• Je ne sais pas si je l'ai déjà dit mais j'aime beaucoup la folk. C'est un genre qui me parle assez bizarrement, le côté calme ou même enjoué qui évoque les grands espaces et les contrées lointaines, les chansons d'amours malheureuses qui évoquent les années 60 alors que j'étais même pas né), je sais pas y a un truc qui parle à ma sensibilité. Et puis la folk c'est aussi un genre qui laisse une grande place à l'écriture et à la poésie. Du fait de ses influences (la Beat generation, le romantisme, les mouvements hippies, libertaires et/ou contestataires), il est assez courant de voir des textes assez engagés et/ou introspectifs. Enfin il me semble.

    Cette année a été marquante pour ce genre musical suite à deux annonces presque consécutives: l'entrée de Bob Dylan dans le cercle prestigieux des auteurs lauréats du prix Nobel, et bien sûr le récent décès de Leonard Cohen. 

    Alors que le grand Bob Dylan vient d'être récompensé du prix Nobel de la littérature pour l'ensemble de son œuvre, il faut rappeler que la folk, le genre qu'il a grandement contribué à faire émerger, a connu nombre d'artistes qui n'ont pas rencontré le même succès au point de tout arrêter du jour au lendemain. Paradoxalement la disparition subite de certains artistes talentueux a contribué à créer une aura autour d'eux au point de leur faire rencontrer un succès tardif, voire même posthume.

     

     

    Nick Drake

     

     

    Probablement le plus célèbre, et le plus torturé. Je connaissais vaguement de nom, mais j'en ai eu marrre de le confondre avec Nick Cave sachant pertinemment qu'ils n'ont rien à voir, alors je me suis penché sur sa disco. De la folk pure et dure, des chansons douces amères qui permettent assez facilement de déceler le mal-être qui rongeait l'artiste au point qu'il en vienne à mettre fin à ses jours. Heureusement qu'ila eu le temps de faire trois albums avant.

     

    C'est beau, je kiffe salement

     

     

     

    Vashti Bunyan

     

     

    Quelque peu moins torturée que son collègue du dessus, Vashti (c'est son vrai prénom) Bunyan n'est pourtant pas indienne. Selon Wiki, elle descendrait même d'un grand auteur religieux anglais du 17ème siècle. Faut croire que ses parents ont viré hindou en cours de route. Pour en revenir à Vashti, alors la meuf a sorti un album (très fraîchement accueilli niveau vente) et , découragée, a tout simplement arrêté la musique... Jusque dans les années 2000 où on a enfin réévalué son talent, lui permettant un come back inespéré. Effectivement en écoutant son album, j'aime beaucoup son timbre de voix et l'inspiration un peu médiévale qui se dégage de certaines chansons avec la flûte, ou le hautbois qui sort de nulle part lol. C'est doux, reposant et enchanteur. Après honnêtement ça reste un peu spécial.

     

     

     Bridget St John

     

     

    Découverte par John Peel, un DJ clé de cette période et découvreur de talents, Bridget St John a immédiatement rencontré un succès d'estime. Néanmoins les ventes de ses albums n'ont malheureusement jamais suivi et au bout de quatre albums à 30 elle décide de mettre fin à sa carrière. C'est en fait une fin toute relativement car si elle choisit de ne plus sortir de disque, elle décide malgré tout de continuer à se produire de temps en temps. J'ai découvert au moment d'écrire cet article. Je n'ai écouté que l'album Ask Me No Questions,  et effectivement, comme avait dit John Peel, on sent un peu le rapprochement avec Nick Drake même si les chansons sont peut-être un peu plus doucereuses. C'est beau.

     

     

     

    Sibylle Baier

     

     

    On n'est pas obligé d'être Ricain ou anglais pour faire de la folk. Preuve en est avec Sibylle Baier, allemande de son état. Auteur d'un unique album n'ayant pas rencontré le succès, la jeune femme opte pour une décision radicale. En effet, elle choisit de raccrocher sa guitare définitivement et de retourner dans l'anonymat pour se consacrer à l'éducation de ses enfants. Ses morceaux referont surface au milieu des années 2000. Et son album rencontrera enfin son public, un peu tardivement pour qu'elle décide de remettre le couvert toutefois. Personnellement j'aime beaucoup. Néanmoins le style ultra épuré (guitare-voix) et la fragilité de sa voix rendent l'écoute de l'album relativement déprimante sur la durée. Heureusement quelques chansons enjouées permettent de remonter un peu le moral.

     

     

    Judee Sill

     

     

    Si Nick Drake est le plus torturé des artistes folk, Judee Sill est indubitablement l'une des plus marquées vu le parcours chaotique qu'elle s'est payé.  On ne dirait pas à voir sa tête d'Amy Farrah Fowler mais la malheureuse a eu une vie de cassoce comme pas permis. Pour résumer: son père meurt quand elle a huit ans, sa mère se marie avec une célébrité de l'animation mais les relations sont tendues à la maison. Du coup elle enchaine les (grosses) conneries et devient délinquante à temps partiel, si bien qu'avec son copain de l'époque elle enchaine les braquages d'épicerie (!!) et finit inexorablement en prison pour mineurs.  C'est là bas qu'elle découvre la musique. A sa sortie elle reprend des études d'art mais sa mère meurt alors qu'elle n'a que 17ans. Le choc est tel qu'elle arrête l'école et quitte le domicile pour se mettre avec un dealer. Elle se marie avec un musicien et vit à Las vegas mais tous deux deviennent accrocs à l'héroïne. Elle retourne finalement en Californie où elle fait le tapin et a quelques affaire de drogue qui l'emmènent une nouvelle fois en prison. Elle apprend à ce moment là que son frère vient également de mourir (!!!) ce qui la pousse à tenter de raccrocher et se mettre sérieusement à la musique. La drogue aura finalement raison d'elle, elle meurt d'une OD en 1979 à l'âge de 35ans.
    On pourrait en faire un film limite, et paradoxalement je pense qu'il y a un nombre incalculable de chanteuses avec le même type de parcours, qui sont passées à côté du rêve américain.

