• Pupille

     

     

    Résumé Allociné:

     

    Théo est remis à l'adoption par sa mère biologique le jour de sa naissance. C'est un accouchement sous X. La mère à deux mois pour revenir sur sa décision...ou pas. Les services de l'aide sociale à l'enfance et le service adoption se mettent en mouvement. Les uns doivent s'occuper du bébé, le porter (au sens plein du terme) dans ce temps suspendu, cette phase d'incertitude. Les autres doivent trouver celle qui deviendra sa mère adoptante. Elle s'appelle Alice et cela fait dix ans qu'elle se bat pour avoir un enfant. PUPILLE est l'histoire de la rencontre entre Alice, 41 ans, et Théo, trois mois.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Je ne sais pas si je l'ai assez dit mais en général mais j'exècre les films français. Quand je dis films français je parle des films récents (depuis au moins 25-30 ans), parce que bon avant ça y a eu des dingueries. Seulement voilà quand on a grandi avec les films de Jean Pierre Melville, Claude Miller, Bertrand Blier et Louis Malle et qu'ensuite tu passes à Luc Besson et Pitof, ça fait mal au cul. J'exagère un peu évidemment. Y a toujours quelques trucs cools qui sortent (la preuve je parle bien du Jeu) mais bon c'est loin d'être le gros de la production française.

     

     

    En temps normal, je n'aurais pas été voir ce film, je n'y aurais probablement même pas prêté attention. Malheuresement le destin a voulu que je sois concerné par ce film. On va pas sortir les violons, c'est la vie. C'est comme ça.

     

    Je vais pas pondre un roman mais Pupille est un film assez singulier dans le paysage du cinéma français. Singulier de par son sujet, par sa structure narrative (le film commence d'ailleurs par la fin), par sa démarche schizophrène entre son approche quasi documentaire qui contraste avec son casting trois étoiles digne d'un Klapisch.

     

     

     

    Isa (Sandrine Kiberlain), une travailleuse sociale, qui présente Jean (Gilles Lellouche), un "père d'accueil", au petit Théo

     

     

     

    Je vais pas passer par quatre chemins, Pupille est un film qui réussit le tour de force d'être à la fois très fort sur le plan émotionnel tout en étant très fidèle au parcours d'adoption, et aux rôles des différents intervenants. Ces derniers ont d'ailleurs la part belle, et entre l'assistante sociale et le psy on reconnait réellement

     

    Côté mise en scène, c'est aussi une bonne surprise car celle-ci est sobre mais très maîtrisée. Avec une photo très sobre mais très jolie, et ses mouvements de caméra aussi sobres que réfléchis, la réalisation soignée bénéficie également d'une belle musique au piano (d'un certain Pascal Sangla). 

    De la même manière, la direction d'acteur est impeccable. Il faut dire que Jeanne Herry a été bien aidée côté casting, jugez plutôt: Sandrine Kiberlain (très bonne), Miou-Miou qui reste égale à elle-même (donc très bonne), Olivia Côte impeccable en assistante sociale un peu borderline, Anne Kessler qui fait plus vraie que nature en assistante sociale, Youssef Hadj (le pote d'Eric Judor: Platane, Mohamed Dubois, le cocu de la pub d'EDF...) qui est aussi insupportable qu'un vrai psy, Jean François Stévenin, Bruno Podalydès... Bref que du beau monde.

     

     

    Malgré tout il y a deux acteurs que je mets largement au dessus du lot. Gilles Lellouche d'abord qui m'a bluffé sachant que je ne l'ai jamais vu comme un bon acteur et qui se révèle finalement parfait dans le rôle du "père de substitution".
    Mais c'est la trop rare Elodie Bouchez qui crève l'écran tant elle incarne à la perfection une femme fragile qui tente de s'accrocher à son projet d'adoption tout en apprenant à se reconstruire après les nombreuses épreuves qui traversent sa vie au fil des années. Franchement comme je ne savais pas qu'elle jouait dedans, il m'a fallu voir au moins un tiers du film avant de percuter que c'était elle. J'espère qu'elle aura un prix pour sa performance.

     

     

     

    Alice Langlois (Elodie Bouchez), une candidate à l'adoption de longue date

     

     

     

    Alors non, tout n'est pas parfait. Il y a un ou deux passages un peu "forcés" ou démonstratifs, comme ce couple qui engueule une travailleuse sociale parce qu'il n'ont toujours pas eu d'enfants (enfin vu les cas, je suis sûr que ça peut arriver mine de rien), ou une séquence narrant l'attribution d'un enfant évoquant davantage Douze Hommes en Colère qu'une réunion administrative lol. Mais ces passages n'influent pas vraiment sur la qualité globale d'un film très maîtrisé et très sincère.

     

     

    Je m'arrête là. Réalisé par Jeanne Herry (la fille de Sylvette, de Miou-Miou quoi, et de Julien Clerc), Pupille est un beau film, très bien écrit, très bien mis en scène, très bien interprété et qui respire l'humilité et la sincérité, soient deux qualités bien trop rares dans le cinéma français. 

     

    Une très bonne surprise en somme.

     

    Allez next.

     

     

     

     

     

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