on peut voir l'océan au loin. 

     

    Un des nombreux rooftop de la ville

     

     

    Côté bouffe, comme on peut s'en douter Lisbonne est une ville bien moins chère que Paris. Ca se ressent  un peu partout, et en particulier à ce niveau. Du coup on peut se mettre bien pour pas cher du tout. Contrairement à ce à quoi j'aurais pu m'attendre, je n'ai pas spécialement vu de morue au menu des restos mais plutôt des fruits de mer, des calamars et surtout des sardines. La sardine c'est vraiment l'aliment vedette à Lisbonne en tout cas. Un resto qui n'en propose pas bah c'est pas un resto. Attention par contre aux pièges à cons: quand on mange au resto il faut savoir qu'on vous propose systématiquement des "entrées" genre tapas. On le signale en général mais celle-ci sont évidemment payantes (tout comme le pain), et si on ne fait pas gaffe la note peut vite grimper. Heureusement on ne paie que ce qu'on a mangé, et les restaurateurs habitués aux touristes prennent le soin de le signaler en général. Ceux-ci sont d'ailleurs plutôt globalement chaleureux et portés sur le service. D'ailleurs on a pu le constater de nos yeux avec un serveur qui nous a servi un peu comme de la merde. Il a pas fallu qu'on se plaigne  longtemps au patron sur son comportement (le serveur nous avait bien cassé les couilles à base d'insinuations douteuses) pour qu'il appelle le serveur en question et le vire sous nos yeux. Euh on en demandait pas tant non plus mais avec le recul il n'a eu qu'il méritait. Quant à nous on a juste évité de nous balader un peu trop dans le coin pour nos deux derniers, histoire d'éviter de le recroiser (on sait jamais).

     

    Dans tous les cas, ça n'a pas suffi à entacher notre voyage. Honnêtement j'aurais pas cru mais Lisbonne ça tue. La vile est belle, les femmes sont belles (c'est vrai, oubliez le cliché des femmes à barbe), les gens sont cools, il fait beau, la vie est pas chère... En plus on a eu un dédommagement du proprio pour l'eau froide. Bref que demander de plus?

    Ne visitez plus Lisbonne, vivez à Lisbonne.

     

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    Bon on redescend d'un cran et on revient en terrain grand public.

     

     

     

    Bon vu que j'arrive après la guerre et que j'ai pas grand chose à dire dessus je ne vais pas m'éterniser dessus.

     

    Mine de rien, j'ai beau dire et redire que j'en ai rien à carrer des super-héros, force est de constater que j'ai vu pratiquement toutes les adaptations Marvel et DC. J'ai dû rater les "premiers" de la mouvance à l'époque (Green Lantern, les 4 Fantastiques précédente et nouvelle version etc.) mais il me semble que j'ai dû voir 80% des autres même en DivX ou à la télé (même les daubes comme Elektra et Dardevil). De mémoire j'ai dû rater le deuxième Hulk, le 2ème Avengers, le 3ème Captain America, les derniers X Men et c'est tout. En fait le truc c'est que hormis quelques exceptions comme les Gardiens de la Galaxie j'y vais toujours par dépit, faute de film intéressant et consensuel à  la séance où je vais au ciné.

     

    Le résumé:

     

    Stephen Strange, un éminent neurochirurgien prétentieux et égocentrique, ne vit que pour son besoin de marquer l'histoire de la médecine. Malheureusement, un accident de voiture stoppe brutalement son ascension vers la gloire. Ruiné et incapable d'exercer, il finit trouver le salut auprès d'un moine mystique retiré au fin fond du Népal. A force d'entrainement, d'humilité et de persévérance, il parvient à développer des facultés surnaturelles. C'est alors qu'il apprend qu'un ancien élève s'est emparé de certains écrits capables de mener le monde à sa destruction.