     

     

    Etrangement on ne ressent pas vraiment la douleur de cette vie dans ses belles chansons qui sont plutôt relativement enjouées tantôt folk, tantôt blues.

     

     

     

    Evidemment il y en a beaucoup d'autres (comme Susan Christie, Kate Wolf ou Karen Dalton que j'ai découvertes à l'occasion de ces écrits) dont une très grande majorité que je ne connais même pas. Néanmoins je trouve important au moment où on célèbre deux icone de ce genre de se rappeler que s'ils ont grandement contribué à son émergence, la folk existe aussi et surtout parce que des centaines ou peut-être des milliers d'autres artistes ont emboîté leurs pas sans pour autant rencontrer le succès de Simon & Garfunkle, Cat Stevens ou Jon Baez. Ou dans le meilleur des cas un succès tardif. Mais bon après tout c'est le jeu de l'art. 

     

    Vive la folk.

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    La bio choppée sur Wikipédia et que j'ai la flemme de résumer:

     

    Agnes Caroline Thaarup Obel naît le 28 octobre 1980 à Gentofte au Nord de Copenhague. Sa mère pratique le piano et joue souvent les pièces pour enfants de Bartók et Chopin. Son père avait été, dans sa jeunesse, un guitariste professionnel. Enfant, elle écoute régulièrement les mélodies de Jan Johansson. Pianiste de jazz, Jan Johansson reprend au piano des chansons folk traditionnelles en les accompagnant de mélodies d'une grande simplicité. « La musique orchestrale ou symphonique ne m'a jamais spécialement intéressée. J'ai toujours été attirée par les mélodies toutes simples, presque enfantines. (…) J'ai d'ailleurs mis longtemps avant d'écrire des textes, les airs que j'aime me semblent déjà raconter une histoire, projeter des images. »

    La chanteuse intègre son premier groupe de rock à l'âge de dix-sept ans. Agnes joue de la basse en faisant quelques petites tournées et enregistre même certains morceaux. Elle passe sa scolarité au lycée Det frie Gymnasium[et étudie à l'Université de Roskilde, au Danemark.

     

     

     

     

     

    Bon personnellement j'ai découvert la jolie Danoise il y a un peu plus de deux ans si je ne dis pas de conneries par un pote à la sortie de son second album nommé Aventine. Et je suis tout de suite tombé sous le charme. Il faut dire que j'étais pas le seul, l'album a cartonné. C'est assez étonnant pour ce genre de musique vu que ça reste du piano-voix tendance musique de chambre. Enfin bon comme je suis assez client de la musique de chambre et que c'est bien fait, je ne peux qu'aimer.

     

    J'ai donc découvert Philharmonics, le premier album de la belle, après le second. Et même si les deux restent dans la continuité on sent l'évolution musicale.

    Philharmonics donc est sympa mais s'inscrit un peu dans un registre musical assez commun aux inspirations un peu féériques par moments. Enfin du moins moi il m'a fait penser à ça. Après je ne sais absolument pas de quoi elle parle dans ses chansons. Côté influences j'ai ressenti un peu celles de Philip Glass dans un morceau comme Louretta.

     

     

     

     

     

    Paradoxalement je trouve que le morceau Riverside se rapproche d'ailleurs assez de l'esprit du second album. Avec celui-ci on sent qu'un changement s'est opéré. L'approche d'Aventine est plus minimaliste, plus épurée. Il faut dire que la musique d'Agnes Obel est à son image: belle, douce, froide. Alors que Philharmonics optait souvent pour une "orchestration" simple mais tout de même existante, Aventine est uniquement produit avec la voix d'Agnes et son piano (et des cordes à quelques occasions). Quelque chose a changé. Le piano son instrument de prédilection qui était relativement mis en avant sur son précédent effort est ici pratiquement seul. Comme s'il elle avait voulu se débarrasser de fioritures et autres artifices elle signe son album pratiquement seule, écrivant, composant seule dans le studio. Un pari quelque peu casse gueule qu'elle remporte néanmoins haut la main tant cet album est un petit bijou du genre. Plus sombre que le premier, plus intime.

     

     

     




     


    J'ai un rapport assez fort avec cet album et avec ce dernier morceau en particulier. Je l'ai tellement fait tourner quand je l'ai acheté que je le laissais tout le temps dans ma voiture même plusieurs mois après. Pourtant un jour, alors que je venais d'apprendre le décès de ma mère et que j'allais en urgence à l'hôpital, je l'avais oublié et il s'est mis en marche alors que j'étais sur la route. J'ai évidemment coupé le son dès que je m'en suis rendu compte (ironiquement c'était le morceau Words are Dead) mais j'ai été incapable d'écouter ne serait-ce qu'une note de cet album pendant les six-sept mois qui ont suivi, jusqu'à ce que j'accuse le coup.

     

    Je voulais aller la voir en concert lorsqu'elle est venue promouvoir Aventine (à la salle Pleyel en plus) mais finalement je me suis ravisé quand j'ai vu le prix: environ 50€! Euh ouais mais non. Je savais qu'elle était cotée mais je ne pensais pas à ce point...

    Vu qu'elle va sortir un nouvel album incessamment sous peu (le mois prochain je crois) j'irai peut-être la voir si les prix sont raisonnables sinon elle ira garder la pêche.

     

    Enfin elle peut garder la pêche, je reste fan. Vivement le nouvel album

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