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    Résumé Amazon:

     

    «En vérité, l'insurrection contre mes parents, contre la pauvreté, contre ma classe sociale, son racisme, sa violence, ses habitudes, n'a été que seconde. Car avant de m'insurger contre le monde de mon enfance, c'est le monde de mon enfance qui s'est insurgé contre moi. Je n'ai pas eu d'autre choix que de prendre la fuite. Ce livre est une tentative pour comprendre.»

     

     

     

    Avant tout il faut savoir qu'il s'agit d'un roman autobiographique, et qu'Eddy Bellegueule, aussi étonnant que cela puisse paraître est bien le vrai nom d'Edouard Louis (enfin, il a fini par changer définitivement à l'état civil). Pour la bio on va faire bref: il est né en 1992 et a grandi à Hallencourt dans la Somme. Après un diplôme à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, il dirige un ouvrage collectif sur Bourdieu, puis plusieurs essais dont un sur Foucault. En 2014 sort son premier roman En Finir avec Eddy Bellegueule qui obtient un grand succès. Ont suivi deux autres romans: Histoire de la Violence en 2016, et Qui a Tué Mon Père en 2018.

     

     

     

     

     

     

    Savez-vous ce qu'est un incipit? Pour ceux qui ne savent pas ce qu'est un incipit, vous pouvez aller sur Google / Wikipedia, ou bien simplement lire la suite. Un incipit donc, c'est une introduction. Enfin par n'importe quelle introduction. C'est un peu l'entrée en matière dans un roman, qui se caractérise en général par une phrase plutôt marquante, et qui fait presque figure de note d'intention. Parmi les incipit les plus célèbres on peut citer "Aujourd'hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas." Tirée de l'Etranger de Camus, cette phrase résume en fait assez bien quand on y pense toute la condition d'un individu passif, et en apparence indifférent à ce qui lui arrive alors qu'il s'agit plutôt d'une certaine résignation.

    De la même manière, un des incipit les plus célèbres, peut-être même le plus célèbre, de la littérature française, voire de la littérature tout court est celui du narrateur Du Côté de Chez Swann. "Longtemps je me suis couché de bonne heure." Ouais, rien que ça. C'est bizarre comme une phrase aussi simple peut se révéler aussi forte finalement.

     

    L'incipit du livre qui nous intéresse ici, si on ne peut pas le comparer aux chefs-d'œuvre précités reste tout de même assez fort. Jugez plutôt: "De mon enfance je n'ai aucun souvenir heureux."

    Oui, en plus de renvoyer un peu à Proust ça met l'ambiance direct (d'ailleurs par moments avec ses parenthèses et ses digressions ça rappelle un petit peu l'amateur de madeleines). On entre dans le vif du sujet.

     

    Et en effet, on ne peut pas faire mieux comme note d'intention tant la suite du bouquin est à l'avenant.

     

     

    Bienvenue Chez les Ch'tis

    Je vais pas m'étendre sur les détails assez glauques du roman mais à le lire on pourrait presque croire qu'il a vécu au 19ème siècle au milieu des mines de charbon. Putain c'est Germinal le truc. Les gens usés dès la trentaine, les filles enceintes à 20ans (maximum), la misère sociale, intellectuelle, sexuelle, l'alcool, les dents pourries, l'hygiène douteuse, la violence ordinaire... Putain il est plus jeune que moi le mec!! Que je retrouve son coin histoire que j'y mette jamais les pieds lol. Même moi qui ait vécu une enfance difficile j'ai pas vécu ça en région parisienne lol. Bon à part les gens aux dents pourries, les filles mères, le chômage, l'alcool, la violence, la misère sociale... Ah ben si en fait.