     

     

     

     

     

     

     

    Y a quelque chose d'assez impressionnant et en même temps d'effrayant dans la capacité de Marvel à sortir des blockbusters à la chaîne depuis le rachat par Disney. C'est simple, là où avant on avait un super héros par an, aujourd'hui c'est un par trimestre, voire deux quand DC et Marvel veulent se la jouer au coude à coude. Et voir Superman Spider-Man et leurs potes occuper la moitié de l'espace cinématographique me met assez mal à l'aise par rapport à l'image que j'avais avant du cinéma, j'ai un peu l'impression que Disney a littéralement fait une OPA sur tout un marché et toute une culture. La démarche rouleau compresseur est déjà assez dure en elle-même mais là où elle devient insidieuse, et là où Marvel a été plus rapide que DC, c'est dans la volonté de Disney à mettre en avant des personnages relativement mineurs comme les Gardiens de la Galaxie ou même Ant-Man(encore qu'il fait partie des Avengers donc il doit pas être si mineur que ça). En ajoutant à ça l'introduction d'un personnage extérieur à l'histoire à chaque générique de fin, cela leur permet de créer petit à petit une corrélation entre tous les films et de recréer une grosse partie de la mythologie Marvel, ce qui est évidemment plus efficace que de miser sur une franchise unique qui s'essoufflera bien plus rapidement (comme Spider-Man dont Sony ne sait plus trop quoi faire à part le prêter à Disney justement, on n'est pas loin du mercato footballistique dans le principe). Je suis sûr qu'ils sont en train de faire la même chose avec la franchise Star Wars. D'ailleurs je viens de voir sur Wiki que ce projet a même un nom et une structure: le MCU (pour Marvel Cinematic Universe). Un jour Disney contrôlera le monde. Le Nouvel Ordre Mondial approche.

     

    Pour en revenir au film qui nous "intéresse", bah rien de neuf sous le soleil. D'un point de vue scénaristique, on n'est pas loin du récit initiatique: le héros est soit un pouilleux, soit un mec imbu de lui-même (c'est le cas ici), il lui arrive une couille, il choppe des pouvoirs, apprend à s'en servir grâce à un mentor poursuit une cause pour vaincre le grand méchant et ainsi sauver le monde (comme dans quasi tous les films de super héros en fait). Rien que du très convenu.

     

    Stephen Strange (Benedict Cumberbatch), un chirurgien de génie qui a tout perdu

     

     

     

    En fait la particularité réside dans le traitement. Déjà l'introduction est relativement longue et sobre pour un produit de ce genre, avec un background dudit Dr Strange assez étoffé. Part la suite on entre dans le vif du sujet de manière assez convenue comme indiqué dans le paragraphe ci-dessus. Pas de grosse surprise au programme donc si ce n'est un visuel assez intéressant et original dans une certaine mesure. En effet difficile de ne pas penser à Inception avec ces combats "pluridimensionnels", et même à Avatar (le très bon dessin animé, par le film pourri de Shiyamalan ou celui de Cameron) avec un personnage ressemblant étrangement au jeune Wang.

     

     

     

     "L'Ancien" (Tilda Swinton) qui vient de révéler à Strange son corps astral

     

     

     

    Cependant le film reste à mon sens une petite curiosité ne serait-ce que par son casting atypique (et trois étoiles) pour ce genre de film: Benedict Cumberbatch en tête mais pas seulement. Hormis Rachel McAdams et enjamin Bratt, dans la distrib on peut trouver mon Nigerian sûr Chiwetel Ejiofor, Benedict Wong que j'ai vu dans la moitié de sa filmo mais que je ne reconnais jamais, et surtout Tilda Swinton qui volerait presque la vedette à Benedict en termes de visage étrange. Mais le plus étonnant reste la présence assez improbable de Mads Mikkelsen en antagoniste doté de pouvoirs mystiques.  Non mais sérieux c'est un casting de Marvel ça? Bah faut croire apparemment. Et même si finalement Crumberbatch est crédible (après tout il a joué dans Sherlock, très bonne série au passage), j'ai eu du mal à prendre Mads Mikkelsen au sérieux tellement il a rien à foutre là. Mads Mikkelsen quand même putain! 

