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    Résumé Allocine:

     

    A l'orphelinat de Saint-Cloud, dans le Maine, le docteur Wilbur Larch, un être plutôt excentrique et attachant, se charge de réaliser "l’œuvre de Dieu"; en mettant au monde des enfants non désirés, mais ne néglige pas "la part du diable" puisqu'il lui arrive d'interrompre illégalement certaines grossesses. Des liens de père et fils vont se tisser entre lui et le jeune Homer Wells, un orphelin réfractaire à l'adoption, désireux de partir à la découverte du monde.

     

     

     

     

     

    Quelque part j'avais un peu aussi envie de voir ce film. Pas vraiment pour le réal ou les acteurs mais pour le traitement. Je ne suis pas un spécialiste de John Irving mais malgré tout j'ai lu trois romans de lui et je comprends pourquoi on le considère comme un auteur majeur dans la littérature contemporaine américaine. En plus d'avoir une écriture belle et forte, il réussit à développer des personnages à la psychologie très complexe souvent embarqués dans une vie atypique, louffoque et parfois cruelle.

     

     

     


    John Irving

     

     

    J'ai lu le Monde Selon Garp, quand j'avais vingt ans environ et c'est un des premiers romans à m'avoir durablement marqué. Par la suite j'ai lu Un Enfant de la Balle que je n'ai pas aimé et pour finir quand j'avais 25ans environ L'Œuvre de dieu, la Part du Diable que j'ai beaucoup aimé. Donc autant le film en tant que tel ne m'intéressait pas, autant j'ai eu envie de voir la comparaison entre le bouquin et son adaptation.

     

    Homer (Tobey McGuire), un jeune niais qui rêve de découvrir le monde

      

     

     

    Donc voilà, je l'ai vu. Et il faut dire que je ne savais pas trop à quoi m'attendre si ce n'était au pire au vu des mauvaises critiques que j'avais lues à l'époque et qui m'avaient bien refroidi.

     

    En fait, et on va faire bref, en regardant le film j'ai eu l'agréable surprise de constater que c'était très fidèle au matériau d'origine. Evidemment, Hollywood oblige, exit les passages sexuels un peu glauques sur comme le dépucelage d'Homer avec la salope de service, de la même manière le ou les scénaristes ont cru bon d'évoquer une vague romance entre le docteur et une de ses infirmières, histoire d'éviter les sous entendus malsains qu'on pourrait imaginer en voyant un vieil homme assexué s'occuper affectueusement de tous ces orphelins.

     

     

     Wilbur Larch (Michael Caine), le gentil docteur qui borde les orphelins tous les soirs (ha ha)

     

    Et donc voilà, le film est relativement fidèle au bouquin. Enfin c'était ce que je pensais jusqu'à ce que je me rende compte qu'il restait 5mn de film et qu'on en était aux deux tiers de l'histoire (!!) En fait ces cons ont carrément amputé un tiers du livre. Exit donc également l'histoire d'amour malsaine avec l'autre orpheline, exit le ménage à trois et place à la simple romance hollywoodienne balourde comme on en fait plus depuis les années cinquante au moins.

     

     

    C'est dingue parce que le film était pas trop mal jusque là (même si c'était tellement policé qu'on voyait que les mecs ont tout fait pour sucer aux oscars), un peu léger mais pas mal quand même. Mais en fait non. Parce que finalement on passe à côté de l'essentiel du truc, à savoir une histoire d'amour totalement bancale et totalement "amorale" tournant autour de l'amour, l'impuissance, la compassion, l'infidélité, et surtout le déni. Et c'est bien dommage.

