• Frères Ennemis

     

     

    Non je n'ai pas abandonné ce blog, je ne l'abandonnerai jamais (jamais!). C'est juste que... Enfin bref

     

     

     

     

     

     

     

    Je vais faire bref. j'ai pas été au ciné depuis au moins trois mois, je sors plus de chez moi, je mate que des séries Netflix et j'ai de plus en plus de mal à parler de quoi que ce soit sur ce blog. Enfin on s'en fout en même temps.

     

     

     

    Résumé:

    Manuel et Driss ont grandi comme deux frères inséparables dans la même cité. Mais aujourd’hui tout les oppose. Manuel est à la tête d’un trafic de drogue, alors que Driss est devenu flic. Quand celui-ci est promu aux Stups, son retour bouleverse les équilibres et met Manuel en danger.

     

     

     

     

     

    Personnellement je ne suis pas totalement convaincu par le résumé mais vu que c'est celui du distributeur on va pas chipoter.

     

    Ce que j'aime bien avec les films situés à Paris c'est qu'on reconnait forcément certains endroits où il a été tourné. Par exemple les Courtillières à Pantin dans la scène d'introduction, ou le nouveau palais de justice à Porte de Clichy (et toute la partie du 17ème qui croule sous les travaux d'aménagement). D'ailleurs j'ai été surpris en voyant qu'une scène avait carrément été tournée à 500 mètres de chez moi, à Colombes lorsque les protagonistes se retrouvent devant un hôtel.

     

    On va pas aller par quatre chemins, j'ai aimé ce film. Déjà parce que c'est rare d'avoir un polar français réussi (film français tout court diront les mauvaises langues). Et puis parce que en fait j'en attendais pas grand chose mais que j'aime beaucoup les acteurs principaux.

    Déjà pour parler du film, le réal David Oelhoffen et la scénariste Jeane Apkeman ont eu l'intelligence d'éviter les lieux communs sur le trafic de drogue et la banlieue en général. En plus de s'être apparemment un peu documenté sur le sujet, ils ont opté pour un traitement presque documentaire, plus proche de séries comme The Wire ou Gomorra que de films de gangsters. On est donc loin d'un délire mythologique à la Michael Mann par exemple (que les réals français essaient souvent et tristement de singer) mais finalement assez proche de Tavernier façon L627, enfin dans mes souvenirs en tout cas. Donc oui, l'approche naturaliste sert le film, d'autant que certains aspects évitent les écueils caricaturaux attendus (il n'y pas de rap par exemple), comme par exemple les jeunes qui vendent du shit et qui n'ont rien à voir avec les gros caïds discrètement postés deux étages plus haut.

    Pour autant le film n'en oublie pas de raconter une histoire, une histoire somme toute assez simple et plutôt prévisible mais suffisamment bien amenée à mon goût. Parce qu'au fond c'est juste l'histoire de personnes ayant grandi dans le même coin et ayant pris des chemins différents, chacun prêt à tout pour parvenir à ses fins quitte à s'arranger avec sa morale et ses principes.

    Il n'y a pas vraiment de gentils ou de méchants dans le film au final, juste des gens qui font ce qu'ils font avec leurs propres systèmes de valeurs.

    Concernant la mise en scène comme je l'ai dit, David Oelhoffen a opté pour une approche naturaliste mais ce n'est pas pour autant qu'il néglige la mise scène et certaines scènes "d'action" sont filmées avec une réelle intensité, d'ailleurs la scène du règlement (j'en dis pas plus) m'a encore rappelé une des premières scènes de Gomorra (encore cette série) lorsque Ciro se retrouve au bar. Donc oui Frères Ennemis est un film plus subtil et plus intelligent qu'il n'y parait.

