• Hier je vais à la Fnac de St Lazare pour voir si le dernier Ushijima est sorti et mater les mangas comics par la même occasion, et je tombe sur ce truc, en évidence, non plastifié à la portée de tous (au rayon seinen mais quand même):

     

     

     

     

    D'abord un peu choqué (enfin façon de parler), ma curiosité a finalement pris le dessus et j'ai fini par mater ce truc. Non pas que le sujet m'intéresse spécialement hein, juste que le pitch est tellement barré qu'on peut se demander ce que ça va donner.

     

    Résumé:

     

    Kozo, un jeune beau yakuza ultra con, complètement obsédé et très bien membré, est chargé de protéger la jolie femme et la fraîche fille de l'oyabun (du parrain). Evidemment ce qui devait arriver arrive, il cède à ses pulsions et aux appels de la chair, et se tape la femme et la fille pour leur plus grand bonheur. Malheureusement pour lui les choses se gâtent rapidement lorsque l'oyabun apprend ses actes de bravoure, et ce dernier entreprend de le lui faire payer de la plus horrible des façons: d'abord transformé en "femme" par un chirurgien marron, il est ensuite condamné à être envoyé sur une île où ont été déposés une centaine de détraqués sexuels. En manque de femmes, ceux se voient offrir leur libération par le clan mafieu s'ils arrivent à trousser le pauvre Kozo. C'est parti pour une traque sans merci .

     

     

     

     

    Ouais, c'est du grand n'importe quoi je confirme. Déjà le thème complètement ultra glauque est traité de manière non seulement légère mais surtout complètement barrée. Il faut voir le héros se réveiller, se plaindre qu'on lui a coupé la bite et qu'on aurait au moins pu le laisser en shemale (je connaissais pas la diff entre les 2, apparemment le shemale a encore son matos en bas et pas l'autre). Dans un autre registre, dans l'hélico qui le ramène vers l'île de l'enfer, le pauvre Kozo a droit à un descriptif de ce qui l'attend, à savoir un gigantesque gangbang démoniaque. Et là, premier réflexe du mec proposer à son chef direct une pipe pour le libérer de l'hélico (!!!) Non mais allo quoi.

     

     

     

     

     Malgré la connerie évidente d'un manga qui ne se prend pas au sérieux une seconde, l'histoire est assez bien foutue. Passée l'introduction on a donc droit à un vrai survival, avec de nombreux rebondissements (ce n'est pas un truc porno gay ou même un truc porno tout court). Le pauvre Kozo ira de surprises en surprises mais se battra coûte que coûte pour assurer sa survie, et progressivement s'adaptera à son nouveau corps afin de pouvoir se battre et sauver sa peau (et ses fesses). 

     

     

     

     

     

     Pour résumer, c'est hilarant, complètement barré, con comme pas possible et il faut le dire aussi un peu malsain. Le manga est réparti sur 4 tomes et validé par Fausto Fasulo le rédac chef de Mad Movies (...)

    Perso j'achèterai pas parce que ma femme et son entourage se poseraient des questions (lol) mais j'ai quand même trouvé ça pas mal du tout. A découvrir, et à réserver à un public averti bien sûr.

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  • Un pote m'a prêté ce petit classique de Bradbury (peut-être même plus connu pour ses Chroniques Martiennes que pour ce roman pourtant assez culte). Vu que je ne l'avais je l'avais jamais lu et que je n'avais jamais  vu l'adaptation de Truffaut mais que je comptais me les faire ça tombait bien.

     

     

     

    Résumé (pris sur Sens Critique, merci à l'internaute qui a fait le taff à ma place lol):

     

    Montag est un pompier du futur d'un genre particulier : il brûle les livres. Jusqu'au jour où il se met à en lire, refuse le bonheur obligatoire et rêve d'un monde perdu où la littérature et l'imaginaire ne seraient pas bannis. Devenant du coup un dangereux criminel...

     

     

    Bande annonce du film de Truffaut (en anglais, pas trouvé mieux)

     

     

    C'est dingue le temps que je peux mettre à lire certains livres par moments. Bon en même temps vu la sale période que j'ai traversée j'avais pas forcément le coeur à lire mais bon.

