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    Comme on peut le voir au travers des articles de cette rubrique (ou pas en fait, j'en sais rien) je suis un fan de soul. D'ailleurs j'ai un peu la gueule de l'emploi. La gueule et la dégaine à écouter de la nu soul. Ce qui est paradoxal (ou non), c'est que même si j'ai vite accroché à ce sous genre dès ses début (D'Angelo, The Roots, Raphael Saadiq etc), en fait ça m'a assez vite soulé sans mauvais jeu de mots. Le cliché du genre avec le Fender Rhodes, la voix suave etc, le délire un peu "RnB pour les grands" (un peu comme Melrose Place avec Beverly Hills), avec la panoplie (les mecs avec la dégaine de Donnie Hathaway, afro, etc.) mouais bof. Du coup même si j'ai continué à en écouter j'ai vraiment suivi le truc de loin, parfois à tort d'ailleurs car même des mecs comme Musiq Soulchild ou Dwele ont sorti de bons voire très bons albums. En fait en y repensant y a que Jill Scott et Raphael Saadiq dont j'ai vraiment suivi les discographies.

     

    Pour en revenir à Daniel Caesar on va passer vite fait sur la bio:

     

    Il est canadien, il est né en 1995, il chante. En 2014 il a sorti un EP nommé Praise Break, et aujourd'hui sort son premier album. Voilà voilà...

     

    Je sais pas trop si ce mec buzz ou non (il a l'air) mais il a capté mon attention depuis quelques mois. Je ne me souviens plus trop comment j'étais tombé sur un de ses titres mais j'ai adhéré direct. Ah si je me souviens: j'écoutais Steve Lacy, le guitariste de The Internet, et il était dans les liens sur Youtube. Ceci étant, j'ai accroché direct quand même, particulièrement sur ce son:

     

     

     

     

     

     Ouais, je kiffe.

    Aujourd'hui j'apprends que le mec vient de sortir son album sobrement intitulé Freudian.

     

     

     

     

     

    Pourquoi ce titre? J'en sais absolument rien. En toute honnêteté j'ai absolument pas pris le temps de me pencher sur les paroles. En fait n'étant pas bilingue à proprement parler, il faut me quand même un temps (et que je me "force" un petit peu) pour vraiment capter ce qu'on raconte dans les chansons. Paradoxalement j'arrive plus facilement à saisir les morceau de rap ou les séries, probablement parce que mon attention se focalise plus facilement sur les textes. Enfin bon vu la vibe on se doute qu'il raconte des histoires de canard comme d'habitude.

     

    Bon pour ce qui est de l'album, Daniel Caesar a fait dans la continuité en proposant des chansons au rythme lent, assez épurées. c'est un bon choix qui lui permet de mettre en avant sa voix de crooner. D'ailleurs en y regardant de plus près il est peut-être plus tributaire de Maxwell que des autres (enfin D'Angelo aussi dans une moindre mesure). Bref c'est pas fait pour danser, plutôt pour ambiancer et bouger la tête. En même temps c'est pas comme si c'était une surprise.

    Enfin bref, à part ça l'album est plutôt homogène, et surtout très bien produit. Ce n'est pas anodin lorsqu'on voit que le duo Mattew Burnett et Jorn Evans qui est derrière tout ça. Ces deux noms ne disent peut-être pas grand chose à beaucoup de monde, pourtant les deux mecs sont loin d'être des inconnus. En effet, Burnett comme Evans figurent parmi les plus importants producteurs canadiens actuels et ont collaboré (ensemble ou chacun de leur côté) avec de nombreux artistes de renom comme Drake, Big Sean, Eminem, Lil Wayne, Chris Brown... Ouais rien que ça. Vu les noms que j'ai cités ça pourrait faire peur mais en fait non. On reste bien dans un délire soulful à l'ancienne. Néanmoins, en dépit d'un sentier quelque peu balisé, Daniel Caesar se permet quelques incursions dans un registre aux influences très gospel (en particulier sur les titres Neu Roses et We Find Love qui m'a un peu fait penser à I'm Not The Only One, le hit de Sam Smith, dans le délire). Pas très étonnant vu que certains de ses textes semblent portés sur la religion.

     

     

     

     

     

    Côté featuring on a droit en tout premier lieu à Kali Uchis et H.E.R (une chanteuse qui monte), respectivement sur Get You et Best Part, les deux premiers titres de l'album. Enfin vu que ce sont deux single qu'on connaissait déjà. Sinon Daniel Caesar a également invité Syd, la chanteuse de The Internet, sur le très bon Take Me Away, et la petite Charlotte Wilson sur le non moins bon Transform. Perso je ne connaissais Charlotte Day Wilson qu'à travers l'excellent morceau qu'elle a fait avec Badbadnotgood (encore des Canadiens...). Faudra que je me penche sur son taff.