     

     

     

     
    Mads Mikkelsen, dégoûté d'avoir touché un gros chèque pour le rôle de Kaecilius
     

      

     

    De toute façon quand tu mates la filmo des protagonistes tu te dis qu'ils ont tous dû toucher un putain de gros biff pour y participer à ça c'est sûr. Une action se situant à Londres, des acteurs "européens" (4 Anglais et un Danois), il y a probablement une volonté d'apporter un cachet un peu européen, élever un peu  le niveau. Possible. C'est une note d'intention honorable, mais bon dans tous les cas ça reste un Marvel hein. On sait qu'on est pas devant le dernier Ken Loach (que j'ai raté d'ailleurs). Enfin c'est plutôt bien foutu pour un film de cet acabit donc le contrat est rempli.

     

     Un bon Marvel, mais un Marvel quand même...

     

     

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    Il y a des films comme ça qui sont précédés d'une certaine réputation sulfureuse...

     

     

     

    Je ne sais pas pourquoi mais rien que cette affiche me donnait froid dans le dos. Je trouve qu'elle a un côté un peu crade et glauque. On dirait un aperçu de l'enfer. D'ailleurs je la préfère à l'autre bien plus belle mais plus sobre. Là on est dans le vif du sujet.

     

     

    Résumé:

     

    1942: Biélorussie. Alors que les troupes allemandes envahissent les villages environnants, Fiora, un adolescent de 15ans trouve un fusil dans un terrain jonché de cadavres. Il le récupère et rentre chez lui annoncer à sa mère sa ferme intention de rejoindre les maquisards. Emmené par des soldats, le voici en chemin. Il est pourtant d'imaginer les horreurs auxquelles il va bientôt être confronté. 

     

     

     

     

     

     

    Je ne sais pas si je l'ai déjà dit mais je ne suis pas fan des films dits dérangeants, et/ou déprimants. Je n'ai plus le moral assez solide pour visionner des trucs trop durs ou extrêmes, autant physiques que psychologiques. J'ai dû mettre un an avant de me forcer à voir Snowtown (beau film australien adapté d'un fait divers sordide), peut-être plus de temps encore avant de voir Boat People dont je parle ICI alors que j'ai cherché le film pendant près de 15ans. Pour celui-ci, j'ai pratiquement attendu deux ans tellement je n'arrivais pas à me motiver à le mater. Et finalement vendredi soir à minuit passé (samedi matin donc), alors que je n'étais pas spécialement disposé, j'en ai eu marre de mater des séries Netflix à la con qui ne m'apportaient pas grand chose  (Marco Polo, Expense, Sense8 etc.) et me faisaient davantage penser que je perdais mon temps, alors j'ai lancé ce film. Au départ, j'étais à deux doigts de fermer l'œil mais finalement le film est si intense que j'en ai fait une nuit blanche.

     

     

    Apparemment la genèse du projet a été plutôt difficile. Le projet porté par le réalisateur Elem klimov et le scénariste Ales Adamovitch (qui a adapté son propre roman) a été annulé et mis au placard près de dix ans avant d'être ressorti à l'occasion des quarante ans de la victoire russe. Le tournage lui-même a parait-il été extrêmement difficile. Je veux bien le croire. Dans tous les cas, l'attente a été bénéfique au film au vu du résultat.

     

     

    Fiora (Alexei Kravtchenko), le benêt s'en va-t-en guerre

     

     

     

    Alors oui, le film est bien plus dérangeant que la majorité des films de guerre jouant de manière très intelligente avec la suggestion et la violence frontale. Mais ce serait idiot de le réduire à ça. A l'inverse du titre français quelque peu racoleur, le titre original et le précédent illustrent assez bien la note d'intention d'Elem Klimov. En effet, le projet s'appelait au départ Tuez Hitler, mais l'administration a émis un veto sur l'utilisation de nom "Hitler", et Elem Klimov et Ales Adamovitch ont opté pour un nouveau titre: Idi i smotri (Viens et Vois, inspiré d'un chapitre de l'Apocalypse dans la Bible). Effectivement, à l'image du narrateur de l'Apolcalypse, Fiora le héros, et le spectateur par ricochet, est invité à découvrir par lui-même la réalité de la guerre: le maquis, la faim, la peur, la mort, la cruauté et la folie des humains. De la manière, Tuez Hitler, le premier titre, nous exhorte à nous rappeler que Hitler est avant tout un être humain et que le mal est en chacun de nous. 