     

    C'est aussi dingue comme certains livres peuvent être actuels dans leur propos. Quand on voit l'abrutissement ds masses, on peut se demander comment Ray Bradbury pouvait la voir venir d'aussi loin. Il faut croire quelque part que l'abrutissement des masses a toujours été actuel en y pensant bien. On peut s'indigner de voir des programmes de plus en plus abrutissants à la télé, au ciné, à la radio ou sur le Net. Pourtant si on regarde un peu, c'est un peu le propre du peuple de ne pas être éclairé. Aussi l'abrutir à grands coups disquettes permet de le manipuler plus facilement, et je pense que la  grande différence entre une démocratie et une dictature réside surtout dans l'hypocrisie de faire croire au peuple qu'il est libre.

     

     Ray Bradbury

     

    Bon en vrai je vais être honnête le bouquin est très bien mais j'ai pas grand chose à dire dessus. Il décrit une société froide mais pas aseptisée comme par exemple celles qu'on voit dans THX1138, Psycho Pass ou encore ce classique devant l'Eternel qu'est The Island ( de Michael "je fais tout sauter" Bay). En effet les humains ne sont pas dépourvus d'une réelle intelligence mais plutôt d'une envie de réflechir par eux-mêmes, ce qui est une nuance importante. De la même manière ils deviennent dépourvus de sens moral et paradoxalement soumis à une certaine violence ultra banalisée depuis l'enfance.

     

    A ce propos dans la vieille édition qu'on m'a prêtée, deux nouvelles sont également dispos en fin de livre  (c'est plus le cas des nouvelles éditions apparemment) : "Le Terrain de Jeu" et "Manana".

     

    Bien que totalement indépendantes du roman, elles se situent plus ou moins dans le même contexte que Farenheit 451, à savoir une 3ème guerre mondiale.

     

    La première, qui raconte l'histoire d'un homme veuf obsédé par le fait de préserver son jeune fils de la violence du monde extérieur, ferait presque penser à un épisode de la Quatrième Dimension tant elle est effrayante et énigmatique.

    La Deuxième, plus "terre à terre", raconte la survie d'un couple à travers un obscure pays d'Amérique latine durant le jour d'après.

     

    Ce qui est intéressant au delà du fait que ces trois histoires soient très bien écrites et appartiennent au même contexte (pré et post apocalyptique), elles soulignent un certain pessimisme, voire fatalisme chez Bradbury à travers ses personnages. En effet même lorsqu'ils souhaitent se révolter contre l'ordre établi, ils semblent résignés à être spectateurs du cours des choses et de leur changement, impuissants à devenir acteurs mais bornés à suivre leur destin.

    En bref, c'est très bien, ça se lit très vite et ça me rappelle que je me suis toujours demandé pourquoi je ne me suis jamais penché sur la SF hormis deux ou trois classiques. Je pense qu'il va falloir y remédier rapidement, enfin pas trop vu que je lis à 2 à l'heure maintenant...

    Gros livre.

     

    A noter le film entier de Truffaut est dispo sur Youtube pour les intéressés, enfin pour l'instant...

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  • Il y a un moment que je m'intéresse à Amin Maalouf. Plusieurs connaissances me parlent de ses oeuvres avec enthousiasme, le mec est non seulement auteur de best seller mais aussi académicien, et par ailleurs également oncle du grand trompettiste Ibrahim Maalouf. Un de mes amis m'avait conseillé Léon l'Africain qu'il avait adoré mais un concours de circonstances m'a mis sur la route de son dernier bouquin.

     

     

     

    Résumé:

    A la suite d'un appel de Mourad, un ami à qui il n'avait pas adressé la parole depuis 25 ans, Adam comprend que ce dernier est sur le point de mourir et qu'il souhaite le revoir sur son lit de mort. Adam prend aussitôt un avion et revient dans son pays natal, un pays qu'il a fui avec l'émergence du conflit qui a ravagé la région.

     

    Bon honnêtement au départ j'ai eu un peu de mal à rentrer dans le délire. Le mec prend un avion comme s'il prenait un bus. Ok y a urgence mais quand même! Ensuite l'ami Mourad en question est un notable,  Adam est hébergé chez son amie qui a un hôtel de luxe avec chauffeur, serveur champagne à volonté chaque jour etc.son autre ami d'enfance a un jet... Franchement ça m'a gonflé, l'impression de lire un truc de riches qui ont des problèmes de riches.

