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    Des fois je me dis que je vais faire des trucs, et puis en fait non. Par contre en général quand je m'engage à faire un truc, je le fais même si ça peut prendre un peu (beaucoup) de temps.

    Je dis ça parce que j'ai toujours voulu lire ce livre depuis que j'en ai entendu parler, il y a quinze ans environ lors d'un séjour au Nigeria. Mon unique séjour. A l'époque mon père à la retraite était retourné au pays et il nous avait fait venir pour les vacances histoire de montrer qu'en France qu'il avait fait des enfants avec sa deuxième femme, ma mère qui a refait sa vie depuis vingt cinq ans n'étant même pas au courant qu'elle était "sa femme" ha ha! Ils sont fous au pays!! Enfin bref, les deux sont partis et, a priori, je ne sais pas si je remettrai un jour un pied là-bas.

    Ce livre donc me parlait, parce qu'il m'avait été conseillé au pays, mais en plus parce que Chinua Achebe son auteur est de la même ethnie et de la même région que ma famille paternelle. Il y avait aussi le fait que j'avais appris que ce livre avait eu un impact certain dans la littérature anglophone, africaine, afro américaine. Par exemple The Roots, le célèbre groupe de Philadelphie a intitulé un de ces albums en écho à ce livre. Je connaissais d'ailleurs l'album avant le bouquin. Enfin tout ceci fait que voilà.

    Malheureusement, quand j'ai voulu l'acheter j'ai appris qu'il n'était plus édité. Alors après quelques années (parce qu'il me faut quelques années pour percuter en général), et aussi après avoir lu les différents titres en VF (le Monde s'Effondre, Tout s'Effondre, mouais), j'ai décidé de l'acheter en anglais... pour le laisser dormir 5 ans dans mon armoire (!!).  Je sais pas je faisais un blocage. Enfin malgré tout j'ai fini par m'y mettre. Comme quoi, tout peut arriver.

     

     Résumé de l'éditeur:

     

    Plus qu'un simple roman, ce livre est un témoignage sur le mode de vie des Africains avant et pendant la colonisation de l'Afrique noire par les Européens. Divisé en trois parties, il montre, étape par étape, la destruction d'une peuplade africaine. La première partie ressemble d'ailleurs plus à une description fidèle de la civilisation africaine qu'à une histoire romancée. Outre la destruction de la vie tribale à la fin du siècle dernier par suite de l'arrivée des Européens, ce roman raconte aussi la tragédie d'un homme qui ne devait connaître que le succès.

     

     

     

     

     

    J'aime le Nigeria. Déjà parce que c'est le pays de mon père et qu'il y a un certain chauvinisme plus ou moins déplacé qui en découle, mais aussi parce que s'il y a bien un pays d'Afrique qui a un rayonnement culturel au niveau mondial c'est bien celui-ci. Dans la musique d'abord avec l'afrobeat popularisé par Fela (et ses fils), puis Tony Allen, Keziah Jones et récemment avec tous les artistes actuels comme P Square, Davido, Ianya etc. Dans le domaine audiovisuel, le pays s'est également illustré par le développement assez impressionnant de son industrie (le fameux Nollywood) tant au niveau de la quantité que de la qualité (il suffit de voir les clips pour se rendre compte que l'image "DV" dégueulasse des films du tiers-monde est révolue). Et puis même au niveau économique, Aliko Dangote, l'homme le plus riche d'Afrique, est nigerian. Alors bien sûr tout ça ne suffit pas à oublier l'inégale répartition des richesses, la pauvreté, Boko Haram, une des guerres civiles les plus meurtrières du continent (la guerre du Biafra) suivie d'une trentaine d'années de dictature (notamment celle de Sani Abacha), le tout ponctué par de nombreux coups d'états. Enfin ça reste l'Afrique quoi... Et malgré tout ce pays reste un énorme vivier d'artistes en tous genres. D'ailleurs au delà des Nigérians de souches, énormément d'acteurs/chanteurs/réalisateurs américans et anglais sont d'origine nigériane. Pour les plus connus ont peut citer Sade, Shirley Bassey, Chiwetel Eijiofor, Adewale Agbaje (Adebisi pour les fans de Oz), et un milliard de rappeurs comme Dizzee Rascal, Wale, Tiny Tempah ou Chamillionnaire. Bon y a Forrest withaker aussi mais ça compte pas(c'était y a 300ans lol).