     

    En fait sérieusement, pour en avoir parlé avec des gens du Nord y a quand même une différence non négligeable entre la misère qu'on trouve en Ile de France et celle d province, notamment du Nord. D'ailleurs toutes proportions gardées, lui ce qu'il propose c'est de la cassocerie high level, et comme on est dans le Nord, il faut bien un peu de consanguinité, de "pédophilie" et d'inceste, histoire de faire honneur à une certaine banderole du PSG. Bref, c'est un roman rempli de prétendants à un épisode de Strip Tease.

     

    Comme dirait Galabru:

     

     

     

     

     

    Malgré tout, et surtout malgré toute la compassion que je peux avoir pour le bonhomme et son parcours, j'ai par moments été un peu mal à l'aise en lisant le truc. Pas mal à l'aise comme si j'avais lu un truc d'une horreur insoutenable mais plutôt mal à l'aise comme si je voyais à travers le récit comme une espèce de complaisance dans la misère. Un peu comme si c'était un peu un forceur. Je veux dire que sans remettre en question ce qu'il a vécu, c'est un peu comme si le mec avait vécu en enfer,  comme si l'univers qui l'a vu grandir ne lui avait procuré absolument aucun bienfait. Il n'y a aucune contrepartie, aucune chose qui pourrait nuancer ne serait-ce qu'un tout petit peu ce constat. Ce coin c'est un peu Village des Allocs.

    De la même manière, toujours dans la retranscription de son parcours, je ne sais pas si c'est parce que je suis noir, mais il y a un truc qui m'a gêné. Quand je dis que je suis noir, c'est parce que bon d'un point de vue culturel chez les Noirs en général, il y a toujours une espèce de pudeur, une certaine retenue à exprimer certains trucs comme la sexualité, la famille, ce genre de truc. Quand je parle de ça, je fais allusion à la manière dont il décrit ses parents, avec une espèce de retrait comme s'il parlait presque d'étrangers. Alors oui la  relation complexe qu'il a entretenu avec son entourage et notamment ses parents est évidemment au cœur du bouquin mais je ne sais pas, ça m'a gêné. Dresser un portrait pareil (même s'ils sont comme malgré eux), de manière aussi détachée ça me laisse presque perplexe. D'ailleurs, à la limite, s'il y a un personnage qui s'en tire un peu mieux que les autres c'est son père, un produit de son environnement, peu éduqué, rustre, raciste, mais qui conserve une certaine "noblesse" d'âme, un homme qui ne sait pas comment aimer son fils, ni comment accepter le fait qu'il est "différent" et un peu à l'opposé de tout ce qu'il apprécie.

     

    Enfin, il y a un dernier truc qui m'a... Jusqu'ici je me considérais plutôt comme ouvert d'esprit. Je n'aime pas le mot "tolérant", je trouve qu'il sous-entend un certain jugement, genre "je n'aime pas ce que tu fais mais bon je le tolère". Ca me gène un peu, cette espèce de connotation d'ordre moral. Après tout, quand on regarde un peu, en général quand on parle de tolérance on parle également d'interdit (sauf quand on parle de santé évidemment). Enfin bref, tout ça pour dire que j'en ai jamais eu grand chose à foutre de l'homosexualité. Je pars du principe que chacun fait ce qu'il veut. Mais bon il faut croire que tout le monde a son seuil de "tolérance" lol.

    Pourquoi je dis ça? Parce qu'une partie du roman est évidemment axée sur sa découverte de la sexualité, et l'affirmation de son homosexualité un peu envers et contre tout. Je dis évidemment mais je suis tellement con que j'avais pas capté. Du tout, fidèle à lui-même, il décrit son "initiation", à un âge précoce (à un âge où personnellement je regardais encore le Club Dorothée), et également ses fantasmes tout cela avec l'approche qu'on lui connait. C'est froid, clinique, glauque et riche en détails. Perso je m'en serais bien passé. Ca m'a un peu dégoûté. Si c'était l'objectif, je dois dire que c'est réussi.