     

     

     

    Homer et Candy (Charlize Theron), un couple tourmenté

     

     

     

    Allez pour se rattraper, même si on se coltine l'insupportable Tobey McGuire et sa tête à claque de compète (quoique le héros est aussi une tête à claques dans un sens), la magnifique Charlize Theron au top de sa beauté est là pour remonter le niveau, d'autant plus qu'elle est convaincante dans son rôle d'éternelle indécise. Quant à Paul "Ant-Man" Rudd et à Michael Caine, le premier fait presque de la figu et le second reste fidèle à lui-même. Ah oui une curiosité, on peut aussi voir le petit Dewie de la série Malcolm jouer un pensionnaire de l'orphelinat, ainsi qu'une Erykah Badu pas encore complètement ravagée par les excès (donc encore très jolie), interpréter la petite Rose, une ado de 14ans environ, alors qu'elle devait avoir dix ans de plus déjà à l'époque. Elle fait jeune mais quand même... Sinon y a aussi Delroy Lindo qu'on a pu voir dans un millier de truc et qui joue ici mr Arthur Rose, le charismatique père de Rose Rose (vous suivez?). En fait, y a aussi J.K Simmons, Paz de la Huerta et Heavy D qui jouent dedans mais je les avais pas reconnus (je viens de le voir sur Wikipédia), donc on s'en fout un peu.

     

     

     


    Mr Rose (Derloy Lindo) et sa fille Rose Rose (Erykah Badu), un duo presque parfait

     

     

    Je ne parlerai pas de la mise en scène de Lässe Halstrom ni même de la musique parce qu'elles relèvent d'un classicisme aussi insupportable que prévisible.

     

    Bref, en essayant d'être objectif, L'Œuvre de Dieu, La Part du Diable reste un film correct, un produit hollywoodien fade et formaté mais suffisamment bien écrit et réalisé pour faire passer un bon moment à tout amateur/trice de films de ce genre.

    Après quand on a lu le bouquin on ne peut qu'être déçu et de voir le film comme une trahison régie par la fameuse règle des 2h max. Tant pis. Après tout Hollywood n'est pas connue pour faire preuve de fidélité vis à vis des romans qui y sont adaptés.

     

     

    C'est la vie. Jetez-vous donc plutôt sur le roman.

     

     

    Allez next.

     

     

     

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    Non je n'ai pas abandonné ce blog, je ne l'abandonnerai jamais (jamais!). C'est juste que... Enfin bref

     

     

     

     

     

     

     

    Je vais faire bref. j'ai pas été au ciné depuis au moins trois mois, je sors plus de chez moi, je mate que des Netflix et j'ai de plus en plus de mal à parler de quoi que ce soit sur ce blog. Enfin on s'en fout en même temps.

     

     

     

    Résumé:

    Manuel et Driss ont grandi comme deux frères inséparables dans la même cité. Mais aujourd’hui tout les oppose. Manuel est à la tête d’un trafic de drogue, alors que Driss est devenu flic. Quand celui-ci est promu aux Stups, son retour bouleverse les équilibres et met Manuel en danger.

     

     

     

     

     

    Personnellement je ne suis pas totalement convaincu par le résumé mais vu que c'est celui du distributeur on va pas chipoter.

     

    Ce que j'aime bien avec les films situés à Paris c'est qu'on reconnait forcément certains endroits où il a été tourné. Par exemple les Courtillières à Pantin dans a scène d'introduction, ou le nouveau palais de justice à Porte de Clichy (et toute la partie du 17ème qui croule sous les travaux d'aménagement). D'ailleurs j'ai été surpris en voyant qu'une scène avait carrément été tournée à 500 mètres de chez moi, à Colombes lorsque les protagonistes se retrouvent devant un hôtel.

     

    On va pas aller par quatre chemins, j'ai aimé ce film. Déjà parce que c'est rare d'avoir un polar français réussi (film français tout court diront les mauvaises langues). Et puis parce que en fait j'en attendais pas grand chose mais que j'aime beaucoup les acteurs principaux.

    Déjà pour parler du film, le réal David Oelhoffen et la scénariste Jeane Apkeman ont eu l'intelligence d'éviter les lieux communs sur le trafic de drogue et la banlieue en général. En plus de s'être apparemment un peu documenté sur le sujet, ils ont opté pour un traitement presque documentaire, plus proche de séries comme The Wire ou Gomorra que de films de gangsters. On est donc loin d'un délire mythologique à la Michael Mann par exemple (que les réals français essaient souvent et tristement de singer) mais finalement assez proche de Tavernier façon L627, enfin dans mes souvenirs en tout cas. Donc oui, l'approche naturaliste sert le film, d'autant que certains aspects évitent les écueils caricaturaux attendus (il n'y pas de rap par exemple), comme par exemple les jeunes qui vendent du shit et qui n'ont rien à voir avec les gros caïds discrètement postés deux étages plus haut.

