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    Je dis souvent que je suis pas trop polar pourtant j'en lis toujours mine de rien. Comme quoi j'ai beau faire le mec blasé, j'y reviens inlassablement.

     

     

     

     

     

     

     

     Résumé :

     

    En 1919, alors qu'un terrible ouragan menace la Nouvelle Orléans, un mystérieux tueur provoque une psychose générale en décimant des civils à coup de hache sans raison apparente. Trois individus tentent chacun de leur côté de démasquer le fameux tueur. Il y a Ida, une belle fille noire à peau claire travaillant pour une agence de détective épaulée par son ami Lewis, Michael, le lieutenant chargé de l'enquête, et enfin Luca, un ancien policier ripou fraîchement sorti de prison. Chacun possède propre motivation, mais tous se lanceront à corps perdu dans une enquête les dépassant.

     

     

     

     

    Je voulais me renseigner sur l'auteur et contrairement à ce qu'on pourrait imaginer, Ray Celestin n'est ni cajun, ni créole, ni même américain. En fait il est anglais.

     

     

     

     

     

    Ray Celestin
     

     

     

     

     

    Carnaval m'intriguait un peu. Déjà parce qu'il part d'un postulat réel, le tueur à la hache ayant vraiment sévi à la Nouvelle Orléans au début du siècle dernier (il a ainsi droit à son apparition dans la troisième saison de American Horror Story à la Nouvelle Orléans, et que je n'ai jamais finie d'ailleurs). Mais c'est surtout parce que l'intrigue se passait à la Nouvelle Orléans.

     

    J'aime bien la Nouvelle Orléans. Je ne sais pas pourquoi mais c'est un des endroits des Etats Unis qui me fascine le plus. C'est très probablement dû aux particularismes de la Louisiane, particularismes que Ray Celestin souligne bien dans le livre d'ailleurs. Cette culture unique  dans le pays héritage de différentes populations, Cajuns, Créoles, Haïtiens, esclaves, Français, Indiens et bien sûr Irlandais et Italiens. De la nourriture à l'architecture en passant par le folklore et les uperstitions locales, tout semble différent à la Louisiane. Et puis il y a le carnaval, un des plus célèbres au monde et ça c'est pas rien. 

    Dans l'absolu je raconte peut-être de la merde mais après avoir lu Un Grand Pas Vers le Bon Dieu de Vautrin, maté l'intégrale de Treme et lu quelques James Lee Burke (il place d'ailleurs un clin d'œil à l'écrivain en nommant un personnage Robicheau) c'est l'image que j'en ai.

    Et puis il ne faut pas oublier que c'est le berceau du jazz. Le jazz qui tient d'ailleurs ici une place relativement modeste même s'il reste évidemment très présent ne serait-ce qu'à travers le personnage de Lewis, le meilleur ami et acolyte de Ida Smith.

    Si le pitch de départ n'est par forcément des plus bandants, Carnaval a pour lui d'articuler son intrigue autour de 3 personnages principaux. C'est d'ailleurs sa grande force tant ces 3 antihéros ont une personnalité et un background bien développés.

    L'intrigue en elle-même n'est pas des plus complexe mais le fait de suivre trois personnes enquêter simultanément sur l'affaire en exploitant chacun une piste différente est à la fois intéressant et accentue la complexité de l'histoire dans le sens où on suit l'évolution de chacun de manière indépendante. Ca m'a d'ailleurs un peu embrouillé car je ne l'ai pas lu d'une traite. Enfin ça reste assez minime et on peut dire que c'est à la fois un défaut et une qualité à l'histoire. Au menu: tueur en série, mafia, ségrégation, vétérans de guerre, corruption, maisons de plaisirs, vaudou, et bien sûr du jazz... autant dire qu'on ne s'ennuie pas une seconde.