     

    Peuplé de gros plans dérangeants de personnages qui nous interpellent comme s'ils nous demandaient de l'aide ou nous obligeaient à être témoins de diverses atrocités, le film n'est jamais complaisant avec le spectateur. Pire il prend même par moments des allures de films d'horreur comme avec cet avion presque anodin au début du film qui progressivement se manifeste comme un oiseau de mauvaise augure. Et comme on n'est pas chez Spielberg le film n'est pas illustré d'une musique donnant dans le pathos mais d'une bande sonore et un mixage parfois très étranges accentuant le malaise de séquences à la fois oniriques et cauchemardesques. 

     

     

     

    Une victime des horreurs de la guerre

     

     

     

     Au niveau de l'interprétation, le film est relativement pauvre en dialogues, et repose bien plus sur l'aura dégagée par les acteurs que par leur composition. Et c'est bien sa force. D'ailleurs, à ce titre le film est rempli de gueules bizarroïdes, bien effrayantes comme de la mystérieuse Glacha et son visage à la fois beau et horrible selon l'instant.

     

     

     

    Glatcha (Olga Mironova), une étrange partisane

     

     

    Par ailleurs pour plus d'authenticité Elem Eliankov a déniché de véritables survivants des bûchers humains perpétrés par les nazis. Et toujours pour des raisons de réalisme (ou parce qu'il n'y avait pas de boîtes d'effets spéciaux à l'époque) Elem Klimov a utilisé de vrais obus et de véritables mitrailleuses tirant à balles réelles, découpant une vache en route (!!).

    A ce propos, il faut tout de même souligner la performance de Alexei Kraventchko dans le rôle de Fiora dont le visage évolue de manière assez étrange tout au long du film. D'ailleurs je viens de lire sur Wiki qu'ils ont engagé un psy pour lui permettre de supporter la pression psychologique vu qu'il a failli y passer en même temps que la vache en question. Etrangement, ça ne l'a pas empêché de remettre le couvert vu que sa carrière est majoritairement faite de rôles de soldat. Sacrés Ruskov

     

     

     

    Fiora, qui a vu des "choses"

     

     

    Il serait facile de limiter ce film à un réquisitoire anti nazi, ceux-ci apparaissant comme des monstres sans foi ni loi. Pourtant Requiem Pour un Massacre est un réquisitoire contre la violence et l'horreur de la guerre, qu'elle soit commise par des Allemands, des Russes ou qui que ce soit.

    Jusqu'au-boutiste dans ces intentions et sa description, Requiem Pour un Massacre est un film qui ne fait pas dans la demie mesure mais c'est également une expérience sensorielle belle et intense, un voyage en enfer.

     

    Un film qui ne laisse pas indifférent.

     

     

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    Résumé:

     

    La famille de Ben n'est pas une famille comme les autres. Avec ses 6 enfants, il vit en autarcie dans la forêt, et leur enseigne une éducation très pointue dès le plus jeune âge. Mais surtout il leur apprend à  se défendre et  à survivre en territoire hostile. Son petit monde bascule cependant lorsque Ben apprend que sa femme hospitalisée de longue date vient de mourir. Il se voit dès lors confronté entre choisir d'obéir à un beau père qui le déteste ou aller au Nouveau-Mexique assister à des funérailles où il n'est pas le bienvenu.

     

     

     

     

     

    Curieuse histoire que cette description d'une famille entre les Robinson suisses et Delajungle (!!) vivant dans l'état de Washington (!!). A la vue des séquences d'entrainement je me suis senti partagé en le sentiment de trouver ça cool et complètement aberrant.

     

     

    L'entrainement quotidien (et intensif) de la petite famille

     

     

    Le film permet de poser un questionnement habile autour d'un idéal d'éducation de nos marmots. En effet ceux de Ben sont à la fois plus forts, plus endurants, plus intelligents et avancés que la plupart des enfants de leurs âges mais paradoxalement leur isolement les rend presque inadaptés au monde moderne.