     

     

    Je me rends compte que j'ai été assez bavard alors je m'arrête là (ça prend du temps d'écrire tout ça). Personnellement En Finir Avec Eddy Belle Gueule est un beau livre, bien écrit, assez dur et assez touchant, que j'ai globalement  apprécié même si j'émets quelques réserves vis-vis du regard presque clinique qu'il pose sur son environnement d'origine. Par ailleurs certains passages m'ont quand même un peu dégoûté, du coup je pense que je vais faire l'impasse sur le suivant qui m'a l'air encore plus joyeux et généreux en détails scabreux.

     

    Allez next!

     

     

    Ah oui: à noter que le roman a été adapté au ciné sous le nom de Marvin ou la Belle Education d'Anne Fontaine (clin d'œil à Almodovar?), adaptation dont Edouard Louis s'est relativement désolidarisé (il n'a ni renié ni soutenu le film). Je pense que je vais aussi passer mon tour.

     

     

     

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    Bon j'ai pas trouvé mieux comme illustration alors on va faire avec.

     

     

    Résumé de l'auteur (enfin je crois)

     

    Alex a tout pour être heureux : une femme magnifique, une fille adorable, un travail passionnant. Son couple a bien traversé quelques périodes difficiles ces dernières années, mais avec sa femme, ils se sont accrochés à l’espoir de vivre des jours meilleurs… Alex regrette néanmoins d’être parfois trop distant. Engagé dans un appel d’offres crucial pour l’avenir de sa société, le jeune entrepreneur ne ménage pas ses efforts pour tenter de remporter les cinq millions d’euros mis en jeux. Mais alors que le dénouement approche, un maître chanteur va anéantir tous ses espoirs et faire planer au-dessus de sa tête une lourde menace... Un matin, Sacha croise la route de Sandra, une jeune femme à la beauté saisissante. Une jeune femme mystérieuse qui dissimule une indicible tristesse sous un sourire de façade. Une jeune femme que Sacha désire revoir à tout prix au risque de dévoiler son vrai visage : celui d’un père rongé par le remords, celui d’un homme en quête de renouveau. Le visage d’Alex, tout simplement. Alex... Sacha... Deux personnalités si différentes. Deux vies que tout oppose. Deux histoires pourtant liées par le destin.

     

     

    Oui c'est un peu long comme résumé.

     

    Commençons par l'auteur: 

     

    Cédric Castagné est un écrivain autodidacte français né le 5 janvier 1982, aux Lilas. Passionné de football, il rêvera toute sa jeunesse de faire de ce sport son métier, avant qu'une grave blessure au genou ne l'éloigne des terrains. Un rêve brisé et une insatiable soif de revanche.
    Il se concentrera alors sur ses études et obtiendra son diplôme d'ingénieur à l'Institut National des Sciences Appliquées de Rouen, en 2004.
    C'est au cours de cette période que naîtront ses premières envies d'écrire. "Sixième sens", sorti en 1999 et réalisé par M. Night Shyamalan, provoque un déclic dans son esprit. Cédric se met alors à imaginer des histoires aux dénouements improbables. Par la suite, ce sont les séries américaines, mais également des auteurs comme Dennis Lehane, Harlan Coben ou encore Maxime Chattam qui nourriront son inspiration... jusqu'à ce que le besoin de se lancer finisse par l'emporter.

    "Un dernier mot avant de partir", fruit de quatre années de travail, est son premier roman.

     

    Cédric Castagné en plein travail (ou pas, j'en sais rien en fait)

     

     

    Non ce n'est pas de moi, j'ai juste pompé sans respect toute la description sur Babelio (photo comprise). Merci à celui ou celle qui a fait tout le taff à ma place.

     

    J'ai déjà parlé de l'auteur, Cédric Castagné, ICI, et donc de la manière dont je suis tombé sur son bouquin. Comme je ne l'ai acheté pour la déco, j'ai profité d'un creux après L'Enfant Peul pour m'y atteler.