    Néanmoins et bien que ça ne fasse pas vraiment de différence à mon niveau, la plupart des personnalités artistiques reconnues mondialement sont issues de l'ethnie yoruba, l'ethnie majoritaire du pays. Malgré tout il y a bien un domaine dans lequel les Igbos (ou Ibos, c'est pareil), l'ethnie de mon père (et accessoirement la troisième du pays),  s'est illustrée, c'est la littérature. En effet parmi les plus auteurs africains ET nigérians les plus importants, on peut citer Chimamanda Ngozi Adichie (qui a un siège à l'académie américaine), Ken Saro-Wiwa (connu pour son très beau roman Sozaboy), Wole Soyinka qui est le premier Africain à avoir obtenu le prix Nobel de littérature, et Chinua Achebe qui a également été pressenti un temps pour l'illustre prix.

     

     

     

     


    Chinua Achebe

     

     

     

    C'est le premier livre que je lis en anglais. Je sais pas, ça m'a toujours un peu impressionné les gens qui lisaient des bouquins en anglais alors que parfois je les entendais parler et qu'ils parlaient moins bien que moi. Après tout la compréhension d'une langue et son parlé sont deux choses différentes.

    L'histoire s'attarde donc sur le personnage d'Okwonko un guerrier redouté et un homme estimé au sein de son village. A travers sa vie, Chinua Achebe fait echo à la grandeur et la sauvagerie d'une Afrique et sa déchéance à l'arrivée de hommes blancs. C'est ce qui est intéressant dans ce livre rien n'est idéalisé.

    L'écriture est simple et à ma grande surprise le livre se dévore assez facilement. Les phrases sont simples, courtes. Ce qui est intéressant dans ce livre c'est qu'à aucun moment Chinua Achebe se pose en victime. Il décrit simplement la fin d'une civilisation qui avait ses bons et ses mauvais côtés, et le passage à une nouvelle civilisation apportée par les Anglais, avec également ses bienfaits et ses mauvais aspects. Ce bouleversement se faisant par une transition lente, sournoise, et avec le concours des propres hommes du pays. Une mutation qui se traduit par un changement de croyances avant de devenir un changement de pratiques, de rites, puis de règles morales et légales.

    Le roman se divise en trois parties qu'on peut plus ou moins définir comme ceci: la vie avant l'arrivée des Blancs, les premiers contacts et débuts de mutation de la société, et enfin l'avènement du "nouveau monde". La première est néanmoins la plus importante.

    C'est d'ailleurs ce qu'il y a de beau en ce qui me concerne, cette volonté de traduire tous les aspects de la vie avant l'arrivée des colons, la manière dont la vie d'Ummofia était régie, tout un système construit autours des saisons des récoltes, des croyances et rites associés aux divinités igbo.

    C'est forcément quelque chose qui me parle un peu sachant que j'ai beau avoir deux origines, je ne connais pas grand chose de leurs histoires et cultures respectives. D'ailleurs en regardant un peu sur le Net j'ai appris que le nom de mon père (Anyanwu, un patronyme assez répandu dans la région), est associé à la composante solaire du dieu suprême. Bon c'est pas mon nom de famille mais ça me fait plaisir d'avoir appris un truc supplémentaire grâce à ce bouquin.

     

    Bref, je m'écarte. De toute façon j'ai pas grand chose à dire de plus. Avec Things Fall Apart Chinua Achebe est un des premiers écrivains à avoir décrit la vie en Afrique du point de vue du colonisé et non du colon, et en profite pour livrer l'histoire tragique d'un homme qui voit son monde se déliter pour laisser la place à un nouvelle société qu'il ne comprend pas. Un beau témoignage en quelque sorte.

     

     

    Très beau livre.

     

     

     

    A savoir: pour les non anglophones, le livre a été réédité en français aux éditions Actes Sud. Je ne peux rien dire sur la qualité de la traduction mais je pense qu'on peut leur faire confiance. ICI un petit article relatif à cette réédition.