     

    Avec Carnaval, Ray Celestin n'a pas pondu une grande œuvre littéraire, mais il a quand même réussi à livrer un bon polar doublé d'une belle immersion dans la Nouvelle Orléans du début du siècle dernier. Au carrefour du polar et du roman historique, Carnaval est un roman qui s'il n'arrive jamais à se hisser au niveau d'un Ellroy (la faut à un laque de souffle épique), n'en demeure pas moins un agréable divertissement bien écrit, bien rythmé et très enrichissant d'un point de vue historique. Pour un premier roman, c'est plutôt pas mal.

     

    Bon livre.

     

    A noter : une petite curiosité:  Ray Celestin a écrit une "suite" dans laquelle on apprend que le fameux Lewis était en fait... Lisez les bouquins je ne vais pas gâcher le truc

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    Oui, que faire. Que faire... Que faire une fois que tu as terminé ton roman?

     Car oui je l'ai fini depuis quelques temps maintenant. Et la vérité, c'est que je ne sais pas où j'en suis. Parce que logiquement une fois que tu as fini ton "œuvre", concrètement qu'est-ce qui se passe? Oui j'ai fini mon livre, livre sur lequel j'ai bossé un bon bout de temps. Seulement voilà, après l'avoir relu, re-relu et encore plus, j'en viens à douter. Est-ce qu'il vaut le coup? Est-ce que l'histoire mérite d'être lue? Est-ce qu'il n'est pas trop chiant? Qu'est-ce que j'en sais au fond? Le doute m'assaillit de plus en plus. J'ai beau avoir pris le temps de me relire, histoire d'avoir un peu de recul, j'ai beau être relativement satisfait (voire fier) de certains passages, rien n'y fait. Je réalise par ailleurs que j'ai un incroyable manque de confiance en moi. C'est affolant.

    Parce que le truc qu'on le veuille ou non, pour écrire, et pour vouloir se faire éditer, c'est qu' il faut avoir un ego assez important  mine de rien. Se dire que son œuvre mérite qu'on s'y attarde, qu'on la considère avec intérêt et bien plus encore. Et surtout, qu'on la lise. Car c'est le cœur du sujet au fond. Ecrire c'est un peu se mettre à nu, parler de soi  à travers certains de ses personnages, raconter une histoire qui nous est chère, la  retranscrire avec nos mots et surtout une sensibilité qu'on ne nous connait pas forcément. Il y a un peu de tout ça, je pense. Honnêtement j'ai commencé à écrire non pas parce que je me disais que mon livre était attendu comme un manuscrit posthume de Proust  mais simplement parce que j'aime raconter des histoires. Enfin plutôt parce que j'ai des histoires qui vagabondent dans mon esprit et qu'il faut qu'elles en sortent d'une manière ou d'une autre. Il m'a fallu un peu de temps avant d'oser accepter que je voulais écrire, puis d'assumer de le dire à certains proches dans la mesure où l'écrivain possède toujours une aura peu particulière en France. J'ai bien entendu de la bouche d'un proche à l'époque que c'était peut-être une mauvaise idée dans la mesure où on ne s'improvise pas écrivain, mais c'est un peu le problème avec l'art en général: on ne devient crédible que lorsqu'on n'en a plus besoin. Quelque part mon ami avait bien raison de me faire cette remarque, en France environ 5% des manuscrits trouvent un éditeur (peut-être même moins).

     

    Par ailleurs je dois quand même avoir un certain ego dans la mesure où je me suis longuement dit avant de me lancer que j'avais lu certains trucs et que je pensais  pouvoir faire aussi bien sinon mieux. En gros que j'étais capable de produire quelque chose de correct. Néanmoins je ne me suis jamais lancé dans l'aventure pour espérer vivre bien de mes écrits. Dès le début j'ai appris que le tirage moyen d'un premier roman variait entre 500 et mille exemplaires.

     

    Seulement voilà, la réalité m'a rattrapé. J'ai mis mon amour et ma sueur dans quelque chose dont je suis intérieurement fier mais que j'ai paradoxalement du mal à assumer totalement. De plus aujourd'hui je me heurte à une réalité autrement plus cruelle. 