     

    Heureusement Amin Maalouf est loin d'être idiot (bah oui), et cet étalage de fric n'est pas anodin. Comme il le souligne à plusieurs reprises, si certains sont devenus si riches c'est que la guerre profitent parfois à certains (comme le disait Schindler au début du film de Spielberg). Aussi plusieurs questionnements ressortent du livre. S'il est facile de l'extérieur de poser un jugement sur les actes de chacun, personne n'est capable d'indiquer ce qu'il aurait fait en restant au pays, et jusqu'à quel point on est capable de conserver son intégrité morale dans un contexte où celles-ci deviennent des concepts abstraits et seule la loi du plus fort finit par l'emporter.

    Mais au fond, le vrai coupable c'est la guerre. C'est elle qui a changé la vie de tous les protagonistes, et qui a chassé Adam,Albert et Naïm de leur paradis d'étudiants idéalistes. Ce qui est intéressant c'est que malgré l'évidence du pays Amin Maalouf ne mentionne jamais le Liban explicitement. Non seulement parce que la guerre est universelle, mais surtout parce qu'elle n'a pas seulement ravagé un seul pays. Au point que que même ayant grandi dans ce pays, Adam se rendra compte que les locaux ne le considèrent plus comme un des leurs.

    Comme le dit Sémiramis, la meilleure amie d'Adam, "ici" on ne dit pas la guerre" mais "les événements", tout simplement parce qu'il s'agit d'une succession de conflits qui ont vu s'affronter plusieurs parties différentes, parfois pour des motifs religieux, parfois ethniques ou politiques.

    Aussi selon Amin Maalouf, la guerre a non seulement changé le pays à jamais mais aussi toute la région. Ainsi il fait de nombreuses fois référence au conflit Israelo-Palestinien et à la façon dont il a changé le paysage de manière irréversible, forçant les populations juives séculaires ou millénaires à s'exiler en Israël.

    Pourtant au delà même de la guerre, ce retour forcé au pays ou au village des protagonistes ravivera des souvenirs heureux de leur vie passée, mais aussi des blessures secrètes.

    Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si le héros s'appelle Adam, loin de là. Tout au long du roman Amin Maalouf fait référence au premier homme et nous renvoie face au péché originel et à son Paradis perdu (son pays, sa jeunesse, ses amis, la maison de ses parents) à la fois avec nostalgie et fatalisme.

    A travers les yeux de cinq amis quadragénaires dont les destins ont basculé avec le début d'un conflit qui ravagé le pays, Amin Maalouf livre un roman vaguement autobiographique assez pessimiste sur une région qui ne s'en est jamais remis, qui plus que jamais est en perte de repères, en proie à un extrémisme religieux et qui montre les prémices d'une fin de civilisation.

     

    Beau livre

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  •  

    Blacksad, comme son nom l'indique, nous dévoile les aventures de John Blacksad, chat noir et détective privé de son état, trainant sa carcasse de détective privé aux quatre coins des Etats Unis des années 50. Bien que désabusé comme tout privé qui se respecte, il n'en possède pas moins un grand coeur, ce qui l'entrainera le plus souvent des affaires sordides et tortueuses.

     

     

    Dès sa sortie cette série a rencontré un très grand succès pour ses qualités graphiques et scénaristiques évidentes. En effet le dessin de Juanjo Guarnido est tout simplement superbe. Il dessert magnifiquement (oui, magnifiquement) les scénarios tortueux de Juan Diaz Canales.

     

    Weekly, journaliste crasseux et fidèle compagnon de Blacksad

     

    Pourtant si la série a connu un très grand succès c'est surtout au parti pris graphique des auteurs. En effet, l'anthropomorphisme si cher à Disney entre autres (Juanjo Guarnido a d'ailleurs bossé chez Disney un temps) est ici utilisé à contre pied de la niaiserie et légèreté qu'il suggère habituellement. Bon c'est pas Fritz The Cat non plus mais on n'est pas chez dans les Aristochats ou les Bisounours. Autant le dire: comme les trois quarts des  trucs dont je parle Blacksad n'est pas vraiment un truc pour les enfants. Si Blacksad est espagnole la BD ne cultive pas le cynisme, l'ultraviolence et l'humour très noir de Torpedo. Pourtant elle n'en reste pas moins une série sombre développant des thèmes très adultes: racisme, nazisme, pédophilie, guerre froide...