    Pour autant le film n'en oublie pas de raconter une histoire, une histoire somme toute assez simple et plutôt prévisible mais suffisamment bien amenée à mon goût. Parce qu'au fond c'est juste l'histoire de personnes ayant grandi dans le même coin et ayant pris des chemins différents, chacun prêt à tout pour parvenir à ses fins quitte à s'arranger avec sa morale et ses principes.

    Il n'y a pas vraiment de gentils ou de méchants dans le film au final, juste des gens qui font ce qu'ils font avec leurs propres systèmes de valeurs.

    Concernant la mise en scène comme je l'ai dit, machin a opté pour une approche naturaliste mais ce n'est pas pour autant qu'il néglige la mise scène et certaines scènes "d'action" sont filmées avec une réelle intensité, d'ailleurs la scène du règlement (j'en dis pas plus) m'a encore rappelé une des premières scènes de Gomorra (encore cette série) lorsque Ciro se retrouve au bar. Donc oui Frères Ennemis est un film plus subtil et plus intelligent qu'il n'y parait.

     

    Est-il parfait pour autant? Bien sûr que non. On pourra reprocher par exemple un manque de fluidité dans la narration. Mon pote qui était au ciné avec moi (et qui n' a pas aimé) me disait qu'il avait trouvé que certaines séquences tombaient à plat ou étaient vaines, et qu'il n'avait pas réussi à avoir d'empathie pour aucun des personnages au final. C'est pas totalement faux. La schizophrénie du héros n'est par exemple pas exploitée de la meilleure manière.  Par ailleurs la fin du film renvoie un peu à tout ce côté crépusculaire que le réal à avait rejeté durant tout le métrage, et m'a donc un peu déçu.   Mais bon personnellement ça n'a pas entaché mon plaisir outre mesure.

     

     

     

    Après et il faut le dire, un des gros atouts du film reste sa distribution. Evidement Matthias Schoenaerts qui m'avait déjà bluffé à l'époque de Bull Head traine toujours sa grande carcasse de bœuf tout en parvenant à être parfait. Y a pas à dire, pour une fois qu'un acteur français a autant de talent, il faut qu'il soit belge.  Enfin bref, ici il reste égal à lui-même et incarne donc parfaitement Manuel, un dealeur pris dans un engrenage qui le dépasse.

     

     

     

    Manuel (Matthias Schoenaerts), un dealer en tenailles entre les flics et un contrat sur sa tête

     

     

    Mais surtout personnellement j'ai aussi été voir le film pour Reda Kateb. J'aime beaucoup cet acteur avec sa tête atypique(que j'avais découvert à l'époque d'Engrenages où il jouait un rappeur dealeur). Et s'il s'est évidemment fait remarquer pour son rôle de Jordy le Gitan dans Un Prophète, il a su se démarquer de l'image de vulgaire voyou qu'on pourrait lui coller à longueur de film. Ainsi, si je n'ai pas vu Django dans lequel il illustre le fameux guitariste, ni Les Nouveaux Parisiens des mecs de la Rumeur, je suis content de le voir dans un rôle un peu à contre emploi. Ce rôle dans lequel il apparait comme un flic bouffi par l'alcool et fatigué permet de prendre la mesure de son talent d'acteur.

     

    Driss (reda Kateb), un stup issu d'une cité sensible

     

     

    Et puis, on notera évidemment la présence d'Abel Bencherif qui reprendrait presque son rôle dans Un Prophète, et de Fianso qui parvient étonnamment à faire oublier son insupportable coupe et (je l'avoue) joue bien mieux que ce à quoi je m'attendais de sa part. Et s'il n'a pas le premier rôle, le Ptit Loup (j'aime bien cette chanson, à chacun ses plaisirs coupables) a quand même un rôle suffisamment important pour qu'on entende à nouveau parler de lui au ciné.