     

     

    Je vais faire assez bref, parce que je l'ai lu il y a déjà une dizaine de jours et que je suis passé à un autre bouquin depuis (Eddy Bellegueule). Comme on a pu le voir (ou non), Un Dernier Mot avant de Partir est un premier livre, avec tout cela comporte en bien comme en moins bien. Le pire c'est que c'est pas de moi mais bien de l'auteur.

    Tout d'abord il faut souligner le fait que c'est plutôt bien écrit. Sans être du Proust, on voit que l'auteur maîtrise plutôt bien sa prose. Des phrases courtes, succinctes, qui vont à l'essentiel mais sans pourtant faire "pauvres". Cette simplicité du langage permet d'une part de gagner en clarté dans une histoire somme toute assez floue, et d'autre part d'avancer assez vite dans la lecture. parce qu'il faut le dire: s'il y a bien une qualité à ce bouquin c'est la rapidité avec laquelle il se dévore. Même si on peut se perdre un peu au départ avec les différentes "parties" du roman avec les différents temps employés, on finit pas s'y faire assez rapidement.

    Le problème, parce qu'il y en a un (plusieurs en fait) en ce qui me concerne, c'est l'enjeu. On passe la plus grosse partie du bouquin à suivre un obscur appel d'offres pour lequel je ne suis pas particulièrement passionné. Agility va-t-elle remporter l'appel d'offre malgré les menaces? Humm... mouais, désolé de le dire mais ça ne vend pas du rêve quoi. Je sais pas, le dernier polar que j'ai dû lire ça devait être Le Chuchoteur, alors passer d'un pédophile, d'un kidnappeur, d'un tueur en série et j'en passe (tout ça dans le même livre) à une start-up et un appel d'offres... ça chatouille mes lombaires.

    D'ailleurs en vrai, même si j'exagère un peu, ce n'est même pas tant le sujet qui n'est pas très intéressant. Quand tu vois un film comme Margin Call qui parle de l'épicentre d'une crise boursière avec des mecs qui s'excitent devant des ordinateurs et des réunions de crise, et bien J.C Chandor réussit personnellement bien plus à me captiver avec son film que n'importe quel Marvel. C'est une question de... de narration. De narration et de personnages. Alors oui, je le concède, on ne peut pas comparer un film et un bouquin mais bon globalement les schémas narratifs sont globalement assez similaires dans 80-90% des cas.

     

    En fait, Un Dernier Mot Avant de partir, est un roman au dénouement assez malin. C'est d'ailleurs la force et la faiblesse du livre. Le dénouement plus malin que la moyenne permet en fait à la manière d'un twist de comprendre les tenants et aboutissants de l'histoire. La contrepartie, c'est qu'il faut attendre la toute fin pour voir toute l'histoire  s'emboîter. En fait j'ai un peu eu la mauvaise impression que l'auteur avait trouvé le dénouement et construit l'histoire autour. En même temps c'est pas spécialement grave c'est une démarche comme une autre. Simplement là ça m'a laissé un petit arrière goût un peu amer, un peu comme si l'histoire justifiait la conclusion et non l'inverse.

     

    Je ne vais pas m'attarder d'avantage. Pour faire bref, avec Un dernier Mot Avant de Partir, Cédric Castagné a signé un "thriller" plutôt sympathique mais qui pêche par ses personnages un peu fades et se repose un peu trop sur son dénouement. Pas grave, même Dostoïevski n'a pas commencé sa carrière en pondant un classique. Je lirai très probablement le second qui devrait sortir incessamment sous peu.  Et puis, rien que pour être allé au bout de sa démarche d'autoédition, ça mérite mon respect. Par contre faudra m'expliquer la couverture.

     

    Allez next.

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    Des fois je vais au ciné je sais même pas pourquoi...

    Rien qu'au vu de la bande annonce, cela n'augurait pas vraiment du meilleur

     

     

    résumé Allociné:

     

    L’insolent mercenaire de Marvel remet le masque !
    Plus grand, plus-mieux, et occasionnellement les fesses à l’air, il devra affronter un Super-Soldat dressé pour tuer, repenser l’amitié, la famille, et ce que signifie l’héroïsme – tout en bottant cinquante nuances de culs, car comme chacun sait, pour faire le Bien, il faut parfois se salir les doigts

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Et en effet, le film est assez foireux. A la limite le premier était relativement honnête à défaut d'être inoubliable. Un peu cheap certes, mais y avait quand même quelques trucs qui marchaient malgré un antagoniste pas vraiment à la hauteur (le mec s'appelle Francis! Putain Francis quoi!). Mais je sais pas, y avait quand même un petit truc sympathique, déjà dû au fait que le film n'était qu'un divertissement sans grande prétention.

     

     

     

     Deadpool face à l'impitoyable Francis (Ajax dans le comic)

     

     

     

    Là par contre, s'il n'a toujours pas le budget d'un Wolverine (auquel le film fait une fois de plus référence), il a quand même coûté un peu plus. Néanmoins la surprise n'est plus au rendez-vous et le film fonctionne nettement moins.

    Déjà l'histoire est toujours aussi foireuse. Même si elle commence relativement correctement (sa meuf est tuée avant même le générique, l'introduction de Cable), on se rend compte qu'au fur et à mesure de son déroulement, les scénaristes ne savaient plus trop quoi faire. Du coup le film part totalement en roue libre avec un méchant pas totalement méchant, un autre méchant pas vraiment méchant non plus et une intrigue assez naze en fait: Deadpool cherche à mourir, Deadpool cherche la rédemption à travers un ado mutant tourmenté. Putain on parle bien de Deadpool? Le mec est censé être un mec amoral au possible, voire relativement sadique. Un sociopathe de compète quoi. Bah non. A la place on a un héros dépressif qui fait des blagues pipi caca quand ce ne sont pas des allusions gays assez lourdingues quoi. Mouais. L'humour est d'ailleurs un des trucs qui rendent le film assez pathétique. Bah oui, pas très drôle, assez réchauffé, le film regorge de "privates jokes" et autres "easter eggs" comme ils disent de l'autre côté de l'atlantique. Bon c'est bien marrant les références aux origines canadiennes de Ryan Reynolds ou aux multiples rôles de Josh Brolin dans l'univers Marvel (Cable et Thanos) mais ça va deux secondes quoi. On remplit pas un film avec ça...

     

    Deadpool et ses blagues toujours plus (bi)sexuelles

     

     

     

    Bon y a quand même quelques trucs sympathiques. Le casting déjà qui nous permet, outre Ryan Reynolds (qui m'a toujours fait penser à Ben Affleck, et c'est pas un compliment), de retrouver le toujours très bon Eddie Marsan (Une Belle Fin, Ray Donovan etc.), les jolies et sexy Morena Baccarin (Homeland) et Zazie Beetz (je viens de capter que c'est la meuf de Donald Glover dans Atlanta d'ailleurs).

     

     

    Neena Thruman / Domino (Zazie Beetz), une petite fraicheur dont le pouvoir est l'effet du même nom.

     

     

    Et puis surtout il y a Josh Brolin. Je kiffe bien cet acteur. En dehors du fait que c'est un très bon acteur (on parle souvent de Del Toro pour Sicario mais sans lui le film serait également nettement moins bon), il a aussi et surtout le charisme de ces vieux acteurs au visage buriné comme James Coburn ou même Nick Nolte. Une vraie "gueule" en somme. Tiens pour l'anecdote, Ryan Reynolds a joué le héros de Amityville, rôle tenu dans l'original par James Brolin, le père de Josh (vous avez suivi). Et si Josh a un faux air de Nick Nolte, son père à l'époque avait la même tête que Christian Bale, c'est assez frappant. Enfin bref, on s'éloigne.

     

     

    Cable (Josh Brolin), un Terminator à la sauce Marvel en gros

     

     

    Niveau humour donc, comme j'ai dit, ça ne vole vraiment pas haut, mais on peut tout de même sauver le sketch assez marrant sur la création (et semi destruction) de la X Force, avec quelques caméos comme Terry Crews, Matt Damon ou même Brad Pitt (que je n'avais pas reconnu perso, c'est un collègue qui me l'a dit).

     

    La X Force version 1.0 (avec plein de cameos et de clins d'oeils aux Marvel)

     

     

    Ah oui côté antagoniste il ont enfin mis un mutant célèbre et ultra culte (un de mes préférés d'ailleurs). Le problème c'est qu'à la fin ils l'ont tellement pas respecté que ça m'a limite fait regretter Francis.

     

    Bref, encore une fois on est loin de l'esprit complètement barré de la bande dessinée. Je passerai probablement mon tour pour le 3ème s'il arrive un jour. Dommage

     

    Allez next.

     

     

    Ah oui et comme c'est un projet de la Fox (hors MCU donc), comme ils prévenaient dans le premier, inutile d'attendre quelque chose après le générique.

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    On va passer vite fait sur la bio:

     

    Né en 1988, Joyner Lucas (c'est son vrai nom) est originaire de Worcester dans le Massachussetts. Fan de rap depuis toujours il a commencé à rapper à l'âge de 10ans. Il a sorti 3 mixtapes mais avant d'acquérir une certaine notoriété grâce à son titre Ross Capipcchioni. S'en est suivi (508)507 2209, sa 4ème mixtape et la première en major. 

     

    Et voilà.

     

     

     

    Joyner Lucas c'est quand même l'auteur d'un des sons les plus "viraux"  de la fin de l'année dernière. En effet, sur les réseaux sociaux il était difficile de passer à côté de ce son au titre assez évocateur.

     

     

    Pourtant s'il a bénéficié un bon buzz grâce à cette chanson assez polémique, Joyner Lucas est loin d'être un nouveau.

    Personnellement je l'ai connu il y a quelques années avec Ross Capicchioni.

     

     

     

    Ce titre au contenu assez effarant est en fait tiré d'un horrible fait divers (on peut dire que le mec revient de loin), une démarche qui rappelle un peu 2Pac et son Brenda's Got a Baby. Un fait divers, dont il narre le récit à la fois du point de vue de la victime et du criminel, qui renvoie à la face sombre des Etats-Unis. Ce titre qui a eu un certain impact à l'époque   (et qui est sorti avec l'autorisation du fameux Ross Capicchioni), a tout de suite placé Joyner Lucas au rang des storyteller du rap U.S actuel, une discipline dont il a fait sa spécialité. En témoigne le nombre assez important d'histoires (réelles ou imaginées, drôles ou tragiques) qu'il a illustrées dans ses chansons. Et il le fait plutôt bien, voire très bien et de manière parfois assez complexe, comme on peut le voir dans Keep It 100 où il raconte les péripéties d'un billet de 100 dollars à travers ce qu'il y a de moins glorieux dans le monde de l'argent facile (détournement, drogue, pari, braquage, prostitution, mendicité...)

     

     

     

     

     

    Une chanson que je connais pratiquement par cœur à force de l'avoir écoutée. D'ailleurs si on tend bien l'oreille on peut sentir l'influence de Masta Ace, une référence assez avouée de Joyner Lucas, la légende de Brooklyn étant également connue pour sa facilité à narrer des histoires (Masta Ace a quand même sorti 3 albums concept avec l'histoire d'un rappeur comme ligne directrice). Joyner Lucas se permet d'ailleurs de le citer dans I'm Not Racist en reprenant une rime du "maître" (tirée de la chanson Beautiful)
    Pour la petite histoire, 20Syl et Hocus Pocus avaient sorti un morceau avec le même thème (la chanson "Pascal" les péripéties d'un billet de 500) mais bon, si le résultat était sympathique et que 20Syl n'est pas mauvais, y a pas photo non plus.