     

     

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    Comme on peut le voir au travers des articles de cette rubrique (ou pas en fait, j'en sais rien) je suis un fan de soul. D'ailleurs j'ai un peu la gueule de l'emploi. La gueule et la dégaine à écouter de la nu soul. Ce qui est paradoxal (ou non), c'est que même si j'ai vite accroché à ce sous genre dès ses début (D'Angelo, The Roots, Raphael Saadiq etc), en fait ça m'a assez vite soulé sans mauvais jeu de mots. Le cliché du genre avec le Fender Rhodes, la voix suave etc, le délire un peu "RnB pour les grands" (un peu comme Melrose Place avec Beverly Hills), avec la panoplie (les mecs avec la dégaine de Donnie Hathaway, afro, etc.) mouais bof. Du coup même si j'ai continué à en écouter j'ai vraiment suivi le truc de loin, parfois à tort d'ailleurs car même des mecs comme Musiq Soulchild ou Dwele ont sorti de bons voire très bons albums. En fait en y repensant y a que Jill Scott et Raphael Saadiq dont j'ai vraiment suivi les discographies.

     

    Pour en revenir à Daniel Caesar on va passer vite fait sur la bio:

     

    Il est canadien, il est né en 1995, il chante. En 2014 il a sorti un EP nommé Praise Break, et aujourd'hui sort son premier album. Voilà voilà...

     

    Je sais pas trop si ce mec buzz ou non (il a l'air) mais il a capté mon attention depuis quelques mois. Je ne me souviens plus trop comment j'étais tombé sur un de ses titres mais j'ai adhéré direct. Ah si je me souviens: j'écoutais Steve Lacy, le guitariste de The Internet, et il était dans les liens sur Youtube. Ceci étant, j'ai accroché direct quand même, particulièrement sur ce son:

     

     

     

     

     

     Ouais, je kiffe.

    Aujourd'hui j'apprends que le mec vient de sortir son album sobrement intitulé Freudian.

     

     

     

     

     

    Pourquoi ce titre? J'en sais absolument rien. En toute honnêteté j'ai absolument pas pris le temps de me pencher sur les paroles. En fait n'étant pas bilingue à proprement parler, il faut me quand même un temps (et que je me "force" un petit peu) pour vraiment capter ce qu'on raconte dans les chansons. Paradoxalement j'arrive plus facilement à saisir les morceau de rap ou les séries, probablement parce que mon attention se focalise plus facilement sur les textes. Enfin bon vu la vibe on se doute qu'il raconte des histoires de canard comme d'habitude.

     

    Bon pour ce qui est de l'album, Daniel Caesar a fait dans la continuité en proposant des chansons au rythme lent, assez épurées. c'est un bon choix qui lui permet de mettre en avant sa voix de crooner. D'ailleurs en y regardant de plus près il est peut-être plus tributaire de Maxwell que des autres (enfin D'Angelo aussi dans une moindre mesure). Bref c'est pas fait pour danser, plutôt pour ambiancer et bouger la tête. En même temps c'est pas comme si c'était une surprise.

    Enfin bref, à part ça l'album est plutôt homogène, et surtout très bien produit. Ce n'est pas anodin lorsqu'on voit que le duo Mattew Burnett et Jorn Evans qui est derrière tout ça. Ces deux noms ne disent peut-être pas grand chose à beaucoup de monde, pourtant les deux mecs sont loin d'être des inconnus. En effet, Burnett comme Evans figurent parmi les plus importants producteurs canadiens actuels et ont collaboré (ensemble ou chacun de leur côté) avec de nombreux artistes de renom comme Drake, Big Sean, Eminem, Lil Wayne, Chris Brown... Ouais rien que ça. Vu les noms que j'ai cités ça pourrait faire peur mais en fait non. On reste bien dans un délire soulful à l'ancienne. Néanmoins, en dépit d'un sentier quelque peu balisé, Daniel Caesar se permet quelques incursions dans un registre aux influences très gospel (en particulier sur les titres Neu Roses et We Find Love qui m'a un peu fait penser à I'm Not The Only One, le hit de Sam Smith, dans le délire). Pas très étonnant vu que certains de ses textes semblent portés sur la religion.