     

    Est-il parfait pour autant? Bien sûr que non. On pourra reprocher par exemple un manque de fluidité dans la narration. Mon pote qui était au ciné avec moi (et qui n' a pas aimé) me disait qu'il avait trouvé que certaines séquences tombaient à plat ou étaient vaines, et qu'il n'avait pas réussi à avoir d'empathie pour aucun des personnages au final. C'est pas totalement faux. La schizophrénie du héros n'est par exemple pas exploitée de la meilleure manière.  Par ailleurs la fin du film renvoie un peu à tout ce côté crépusculaire que le réal à avait rejeté durant tout le métrage, et m'a donc un peu déçu.   Mais bon personnellement ça n'a pas entaché mon plaisir outre mesure.

     

     

     

    Après et il faut le dire, un des gros atouts du film reste sa distribution. Evidement Matthias Schoenaerts qui m'avait déjà bluffé à l'époque de Bull Head traine toujours sa grande carcasse de bœuf tout en parvenant à être parfait. Y a pas à dire, pour une fois qu'un acteur français a autant de talent, il faut qu'il soit belge.  Enfin bref, ici il reste égal à lui-même et incarne donc parfaitement Manuel, un dealeur pris dans un engrenage qui le dépasse.

     

     

     

    Manuel (Matthias Schoenaerts), un dealer en tenailles entre les flics et un contrat sur sa tête

     

     

    Mais surtout personnellement j'ai aussi été voir le film pour Reda Kateb. J'aime beaucoup cet acteur avec sa tête atypique(que j'avais découvert à l'époque d'Engrenages où il jouait un rappeur dealeur). Et s'il s'est évidemment fait remarquer pour son rôle de Jordy le Gitan dans Un Prophète, il a su se démarquer de l'image de vulgaire voyou qu'on pourrait lui coller à longueur de film. Ainsi, si je n'ai pas vu Django dans lequel il illustre le fameux guitariste, ni Les Nouveaux Parisiens des mecs de la Rumeur, je suis content de le voir dans un rôle un peu à contre emploi. Ce rôle dans lequel il apparait comme un flic bouffi par l'alcool et fatigué permet de prendre la mesure de son talent d'acteur.

     

    Driss (reda Kateb), un stup issu d'une cité sensible

     

     

    Et puis, on notera évidemment la présence d'Abel Bencherif qui reprendrait presque son rôle dans Un Prophète, et de Fianso qui parvient étonnamment à faire oublier son insupportable coupe et (je l'avoue) joue bien mieux que ce à quoi je m'attendais de sa part. Et s'il n'a pas le premier rôle, le Ptit Loup (j'aime bien cette chanson, à chacun ses plaisirs coupables) a quand même un rôle suffisamment important pour qu'on entende à nouveau parler de lui au ciné.

     

     

     

     

    Fianso plus convaincant que prévu 

     

     

     

    Côté meuf, il faudra bien avouer que c'est un peu mince mais on peut malgré souligner les bonnes perfs de la jolie Sabrina Ouazani (putain j'ai vu une interview d'elle y a pas longtemps pour son film sur la danse, elle m'a choqué. Avec un de ces micro short rouge j'arrivais pas à me décoller de ses jambes, enfin bref), une actrice qu'on a pu voir dans un tas de trucs comme L'Esquive, Paris, La Graine et le Mulet etc. et évidemment qui prouve qu'avant d'être un physique elle est aussi une très bonne comédienne.

     

    Manuel qui tente de réconforter Mounia (Sabrina Ouazani), le femme de son ami

     

    On oubliera pas l'autre deuxième grand rôle féminin incarné par Gwendolyn Gourvenec, principalement connue pour avoir joué Mademoiselle Chiffre  dans le Petit Spirou. Je ne pense pas qu'elle ait les forme du personnage de la BD mais elle est physiquement sympathique en plus d'être très convaincante dans son rôle.

     

     

    Bon on va s'arrêter là. Pour résumer, Frères Ennemis n'est pas un film parfait, mais c'est un bon film, un bon polar sombre et nerveux. et puis pour une fois qu'un Français ne se loupe pas ce serait pas cool de ne pas le soutenir.

     

    Allez next.

    Partager via Gmail Delicious Technorati Yahoo! Blogmarks Pin It

    Tags Tags : , , , , , , , , , , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :