• Creole Belle

     

     

     

     

     

    Y a des fois je me pose des questions sur ce que je fous. En fait j'étais un peu dans un trip Nouvelle Orléans. J'avais je sortais de Treme, la géniale série de David Simmons (qu'on pourrait résumer par: The Wire mais sans dealer et à la Nouvelle Orléans), j'avais commencé à écrire une nouvelle se déroulant à la Nouvelle Orléans (et que je n'ai pas finie, comme souvent), et j'avais souvent entendu parler de James Lee Burke sans jamais avoir lu aucun roman de lui. Donc je me suis dit que ce roman me permettrait qu'en connaître un peu plus sur la Louisiane sans jamais y avoir mis les pieds.

    So what's the matter?  Bah déjà j'aimais pas le titre. Creole Belle, ça claque peut-être aux States mais ici c'est moche. Bon il faut savoir que c'est tiré d'une chanson mais bon ça reste toujours aussi moche. Ensuite je me souviens plus si j'avais fait gaffe ou non quand je l'ai acheté mais dessus il y a écrit "Une Enquête de Robicheaux". Déjà j'aime pas trop les polars avec le même héros, et même si Ellroy l'a fait avec Lloyd Hopkins ou que Connelly le fait plutôt bien avec Harry Bosch, ça m'évoque davantage les romans policiers qu'on trouve à Carrefour genre Patricia Cornwell ou James Patterson. Bref j'en ai lu, c'est pas foncièrement mauvais en soi mais ça casse pas trois pattes à un canard. Et à mon âge le temps devient précieux, donc je préfère l'employer à lire des classiques et/ou des trucs qui me parlent davantage.

    En plus de ça le héros s'appelle Robichaux. Robicheaux, c'est quoi ce nom sérieux? on dirait Cornichon, Bidochon, Gronichon, Reblochon... Pourquoi pas une enquête de Robuchon tant qu'on y est? Avec un gros cuisinier qui enquête sur la disparition d'une andouillette... N'empêche y a une actrice qui s'appelle bien Debbie Rochon. Ils sont fous ces Ricains.

     

     

    Je viens de me rendre que j'avais même pas mis le résumé alors je le rajoute (choppé sur le site de Rivages)

     

     

    Dave Robicheaux se remet de ses blessures dans une unité de soins deLa Nouvelle-Orléans, où il reçoit la visite d’une jeune femme, Tee Jolie Melton. Cette dernière lui laisse, sur un iPod, le blues « My Creole Belle ». Une chanson qui finit par l’obséder. Mais dans cette atmosphère languissante baignée de morphine, et avec tous les démons qui plus que jamais l’accompagnent, Dave nourrit des doutes : sa rencontre avec Tee Jolie est-elle bien réelle ou l’a-t-il rêvée ? Car Dave découvre que Tee Jolie est censée avoir disparu depuis des mois. Aussi, lorsque sa jeune sœur Blue est retrouvée morte, Dave décide de partir à sa recherche. Une enquête éprouvante, au point que son vieil ami Clete Purcel, lui-même à la limite de la rupture, se met à craindre pour sa santé mentale…

     

     

     

     

    Enfin bref, déjà ça commence pas fort dès les premières pages avec un style un peu ampoulé à mon goût. Hormis son nom, je ne connaissais pas du tout l'auteur, et je croyais même qu'il était mort. Bah pas du tout en fait.

    James Lee Burke est issu d'une famille modeste, ça se voit. Je veux dire qu'à le lire, on sent le mec cultivé qui a cravaché pour s'extraire de son milieu social (milieu pour lequel il garde un grand attachement) et qu'il s'est fait tout seul, culturellement parlant en tout cas. Du coup, il use et abuse de références historiques et culturelles et surtout de figures de style un peu lourdingues, voire de tournures de phrase à la mords-moi le chibre. C'est un peu comme s'il faisait un complexe de n'écrire "que" des polars. Il est vrai que le roman policier, comme la SF et le roman d'épouvante, est un peu le parent pauvre de la littérature. Régi par des codes sur lesquels il est assez difficile de faire l'impasse, il est qui plus est souvent déconsidéré alors qu'il vend plus que la littérature dite classique.

     

     

    James "Tommy Lee Jones" Burke

     

    Quand j'ai lu Créole Belle j'ai eu comme l'impression que Burke essayait de s'extraire du polar, en y ajoutant une noirceur et une aura crépusculaire forcément en rapport avec son âge avancé et le peu de foi qu'il a en l'homme. Du coup il a pondu un roman extrêmement sombre et glauque, une histoire où les ramifications du Mal s'étendent partout. En lisant ce roman voilà ce qu'on peut être amené à penser: en Nouvelle Orléans, ça chante beaucoup, ça danse, ça swingue, ça vole, ça tue, ça viole... Ca viole oui et pas qu'un peu. Bordel! 70% des protagonistes sont soit des violeurs, soit des violé(e)s, soit les deux (!!)

    Au menu: des violeurs donc, des pédophiles de la Fraternité Aryenne, des fillettes qui se font déflorer le jour de leur anniversaire, des mecs qui se sont faits élargir à Angola... Oui Angola la célèbre prison de Louisiane tristement connue pour ça. D'ailleurs c'était le rappeur C-Murder qui a pris perpète qui en parlait dans la chanson Do Your Time de Ludacris, et a priori mieux vaut être Noir quand on arrive là bas (et ça garantit pas tout).

    Mouais... c'est glauque et ça fonctionne à certains moments mais soule aussi des fois, comme s'il avait voulu forcer le trait pour accentuer la noirceur du truc. Ah ouais j'oubliais y a aussi des tortionnaires dignes de l'inquisition. Non c'est trop pour moi.

     

    C'est bien dommage parce que malgré le style le roman commençait plutôt bien avec cette histoire de dette datant de 30ans et de fille disparue. Mais non il a fallut que Burke s'enlise dans une enquête qui n'en finit pas de tourner à vide. A ce propos vers la fin le meilleur ami du héros lui dit: "on a pas arrêté de les emmerder, tu m'étonnes qu'ils nous en veulent." Bah ouais, c'est comme ça qu'on pourrait résumer les deux tiers du livre: deux vieux cons (voire trois, voire quatre même) qui passent leur temps à tourner autour d'une famille, limite les harceler sans preuve concrète, juste sur la base d'une intuition. Mouais, limite.

     

    On a aussi droit à des phases dignes d'un Buddy movie des années 80, avec la punchline à sortir au mec avant de le tuer, sauf que là elle fait une demie page. Non c'est trop là.

     

    C'est assez dommage parce que le roman se lit sans déplaisir en soit et même si l'histoire n'est pas des plus palpitantes ni originales elle reste agréable ne serait-ce que grâce à son duo de héros vieillissants. Mais voilà, James Lee Burke en a fait trop pour moi, comme s'il avait voulu sortir un livre testament. Avec ses 700 pages (!!) Créole Belle m'a un peu déçu. 200 pages de moins, un peu moins de velléités auteurisantes et il était très bien. En l'état j'ai trouvé ça plutôt moyen mais je dois être le seul si j'en crois ce que j'ai vu sur le Net.

     

    Neext!!!

     

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