     

     

     

     

    Fianso plus convaincant que prévu 

     

     

     

    Côté meuf, il faudra bien avouer que c'est un peu mince mais on peut malgré souligner les bonnes perfs de la jolie Sabrina Ouazani (putain j'ai vu une interview d'elle y a pas longtemps pour son film sur la danse, elle m'a choqué. Avec un de ces micro short rouge j'arrivais pas à me décoller de ses jambes, enfin bref), une actrice qu'on a pu voir dans un tas de trucs comme L'Esquive, Paris, La Graine et le Mulet etc. et évidemment qui prouve qu'avant d'être un physique elle est aussi une très bonne comédienne.

     

    Manuel qui tente de réconforter Mounia (Sabrina Ouazani), le femme de son ami

     

    On oubliera pas l'autre deuxième grand rôle féminin incarné par Gwendolyn Gourvenec, principalement connue pour avoir joué Mademoiselle Chiffre  dans le Petit Spirou. Je ne pense pas qu'elle ait les forme du personnage de la BD mais elle est physiquement sympathique en plus d'être très convaincante dans son rôle.

     

     

    Bon on va s'arrêter là. Pour résumer, Frères Ennemis n'est pas un film parfait, mais c'est un bon film, un bon polar sombre et nerveux. et puis pour une fois qu'un français ne se loupe pas ce serait pas de ne pas le soutenir.

     

    Allez next.

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    J'ai du mal à publier quoi que ce soit depuis un certain temps Je sais pas je fais comme un blocage. Des fois je me dis que je parlerais bien de tel ou tel truc et puis je bloque. Enfin bref

     

     

     

     

     

    Khruangbin c'est quoi? Créé vers 2007, Khruangbin est un groupe texan composé de Mark Speer (guitariste)et Donald Ray Johnson (batteur) qui se seraient rencontré à l'église où ils officiaient en tant que musicien, rapidement rejoints par Laura Lee (bassiste). C'est d'ailleurs cette dernière qui, apprenant le thaï, aurait trouvé le nom du groupe. Khruangbin signifierait apparemment "aéronef" ou "aéroplane" (un machin qui vole quoi) au royaume de Siam. Pourquoi ce nom? J'en sais fichtre rien (clin d'œil à Jefferson Airplane??). Toujours est-il qu'après quelques dates (dont une tournée avec Bonobo) le groupe a rapidement acquis en notoriété et après trois EP, sort son premier album en 2015 intitulé The Universe Smiles Upon You.  Je ne sais pas trop comment l'album a été reçu et s'il a marché. toujours est-il qu'ils ont continué sur leur lancé et ont sorti cette année leur deuxième album nommé Con Todo El Mundo, probablement une ode à la fraternité au delà des frontières.

     

     

     

    Bon perso je vais pas faire genre car j'ai découvert le groupe très récemment (il y a quelques mois) et assez par hasard, enfin grâce aux fameux algorithmes de Google/Youtube. Et je suis tombé sur ça:

     

     

     

     

     

     

     

    Je passerai sur le clip mais j'ai direct accroché à cette boucle qui n'est évidemment pas sans rappeler Footsteps In the Dark des Isley Brothers. Mais surtout j'ai bien kiffé les différentes variations sur la même chanson qui s'affranchissent du lourd tribut à payer aux frères Isley. Parce que vu le modèle c'était pas gagné.

     

    Pour le rappeler Khrunagbin est composé d'une bassiste, d'un guitariste et d'un batteur. Oui, oui, je le précise parce qu'il le faut. Kruangbin est bien un groupe "instrumental", dont les membres on jugé qu'ils n'avaient pas besoin de s'embarrasser d'une voix d'or ou de textes profonds pour réussir à transmettre de l'émotion dans leur musique. Donc, amateurs de belles voix, passez votre chemin. Pour ma part je trouve qu'ils ont eu raison et que ça marche très bien comme ça.

     

    Parler de la musique de Khruangbin est un peu compliqué vu qu'ils n'entrent dans aucun cadre (pas plus mal). Pour faire simple leur musique se situe au croisement entre la soul, la musique psychédélique, le rock et même l'électro. Tout ça garni d'influences orientales (Mark Speer et Laura Lee étant fans de musique Afghane des 70s). Mouais rien que ça. Ces différentes influences se ressentent à des degrés divers selon les chansons. Aussi improbable que ça puisse paraître pour des Texans qui faisaient de la musique gospel à l'église méthodiste du coin (enfin une grande église tout de même), le mélange est des plus réussis.

     

    J'ai écouté, et si The Universe Smiles Upon You est déjà très maîtrisé (avec déjà cette ambiance très "hippie" 70s), je trouve Con Todo El Mundo encore plus abouti, peut-être plus varié, le groupe se permettant même quelques incursions funk, voire disco (même si j'adhère moins), ainsi que des influences orientales plus marquées. Enfin leur style  était déjà là. je retiens ces morceaux:

     

     

     

     

    Etant donné que j'ai découvert les deux en même temps, j'avoue préférer le second que je trouve plus abouti même si le premier a déjà d'excellents morceaux.

     

    Personnellement il y a deux morceaux que je particulièrement, ce sont ces deux là:

     

     

    Mais bon le reste est très bien aussi, Friday Morning et Rules en tête. En écoutant l'album, on pourrait presque imaginer revenir 45ans en arrière et errer parmi les beatnik et autres toxicos de l'époque. D'ailleurs, j'en viens à me demander si on peut réellement composer des trucs pareils sans jamais avoir voyagé dans des endroits cosmiques grâce à Air LSD.

    Enfin, quoi qu'il en soit je kiffe.

     

     

    Bref, Khruangbin c'est très bien et à priori je suis loin d'être le seul à le penser vu que le groupe va passer en concert à Paris et que c'est déjà complet. A priori l'aventure est loin d'être terminée

     

    A découvrir

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    "Tarantinesque"... Hummm je ne sais pas comment réfléchissent les mecs de la com mais bon je ne sais pas si c'est une bonne idée de se comparer à Tarantino. Personnellement heureusement que j'ai pas vu l'affiche avant sinon j'aurais peut-être jamais maté le film lol.

     

     

     

     

     

     

    En ce qui me concerne à la base quand on me parle d'un film qui s'appelle Sans Pitié je pense au film avec Kim Basinger et Richard Gere mais bon on est en 2018 et le film a disparu de la mémoire collective. Dommage parce qu'il était plutôt sympa ce film (n'oublions pas qu'un film qui se passe en Louisiane ne peut pas être totalement mauvais).

     

    Enfin bref.

     

     

    Résumé Wikipedia:

     

    Lorsque le jeune Jo Hyun-soo sort de prison, Han Jae-ho qui est le lieutenant du trafiquant de drogue Ko Byung-chul l'attend. Ils ont fait connaissance en prison et Han Jae-ho lui avait proposé de rejoindre son équipe après leur libération. Une fois dehors ils participent à un trafic de drogue avec des Russes. De son côté, l'inspectrice Chun met tout en œuvre pour faire tomber les barons de la drogue.

     

     

     

     

    On va la faire rapide parce que sinon je vais mettre une semaine et pondre un pavé digne de Victor Hugo(...)

    Le titre, et la tagline, sont en fait bien plus parlants que n'importe quel résumé tant ils décrivent parfaitement l'essence même du film: tous les moyens sont bons pour parvenir à ses fins. Et effectivement, pratiquement n'importe lequel des protagonistes est prêt à manipuler et surtout sacrifier n'importe quel autre personnage afin d'atteindre son objectif, en l'occurrence obtenir le pouvoir, le conserver, ou bien arrêter les truands. En fait, et c'est plutôt malin, le jeu ici n'est pas de savoir "qui est qui" mais plutôt "qui va baiser qui". 

     

     

     

    Han Jae-Ho (Seol Kyeong-Gu), un caïd aux dents longues

     

     

     

    Le problème, c'est que je comprends aussi mieux la note d'intention des pubards, enfin plutôt l'accroche "Tarantinesque". C'est un truc qui me fait souvent chier avec les coréens d'ailleurs, à savoir une propension assez soulante à jongler entre le premier et second (voire) troisième degré. Aussi, et bien que le film soit assez "sérieux" dans le ton, on se retrouve de temps à autre avec une séquence bien cliché qui tranche globalement avec le reste (au hasard une séquence qui montre comment Han Jae-Ho a pris le pouvoir en prison, ou encore l'introduction de Jo Hyun-Soo dans la même prison).

      

    Dans l'absolu ce ne serait pas méchant si le film ne prenait pas un gros virage en adoptant une tournure dramatique genre "polar crépusculaire". Sans raconter la fin on se retrouve presque devant un dénouement à la Heat: il fait nuit, il pleut, les hommes sont sombres...zzzzz on s'en branle putain! Le film opte pour un ton à la fois nerveux et presque caricatural pendant une heure et demie et on devrait se taper un délire pareil à la fin? Ouais mais non.

     

     

     

    Jo Hyun-Soo (Yim Si-Wan) déchiré entre son objectif et sa loyauté

     

     

    Le pire étant que le film fonctionnait plutôt bien avec ses clichés (le parrain qui fait des pubs à la con pour ses activités légales genre Los pollos Hermanos), les acteurs sont géniaux de cabotinages ( Seol Kyeong-gu et ses rires intempestifs en tête) et même Yim Si-Wan et sa tête de chanteur androgyne de K-pop (c'est d'ailleurs le cas) finit par convaincre. Mais bon voilà. A force de manger à tous les râteliers, on finit par se casser les dents.

     

    Chun In-sook (Jeon Hye-jin), une policière vraiment prête à tout pour coincer les malfrats

     

     

     

    Il n'en demeure pas moins que  dans la mare des films coréens, Sans pitié est un trhiller plutôt sympathique et surtout un film hautement recommandable, avec une mise en scène très maîtrisée et plutôt inventive, même si je regrette que le côté jouissif du film disparaisse en cours de route.

     

    Dommage mais pas si grave.

     

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    Résumé de l'éditeur:

     

     

    Erik Ketezer est vétérinaire en Normandie, mais il a passé sa jeunesse à Courvilliers, un ancien fief communiste de la périphérie parisienne. De retour dans sa cité natale pour enquêter sur le décès du frère d’'une de ses amies, il découvre l’état de déliquescence de la ville. L'’économie est dominée par le trafic de drogue, qui s'’organise au sein même de l’équipe municipale : on a découvert des centaines de kilos de cannabis dans le centre technique de la mairie, dirigé par un délinquant notoire. Une impunité inexplicable règne, couvrant les actes de népotisme, les faux emplois, les pots-de-vin, les abus de biens sociaux en tout genre. Pendant ce temps, la ville part à vau-l'eau, les équipements municipaux sont détériorés, les ascenseurs ne fonctionnent pas plus que le ramassage des poubelles, les rats pullulent, le maire a été élu grâce au travail efficace des dealers et des islamistes qui ont labouré le terrain en distribuant menaces et récompenses…
    Ce nouveau roman de Didier Daeninckx est mené tambour battant. Son écriture efficace, directe, est mise au service d’'un tableau accablant des territoires oubliés de la République.

     

     

     

     On va refaire la bio du mec en express: issu d'une longue lignée de communistes aux origines belges et charentaises, il est né à St Denis et à grandi à Aubervilliers où il a adhéré aux Jeunesses Communistes. Il a longtemps travaillé à l'usine, puis est devenu journaliste pour la presse locale et a profité d'une période de chômage pour écrire le premier d'une longue série de romans policiers. Profondément engagé, son œuvre est fortement marquée par les conditions de vie des prolétaires dans les villes de banlieue.