     

    Quand on se renseigne un minimum sur les maisons d'édition françaises, on se rend rapidement compte que le fantastique et la science-fiction sont un peu les parents pauvres de la littérature dite "classique". Pour faire simple, il y a pléthore d'éditeurs mais très peu éditent des romans fantastiques et de SF. Cela m'a fait penser à ma critique de ce film de merde. Il y a bien un dédain pour ce qui relève du fantastique. Mais là où c'est assez différent qu'ici, en plus d'être déconsidérée, la littérature fantastique et de SF est un "genre" globalement vu comme peu, voire pas du tout rentable, nettement moins que le polar qui reste déconsidéré mais très vendeur. Même si je ne considère pas vraiment mon roman comme de la SF, c'est plus ou moins ce qui s'en rapproche le plus. Pour faire bref, je suis un peu baisé.

    J'arrive donc au moment que j'appréhendais le plus, à savoir celui où on doit se vendre. Donc malgré mon double handicap (premier roman et à dominante SF/ fantastique), je me lance dans la guerre à la recherche d'un éditeur. Je prépare le listing, je soigne la présentation et surtout je m'arme de patience. Nul doute que la route sera longue. Si ça ne marche pas, on verra bien, je mettrai sans doute mon roman en ligne ou tenterai l'autoédition.

    Sinon la prochaine fois, j'écrirai un polar ça ira plus vite.

     

    On verra bien. 

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    Infiltrator, Narcos, Sicario, le prochain film sur Griselda, la série sur El Chapo... C'est dingue la branlette qu'il y a autour des narcotrafiquants d'Amérique Latine depuis quelques temps. Enfin bref

     

     

    Résumé:

     

    L'histoire vraie, ou presque, de Barry Seal, plus jeune pilote de la TWA devenu "agent" pour la CIA, puis narcotrafiquant et fidèle collaborateur du fameux cartel de Medellin. Enfin jusqu'à ce que tout parte en vrille.

     

     

     

     

     

     

    On pourra dire ce qu'on veut de Tom Cruise, c'est quand même un mec qui a bien mené sa barque et qui choisit plutôt bien ses projets en général. Franchement sa filmo a quand même de la gueule je trouve. Parce que bon il porte le film il faut bien l'avouer.

     

     


    Barry Seal (Tom Cruise) en pleine gestion de crise

     

     

     

    Pour changer je vais faire bref, parce que je l'ai vu il y a un moment et que sinon je publierai jamais cet article. Lundi je suis retombé par hasard sur le Loup de Wall Street. Je trouve ce film assez génial dans son traitement, vu le cynisme de Jordan Belfort et la complexité du personnage (un self made man avec un ego démesuré ayant paradoxalement bon cœur tout en étant la pire des crapules). Ce mec représente à lui seul toute une facette de l'Amérique, un mec richissime, ultra pourri qui s'est fait tout seul et a également offert sa chance à des gens pas nécessairement qualifiés.

    Ouais malgré la surenchère de cul, je trouve ce film très réussi. Pourquoi j'en parle? Tout simplement parce que même si j'ai aimé Barry Seals je trouve que c'est justement cette "honnêteté" qui pêche dans le film.

     

     

     


    Les têtes du cartel de Medellin en guise de comité d'accueil

     

     

     

    Outre le fait que Doug Liman n'est évidemment pas Scorsese (c'est plutôt un faiseur qu'un auteur capable du bon avec La Mémoire dans la Peau, comme du pire avec Mr et Mrs Smith), c'est plutôt le traitement qui me gène. Alors oui, Barry Seal est un mec complètement allumé, doté d'une vie hors norme tellement, victime de péripéties tellement énormes qu'elles justifient amplement le film et son parti pris loufoque. Parce qu'il faut voir le mec se faire poursuivre en avion par les autorités, se crasher en pleine zone résidentielle et s'enfuir avec le vélo d'un gamin.