    Dès lors, leur voyage en "ville" et la confrontation avec la sœur de Ben et sa famille (apparentée à des Américains moyens) dénote le fossé qui les sépare. Aux enfants accrocs aux jeux vidéos, mal élevés et pratiquement incultes du fait du laxisme de leur éducation par des parents aimants mais plus ou moins démissionnaires et sans réelle ambition pour leur progéniture, s'oppose une fratrie ultra brillante, à la discipline quasi militaire dont le plus bel exemple et la benjamine qui connait déjà les fondements politiques des Etats Unis.

    A l'image de Vespyr lorsqu'elle nous décrit son ressenti sur le roman Lolita de Nabokov, le héros n'est jamais antipathique. Malgré ses maladresses, son obsession pour la survie et l'éducation de ses enfants, on n'éprouve jamais d'antipathie pour Ben, quand bien même ce qu'il inflige à ses enfants peut parfois être assimilé à de la maltraitance. Car dans le fond malgré son déni, on voit bien que tout ce qu'il entreprend c'est pour le bien de ses enfants.

    Loin de taper dans la sensiblerie à deux balles, le film, assez Sundance au demeurant, souligne intelligemment la personnalité de ce père de famille atypique aussi intelligent et libertaire, que contradictoire (il adule Noam Chomsky mais offre des armes à ses enfants comme un vulgaire partisan de la NRA). Complètement borderline, son personnage peut s'avérer bien barré lors de séquences bien hilarantes.

     

     

     
    Ben et sa famille sur leur 31 (sisi)

     

     

    Côté distrib c'est top: Viggo Mortensen, très à l'aise dans le rôle titre, nous prouve une fois de plus qu'il est un excellent acteur. Les enfants sont tous très bons. Frank Langella est également en beau père qui ne peut se résoudre à détester totalement un gendre qu'il estime perdu. Et puis personnellement ça me fait toujours plaisir de voir Steve Zahn ("DJ Davis" dans la série Treme). En même temps Matt Ross, le réal, a une longue carrière de seconds rôles (qui a la tête du mec qu'on voit souvent mais on ne sait jamais où), ce qui aide sensiblement pour la direction d'acteurs.

     

     

    Jack (Frank Langella), aux prises avec son insupportable gendre

     

     

     

    Au final Captain Fantastic est un film intelligent, et une belle histoire sur l'obsession d'un couple, puis d'un homme, de fonder une famille et de l'élever du mieux possible, loin des tares du monde moderne, et de les préparer aussi bien mentalement que physiquement à être forts pour affronter la société, oubliant que l'épanouissement d'un être humain passe principalement par l'expérience, et l'évolution au sein de ses pairs.

     

    Une petite perle qui révèle un réal et scénariste prometteur.

     

    Beau film

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    Quand tu as Free et que ton offre VOD se limite à Canal Play:

     

     

     

    Quand tu récupères un compte Netflix:

     

     

     

     

     

     

     

    Quand ta tablette tombe en rade:

     

     

     

     

    Fuck dat shit, j'ai pris la tablette de ma femme (après tout elle s'est pas privée pour squatter la mienne à longueur de temps).

     

    D'ailleurs c'est marrant en voyant le (gros) catalogue, je me rends compte qu'ils proposent 90% des animes dont j'ai pu parler. Comme quoi ils ont bon goût parce que Aijin par exemple je ne m'y attendais pas.

     

     

    Mais bon, revenons en à notre série.

     

    Quelque part à L.A en 2004, les super héros ont le vent en poupe:

     

     

     

    John (Singleton): Hey Tyrese!

    Tyrese: Yo John, quoi de neuf?

    - Yo j'ai un pur projet sur le feu.

    - Raconte mec.

     - Voilà je vais monter un projet qui me tient à cœur. Tu connais Luke Cage?

    - Le comic? Bah ouais.

    - Et bien je vais bientôt le monter. Tout est verrouillé. Et je veux absolument que ce soit toi dans le rôle titre.

    - Sérieux? Trop cool!

    - Ouais c'est bien parti. Faudrait juste que tu prennes disons 15kg de muscle pour le rôle. T'es partant?

    - 15kg? Euh tu m'as déjà fait prendre 10kg pour Fast and Furious 2. 

    - Je sais mais c'est Luke Cage mec! Ca pourrait devenir le rôle de ta vie!

    - OK mais t'es sûr que ça va se faire?

    - T'inquiète pas, le projet est déjà bouclé à 90% mec. Il manque que toi.

    - Et ça va se faire quand?

    - Je dirais le printemps prochain. Ecoute, on programme une sortie pour juillet 2005 au pire. tout est verrouillé mec!

     

     

     

    Douze ans plus tard...

     

     

     

     

      

    Croyez-le ou non mais le dialogue (imaginaire) du haut de la page est pourtant tiré de faits réels. Quiconque connait Tyrese l'a vu en playboy pas très costaud dans le sympa Baby Boy(de Singleton déjà). C'est devenu un des acteurs fétiches de Singleton qui avait réellement le projet d'adapter le comic. C'est ce qui explique la grosse prise de masse de Tyrese à l'époque. Bon bah il faut croire qu'ils se font fait niquer finalement... 

     

     

    Résumé wiki:

     

    Suite à une expérience qui lui a donné une force surhumaine et une peau indestructible, Luke Cage (né Carl Lucas) s'est réfugié à Harlem où il multiplie les petits boulots. Il va devoir choisir d'utiliser ou non ses pouvoirs pour combattre le crime. 

     

     

     

     

     

     

    Je ne sais pas si je l'ai déjà dit (écrit) mais je ne suis pas un très grand fan des trucs de super héros. Certes j'ai un peu grandi avec les Strange, tout ça, mais ça a nettement moins marqué mon enfance que Ken le Survivant ou les Chevaliers du Zodiaque. D'ailleurs les films de super héros, les séries, je m'en branle total. Surtout qu'en général les séries sont bien pourries: DC avec Arrow (la moins pire), Flash (nulle), Gotham (horrible) et Marvel avec Agents of Shield (bien naze). Alors bon on m'avait dit du bien de Daredevil et de Jessica Jones mais bon la flemme un peu. Pourtant Luke Cage m'intéressait fortement.

     

    En fait  Luke Cage en y regardant de plus près, ce n'est pas vraiment une série de super héros à proprement parler. Je veux dire que le héros a des pouvoirs certes, on a droit à quelques allusions discrètes aux Avengers, à Daredevil, au Caïd et au Punisher, mais c'est tout. Tout le reste n'est ni plus ni moins qu'une ode à tout un pan de la pop culture américaine (afro américaine précisément), et renvoie bien plus allègrement à l'âge d'or de la blaxploitation et au hip hop qu'à la mythologie de Marvel. Avec son héros à la fois tombeur (comme tout bon héros noir qui se respecte), et torturé, son ennemi fan de musique toujours tiré à quatre épingles digne d'un caïd de Sugarhill, ses belles meufs qui ponctuent la série, ces guests à gogo (Raphael Saadiq, Les Delfonics, Charles Bradley, Faith Evans Method Man pour ceux que j'avais reconnus, d'ailleurs je viens de voir dans Wiki qu'il y a même Heather B. Je sais pas où ils ont été la chercher elle putain), ses références au hip hop (à commencer par Biggie même s'il ne vient pas de Harlem), sa bande son bien cool entre rap tendance Wu Tang (on entend des morceaux du groupe ou de ses membres solo à plusieurs reprises) et Soul à l'ancienne façon Isaac Hayes période Shaft. Tiens d'ailleurs vu qu'on est dans le clin d'œil il est marrant de voir que tous les épisodes ont pour titre un morceau de Gangstarr.  Bon perso n'étant pas un super grand fan du groupe (alors que paradoxalement DJ Premier est un des mecs qui m'ont fait aimer le rap) je devais connaître le nom de quatre ou cinq titres max mais ça reste un clin d'œil marrant à un groupe emblématique.

     

     

    You Know My Steez

     

     

     

     

    Bref, côté référentiel les mecs ont mis le paquet. Le truc c'est qu'ils l'ont suffisamment bien fait pour que ça ne passe pas pour du fan service "black is beautiful" bidon. Non, ils ont fait un truc propre, presque réaliste, avec un héros qui rappelle plus le Hulk de Lou Ferigno que celui de Bana/Norton/Ruffalo. D'ailleurs loin d'être uniquement dans le surfait, la série n'en oublie pas de renvoyer aux problèmes sociaux comme les bavures à répétition qui touchent actuellement le pays .