     

     

     

     

     

     

     

    Je connais Didier Daeninckx de nom depuis très très longtemps, pourtant je n'ai jamais lu aucun de ses bouquins. Pourtant si j'ai acheté ce roman précis, c'est parce que je suis tombé par hasard sur un article (probablement celui du Parisien) sur Facebook indiquant un "portrait d'Aubervilliers au vitriol".

    Aubervilliers... Ah Aubervilliers... Si le nom de Daeninckx m'a interpelé si longtemps (alors que je lis très peu de polars français) c'est aussi parce qu'il vient d'Auber, et que cette ville est très importante pour moi. On va dire qu'après St Denis et Paris, c'est la troisième ville à compter dans ma vie. J'y ai fait ma primaire, j'allais au jardin près de la mairie, à la piscine, et même au ciné étant ado. Et surtout, j'y ai vécu. Du coup, le roman a eu une certaine résonance pour moi. Ainsi les lieux évoqués dans le livre me parlent forcément vu que j'ai vécu dans la rue des Fillettes (rue des Jeunettes de Courvilliers), pas loin du foyer des Maliens où ado j'allais manger, mater les matches de foot voire me faire couper les cheveux, et où j'allais encore récemment voir les mécaniciens de rue (des Ivoiriens d'ailleurs, et pas des Maliens).

     

     

    Pour en revenir au livre, je peux dire que j'ai été agréablement surpris. C'est bien écrit, bien rythmé, bien amené et il faut le dire assez addictif. On sent que le mec est un vieux de la vieille niveau écriture. Ce qui est pas mal c'est que l'enquête du héros prend une tournure assez intéressante dans le sens où, loin de suivre un schéma policier traditionnel elle est composée de rencontres et d'entretiens assez "intimes" qui permettent de découvrir petit à petit l'envers du décor d'un banal fait divers. Et évidemment, à travers cette enquête, Didier Daeninckx en profite pour dresser un état des lieux peu reluisant de sa ville. 

    Même si je ne connais pas spécialement la situation politique de la ville, au vu de la description elle semble se rapprocher de celle de Saint Denis a priori, donc elle doit être catastrophique. En tout cas vu le portrait qu'il en fait.

     

    Si la mairie d'Auberv... pardon, de Courvilliers en prend pour son grade, certaines célébrités comme Soral, Dieudonné, Faurisson, Ramadan, se prennent aussi quelques balles en route. Il y a d'ailleurs une critique assez violente des partis politiques municipaux (de gauche notamment) qui, à des fins électorales, ont favorisé les dérives communautaires et religieuses, en permettant à des personnalités douteuses (voyous de quartier ou de cité, imams douteux, lobbyistes véreux...) d'accéder à des postes stratégiques tout ça dans le but de bénéficier de leurs influences au moment des élections. Des pactes avec plusieurs diables. Quelle que soit la part de vérité de ces décisions qui ont amené à gangréner la vie politique de la ville (et logiquement celle des citoyens), je trouve le parti pris assez courageux.

     

    Pour autant et malgré la virulence du discours, le roman ne manque pas d'humour, avec quelques passages limite WTF comme quand le héros se promène à Phuket et croise Jason Voriz au bar de Seth Gueko, ou encore quand un des personnages raconte que le maire d'Aube.. de Courvilliers s'est fait séquestrer et s'est mangé des claques. J'aimerais bien vérifier si c'est vrai ça. Enfin ça ne m'étonnerait même pas vu qu'à St Denis il y a une dizaine d'années des mecs ont braqué les gens du conseil municipal en pleine session d'assemblée (véridique). Les maires adjoints se sont faits dépouiller normal.

     

    Enfin ça reste des anecdotes mais c'est assez révélateur d'un certain climat et qui explique pourquoi certains quartiers sont pratiquement laissés à l'abandon, à Courvilliers comme ailleurs dans le 93.

     

     Bon je m'arrête là. Bref, vous l'aurez compris, Artana c'est un très bon roman, loin des clichés habituels sur la banlieue. 

     

    Allez next.

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