     

     

    Mais voilà, le personnage devient tellement attachant qu'on en oublierait presque qu'il était membre du cartel de Medellin ou bien qu'il était probablement relativement proche de certains milieux du sud des Etats Unis (on voit juste un drapeau des Confédérés dans son aérodrome). En voyant le film on a presque l'impression que Barry Seal était juste un mec cool, un surdoué de l'aviation en manque d'adrénaline. De la même manière, et à l'image d'un Blow de sinistre mémoire le mec est déjà allumé à la base, mais ne vous attendez pas pour autant à le voir participer à des partouzes, ou des soirées repoudrage de nez. Non non, le mec est un bon mari (ce dont je ne doute pas), tout ce qu'il y a de plus sage et fidèle (ce dont je doute déjà un peu plus). Bref, ça manque un peu d'honnêteté. Je trouve ça dommage car sans le présenter comme un fils de pute de compète, le personnage aurait gagné en humanité à travers ses faiblesses, ce qui ne l'aurait pas rendu moins attachant.  Dommage.

     

     

     Barry et son épouse Lucy (Sarah Wright), la femme de sa vie

     

     

     

    Enfin malgré tout Barry Seal reste un bon film, avec une histoire et des situations tellement aberrantes qu'on se dit qu'elles ne peuvent être que réelles tant c'est énorme. En plus même si Tom Cruise vampirise le film, le reste du casting est très bon.

     

    Bref, une fois de plus Tom Cruise a fait le taff. Barry Seal est loin d'être son meileur film mais il n'en reste pas moins un très bon divertissement. C'est déjà pas si mal. 

     

    Allez next

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     J'étais tombé dessus par hasard en trainant à la FNAC (oui c'est un passe temps comme un autre). Du coup, comme il m'intriguait, je l'ai acheté quelques temps après sans trop à quoi  m'attendre.

     

     

     

    Résumé de l'éditeur:

     

     

    Pour Henry Perowne - neurochirurgien réputé, mari heureux, père comblé d'un musicien de blues et d'une poétesse - ce devrait être un samedi comme les autres.
    Pas question d'aller défiler contre la guerre en Irak. Plutôt goûter les plaisirs de la vie. Et pourtant... Un banal accrochage et voilà la violence qui surgit dans son existence protégée. Henry aura beau tenter de reprendre le fil de sa journée, ses vieux démons et le chaos du monde le rattraperont sans cesse durant ces vingt-quatre heures, au terme desquelles plus rien ne sera jamais comme avant.

     

     

     

     

    Comme j'ai déjà dit je suis assez sensible aux couvertures, mais je le suis aussi aux titres mystérieux. Avec son résumé, j'imaginais un truc à la After Hour mais en fait non.

     

    Je ne connaissais pas du tout Ian Mc Ewan, mais alors même pas de nom. C'est pourtant un écrivain réputé outre Manche, en particulier pour son roman Expiation qui a été adapté au cinéma sous le titre Reviens-Moi (Atonement en vo), avec James McAvoy et Keira Knightley et réalisé par Joe Wright(qui avait réalisé une adaptation d'Orgueil et Préjugés déjà avec Keira Knightley). Evidemment j'ai lu tout ça sur wiki vu que je ne connais ni le film, ni le livre et encore moins l'auteur à la base. Il parait qu'Expiation est très bien vu que McEwan a raflé le très prestigieux Booker Prize pour ce roman.

     

     

     

     

    Ian McEwan

     

     

     

    En découvrant la première page, la première chose qui m'est venue à l'esprit est: qu'est-ce qu'il écrit bien. Malgré le fait que j'ai lu la traduction française, j'ai été assez impressionné par cette maîtrise formelle. C'est sacrément bien écrit. Je trouve compliqué d'écrire au présent et pourtant son écriture est à la fois fluide, simple et sophistiquée. Je trouve ça assez fort.

    En découvrant les autres pages par contre la seconde chose qui m'est venue à l'esprit est: qu'est-ce que chiant. Passé la contemplation du mec qui aperçoit une "étoile filante" à sa fenêtre, on suit bêtement la journée du héros du style aller au squash, aller prendre sa douche, aller au marché... le tout ponctué de flashback (intéressants ceci dit) et d'interminables réflexions sur le bien fondé d'une invasion de l'Irak par les "alliés".Zzzz... En gros il se passe rien. Enfin j'exagère un peu, il y a bien une rencontre assez tendue avec un personnage clé dont on sait déjà qu'on le reverra plus tard. En attendant qu'il revienne par contre je me suis fait bien chier. Honnêtement ça faisait longtemps que ça ne m'était pas arrivé mais j'ai eu envie de lâcher le bouquin à certains moments. Pourtant avec le recul, je me dis qu'il se passe bien des choses durant ce fameux samedi. Néanmoins sa journée est tellement banale que même ma vie est plus palpitante que son sacré samedi.