     

     

     

     

    Comme on peut le deviner, Freudian m'a conquis, j'ai bien kiffé. Freudian est un LP très travaillé musicalement, et honnêtement il n'y a pas vraiment de son qui fait tâche tout au long des 10 (11) morceaux qui composent l'album. Bon après c'est vrai que 10 morceaux c'est un peu court mais bon c'est toujours la même chose. Perso je préfère un bon album un peu court qu'un album qui s'étend en longueur. Et puis 45mn c'est pas non plus ce qui s'est fait de pire.

     

    Bref, avec Freudian, Daniel Caesar a comblé mes attentes. Je sens que je vais le faire tourner un petit moment.

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     C'est dur de voir les idoles de son adolescence tomber les unes après les autres. Certes on parle beaucoup de 2Pac, Biggie et Eazy E mais nombreux sont les soldats à être tombés pour X raisons. De Proof à Freaky Tah, de Guru à Pimp C,  la liste est longue. Après honnêtement c'est pas le genre de truc qui m'interpelle forcément. Hormis des mecs que j'adorais comme Big L, Guru et Sean Price, ça m'a rarement fait quelque chose. Quand on est de ma génération surtout on est en général plus réceptif à un Big Pun qu'à un Stack Bundles par exemple. Jay Dilla est devenu une espèce de légende à Detroit mais en ce qui me concerne sa mort ne m'a fait ni chaud ni froid. Par contre un mec comme Pee...

     

     

    Le Queens, et plus précisément Queensbridge (la cité du Queens aux 96 bâtiments), a toujours eu une place à part dans l'histoire du rap. Si le rap est né dans le Bronx il y a longtemps eu une rivalité avec le Queens au niveau de la légitimité. De fait il y a toujours eu un vivier de talents là bas, principalement depuis au moins la fin des 80's avec Marley Marl et l'émergence de son Juice Crew (qui comprenait entre autres: MC Shan, Roxane Shante, Biz Markie et même...  le jeuneTragedy). On va pas reparler d'un des beefs les plus emblématiques de l'histoire du hip hop avec KRS One mais voilà il y a toujours eu une écurie et une identité estampillée Queensbridge. Par la suite, au début des 90's, même si le Juice a progressivement perdu son essor, d'autres ont pris la relève. Nas tout d'abord, puis Mobb Deep, Big Noyd, Infamous Mobb, Capone de Capone-N-Noreaga (produits par Tragedy d'ailleurs), Cormega, Nature etc.  

     

     

    Pour tout amateur de rap cainri de l'époque un groupe comme Mobb Deep est plus ou moins équivalent au Wu Tang au niveau de l'impact qu'il a eu sur le rap en général. Si aujourd'hui le grand public ne connait pas forcément ce groupe, il faut savoir qu'il est en termes d'influence un des groupes les plus importants de l'histoire du rap. Ouais, rien que ça. D'ailleurs la chanson Shook ones (part 2) est une des plus citées du rap:

     

     

     

     

    Le rap français déjà, lui doit un lourd tribut tant sur la forme que sur le fond. C'est bien simple: sans Mobb Deep, il n'y aurait pas eu de Lunatic (dans la forme qu'on l'a connu), il n'y aurait pas eu non plus de Si Dieu Veut, et dans une moindre mesure d'Ecole du d'Argent. Musicalement à travers les prods de Havoc il ont marqué le rap avec une identité qu'on appellera ensuite le son de Queensbridge (ou QB pour les intimes).

     

     

     

    Le fameux "piano-violon", les instrus sombres qui ont fait leur renommée (en particulier sur l'album Hell on Earth et Murda Musik où ils samplent  sans vergogne Scarface à deux reprises ou encore King of New York) ont tellement traumatisé les rappeurs français que tous les rappeurs estampillés "rue" s'y sont retrouvés et ont fini par tous vouloir ce genre de son. De Lunatic à LIM, de Seth Gueko à Tandem, en passant par Sefyu, Salif et un millier d'autres ont fini par adopter leur style de Mobb Deep. On aime ou on aime pas mais leur influence est indéniable. Dans la forme mais aussi dans le fond car les chansons de Mobb Deep ne seraient pas ce qu'elles sont sans les couplets de Prodigy: sa nonchalance, son écriture crue et imagée qui dépeint sans complaisance les bas-fonds du Queens.  