     

     

     

     

     

    Côté featuring on a droit en tout premier lieu à Kali Uchis et H.E.R (une chanteuse qui monte), respectivement sur Get You et Best Part, les deux premiers titres de l'album. Enfin vu que ce sont deux single qu'on connaissait déjà. Sinon Daniel Caesar a également invité Syd, la chanteuse de The Internet, sur le très bon Take Me Away, et la petite Charlotte Wilson sur le non moins bon Transform. Perso je ne connaissais Charlotte Day Wilson qu'à travers l'excellent morceau qu'elle a fait avec Badbadnotgood (encore des Canadiens...). Faudra que je me penche sur son taff.

     

     

     

     

    Comme on peut le deviner, Freudian m'a conquis, j'ai bien kiffé. Freudian est un LP très travaillé musicalement, et honnêtement il n'y a pas vraiment de son qui fait tâche tout au long des 10 (11) morceaux qui composent l'album. Bon après c'est vrai que 10 morceaux c'est un peu court mais bon c'est toujours la même chose. Perso je préfère un bon album un peu court qu'un album qui s'étend en longueur. Et puis 45mn c'est pas non plus ce qui s'est fait de pire.

     

    Bref, avec Freudian, Daniel Caesar a comblé mes attentes. Je sens que je vais le faire tourner un petit moment.

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    Je sais pas je voulais le voir avant qu'il disparaisse des écrans.

     

     

     

     

     

    Résumé Allociné:

     

     

    Chauffeur pour des braqueurs de banque, Baby a un truc pour être le meilleur dans sa partie : il roule au rythme de sa propre playlist. Lorsqu’il rencontre la fille de ses rêves, Baby cherche à mettre fin à ses activités criminelles pour revenir dans le droit chemin. Mais il est forcé de travailler pour un grand patron du crime et le braquage tourne mal… Désormais, sa liberté, son avenir avec la fille qu’il aime et sa vie sont en jeu.

     

     

     

     

     

     

     

    Comme on peut le voir avec l'affiche, il y a un côté GTA au film totalement assumé (jusque dans la mise en scène d'une des premières séquences où le fameux Baby marche dans la rue alors que l'attention est également portée sur les passants). En gros dès le début, le ton est donné.

     

     

     

     

     

    Honnêtement on pourrait presque le réduire à un mix entre le Transporteur (c'est pas très glorieux je sais), Drive et GTA donc. Dit comme ça, ça fait pas bander hein, et pourtant ça le fait. Déjà parce que la distrib est au top avec un casting trois étoiles. Jugez plutôt: Kevin Spacey (qui a pris un petit coup de vieux), Jamie Foxx égal à lui-même, le toujours très bon Jon Berntahl (trop peu présent), Eiza Gonzalez (pour la touche glamour) et Jon Hamm (que je n'arrive néanmoins pas trop à voir autrement qu'en Don Draper).

     

     

    "Buddy" (Jon Hamm) et "Darling" (Eiza Gonzalez), les Bonnie and Clyde du film

     

     

    Et évidemment Ansel Elgort. En même temps vaut mieux vu qu'il est censé porter le film. Enfin quoi qu'il en soit, cette grande perche (il a une tête de plus que le reste du casting) est parfaite dans le rôle du petit prodige du volant. Après s'est illustré dans Divergente et dans Nos Etoiles Contraires, il trouve encore une fois l'occasion de montrer qu'il est plutôt bon.

     

     



    Baby (Ansel Elgort), le petit surdoué du volant

     

     

     

    Malgré tout, la réussite du film tiens évidemment à Edgar Wright qui, en plus de le réaliser, est a l'origine du projet. Ouais Edgar Wright, c'est quand même le mec derrière Hot Fuzz et Shaun of The Dead, donc loin d'être un manchot quoi. Bon, j'ai pas kiffé Scott Pilgrim mais les 2 autres sont classiques pour moi.

     

    Pour ce film Edgar Wright a été relativement ambitieux. Au delà de son statut de film de l'été Baby Driver est un film assez particulier. Déjà parce qu'Edgar Wright l'a pensé comme un film musical. Chaque séquence contient au moins une chanson et sa mise en scène est pensée, voire chorégraphiée au rythme de celle-ci. On est parfois tout près de la comédie musicale. D'autre part il y a un parti pris assez casse gueule dans la structure du film qui se situe à cheval entre l'actioner bourrin, la comédie, la comédie musicale, le film de casse, voire le mélo (!!) à petite dose. D'ailleurs le film prend un virage un peu plus sérieux un peu déstabilisant dans sa dernière partie. Malgré tout le mélange fonctionne assez bien.