     

    En fait c'est surtout vrai jusqu'à une certaine heure de la journée où celle-ci se met enfin à basculer. Et là le roman prend enfin le tournant que j'attendais. Bon je ne peux pas trop en dire sous peine de révéler une partie importante de l'histoire mais personnellement cette partie rehausse nettement l'intérêt du bouquin. Malgré tout j'ai été un peu déçu par Samedi. je sais pas, j'attendais peut-être autre chose, d'autant plus que les notes de Babelio m'avaient motivé à le lire en priorité. Toujours est-il que Samedi reste un bon roman, une histoire simple très bien écrite sur un homme ordinaire qui voit sa vie et ses convictions remis en question suite à un banal incident.

     

     

    Pour résumer, Samedi est un beau roman, une histoire simple, mais auquel je n'ai pas accroché plus que ça. Malgré les critiques dithyrambiques d'Expiation, son chef d'œuvre, j'attendrai un moment avant de le lire.

     

    Allez next. 

     

     

     

     

     

     

     

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    Résumé Wikipédia:

     

    En juillet 1967, d'importantes émeutes ont lieu à Détroit dans le Michigan, pour protester contre la Ségrégation raciale aux États-Unis et la guerre du Viêt Nam. La police de Détroit reçoit des plaintes à propos de pillages, d'incendies et de tirs d'armes à feu. Les forces de l’ordre encerclent l’Algiers Motel d’où semblent provenir des détonations. Dans ce chaos, Melvin Dismukes, un agent de sécurité privé afro-américain, tente de survivre tout en protégeant ses semblables.

     

     

     

     

     

    Comme tout bon fan de rap américain des 90's, je connaissais un peu les Dramatics du fait qu'ils aient été pas mal samplés. Après je suis loin de connaître leur discographie, aussi je les confonds souvent avec les Stylitics qui ont également été beaucoup samplés (même si le chanteur des Stylistics a un voix bien plus aigüe). Enfin dans tous les cas, je ne savais même pas que le fait divers dont est tiré le film avait impliqué des membres du groupe.

     

     

     

    Ouais, c'est eux.

     

     

     

     

    Pour en revenir à Kathryn Bigelow, il faut rappeler que c'est un peu une légende à Hollywood. C'est plus ou moins la seule femme réalisatrice à faire des films de mecs. Et contrairement à ce qu'on pourrait imaginer pour faire dans le cliché, la meuf n'est ni une goudou, ni une camionneuse mais une très jolie femme avec un physique de mannequin. Bon on va pas refaire son histoire mais pour les gens de ma génération, c'est un peu un réal à part car elle s'est surtout fait connaître du grand public avec le culte Point Break, même si sa filmo est ponctuée d'autres films comme le très bon Strange Days. Bon elle est aussi connue pour avoir été avec James Cameron ou encore pour avoir perdu un procès fleuve avec Besson au sujet du projet Jeanne D'Arc (on peut vraiment regretter qu'elle l'ait perdu quand on voit le film qu'il en a tiré). On pourra dire ce qu'on veut d'elle, elle a encore une fois montré qu'elle en avait plus que beaucoup en s'attaquant de manière frontale à un sordide faite divers sur fond d'émeutes raciales. Parce qu'il faut avouer que le film met un seum incroyable. Et le fait qu'il s'agisse d'une femme blanche qui réalise le film apporte un regard encore différent à cette oeuvre sans concession. Parce que bon faut pas mentir c'est un film résolument engagé dans le contexte actuel qui plane aux Etats-Unis: l'ultra réac Trump à la maison blanche, bavures policières en séries, tensions raciales exacerbées. Elles sont déjà loin les années Obama. Traiter d'un tel fait divers nous renvoie donc à la situation actuelle d'un pays en pleine remise en question.