     

     

    Sa mixtape nommée (507) 508- 2209 d'après son n° de téléphone de l'époque (le mec qui perd pas le nord, il dû le changer depuis lol), illustre bien le goût de Joyner Lucas pour ce type de morceaux, et s'il lâche quelques morceaux "humoristiques" très second degré, il en profite pour évoquer certains sujets de société comme le rôle des parents dans l'éducation, le suicide, l'avortement. Bref, des trucs qu'on voit pas tout le temps dans le paysage du rap.

     

    Pourtant Joyner Lucas n'est pas vraiment le genre de mec à s'enfermer dans une case.  Que ce sont sur du boom bap ou de, la trap, voire des instru minimalistes, que ce soit en storytelling ou en pur ego trip, le mec est tout terrain.

    Une autre particularité ironiquement moins visible de Joyner Lucas, c'est le soin qu'il apporte à ses clips, qu'il corréalise pour la plupart d'ailleurs. Assez bien pensés en général, ils illustrent bien les storytellings avec une approche assez cinématographique. Il en profite d'ailleurs pour se mettre en scène de manière parfois originale et/ou discrète, dans la peau d'un personnage lambda (par exemple le dealer de taz au début du clip de Keep It 100, ou le criminel de Ross Capiccioni), ou n'apparait d'ailleurs parfois même pas du tout.

     

     

    Souvent là où on ne l'attend pas, surtout après avoir sorti un truc aussi fort que I'm not Racist, le mec est revenu peu après avec un projet en commun avec... Chris Brown. Un projet bien barré et bien golmon où, pour l'occasion la fameuse tête à claques s'est même mise à rapper et il faut le dire le résultat est plutôt pas mal.

    Enfin, il est néanmoins revenu récemment avec Frozen, un morceau sur les accidents de la route (...)  

    Bon on va rapidement oublier son embrouille foireuse avec Logic, le talentueux rappeur avec la dégaine de Big Flo et Oli. En plus d'être inutile, elle est loin d'être intéressante.

    Bref, s'il est habitué à des coups d'éclats et si son talent est reconnu par ses pairs, Joyner Lucas n'a toujours pas la renommée qu'il devrait avoir. A l'heure où un Lil Pump explose les charts avec un Gucci Gang aussi pathétique qu'efficace, Joyner Lucas (qui a "parodié" ce hit dans un remix improbable) attend encore son heure.

     

    En espérant pour lui que ce soit pour bientôt. Attention quand même à ne pas devenir le chargé de com des services sociaux.

     

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    Résumé Actes Sud:

     

    Voici un livre de Mémoires qui nous révèle la formation d’un des esprits les plus brillants de l’Afrique noire. Amadou Hampâté Bâ raconte ici sa petite enfance et son adolescence, à l’époque où, dans le Mali du début du XXe siècle, il s’initiait aux traditions ancestrales, fréquentait l’école française en même temps que la coranique, courait la savane, découvrait le colonialisme et s’apprêtait à devenir l’un des derniers grands dépositaires d’une civilisation orale en pleine mutation.
    Roman d’aventures, tableau de mœurs et fresque historique, ce livre restitue dans une langue savoureuse et limpide toutes les richesses, les couleurs et la vie du grand récit oral africain, et donne une belle leçon d’humour, de tolérance et d’humanité.

     

     

     

     

    Et c'est tout. Parce qu'en fait je vois trop quoi dire dessus. C'est d'ailleurs assez bizarre. J'ai bien aimé le bouquin qui est très intéressant et tout, mais je ne sais pas quoi dire de plus que le résumé. C'est fou ça.

     

    On va commencer par le début et parler un peu de son auteur.