     


    Le Doc (Kevin Spacey) et son équipe ("Flea" des Red Hot, Jamie Foxx, Lanny Joon)

     

     

    Malgré un schéma un peu galvaudé Baby Driver est un bon petit film assez cool (la B.O est excellente) qui se mate tranquillement et sans déplaisir. Et surtout il réserve des séquences très bien foutues et très nerveuses (dont une scène de braquage faisant grandement écho à Heat).

     

    Bref, au rayon film de l'été, je pense que c'est ce qui s'est fait de mieux cette année... 

    Bonne surprise!

     

     

    PS: Apparemment on peut apercevoir le réal Walter Hill et les rappeurs Big Boi (Outkast) et Killer Mike dans des caméos. Perso je les ai pas reconnus.

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    "Je n'aime pas les films français, sauf les comédies.", "les Français sont bons dans les comédies."

    Combien de fois j'ai entendu ça bordel... Personnellement je ne vais jamais au ciné voir de film français et peut-être encore moins pour une comédie. Je ne comprends pas les gens avec ça. Mais putain elles sont nulles les comédies françaises, toujours les mêmes gags pourris et les mêmes ressorts scénaristiques bidons. Enfin le reste du ciné français n'est pas mieux. Pourtant à la base j'aime bien les films français, les vieux films. Par forcément hyper vieux mais, disons de Marcel Carné jusqu'au début des années 80. Les classiques de notre cher patrimoine, les Melville, les Sautet, les Miller, les Malle, les Chabrol... En fait non j'ai pas vu de Chabrol (je devrais y remédier), quelques Truffaut, quelques Godard etc. Tout ça. Pourtant les mecs de ma génération qui ont surtout grandi avec les années 80, Spielberg, Cameron, Lucas etc ne se sont jamais retrouvés dans le ciné français de l'époque. Et tout le monde partageait un cet avis comme quoi le ciné français était un peu snob et coincé du derche, avec le cliché du film d'auteur façon Jean eustache ou Rohmer (d'ailleurs pour Rohmer c'était devenu un gag à l'époque où j'étais en formation. Avec des potes on matait sa filmo sur le Net et on tombe sur un film appelé Charlotte et son Steak. On n'en pouvait tellement plus que c'était devenu un running gag).
    Bref dans les années 90, hormis les comédies dont le succès était toujours là, tout le monde en avait sa claque du ciné français. Heureusement (ou pas) quelques coup d'éclat tels que Christophe Ganz et son Crying Freeman (calqué sur le manga au plan prêt) et Dobermann de Jan Kounen ont laissé apparaître quelques lueurs d'espoir. Du coup quelques producteurs ambitieux se sont dits qu'il y avait une demande et ont fait confiance à de jeunes réalisateurs "prometteurs" biberonnés à Indiana Jones, et Star Wars ainsi qu'à Mad Movies, Starfix, Metal Hurlant et compagnie afin d'apporter un peu de sang neuf à un cinéma moribond. Ainsi sommes-nous rentrés dans l'ère du film de genre à la française dont le producteur Eric Névé est l'un des personnages clé.

    Voici en bref les films les plus emblématiques de la grande époque du film de genre à la française:

     

     

     

     

     

     

    Enorme succès en salle, ce joli étron filmique horriblement chiant (ca c'est de la figure de style) a néanmoins permis à Eric Névé de se convaincre du potentiel commercial du "film de genre à la française" au point de lancer peu après sa fameuse collection Bee Movie (4 films de genre à petit budget comprenant entre autres Bloody Mallory et Malefique et dont il doit être assez peu fier vu qu'il est difficile de trouver des infos dessus sur le Net).

     

     

     

    Bloody Mallory

     

     

    Attention: gros classique! Ce film qui rivaliserait presque de connerie avec les animes les plus mongols que j'ai pu voir, est une authentique illustration de l'engouement de cerrtains prodos pour le genre à l'époque. J'ai rarement vu un truc aussi débilo-crétino-neuneu que ça. Putain mais en voyant le truc t'es obligé de te dire que le mec est fou tant il brasse tout ce qu'il peu (Dracula certes mais aussi Buffy Contre les Vampires, X-Or, Bioman, Inspecteur Gadget, Jean Rollin et tout un tas de trucs que j'ai plus en tête). Aux dernières nouvelles Julien Magnat a bossé sur la version animée d'Iron Man. Comme quoi...

     

     

     

     

     

    Sisi c'est vraiment sorti au ciné! Le mec s'est permis de ces trucs. Je pense clairement qu'il devrait y avoir une date dans l'histoire du film français tant personne ne s'est permis d'aller aussi dans la connerie en France, pas même Max Pécas ou les Charlot. Bon à la limite Michel Pallardy mais là on est dans une dimension nanar international. Le film a été un échec complet mais je suppose que ça n'étonnera personne.

     

     

     

    Brocéliande

     

     

     

    Un peu moins pire, il se situe à peu près au croisement entre Bloody Mallory et Promenons-Nous dans les Bois. A la fois chiant et WTF il se situe un peu au dessus des deux précités mais n'en reste pas moins catastrophique. Enfin je me souviens m'être tapé quelques bonnes barres, notamment avec quelques plans foireux digne de Fantomette, une enquête sans queue ni tête digne du Club des 5, de Souris Noire ou de Scoubidoo, d'une bagarre entre deux meufs à base de torgnoles à la Bud Spencer, et d'un final ultra débilos où on voit un boloss plonger à poil dans un chaudron magique et se transformer en Predator géant (...). A noter les deux auteurs de ce projet sont Doug Headline, le fils de l'écrivain Jean Patrick Manchette, et Benoît Lestang qui s'est suicidé quelques années plus tard après avoir réalisé un court parait-il assez réussi, ce qui n'est évidemment pas drôle.

     

     

    Requiem / Les Rivière Pourpres 2 : Apocalypse

     

     

    Le premier est le dernier film de la série des Bee Movie (je crois), le second est un pur produit bessonien. Les deux sont d'une débilité évidente même si Les Rivières Pourpres 2 est loin devant avec ses moines yamakazi qui sautent partout traquent des neuneus au Franprix du coin dans une scène tellement épique qu'on devrait la montrer dans les écoles de ciné. Je sais pas comment les mecs ont fait pour rester sérieux tellement c'est nanardesque. Requiem est un peu moins catastrophique mais tout de même bien con avec ses moines qui tentent des gunfights à la John Woo et un insupportable perso qui joue les Kayzer Soze à la fin du film.

     

     

    Vidocq

     

     

    Réalisé par le très nul Pitof (qui récidivera avec un Catwoman de sinistre mémoire), Vidocq suit le personnage historique au cours d'une de ses enquêtes. Depardieu fait de la boxe thaï et se bat contre un vilain croisement entre le méchant de Scream et Belphégor dans une histoire sans queue ni tête. A voir cependant pour les low kick mémorables de Jean Claude Vandepardieu dignes de Buakaw ou de Ramon Dekkers.

     

     

     

     Frontière

     

     

     

    Voilà comment ça se passe parfois en France: un mec "talentueux" biberonné au fameux cinéma des 80 à qui on laisse les coudées franches. En résulte un film de fanboy brassant dans tout ce qu'il peut: Dernière Maison sur la Gauche Massacre à la Tronçonneuse etc. Le résultat se voudrait à la hauteur de The Devil's Reject mais ressemble plus à... Bah il ressemble à rien en fait. Néanmoins le film bien débilos à souhait reste relativement jouissif dans sa connerie à peu près assumée. C'est déjà pas si mal.
    Tiens, je viens de voir que le film est estampillé LGBT sur Wikipédia. J'avais pas trop ce souvenir. De toute façon je me souviens plus de grand chose à part que le FN a gagné les élections qu'il y a des émeutes, que des banlieusards se barrent chez les Chtis et qu'il y a un Arabe tellement fragile que même son pote, un soit-disant Babtou solide de cité, a engrossé sa sœur normal (ha ha!).

