• Kendrick Lamar

     

     

    "T'as pas encore écouté le dernier Kendrick?"

    "T'as pas écouté le dernier Kedrick Lamar?"

    "Sinon t'as écouté le dernier album de Kendrick Lamar?"

     

    Vos gueules aussi, non? Vous avez cru qu'il payait mon loyer ou quoi?

     

    Bon vu qu'il vient de sortir, je vais me pencher dessus, et sur sa carrière par la même occasion.

     

     Bio express: Kendrick Lamar Duckworth né en 1987 a grandi à Compton. Logiquement il a donc grandi en écoutant NWA et  2Pac etc. Influencé par ses ainés, il se lance dans le rap à l'adolescence et finit par signer chez Top Dawg. Il sort sont premier album, Section 80 qui connait un succès relatif mais obtient de très bons retours. Repéré par Dre, il signe son deuxième album, Good Kid M.A.A.D City, toujours chez Top Dawg mais en partenariat avec Aftermah/ Interscope, qui rencontre un très grand succès et se vend à plus d'un million d'exemplaires aux Etats-Unis.

     

     

    Comme (presque) tout le monde, j'ai encore en mémoire son fameux album Good Kid, M.A.A.D City qui avait un peu remis la West Coast sur le devant de la scène rap US (donc mondiale). Il faut dire qu'avant même sa sortie, l'album était déjà plus ou moins déjà certifié classique avec une implication de Dre comme on l'avait pas vue depuis longtemps.

    Le pire c'est que je n'ai appris que très récemment qu'il s'agissait en fait de son deuxième album, le premier étant Section 80 que j'ai donc à peine découvert et sur lequel je ne m'étendrai donc pas même s'il est très bon. A priori les textes montrent déjà un regard sur les différents problèmes sociaux et raciaux. Perso le morceau que je préfère est le très beau et très touchant Keysha's Song:

     

     

     

    Il faut dire que Kendrick Lamar est un rappeur un peu particulier. Depuis le carton de son précédent album donc, le mec affiche une discrétion peu commune dans ce milieu. Quand  la plupart des têtes à claques qui servent de têtes d'affiche (en vrac Tyga, Chris Brown, Nicki Minaj, Lil Wayne...) ne parlent qu'en termes d'oseilles, de pétasses et de voiture, le mec semble limiter ses délires d'ego à son talent. A croire que le mec met un point d'honneur à essayer d'être real, et pas real dans le sens real thug à la con genre The Game, mais  plutôt genre simple, mec de quartier de base sans histoires, un peu tourmenté quand même. De toute façon le mec est sur un autre créneau. Loin (pas trop non plus) des histoires de Bloods et de Crips, le mec préfère parler de problèmes sociaux et raciaux, d'histoires de meufs, de quartiers, de vouloir rester tranquille dans son monde, d'un certain penchant pour la tise pour oublier son mal être. Le tout emprunt de références à la religion, sans  misérabilisme, et même parfois avec un peu de second degré. On est à LA, il faut beau, y a la mer, alors autant en profiter comme en témoigne ces 2 singles qui ont cartonné (il faut avoir vécu sur Mars ou avoir plus de 40 ans pour ne pas les avoir entendus):

     

     

     

    Pour info Lady Gaga aurait dû faire le refrain de "Bitch Don't Kill...". Je me demande ce que ça aurait donné. Ou pas en fait. De toute façon on s'en fout. Question invités il avait déjà mis le max (Dre, MC Eiht, Drake, et Mary J Blige et Jay Z dans la version deluxe).

    Mais par dessus tout il n'oublie pas de clamer son amour à sa ville: L.A, enfin Compton.

    D'ailleurs le mec qui aime cultiver une certaine simplicité (il n' a même pas de pseudo...) a eu l'air d'avoir un peu pété les plombs ces derniers temps. Avec le morceau (tout pété) Control où il clashe gentiment les autres rappeurs en vogue, son départ du collectif Black Hippy après que son pote Schoolboy Q l'ait taclé sur une meuf il parait (...), son morceau I (love myself), je me disais bien que son ego n'allait pas supporter son méga succès très longtemps.

     

    Black Hippy. De gauche à droite: Jay Rock, Schoolboy Q, Kendrick Lamar et AB Soul

     

    Mais bon perso je lui pardonne son (petit) vrillage. Le contraire aurait été inquiétant. D'autant plus que musicalement ses apparitions sont globalement de qualité comme en témoigne ce son (et ce superbe clip) avec Flying Lotus:

     

     

    Bon revenons-en à To Pimp a Butterfly. Pour ce nouvel album au nom à pioncer dehors un soir de pluie, il faut croire qu'il a replongé la tête dans les vinyles de ses parents tant les instrus et le délire global rappellent la soul street ou fleurie des années 70 (Donny Hathaway, Minnie Riperton et Gil Scott Heron en tête). D'ailleurs c'est pas un hasard s'il sample Curtis Mayfield sur son dernier titre avec un clip à l'avenant:

     

     

    Bon à la première écoute, j'avoue je comprends qu'on puisse être assez déstabilisé par le délire soul psyché, comme si le mec venait de découvrir les bouquins d'Iceberg Slim et de Donald Goines. L'album bien qu'homogène (malgré quelques échappées comme l'excellent How Much A Dollar Cost dont l'instru rappelle le classique Pyramid Song de Radiohead) dans sa texture soul semble partir dans tous les sens et sa durée le rend assez indigeste. Pourtant perso j'adhère assez au délire même s'il n'y a pas vraiment de titre clairement au dessus des  autres comme c'était le cas sur l'album précédent. Le problème vient peut-être du fait que Kendrick veut montrer sa maturité, sa conscience de n'être qu'un jeune Noir dans une Amérique toujours sujette aux tensions raciales et sociales.

    Alors oui Kendrick, sans tomber dans des délire sde Nation of Islam, veut être anticonformiste, refuse désormais de porter des vêtements de marque, nous parle de Kunta Kinte et de Mandela etc mais bon en vrai il enfonce des portes ouvertes quoi. Perso, je m'en bats un peu mais bon dans un sens ça fait toujours plaisir d'entendre un jeune rappeur à succès sortir des textes sensés et relativement conscients. Après j'ai pas encore vraiment trop calculé les lyrics pour l'instant. On verra plus tard quand je ferai l'effort...

     

     

    Mais bon qu'on le veuille ou cet album était très attendu, et il lui aurait été facile de refaire un album avec la même couleur que le précédent, aussi il faut saluer la prise de risque.

     

    La cover de l'album. On adhère ou non mais perso je kiffe

     

    Avec un peu de recul même s'il part vraiment dans tous les sens, l'album, bien qu'expérimental et un peu trop long, reste dans la continuité thématique (encore plus dans le fond que dans la forme) de ce qu'il a toujours fait. Qu'on le veuille ou non, Kendrick Lamar reste un rappeur iconoclaste qui arrive à nous sortir en 2015 un album renvoyant au classique Like Water for Chocolate de Common. Je retiens principalement How much a Dollar Cost, Institutionalized avec son nouveau meilleur ami Bilal (jamais loin quand il s'agit de soul psychédélique, donc omniprésent sur l'album), Complexion, The Black the Berry, Mortal Man et You Ain't Gotta Lie. Bref, je pense que je vais l'acheter histoire d'en profiter en voiture durant les beaux jours d'été à venir.

     

    Finalement même s'il fait peur par moment, Kendrick Lamar a une disco solide pour l'instant et reste un mec fiable à ce niveau.

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