     

     

    La jolie Misty Knight (Simone Missick), inspectrice intègre dans un monde de corrompus

     

     

    Côté distribution hormis deux-trois transfuges de The Wire (Frankie Faison et l'éternelle espoir Sonja Sohn, que j'avais découverte dans Slam, et qui n'a jamais dépassé les seconds rôles remarqués) et un ou deux acteurs "à tête" comme Mahershala Ali, je ne me souviens pas avoir déjà vu le reste de la distribution.

     

     

    Cottonmouth (Mahershala Ali), un ambitieux prêt à tout pour la couronne de Biggie

     

     

     

    Niveau interprétation, concernant le rôle titre, si Mike Colter n'a pas un charisme des plus impressionnants, il correspond finalement assez bien au personnage de boy scout bien relou et ringard qu'est Luke Cage (il se fait vanner dessus à plusieurs reprises). D'ailleurs même physiquement, s'il est assez balèze, il n'a pas non plus une silhouette de mannequin avec les abdos mais un corps de guerrier à l'ancienne. Il correspond assez bien à l'esprit du show.

    Pour le reste, c'est impec: la mimi Simone Missick est impeccable dans le rôle de Misty (elle a un de ces sourires... et puis elle a un sacré corps qui justifie à lui seul le visionnage du pilote), Mahershala Ali pompe allègrement le registre déjà pas très fourni de Denzel "Franck Lucas" Washington (avec ses "my man" et tout), Alfre Woodward est très classe. Et puis, il y a la toujours mignonne Rosario Dawson, enfin je suis fan depuis son premier film (Kids de Larry Clark), même si elle ne dévoile pas son corps de compète (suffit de voir le film Transe pour s'assurer que... non rien j'allais faire une blague à la con). D'ailleurs chose intéressante c'est apparemment le seul personnage qui apparait dans les trois séries si j'ai lu (Dardevil, Jessica Jones, Luke Cage donc). 

     

    Luke Cage et Claire Temple (Rosario Dawson), qu'elle avait déjà croisé dans Jessica Jones

     

     

     

    Pourtant s'il y a un personnage vraiment au dessus du lot c'est le bien nommé Shades. D'abord à la limite du cliché avec ses lunettes, cet "homme de l'ombre" devient de plus en plus intéressant et charismatique à mesure de l'évolution de la série. Toujours froid et pragmatique Shades c'est l'éminence grise, le mec intelligent qui cherche davantage à partager le pouvoir qu'à régner seul. Et il a bien raison. Theo Rossi, qui l'interprète est parfait dans le rôle avec ce qu'il faut de cabotinage.

     

     

     

    Shades (Theo Rossi), le Machiavel de la série

     

     

    Certains ont apparemment regretté l'absence d'un antagoniste fort à Luke Cage (aucun n'a l'aura d'un Fisk par exemple) mais personnellement moi ça me va. Les méchants sont humains mais ont de la gueule et sont en ce qui me concerne à la hauteur d'un héros un peu plus ordinaire que la moyenne. De toute façon l'intérêt de la série est ailleurs.

     

     

    Plus hip hop qu'épique (il suffit de voir le combat final assez WTF qui, loin d'effrayer la population, prend des allures de battle), Luke Cage n'est pas une grande série à la HBO. Elle ne deviendra jamais une machine à Grammy façon Sopranos, ou True Detective. En revanche c'est un excellent divertissement à l'ancienne, un peu comme un mélange improbable de Hulk, Shaft et... Starsky et Hutch (!!) à la sauce Wu Tang (!!). Un truc archi référentiel aussi casse-gueule que réussi. En plus la BO composée par Ali Shaheed (ex A Tribe Called Quest) et Adrian Younge (inconnu au bataillon) est à tomber Et rien que pour ça, respect.

     

    Seul petit bémol: une pirouette scénaristique permettant de justifier le dernier acte qui est un peu maladroite mais rien de bien méchant. 

     

    Finalement la déconvenue de Tyrese et John Singleton est malheureuse, mais je ne suis pas sûr qu'ils auraient réussi à faire aussi bien. 

    Vivement la saison 2.

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