     

     

     

    There's a war going on outside

     

     

    On se doute bien qu'avec un tel sujet le film risque d'être diversement accueilli (surtout aux Etats Unis je pense). Néanmoins même si on regarde le film uniquement pour ce qu'il est (un film), force est de constater que Kathryn Bigelow n'a pas perdu la main: ultra nerveux, archi maitrisé, avec une excellente direction d'acteur, Durant une bonne partie du métrage, le film ressemblerait presque à un survival.

     

     

     

    Melvin Dismukes (John Boyega), un vigile qui ne sait pas encore dans quelle merde il s'est foutu

     

     

    Les acteurs parlons-en tiens. Comme j'ai dit la distribution est top:  John Boyega (d'origine nigériane, c'est toujours bon de le rappeler ^^ ), révélé grâce à star Wars est excellent dans le rôle Melvin Dismukes le médiateur de service impliqué presque malgré lui dans un conflit trop grand pour ses épaules. Quant à Will Poulter, le grand dadais à la tête d'hémiplégique des Millers et du Monde de Narnia, il est tout aussi excellent dans un rôle à contre emploi, en l'occurrence celui tout en nuance d'un policier raciste totalement convaincu du bien fondé de ses (ex)actions.

     

     

     

    Philip Krass (Willy Poulter), qui cherche à ramener la paix à Detroit par n'importe quel moyen

     

     

     

    Parmi les autres têtes (un peu moins) connues, on notera la présence d'Anthony Mackie, qu'on a pu voir dans les Captain America/Avengers ou encore She Hates Me dans le rôle d'un vétéran dur de chez dur, Hannah Murray qui s'est illustrée dans Skins mais que perso j'ai découvert en tant que Gilly de Games of Thrones (la "fiancée" de Samwell Tarly qu'il se trimballe partout avec leur bébé) qui est également parfaite dans le principal rôle féminin du film, l'autre Nigerian du film Gbenga Akinnagbe connu des fans de The Wire en tant que Chris Paltrow (le bras droit de Marlowe Stansfield) et qui a pris un sacré coup de vieux, Chris Coy (le reporter de la géniale série Treme et qu'on voit trop peu d'ailleurs), ou encore TylerJames Williams, le Chris de Everybody Hate Chris, que je n'ai personnellement même pas reconnu. Paradoxalement le rôle principal, à savoir celui de Larry Reed, est interprété par le jeune Algee Smith, un mec inconnu au bataillon. Pas grave, il est parfait dans le rôle du malheureux chanteur des Dramatics.

     

     

     

    Larry (Algee Smith) et sa "copine" Julie Ann (Hannah Murray), le calme avant la tempête

     

     

     

    Je vais m'arrêter là parce que j'en ai marre de faire des textes à rallonge mais je vais simplement souligner qu'il s'agit là de la troisième collaboration après Démineurs et Zero DarkThirty, ce qui correspond d'ailleurs à une évolution formelle du style de Bigelow, s'éloignant de l'actioner pur et dur pour le film nerveux qui n'oublie pas de questionner sur l'actualité (l'armée et la guerre d'Irak pour Démineurs, le terrorisme pour Zero Dark Thirty, ou les questions raciales dans le cas présent). Bah tout ce que j'ai à dire c'est qu'elle a bien choisi son collaborateur tat je trouve que les scénario se marient bien à son style. Pourvu que ça dure.

     

    Bref, j'attendais (un peu, j'attends plus grand chose en fait) Detroit, et honnêtement le film a été à la hauteur de mes attentes. Avec ce film, Kathryn Bigelow montre non seulement qu'elle figure toujours parmi les meilleurs réals d'Hollywood actuels (la mise en scène est top), mais elle démontre aussi  son aptitude à traiter de manière frontale des sujets casse-gueule, et ce avec succès. On le verra aux oscars je pense.

     

     

    Bête de film 

     

     

     

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