     Les fachos d'Arctic Nation, un épisode particulièrement sombre

     

    John Blacksad c'est vraiment Philip Marlowe version chat, à savoir un privé désabusé mais ayant un grand coeur et toujours doté d'un sacré flair pour se sortir d'affaires plus grosses que lui. Chacun des tomes de la série développe donc une intrigue tortueuse et sordide s'incluant dans le contexte de l'époque, digne d'un bon Chandler. Dans Amarillo par exemple le dernier tome en date, Juan Diaz Canales se permet même de faire référence à la Beat Generation et  particulièrement de William S. Burrough, le pote de Kerouac qui a joué à Guillaume Tell avec sa femme et qui a raté la pomme (véridique!)

     Chad Lowell, un malheureux écrivain tourmenté

     

    Et qui dit roman noir dit femme fatale, et elles ont beau avoir des têtes de chattes et de chiennes (sans jeu de mots douteux), elles sont plus sexy que celles des pubs Orangina:

     

     

     

     

     

     

    Blacksad en charmante compagnie

     

     Bref cette série qui a déjà 5 tomes à son actif, mérite amplement son statut de classique et plaira à tout bon fan de polar hard boiled façon Chandler et Hammett.

    2 Nouveaux tomes sont prévus pour 2016!

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  • Le plus célèbre roman d'Orwell avec 1984, et  que je voulais lire depuis un bail:

     

     

     

    l'histoire: 

    La Ferme des animaux (titre original : Animal Farm) est un apologue de George Orwell publié en 1945 (en 1947 pour la traduction en français), décrivant une ferme dans laquelle les animaux se révoltent puis prennent le pouvoir et chassent les hommes, à la suite de la négligence de ceux-ci à leur encontre. Il s'agit d'une fable animalière par laquelle Orwell propose une satire de la Révolution russe et une critique du stalinisme.

     

     

    Bon grâce à Wikipedia  (encore lui), je viens d'apprendre un nouveau mot: apologue. En gros il s'agit d'une allégorie sous forme de fable visant à critiquer un système, un régime etc si j'ai bien compris.

     

    Sous couvert de mettre en scène des animaux tout mignons Orwell nous raconte une histoire sombre et somme toute très cruelle. A la mort de Sage l'Ancien, le cochon intelligent rappelant furieusement Lénine, les animaux prennent conscience de la portée de son discours et de leur oppression. Ils finissent par se rebeller contre le propriétaire mr Jones et décident de faire tourner la ferme en toute autonomie et de rédiger une déclaration reposant sur le principe d'égalité entre les animaux. Tout le parallèle avec l'histoire du communisme, notamment avec la chute de Nicolas II et surtout la rivalité entre les deux cochons Napoléon et Boule de Neige, rappelant celle de Staline et de Trotski, est évident.

     

    Surtout, à mesure qu'on avance dans l'histoire on voit le comportement des cochons changer vis-à-vis des autres autres animaux et devenir de véritables enculés. Mais pire encore on finit limite par ne plus s'émouvoir du sort des animaux (sauf de certains quand même) parce qu'ils l'ont bien cherché finalement

     

    Bref je vais pas détailler mais pour faire bref les cochons c'est vraiment une sale race. D'ailleurs, juste  après avoir terminé le livre, j'ai mangé du lardon et une pizza jambon chorizo, pour le principe.

     

    Plus qu'une simple critique du communisme (auquel il fait forcément référence), La Ferme des Animaux décrit de manière simple mais juste et universelle l'évolution d'un peuple opprimé et la transition d'un régime totalitaire à un autre (que ce soit en Russie, à Cuba, en Chine, en Afrique ou même en France avec la Terreur), avec les sentiments d'euphorie et de liberté qui arrivent dans la première phase qui disparaissent par la suite pour ne devenir avec le temps que des symboles abstraits d'une époque révolue.

     

    Et puis il y a cette très belle phrase criante de cynisme et de vérité qui renvoie à notre chère déclaration (universelle ou non): "tous les animaux sont égaux, certains sont plus égaux que d'autres".

     

    Un très beau livre

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