• Dear White People

     

     

    Comme ce film m'intriguait, je me suis tout de même dépêché d'aller le voir avant qu'il disparaisse définitivement des écrans.

     

     Résumé (chopé sur Allociné):

    La vie de quatre étudiants noirs dans l‘une des plus prestigieuses facultés américaines, où une soirée à la fois populaire et scandaleuse organisée par des étudiants blancs va créer la polémique. Dear White People est une comédie satirique sur comment être noir dans un monde de Blancs.

     

    Le trailer

     

    Bon déjà, au delà du fait que pendant les 15 premières minutes j'ai eu du mal à rentrer dans le film à cause du délire renoi-intello-cliché, j'ai eu une putain d'envie d'insulter et frapper le réal. Pourquoi est-ce qu'il a foutu un putain d'afro à son alter ego filmique?  Un gay avec un afro!! Espèce d'enculé va! Putain heureusement que j'étais avec ma femme mais je rageais quand même. Je suis sûr qu'il y a des couillons dans la salle qui ont du penser que j'étais venu le voir pour ça (car oui j'ai une espèce d'afro mais en mieux que lui)...

     

    Lionel Higgins (Tyler James Williams), qui ne s'appelle plus Chris mais que tout le monde déteste quand même

     

    Non cherchez pas, j'ai ni cette coupe, ni cette tête de bouffon (je suis un beau gosse moi non mais!). Franchement j'ai rien contre les gays (ça commence mal en général quand on dit ça), j'ai même un pote gay (c'est pas vrai) mais putain là je peux pas. Pourtant j'aime beaucoup Almodovar, et j'ai même vu Brokeback Mountain sans être plus choqué que ça (à part la scène de la tente où j'ai explosé de rire), seulement là j'ai pas pu. Le fait de voir cet afroman galocher un mec c'était trop pour moi. Inconsciemment le rapprochement physique de cet énergumène avec moi était bien plus insoutenable que n'importe quel épisode de Oz et Spartacus...

     

    Pour en revenir au film assez énervant au début donc, on finit par se prendre au jeu de ses étudiants qui sont plongés dans un conflit aux enjeux qui les dépassent de loin.

    Sam White (Tessa Thompson) la meneuse des étudiants frondeurs noirs au nom éloquent

     

    C'est en fait un peu un jeu de dupes dans lequel aucun des individus n'est vraiment celui qu'il qu'il prétend être aux yeux des autres et qui va perdre à un moment ou un autre le contrôle sur ce qu'il entreprend (une soirée, une prise de conscience, une relation "mixte").

     

    Coco (Teyonah Parris), une étudiante arriviste dépassée par les événements

     

    Au delà des vannes parfois drôles et parfois lourdingues sur la culture afro américaine (ou africaine américaine comme on dit maintenant là-bas), et dans lesquelles Tyler Perry, Ice Cube, 2 Chainz, le Cosby Show et Tarantino en prennent (gentiment) pour leur grade, le film pose de vrais questionnements sur l'intégration des Noirs, et par extension des minorités, aux États-Unis en 2015 car comme dit le président (Blanc) de la fac, plus personne n'est victime de racisme aux États-Unis, sauf peut-être chez les Mexicains. De la même manière, à une époque où le mot "negro" est utilisé dans tous les sens, peut-on reprocher aux Blancs de s'approprier certains clichés, voire de les moquer, alors qu'ils sont parfois entretenus par les Noirs eux-mêmes, et les taxer de racistes? Ca peut paraître caricatural ici mais là bas où la question raciale est toujours d'actualité (voir les bavures à répétition en ce moment).

     

    Une fausse Nicki Minaj lors de la soirée Black Party, on n'est pas loin du Minstrel Show...

     

     

    Bref c'est un film, un peu prétentieux par moments mais sympa et nettement moins con qu'on pourrait le penser au départ. Le film se révèle finalement assez marrant, même si les photos affichées à la fin du générique font quand même moins rire...

     

    Kurt (Kyle Gallner), fils du président de la fac et leader des branleurs blancs

     

    Autre bon point, malgré le fait qu'un des perso principaux soit gay, ce n'est pas un film de gay. Le réal a eu la bonne idée d'éviter de caricaturer et finalement le personnage de Lionel se sent stigmatisé non pas parce qu'il est noir ou/et gay mais parce qu'il ne se retrouve dans aucune communauté. Un peu comme la plupart des autres protagonistes, la pression de la communauté est telle qu'aucun ne peut assumer son individualité à part entière et est forcé de choisir son camp un moment.

     

     La guerre est déclarée (un espion s'est glissé dans le groupe on dirait)

     

    Côté mise en scène c'est sobre et prétentieux (avec ses panneaux par chapitre, ses textos à l'écran etc.)  en même temps mais bon ça vient de la jeunesse. Je me demande comment Justin Simien (ce nom sérieux, ça va ils avaient de l'humour les esclavagistes) a réussi à le produire et à ramener quelques acteurs assez connus: Denis Haysbert (le président de 24 Heures Chrono), Tyler James Williams (Everybody Hates Chris, Walking Dead...), Kyle Gallner (Veronica Mars, Smallville...). Comme quoi le crowdfunding est en passe de devenir un mode de production alternatif de plus en plus important.

     

    Pour 40 000$ de budget, je dis bravo!
     

    Bref, bon film.

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