• Black Panther

     

    A la base j'ai été voir Pentagon Papers mais vu que j'ai dormi pendant 70% du métrage je me suis dit que c'était abusé d'en parler outre mesure. Alors bon je me rattrape avec celui-là que j'ai vu y a déjà deux semaines je crois.  

     

     

     

     

    "Le premier super héros noir"  j'ai entendu la dernière fois sur France Info, c'est Wesley Snipes et Mike Colter qui ont dû être contents.

     

     

     

     Résumé:

     

    Après les événements qui se sont déroulés dans Captain America : Civil War, T’Challa revient chez lui prendre sa place sur le trône du Wakanda, une nation africaine technologiquement très avancée. Mais lorsqu’un vieil ennemi resurgit, le courage de T’Challa est mis à rude épreuve, aussi bien en tant que souverain qu’en tant que Black Panther. Il se retrouve entraîné dans un conflit qui menace non seulement le destin du Wakanda, mais celui du monde entier…

     

     

     

     

     

     

     

     

    Meilleur démarrage Marvel, rien que ça. Putain les Noirs des fois ils me sidèrent. Les mecs tu peux faire limite n'importe quoi quitte à faire élire un président raciste qui va les laisser en chien, ils vont pas voter. Par contre tu leur fous un super héros noir, ils se déplacent tous au ciné comme si leur avenir en dépendait lol. Bon j'en rigole un peu mais je l'ai pensé quand même. Malgré tout, pour une fois qu'on a un film avec plein de Noirs dedans qui cartonne au box office, on va pas se plaindre non plus. Disn... euh Marvel a beau se gaver au passage, ça fait toujours plaisir. Alors bon, communautarisme oblige, j'ai été voir le film pour soutenir la cause (lol). 

    Déjà rien qu'en arrivant au ciné de St Denis, on tombe sur une salle pleine à craquer où j'ai dû dénombrer au maximum quatre blancs. Bienvenue au Wakanda

     

     

    On va passer rapidement sur l'impressionnante distribution: Forest Withaker (qui est en passe de devenir le nouveau Morgan Freeman), la MILF tendance granny Angela Bassett qui prouve qu'on peut toujours avoir un fessier bien rond et musclé à soixante balais (bravo), Laetita Wright qui a bien grandi depuis Top Boy (où elle jouait une apprenti dealeuse, on la voit aussi dans Black Mirror d'ailleurs), Andy Serkis qui joue le méchant blanc (on n'est pas loin de la blaxpoitation là, mais pour une fois qu'on le voit en vrai on va pas se plaindre), Martin Freeman qui n'a pas changé depuis Fargo et qui joue la caution "white friendly" (qui nous rappelle qu'on est dans un film de 2018), Danai Gurira qui reprend à peu de choses près le rôle de Michonne de The Walking Dead, Daniel "gros yeux" Kaluuya qui a grossi de la tête depuis Black Mirror et Get Out, Michael B Jordan (acteur fétiche du réal depuis Fruitvale Station) qui reprend à peu près son rôle d'Adonis Creed, Lupita Nyong'o qui a bien grandi et a récupéré un joli petit corps mis en avant dans une robe moulante un moment. Et évidemment Chadwick Boseman qui est impeccable dans le rôle titre.

     

     

     


    Le casting au grand complet (ou presque) 

     

     

     

     

    C'est marrant parfois Hollywood. Un mec qui réalise un film "d'auteur" est promu à la tête d'une franchise potentiellement juteuse, puis propulsé aux commandes d'une autre future franchise à très gros budget. Parce que c'est un peu ce qui s'est passé pour Ryan Coogler. Le mec s'est illustré à Sundance avec le drame Fruitvale Station (tiré d'une histoire vraie, et déjà avec Michael B Jordan dans le rôle principal). Puis, il est passé à Apollo qui a bénéficié d'un bon succès critique et public (même si pour ce que j'en pense... on peut le lire ICI d'ailleurs). De là à ce qu'il  fasse un Marvel... En fait à bien y réflechir c'est finalement assez logique. Le mec était plus ou moins désigné pour ça. Contrairement à un Antoine Fuquua qui ressemble à un nègre de maison, ou à des mecs "intello engagé" comme Simiens, Ryan Coogler c'est un peu l'homme du consensus. Un mec calibré pour traiter d'histoires grands publics en y apportant quelques nuances soulignant les aspect sociaux et sociétaux. C'est un peu ce que John Singleton ou les frères Allen n'ont pas réussi à faire en somme. 

     

     

     


    Ryan Coogler, 31ans, 3 films (no comment)

     

     

    En France j'ai lu pas mal de trucs sur le Net de gens qui se plaignent des dérives communautaires engendrées par le film. En fait, ça va un peu plus loin que ça. Sans faire de sociologie de comptoir, les Noirs ont longtemps souffert (et souffrent encore) d'un complexe par rapport à leur représentation. Ca peut paraître lourd ou exagéré pour certains mais bon, être considéré comme un sous homme pendant 400ans ou comme un singe, ça laisse des traces qu'on le veuille ou non. On pourra objecter que toutes les "communautés" ont souffert de préjugés, il n'empêche que je ne me rappelle pas avoir lu que les Arabes (du Maghreb ou du moyen orient), les Asiatiques, ou les Blancs, ont été considérés comme une espèce à part entière inférieure à l'espèce humaine. C'est un fait. Il suffit de faire un tour sur le Net pour s'en convaincre.

     

     

     


    The Black Panther

     

     

     

     

    Pour en revenir au film donc j'avais un peu peur du cliché sur l'Afrique au début du film: les tamtams, la savane... Et en fait non. Si les Noirs d'ici et d'Afrique se sont longtemps identifiés aux Noirs américains (un peu par défaut, faute de modèles), les Noirs américains a contrario ont longtemps eu une vision assez réductrice de l'Afrique. Pour beaucoup on vivait encore au milieu de la brousse à chasser l'antilope à la sarbacane. J'exagère à peine. Je me rappelle d'une interview de Will Smith qui avouait humblement avoir été choqué en allant à Kinshasa à l'époque du tournage d'Ali. Depuis heureusement de l'eau a coulé sous les ponts, Internet et la mondialisation n'ayant pas que des défauts: les américains ont vu Un Prince à New York, Akon et son accent de blédard ont cartonné aux US, 50 et The Game ont réalisé qu'il y avait un marché en dehors des U.S., de l'Europe et du Japon et sont partis faire des concerts au Nigeria ou en Afrique du Sud, Rick Ross ou Talib Kweli ont  tourné des clips à Lagos,  French Montana en Ouganda... Enfin bref, les choses ont changé. 

     

     

     
    Bienvenue au Wakanda

     

     

     

    On voit d'ailleurs l'attention apportée à la représentation du Wakanda qui, loin de l'imagerie de safari, est en faite décrite comme une mégalopole moderne africaine. De la même manière américains, le choix de Lupita Nyong'O est loin d'être anodin. Bien qu'elle soit plutôt une belle femme son physique ne correspond pas vraiment aux canons de beauté occidentaux habituels: peau très noire, nez de noir, cheveux courts et crépus... C'est tout à l'honneur de Coogler (également coscénariste)et de la production de l'avoir choisie dans la mesure où il aurait été facile de foutre une meuf au physique de chanteuse de RnB (genre Ciara par exemple, comme je l'avais déjà écrit à propos des clips de rap). Parce que bon il faut bien avouer qu'à ce niveau les mecs s'en tirent mieux que les filles. Ca peut paraître anodin mais tous ces détails (calculés évidemment) font forcément que le film attire la sympathie au delà même de la niaiserie du message global qu'on pourrait résumer en gros par: fraternité entre les peuples noirs, puis entre tous les peuples du monde entier. Aimons-nous les uns les autres mes frères et soeurs!! 

     

     

     
    Lupita Nyong'O et ses gardes du corps

     

     

     

    Bien qu'il ne s'agissent pas à proprement parler d'un récit initiatique (après tout, on a déjà vu sa tronche dans Captain America je crois), la mécanique scénaristique est bien huilée, et si le film se déroule sans réelle surprise, il n'est pas moins sympathique pour autant (même si des Noirs qui veulent passer incognito dans une boîte de Séoul, on a vu moins con). Y a suffisamment d'action, d'humour (dont une ou deux blagues sur les clichés sur les Africains), et de clins d'oeils à d'autres trucs (comme DBZ ou Game of Thrones)  pour contenter le spectateur de base dont je fais partie. Et même si la mise en scène pêche parfois (en particulier lors d'utilisation de CGI douteux), et que Michael B Jordan est un antagoniste un peu faiblard, ces défauts sont compensés par la présence d'un Chadwick Boseman plus charismatique que jamais. Parce que bon faut avouer que c'est lui qui porte le film.

     


    T'Challa (Chadwick Boseman) et sa belle Nakia (Lupita Nyong'O)

     

     

    En bref, sans avoir pondu le film du siècle, Ryan Coogler Black Panther remplit allègrement sa mission en livrant un blockbuster plus réussi que la moyenne. Un Marvel mais un bon Marvel.

     

    Allez next

     

    Ah si, une curiosité: hormis l'intro et l'épilogue, toute l'histoire se déroule en dehors des Etats-Unis, c'est assez éonnant pour le signaler.

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