     

    Dans le monde de la littérature, et pour les Africains de l'ouest en particulier, Amadou Hampâté Bâ est loin d'être un inconnu. Ecrivain et ethnologue, il fonde à l'indépendance du Mali l'institut des sciences humaines à Bamako, puis devient membre du conseil exécutif de l'Unesco de 1962 à 1970. Il a d'ailleurs effectué de nombreuses missions de conservations du patrimoine pour l'Unesco comme la "collecte" de contes traditionnels peuls et plus généralement d'Afrique de l'Ouest. Lors d'un discours à l'UNESCO il déclare une phrase qui deviendra proverbiale: « En Afrique, chaque fois qu'un vieillard traditionaliste meurt, c'est une bibliothèque inexploitée qui brûle », en réaction aux propos d'un sénateur américain sur l'ignorance supposée des peuples d'Afrique avant l'arrivée de l'homme blanc. Ce qui me fait vaguement penser aux "bienfaits de la colonisation" chers à notre ancien président... Au delà de ces polémiques, il est inutile de dire qu'Amadou Hampâté Bâ est devenu une des personnalités littéraires les plus importantes du mali et globalement d'Afrique de l'ouest.

     

     

     

    Amadou Hampaté Bâ, l'enfant du Mali

     

     

    Bon histoire de broder un peu, et parce qu'il faut bien rentabiliser les 440 pages, Amkoullel L'Enfant Peul, est un livre à mi chemin entre le roman autobiographique, le roman d'apprentissage et le roman historique (si si). Car c'est bien d'histoire dont il est question. Plus encore que l'histoire d'Amadou Hampâté Bâ, il s'agit également de l'histoire de toute une partie du Mali de son évolution des royaumes toucouleurs, dogon et bambaras jusqu'à la domination coloniale. Tout un pan de l'histoire de l'Afrique de l'ouest dont le jeune Hampaté Ba sera tout au long de sa vie le témoin. En effet tout au long du roman le petit Amkoullel sera amené à voyager du Sénégal au Mali en passant à le Burkina Faso. Et il en profite pour nous dévoiler les coutumes des sociétés africaines, leur organisation, les rites d'initiation, la présence de l'islam et celle des croyances ancestrales etc., que ce soit dans la communauté peule, dogon ou bambara. Ainsi il m'a permis par exemple de découvrir l'existence des "associations" (waaldés chez les Peuls) qui régissent la vie des gens des villes et villages et ce dès leur plus jeune âge.

     

    On sent dans le roman un véritable attachement de Hampâté Ba à toute la culture et l'histoire de l'Afrique de l'Ouest, depuis son enfance où il se passionne pour les contes traditionnels et les chants des griots à la gloire des héros peuls et toucouleurs, un attachement qui le poursuivra toute sa vie vu qu'il consacrera une grande partie de sa carrière à tenter de préserver le patrimoine culturel de la région.

    Pourtant malgré tout l'intérêt historique et culturel du bouquin, il ne faut pas oublier que celui-ci est avant tout un roman, et qu'il raconte son histoire. D'ailleurs il a bien raison tant sa vie semble avoir été remplie. De la même manière il en profite pour narrer celle de ses aïeux dont le parcours assez incroyable de certains témoigne de la place du destin dans l'histoire de sa famille.

     Amadou Hampâté Bâ est célèbre pour ses talents de conteurs et le roman, très rythmé et très bien écrit, bénéficie du talent de son auteur et de son sens de la narration. En ce sens il m'a curieusement rappelé par moments des livres comme le Gône du Chaaba ou même la Guerre des Boutons, enfin des livres sur l'enfance de leur auteur.

     

    Bon assez parlé, comme prévu L'Enfant Peul est un très beau roman sur l'Afrique, la colonisation et surtout l'histoire de son auteur jusqu'à son passage à l'âge adulte.  La seule réserve que je pourrais émettre est la surenchère de protagonistes au début du roman, dont il est difficile de se rappeler tous les noms. Hormis ça, c'est du tout bon.

     

    A lire ou à relire.

     

    A noter qu'il a écrit une suite de ses mémoires intitulée Oui Mon Commandant! 

    Je la lirai quand j'aurai le temps.

     

    Allez next.

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