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    "Je n'aime pas les films français, sauf les comédies.", "les Français sont bons dans les comédies."

    Combien de fois j'ai entendu ça bordel... Personnellement je ne vais jamais au ciné voir de film français et peut-être encore moins pour une comédie. Je ne comprends pas les gens avec ça. Mais putain elles sont nulles les comédies françaises, toujours les mêmes gags pourris et les mêmes ressorts scénaristiques bidons. Enfin le reste du ciné français n'est pas mieux. Pourtant à la base j'aime bien les films français, les vieux films. Par focément hyper vieux mais, disons de Marcel Carné jusqu'au début des années 80. Les classiques de notre cher patrimoine, les Melville, les Sautet, les Miller, les Malle, les Chabrol... En fait non j'ai pas vu de Chabrol (je devrais y remédier), quelques Truffaut, quelques Godard etc. Tout ça. Pourtant les mecs de ma génération qui ont surtout grandi avec les années 80, Spielberg, Cameron, Lucas etc ne se sont jamais retrouvés dans le ciné français de l'époque. Et tout le monde partageait un cet avis comme quoi le ciné français était un peu snob et coincé du derche, avec le cliché du film d'auteur façon Jean eustache ou Rohmer (d'ailleurs pour Rohmer c'était devenu un gag à l'époque où j'étais en formation. Avec des potes on matait sa filmo sur le Net et on tombe sur un film appelé Charlotte et son Steak. On n'en pouvait tellement plus que c'était devenu un running gag).
    Bref dans les années 90, hormis les comédies dont le succès était toujours là, tout le monde en avait sa calque du ciné français. Heureusement (ou pas) quelques coup d'éclat tels que Christophe Ganz et son Crying Freeman (calqué sur le manga au plan prêt) et Dobermann de Jan Kounen au laissé apparaître quelques lueurs d'espoir. Du coup quelques producteurs ambitieux se sont dits qu'il y avait une demande et ont fait confiance à de jeunes réalisateurs "prometteurs" biberonnés à Indiana Jones, et Star Wars ainsi qu'à Mad Movies, Starfix, Metal Hurlant et compagnie afin d'apporter un peu de sang neuf à un cinéma moribond. Ainsi sommes-nous rentrés dans l'ère du film de genre à la française dont le producteur Eric Névé est l'un des personnages clé.

    Voici en bref les films les plus emblématiques de la grande époque du film de genre à la française:

     

     

     

     

     

     

    Enorme succès en salle, ce joli étron filmique horriblement chiant (ca c'est de la figure de style) a néanmoins permis à Eric Névé de se convaincre du potentiel commercial du "film de genre à la française" au point de lancer peu après sa fameuse collection Bee Movie (4 films de genre à petit budget comprenant entre autres Bloody Mallory et Malefique et dont il doit être assez peu fier vu qu'il est difficile de trouver des infos dessus sur le Net).

     

     

     

    Bloody Mallory

     

     

    Attention: gros classique! Ce film qui rivaliserait presque de connerie avec les animes les plus mongols que j'ai pu voir, est une authentique illustration de l'engouement de cerrtains prodos pour le genre à l'époque. J'ai rarement vu un truc aussi débilo-crétino-neuneu que ça. Putain mais en voyant le truc t'es obligé de te dire que le mec est fou tant il brasse tout ce qu'il peu (Dracula certes mais aussi Buffy Contre les Vampires, X-Or, Bioman, Inspecteur Gadget, Jean Rollin et tout un tas de trucs que j'ai plus en tête). Aux dernières nouvelles Julien Magnat a bossé sur la version animée d'Iron Man. Comme quoi...

     

     

     

     

     

    Sisi c'est vraiment sorti au ciné! Le mec s'est permis de ces trucs. Je pense clairement qu'il devrait y avoir une date dans l'histoire du film français tant personne ne s'est permis d'aller aussi dans la connerie en France, pas même Max Pécas ou les Charlot. Bon à la limite Michel Pallardy mais là on est dans une dimension nanar international. Le film a été un échec complet mais je suppose que ça n'étonnera personne.

     

     

     

    Brocéliande

     

     

     

    Un peu moins pire, il se situe à peu près au croisement entre Bloody Mallory et Promenons-Nous dans les Bois. A la fois chiant et WTF il se situe un peu au dessus des deux précités mais n'en reste pas moins catastrophique. Enfin je me souviens m'être tapé quelques bonnes barres, notamment avec quelques plans foireux digne de Fantomette, une enquête sans queue ni tête digne du Club des 5, de Souris Noire ou de Scoubidoo, d'une bagarre entre deux meufs à base de torgnoles à la Bud Spencer, et d'un final ultra débilos où on voit un boloss plonger à poil dans un chaudron magique et se transformer en Predator géant (...). A noter les deux auteurs de ce projet sont Doug Headline, le fils de l'écrivain Jean Patrick Manchette, et Benoît Lestang qui s'est suicidé quelques années plus tard après avoir réalisé un court parait-il assez réussi, ce qui n'est évidemment pas drôle.

     

     

    Requiem / Les Rivière Pourpres 2 : Apocalypse

     

     

    Le premier est le dernier film de la série des Bee Movie (je crois), le second est un pur produit bessonien. Les deux sont d'une débilité évidente même si Les Rivières Pourpres 2 est loin devant avec ses moines yamakazi qui sautent partout traquent des neuneus au Franprix du coin dans une scène tellement épique qu'on devrait la montrer dans les écoles de ciné. Je sais pas comment les mecs ont fait pour rester sérieux tellement c'est nanardesque. Requiem est un peu moins catastrophique mais tout de même bien con avec ses moines qui tentent des gunfights à la John Woo et un insupportable perso qui joue les Kayzer Soze à la fin du film.

     

     

    Vidocq

     

     

    Réalisé par le très nul Pitof (qui récidivera avec un Catwoman de sinistre mémoire), Vidocq suit le personnage historique au cours d'une de ses enquêtes. Depardieu fait de la boxe thaï et se bat contre un vilain croisement entre le méchant de Scream et Belphégor dans une histoire sans queue ni tête. A voir cependant pour les low kick mémorables de Jean Claude Vandepardieu dignes de Buakaw ou de Ramon Dekkers.

     

     

     

     Frontière

     

     

     

    Voilà comment ça se passe parfois en France: un mec "talentueux" biberonné au fameux cinéma des 80 à qui on laisse les coudées franches. En résulte un film de fanboy brassant dans tout ce qu'il peut: Dernière Maison sur la Gauche Massacre à la Tronçonneuse etc. Le résultat se voudrait à la hauteur de The Devil's Reject mais ressemble plus à... Bah il ressemble à rien en fait. Néanmoins le film bien débilos à souhait reste relativement jouissif dans sa connerie à peu près assumée. C'est déjà pas si mal.
    Tiens, je viens de voir que le film est estampillé LGBT sur Wikipédia. J'avais pas trop ce souvenir. De toute façon je me souviens plus de grand chose à part que le FN a gagné les élections qu'il y a des émeutes, que des banlieusards se barrent chez les Chtis et qu'il y a un Arabe tellement fragile que même son pote, un soit-disant Babtou solide de cité, a engrossé sa sœur normal (ha ha!).

     

     

    Atomik circus: le Retour de James Bataille 

     

     

    Un cran au dessus des films précités, ce qui est normal quand on sait que les frères Poiraud se sont illustrés à travers des pubs marquantes (comme celle de Hollywood chewing-gum avec la statue de la liberté géante il me semble), et de nombreux clips notamment pour les Rolling Stones je crois. Pour autant leur "film" qui se veut résolument rockn roll et autre ressemble plus à un vieux trip foireux ponctué de passages beaufs qu'à un véritable OVNI filmique digne de ce nom. Perso je l'ai trouvé tellement lourdingue que je n'ai pas pu le mater en entier. Dommage...

     

     

     

     

     

    Saint Ange

     

     

    A la base j'aurais pas parlé de ce film situé encore un cran au dessus, mais tout de même horriblement chiant, si les Espingouins n'avaient pas réussi le tour de force de faire le même film quelques années plus tard en 100 fois plus réussi (le très sympathique L'Orphelinat de Juan Antonio Bayona). Pascal Laugier récidivera avec Martyr que j'ai personnellement trouvé aussi mauvais (et un peu ridicule) mais remontera un peu la pente avec Secrets, un film américain avec Jessica Biel. J'ai bien dit "un peu".

     

     

     

     

     

    La liste des tentatives est encore longue (Chrysalide, Jeux d'Enfants, Maléfice, Nids de Guêpes, Sheitan, Exit, Mutants, Vertige, Haute Tension, Ils, Un Jeu d'Enfants, Banlieue 13... J'ai dû voir 90% de ces films au ciné à l'époque où je donnais sa chance au produit).

    Evidemment, vues les audiences catastrophiques de la plupart des films  dont j'ai parlé, les producteurs ont dû revoir les budgets à la baisse. Ceci étant est-ce qu'on peut leur en vouloir? Après avoir cru à une mouvance de réals passionnés par le ciné de genre comme on dit et ne venant pas du sérail, la déconfiture a été à la hauteur des attentes. Parce que voilà c'est ça le problème. On a souvent tendance à dire que l'échec artistique d'un film est en partie dû aux méchants producteurs qui ont bridé l'intégrité du réal soit par leur ingérence. Ca s'est d'ailleurs souvent vérifié, aux Etats Unis en tout cas. Pour autant en France c'est triste à dire mais si 80% des films  sont nuls c'est à cause de leurs réals. Les mecs ont beau être des passionnés, parfois très érudits dans leur genre, ils n'ont pas su concrétiser les espoirs que les prodos et le public avait mis en eux.  Souvent également scénaristes, ces "jeunes auteurs" ont profité de cette opportunité pour au final réaliser leur petit fantasme de geek. c'est un peu triste à dire mais c'est ça. Comment tu peux imaginer que les mecs ont eu l'opportunité de faire un premier film (souvent) avec une carte blanche et n'ont rien eu de mieux à foutre que de refaire Massacre à la Tronçonneuse vs Chow Yun Fat vs La Nuit des Morts Vivants? C'est triste. Au final les mecs ressemblent aux réals français snobs qu'ils pouvaient pour certains exécrer, ils se sont complus dans leur posture d'artiste enfermé dans sa tour d'ivoire. Peut-être aussi que malgré tout leur amour pour le cinéma de genre ils n'avait en fait pas vraiment de talent ni de chose à proposer. Je pense par exemple à Yannick Dahan et son très nul La Horde qui ressemble encore davantage à un fantasme d'ado qu'à un vrai film mature digne de ce nom.

    Bon bien sûr il y a eu quelques exceptions avec quelques films relativement acceptables (du médiocre au moyen en général) mais avec des réals/scénaristes investis qui n'ont pas à rougir de leurs métrages malgré les imperfections (Chrysalide ou Mutants par exemple). Mais ces films sont arrivés trop tard ou n'étaient pas suffisamment bons pour changer la donne.

    Sans exagérer je pense que s'il n'y a plus de cinéma de genre en France c'est parce que certains n'ont pas su donner au public ce qu'il attendait au moment où ils en ont eu l'opportunité. Et tous ces mecs qui se croyaient un peu en marge du système et rêvaient d'apporter autre chose ont finalement agi comme des enfants gâtés avec un nouveau jouet (je me souviens par exmple d'une interview de Jean Marc Vincent dans Mad Movies à la sortie de Ladyblood où il disait texto "qu'il fallait relativiser, que ce n'était qu'un film, et que si certains misaient de l'argent lui n'en était qu'à ses débuts"). D'ailleurs la suite de leurs carrières parle d'elle même.

    J'espère au moins que pour la plupart ils se sont amusés à faire leurs films. Quand tu vois que de l'autre côté des Ardennes, de la Manche, des Alpes où des Pyrénées ils sont jamais tombés aussi as que chez nous je me dis qu'on a peut-être que ce qu'on mérite.

     

     

     

    Ah oui! Pour les curieux une partie des films, dont Bloody Mallory, est visible sur le Tube. Je vais me le refaire tiens.

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    L'autre jour alors qu'on allait chercher un truc à manger à midi, un collègue me faisait remarquer:

    "Tu trouves pas qu'il y a de plus en plus de gens dans le besoin à Paris?"

    En effet, depuis qu'il m'a dit ça je me suis rendu compte qu'il avait raison. Et depuis je vois des pauvres partout. C'est fou ça!

     

    Des pauvres, des pauvres, encore des pauvres. Des pauvres partout. Ca en devient flippant. Avant on me sollicitait environ une fois ou deux par jour en moyenne. Aujourd'hui ça peut aller jusqu'à 5 ou 6 fois en comptant les gens qui mendient dans le métro.

    D'ailleurs là quand je parle des pauvres je parle même pas des gens en galère à la fin du mois hein. Je parle des vrais pauvres, des gens qui mendient et/ou sont à la rue. Aujourd'hui y a plus rien d'étonnant à voir des gens dormir à même le trottoir comme des ivrognes en train de cuver, sauf qu'ils ne cuvent pas (ou pas seulement), ils dorment. Pas contre le mur non, au beau milieu du trottoir. J'en ai encore vu hier à Opéra avec tous les touristes qui s'écartaient pour passer. Ca devait bien les faire flipper.

    Pour en revenir à ceux qui mendient: tu prends la ligne 3 du métro c'est devenu une cata. Avant j'avais l'habitude de me taper la moitié de la ligne, de St- Lazare jusqu'au terminus (traduction pour les non Parisiens: du centre de Paris jusqu'à la banlieue est, banlieue de pauvres, mais pas pauvres pauvres enfin on se comprend, ou pas). Bah ça y avait minimum un mec ou une meuf qui faisait la manche pendant le trajet, et je dis bien MINIMUM. Des fois ça donnait presque lieu à des situations cocasses (je pense que c'est le bon mot) où tu te poses limite des questions. Tiens, une fois par exemple une meuf était assise à côté de moi. La meuf du style ultra maniaque, limite TOC, sort son petit gel hydroalcoolique et se tartine les mains pendant 5mn facile alors que le train commence à devenir bondé. A ce moment y a une femme qui entre pour faire la manche et pendant qu'elle passe l'effleure. J'ai cru que ma voisine allait péter un câble. Elle ressort sa solution pour se barbouiller pendant une pige, et là c'est le gag. Alors que la mendiante sort au bout du wagon y a un gros mendiant du style Shrek qui entre à l'autre bout et commence à traverser le wagon en poussant tout le monde évidemment. J'ai cru que ma voisine allait faire une attaque cardiaque. Elle est sortie à la station suivante , traumatisée à vie par le métro je crois...

     

    Une autre fois (y a quelques mois), j'ai été témoin d'une scène assez surréaliste. Un jeune qu'on a l'habitude de voir mendier sur ma ligne monte dans le métro en même temps que moi et commence à mendier en faisant son discours habituel (comme dans l'épisode de Bref où il était dans le métro). Sauf qu'à la station d'après, y a un autre jeune habitué qui entre dans le même wagon. Et là les mecs commencent à taper la discute du style "tu vas bien? T'as dormi où cette nuit? Ouais le parking c'est la merde, il est fermé maintenant." Puis ils se checkent et le premier descend et le second commence son speech comme si de rien n'était. Franchement c'est assez difficile à expliquer mais j'ai failli rigoler sur le moment.  

     

    Après faut pas croire que tout le monde est solidaire et tout. C'est pas les Bisounours. Et c'est là que j'ai appris que même la mendicité était un milieu concurrentiel. A la gare St Lazare (toujours la même), il y a une petite bonne femme de cinquante balais qui est connue est usagers. Elle est là presque tous les soirs et interpelle les gens les uns après les autres en leur demandant une petite pièce. y a aussi un grand Asiat qui fait la même chose au même endroit mais jamais à la même heure, comme s'ils se partageaient les tranches horaires. J'en viens à me demander si c'est pas son mari. Bref, tout allait bien dans le meilleur des mondes sauf que depuis peu des Roms ont également envahi les lieux. Depuis la vieille ne décolère pas: elle leur tape des scandales, leur dit de dégager, les menace d'appeler les flics, criant à qui veut l'entendre que c'est immoral de pratiquer la mendicité avec un bébé dans les bras. A priori j'ai l'impression qu'elle a obtenu gain de cause vu que je ne vois trop  de rom dans l'enceinte de la gare.

    Ce qui est assez affolant, et qu'on voyait pas avant c'est une nouvelle mendicité, pratiquée par des gens à l'apparence somme toute ordinaire. Des jeunes, des moins jeunes, des Blancs, des Noirs, des hommes des femmes... Des gens qui sont assez éloignés de l'image qu'on peut se faire de quelqu'un assez en galère pour mendier.

    Des gens normaux ou presque.

     

    Et c'est là que tu te rends compte que la crise en France c'est bien vrai.

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    Derrière ce titre ronflant (apparemment trouvé par un marketing fan de Ellroy) se cache probablement un des meilleurs thrillers de l'année.

     

     

     

     

     

    Résumé Allociné:

     

     Le Caire, janvier 2011, quelques jours avant le début de la révolution. Une jeune chanteuse est assassinée dans une chambre d’un des grands hôtels de la ville. Noureddine, inspecteur revêche chargé de l’enquête, réalise au fil de ses investigations que les coupables pourraient bien être liés à la garde rapprochée du président Moubarak

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Bon pour la petite histoire quand je l'ai vu j'étais tellement claqué que je me suis assoupi 10mn. Ca m'a tellement fait chier que je suis retourné le voir avec la femme. Le problème c'est que j'étais encore plus naze, du coup j'ai pioncé 1h (ha ha!) 

     

    Bon ça n'enlève rien au fait que j'ai capté le film et que j'ai bien kiffé le tout mais fait toujours un peu chier. Pour en revenir au film donc, je crois que c'est le premier film égyptien que je vois. J'ai déjà pas vu énormément de films du Moyen-Orient, sans caricaturer tous ceux que j'ai vus sont ou bien des comédies romantiques ou bien des drames sociaux. Bref j'y connais pas grand chose mais un thriller égyptien est suffisamment peu courant pour que ça m'intéresse.

     

    En fait dire qu'il s'agit d'un film egyptien est un peu faux. Si le réal Tarik Salem est bien d'origine egyptienne, il a grandi en Suède. Le film est d'ailleurs "plurinational". Ceci explique peut-être le fait qu'il ait donner une place si importante à la communauté soudanaise à travers les personnages de Salwa et de Clinton le chef du quartier. Cela explique sans doute aussi la liberté de ton dont jouit le film. En effet s'il y a bien quelque chose de fort c'est le traitement du film sur son sjuet central, à savoir la corruption.

     

     

    Salwa (Mari Malek), une réfugiée devenue un témoin génant

     

     

     

    D'entrée de jeu, on plonge dans la vie de ce colonel qui passe son temps à récolter les pots de vins de manière totalement anodine, une manière d'introduire la corruption généralisée et "institutionalisée" qui gangrène le pays. Car si Nourredine n'est pas un héros, loin de là, il n'est pas non plus un monstre. Juste un policier comme les autres qui jouit de ses prérogatives d'officier (parachuté). Pourtant même lui se retrouve dépassé par le degré de corruption

     

     

    Un petit déj au milieu d'une scène de crime, histoire de progresser dans l'enquête

     

     

     

     

     

    Partant d'une histoire relativement banale (une femme de ménage est témoin d'un meurtre impliquant un homme très haut placé) et inspiré du véritable meurtre de la chanteuse Suzanne Talim (ne me remerciez pas, je viens de l'apprendre sur Wikipédia), Tarek arrive à sortir un film captivant sans pour autant bénéficier d'une intrigue tortueuse. L'histoire est simple, efficace et réserve son lot de surprises. L'intérêt est plutôt de montrer les ramifications de la corruption D'ailleurs le film joue aussi avec les codes du film noir de manière assez habile. Ici le flic est davantage aigri que désabusé, la femme fatale est remplacée par une très jolie prostituée qui n'est ni manipulatrice ni une faible femme mais simplement une femme tristement pragmatique. Le Caire Confidentiel fait aussi la part belle à la ville. Tout le monde ne le sait pas mais Le Caire est la plus première ville du continent africain par sa population. Dans le film elle est à la fois magnifiée et montrée comme un véritable cloaque engloutissant tous ses habitants. C'est d'ailleurs très fort car le film a été tourné au Maroc car l'Egypte n'a pas autorisé le tournage. Tu m'étonnes...

     

     

    Gina (Hania Amar), une "chanteuse" qui en sait plus qu'elle veut le faire croire

     

     

     

    Il y a quelque chose d'assez fort et curieux dans le film comme dans sa production où le caractère multiculturel est mis en avant. Les acteurs comme les personnages qu'ils interprètent sont issus d'horizons assez variés, et ils sont tous excellents. Fares Fares (qui est d'origine libanaise et a grandi en Suède et qu'on a pu voir dans Zero Dark Thirty) est parfait dans ce rôle de flic presque naïf qui devient obsédé par le meurtre.de cette chanteuse. La jolie Mari Malek est également très bonne en réfugiée aux abois, un rôle à sa mesure vu qu'elle était apparemment elle-même réfugiée avant de devenir top model. Le destin quoi... La non moins jolie Hania Amar (une Franco Algérienne qui a joué entre autres dans... Mohamed Dubois!) apporte ce qu'il faut de sensualité au film. C'est également l'occasion de revoir la fameuse trogne de Slimane Dazi qu'on a pu voir entre autres dans Un Prophète et pleins d'autres films français.

     

     

     

     

    Nourredine (Fares Fares), un policier un plus zélé que la moyenne

     

     

     

     

     

    Le Caire Confidentiel est plus qu'un simple polar. C'est un film porte un regard sur l'Egypte, sur ses habitants, sur la corruption ordinaire et sur les abus et les dérives de l'ancien régime de Mubarak. Et sa fin résonne comme une métaphore sur la fin d'un système, et l'espoir du changement. 

     

    Bref, dans le fond comme dans la forme ce film est une réussite. Pour une fois l'affiche dit vrai: Le Caire Confidentiel est assurément un des polars de l'années. A l'aise. 

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    Résumé Amazon

     

     

    Vaste chronique de la vie à Cuba, Trilogie sale de La Havane est un journal égoïste qui emporte le lecteur dans un tourbillon romanesque délirant. Malgré les fulgurances de la danse et du rhum, La Havane est une ville assombrie par la pénurie et le désespoir. Le narrateur déchu y vit dans la crasse et le sperme. Pas de philosophie ici, aucun manichéisme. Juste un homme, centré sur son sexe, ses maîtresses et ses angoisses.
    À la manière d'un Henry Miller, Gutiérrez sait, dans une langue vive et savoureuse, restituer le caractère essentiellement poétique, extrême, suicidaire mais constructeur de la vie sexuelle. Un roman au rythme de salsa !

     

     

     

    Waouh ce livre!

     

    A la base je crois que je cherchais un livre de Bukowski vu que j'ai jamais lu et en dérivant dans le rayon latino, je suis tombé dessus. Moi qui cherchais un truc un peu glauque barré j'ai été servi.

     

     

    Je pensais être un bon pervers vu les quelques dossiers que je me traine mais à côté d'un mec comme Pedro Juan Guitterez, je me rends compte que j'ai de la marge. Je joue en nationale et lui en ligue des champions bordel.

     

    Au menu donc, des pauvres, des nègres, des claudos, des chaudasses, des queutards, des putes, des vieilles, des vieux, du rhum, de la beuh, de la santeria, des putes, des mecs avec des bites de 30cm, des escrocs, des tafioles, des voyous, des violeurs, des réfugiés en Floride, des touristes, des putes, des putes, des criminels, des esprits et encore des putes. Rien que ça.

     

    Il faut dire que Pedro Juan ne nous épargne pas grand chose des bas-fonds de la Havane, lui ancien journaliste déchu, qui a appris à s'adapter à sa nouvelle condition de crève-la-faim. Il nous livre un portrait sans fard de la Havane, loin de l'image de carte postale et des sourires des locaux. 

     C'est bien simple, tout le monde en prend pour son grade, lui compris. En effet, il est loin de s'épargner et se décrit lui-même plus ou moins comme le parfait enculé de base, un mec qui ne pense qu'à lui et qui n'attend rien de personne.

     

     

     

     

    A travers les quelques 430 pages du "roman", Pedro Juan dresse un constat peu reluisant, voire même plutôt édifiant, du Cuba des années 90. Derrière le paysage de carte postale de la Havane, se cache toute une population en proie à une misère généralisée et à la famine, et le pays tout entier s'apparente ainsi à une jungle où comme il aime à la rappeler seuls les plus forts sont voués à survivre. Le système D devient la règle première et chacun se débrouille pour vendre ce qu'il peut pour vivre: sa force, ses compétences, de la drogue, des produits du marché noir, son corps... C'est d'ailleurs assez étonnant de suivre certains personnages ayant un travail plutôt respectable, comme cette infirmière ou cette travailleuse sociale, et de réaliser qu'ils gagnent parfois autant que les gens qu'ils sont censés aider. C'est là l'une des nombreuses aberrations qu'on peut noter dans ce Cuba où tout semble marcher de travers.

    Il y a aussi le racisme, un racisme primaire et ancré dans les mentalités où la couleur de peau prime sur tout le reste. Un peu comme dans tous les pays d'Amérique latine quoi. Néanmoins j'ai eu l'impression en lisant le bouquin que malgré tout les gens se mélangeaient de manière beaucoup plus naturelle que prévue en dépit des disparités.

    Fidèle à la crudité annoncée, aucun détail scabreux n'est oublié, du coup on plonge comme en immersion dans la misère ordinaire du narrateur entre les rats les cafards, les clodos et les femmes de mauvaise vie, leurs mésaventures et leurs drames parfois très glauques.

     

    Pourtant toute cette horreur serait peut-être difficilement supportable sans le cynisme et l'humour de Pedro Juan. Parce que oui, ce roman est drôle. C'est même un des trucs les plus marrants que j'ai lus. Les barres que je me suis tapées à lire les conneries qu'il raconte c'est affolant. Le mec peut te sortir dans le plus grand des calmes qu'il marche sur le Malecon (l'équivalent de la Promenade des Anglais) et qu'il voit un couple baiser dans la rue. Et bien sûr en toute logique il ne trouve rien de mieux à faire que de sortir son chibre et se taper une branlette en pleine rue. Normal.

    C'est probablement aussi le truc le plus "hot" que j'ai lu, à tel point qu'un moment je me demandais si je lisais pas un roman porno. Le mec ne pense qu'à baiser. J'épargne les détails mais il y va de bon cœur. Bordel, y a des moments où j'ai limite le barreau en lisant. Cet enfoiré n'a rien à envier à un acteur porno ha ha!!

     Malgré tout Pedro Juan n'en oublie pas de mettre également en avant le fait que même dans cette misère le peuple cubain malgré toutes les épreuves qu'il peut rencontrer n'en reste pas moins un peuple joyeux qui ne s'apitoie jamais sur son sort et profite du jour présent autant que possible. Comme si le message du livre était que la vie était trop courte pour se focaliser sur les problèmes. Et il aurait bien raison.

     

    La Trilogie Sale de la Havane est donc un très bon roman semi autobiographique (on peine à différencier l'auteur de son personnage) qui permet de découvrir un Cuba insoupçonné, à la fois beau et sordide, hilarant et cruel. Honnêtement j'en attendais pas grand chose et j'ai été agréablement surpris.  

     

    A découvrir

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    Tout le monde ou presque connait Joan Cornellá (qui est espagnol),  ne serait-ce que via Facebook ou les autres réseaux sociaux. En revanche je ne suis pas sûr que tout le monde savait que ses saynètes à l'humour trash étaient considérées comme des œuvres d'art au point d'être exposées. En tout cas moi je savais pas.

     

     

     

    Joan Cornellá

     

     

     

    J'ai donc été à l'expo à Arts Factory, une petite mais sympathique galerie près de Bastille, en me demandant ce qu'il allait proposer par rapport à ce qu'on connait déjà du bonhomme.

     

    Bah la réponse est sans appel: rien.

     

     L'expo est cool, c'est pas le problème. Juste qu'on se retrouve devant des planches qu'on (que je) a déjà vues pour 80% d'entre elles. Rien de neuf quoi.

    Dommage

     

    Bon ça reste quand même cool de voir des gags en version animée et les planches en vrai.Ca m'a permis de retaper quelques barres avec des planches comme celle-ci :

     

     

     

     

     

     

    Ha ha!! C'est tellement con. Par ailleurs on peut y acheter des sérigraphies à tirage limité dont certaines valent un bon billet d'ailleurs. Après je ne sais pas qui voudra installer un truc pareil sur son mur mais bon pourquoi pas.

     

    Je vais pas m'étaler, pour faire court ça reste un truc sympa mais c'est dommage qu'il n'ait pas eu plus à présenter. L'expo plaira probablement encore plus à ceux qui ne connaissent pas. Bref allez y faire un tour ça mange pas de pain. Et puis en plus c'est gratuit 

     

     Allez next

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