     

     

     

    Personnellement je me souviens encore comment j'ai découvert Mobb Deep. C'était en 96, j'étais au Virgin des Champs Elysées (RIP à ce magasin), j'étais tombé sur une compile, BO d'un film  qui ne m'avait pas laissé un grand souvenir excepté ce morceau: 

     

     

    Par la suite un pote (mon pote du Chuchoteur lol) m'avait prêté une cassette où figurait le son Temperature's Rising. Quand j'ai vu qu'il s'agissait du même groupe j'ai acheté l'album direct et c'est devenu un de mes groupes de prédilection. 

     

    Je ne reviendrai pas sur la bio du groupe ou même de Prodigy mais si je l'ai toujours kiffé c'est aussi pour ses sorties toujours marquantes. Un peu comme Joe Budden ou 50 (chez qui le groupe était signé un moment), Prodigy s'est souvent illustré par sa grande gueule et ses embrouilles assez marquantes. De 2Pac (qui les insultera sur I Shot Ya suite à leur participation au fameux who Shot Ya de Biggie), à Keith Murray (qui lui a mis une droite suite aux propos peu élogieux de Prodigy envers les textes enfumés de Redman),en passant par Jay Z (qui l'avait bien affiché d'ailleurs) Saigon (embarqué malgré lui dans une histoire impliquant son ami le rappeur-voyou latino Tru Life, lequel vient d'ailleurs de sortir de huit ans de prison pour tentative de meurtre) ou encore Crooked I (que Pee avait considéré comme le pire rappeur en activité ha ha! C'est méchant ça), le mec avait le don de se faire des amis. Sa grande gueule de fouteur de merde  l'a même amené à se brouiller avec son binôme de toujours et même avec pratiquement tout l'entourage du groupe (2 des 3 membres d'Infamous Mobb, un groupe très proche). Il faut dire que sortir un livre où il accuse carrément un rappeur de Queensbridge (Capone de Capone-n-Noreaga pour ne pas le citer) d'avoir été une balance n'a pas trop joué en sa faveur. Ses sorties n'ont pas vraiment plu au point de ne plus avoir été en odeur de sainteté de son quartier d'adoption. En même temps le groupe ne partait pas vraiment du bon pied. Pour la petite histoire pour leurs pseudo, les deux gaillards ont trouvé l'inspiration à l'autre bout du pays. En effet, le South Central Cartel, un groupe de L.A South Central donc comprenait déjà un Havoc et un Prodeje. Apparemment les mecs l'ont assez mal pris. Normal en même temps, surtout quand on voit qui on retient aujourd'hui.

     

    D'ailleurs en écrivant ce billet j'ai réalisé que peu avant sa mort, il avait enterré la hache de guerre avec la plupart des gus précités comme Tru Life ou Keith Murray. Le temps fait parfois bien les choses.

     

     

    Prodigy c'était ça: un personnage assez barré, parfois à la limite de la caricature mais paradoxalement très touchant et plus subtil qu'il n'y parait. Un mec qui jouait les mafieux dans une chanson et parlait de sa drépanocytose qu'il trainait depuis toujours au point de le rendre accroc à la morphine comme dans cette chanson

     

     

     

     

     

     J'ai eu la chance de voir Mobb Deep en concert au Trianon il y a un peu plus de 3 ansje crois, et malgré le fait que le show avait été un peu décevant, cela faisait quand même quelque chose de les voir sur scène. Havoc et Prodigy avaient fait le taff et une partie de la scène rap français de l'époque avait fait le déplacement. C'était cool.

     

    Ces derniers temps il avait beau être tombé dans un oubli relatif, sorti des projets à l'accueil plutôt confidentiel, il n'en reste pas moins que l'annonce de sa mort a fait pas mal de bruit. C'est pas tous les jours que le Monde ou Télérama parle du décès d'un rappeur américain. Enfin si on en a parlé dans les média c'est pas pour rien.

     

    Avec sa mort, le rap perd une grosse personnalité du hip hop et la moitié d'un groupe emblématique du son des années 90. On a vu les hommages se multiplier sur le Net mais bon dans 90% dans cas ça reste de la com foireuse. Enfin il y a quand même une reconnaissance qui fait plaisir à voir. D'ailleurs au niveau des hommages il y a celui-là qui est assez énorme:

     

     

    Pour les non anglophones les mecs font leur émission traffic en reprenant des titres ou des paroles classiques de Prodigy. Non mais t'imagines Evelyne Dheliat faire la même choses avec Booba? Y a qu'aux States qu'on peut voir ça.

     

    Putain ça fait une semaine que je me refais ses gros classiques, et je me rends compte à quel point j'ai pu écouter Mobb Deep depuis mon adolescence. Dans le genre ça fait vraiment chier.

    L'artiste meurt mais au moins son œuvre lui survit

     

    RIP Prodigy

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