     

     

    Atomik circus: le Retour de James Bataille 

     

     

    Un cran au dessus des films précités, ce qui est normal quand on sait que les frères Poiraud se sont illustrés à travers des pubs marquantes (comme celle de Hollywood chewing-gum avec la statue de la liberté géante il me semble), et de nombreux clips notamment pour les Rolling Stones je crois. Pour autant leur "film" qui se veut résolument rockn roll et autre ressemble plus à un vieux trip foireux ponctué de passages beaufs qu'à un véritable OVNI filmique digne de ce nom. Perso je l'ai trouvé tellement lourdingue que je n'ai pas pu le mater en entier. Dommage...

     

     

     

     

     

    Saint Ange

     

     

    A la base j'aurais pas parlé de ce film situé encore un cran au dessus, mais tout de même horriblement chiant, si les Espingouins n'avaient pas réussi le tour de force de faire le même film quelques années plus tard en 100 fois plus réussi (le très sympathique L'Orphelinat de Juan Antonio Bayona). Pascal Laugier récidivera avec Martyr que j'ai personnellement trouvé aussi mauvais (et un peu ridicule) mais remontera un peu la pente avec Secrets, un film américain avec Jessica Biel. J'ai bien dit "un peu".

     

     

     

     

     

    La liste des tentatives est encore longue (Chrysalide, Jeux d'Enfants, Maléfice, Nids de Guêpes, Sheitan, Exit, Mutants, Vertige, Haute Tension, Ils, Un Jeu d'Enfants, Banlieue 13... J'ai dû voir 90% de ces films au ciné à l'époque où je donnais sa chance au produit).

    Evidemment, vues les audiences catastrophiques de la plupart des films  dont j'ai parlé, les producteurs ont dû revoir les budgets à la baisse. Ceci étant est-ce qu'on peut leur en vouloir? Après avoir cru à une mouvance de réals passionnés par le ciné de genre comme on dit et ne venant pas du sérail, la déconfiture a été à la hauteur des attentes. Parce que voilà c'est ça le problème. On a souvent tendance à dire que l'échec artistique d'un film est en partie dû aux méchants producteurs qui ont bridé l'intégrité du réal soit par leur ingérence. Ca s'est d'ailleurs souvent vérifié, aux Etats Unis en tout cas. Pour autant en France c'est triste à dire mais si 80% des films  sont nuls c'est à cause de leurs réals. Les mecs ont beau être des passionnés, parfois très érudits dans leur genre, ils n'ont pas su concrétiser les espoirs que les prodos et le public avait mis en eux.  Souvent également scénaristes, ces "jeunes auteurs" ont profité de cette opportunité pour au final réaliser leur petit fantasme de geek. c'est un peu triste à dire mais c'est ça. Comment tu peux imaginer que les mecs ont eu l'opportunité de faire un premier film (souvent) avec une carte blanche et n'ont rien eu de mieux à foutre que de refaire Massacre à la Tronçonneuse vs Chow Yun Fat vs La Nuit des Morts Vivants? C'est triste. Au final les mecs ressemblent aux réals français snobs qu'ils pouvaient pour certains exécrer, ils se sont complus dans leur posture d'artiste enfermé dans sa tour d'ivoire. Peut-être aussi que malgré tout leur amour pour le cinéma de genre ils n'avait en fait pas vraiment de talent ni de chose à proposer. Je pense par exemple à Yannick Dahan et son très nul La Horde qui ressemble encore davantage à un fantasme d'ado qu'à un vrai film mature digne de ce nom.

    Bon bien sûr il y a eu quelques exceptions avec quelques films relativement acceptables (du médiocre au moyen en général) mais avec des réals/scénaristes investis qui n'ont pas à rougir de leurs métrages malgré les imperfections (Chrysalide ou Mutants par exemple). Mais ces films sont arrivés trop tard ou n'étaient pas suffisamment bons pour changer la donne.

    Sans exagérer je pense que s'il n'y a plus de cinéma de genre en France c'est parce que certains n'ont pas su donner au public ce qu'il attendait au moment où ils en ont eu l'opportunité. Et tous ces mecs qui se croyaient un peu en marge du système et rêvaient d'apporter autre chose ont finalement agi comme des enfants gâtés avec un nouveau jouet (je me souviens par exmple d'une interview de Jean Marc Vincent dans Mad Movies à la sortie de Ladyblood où il disait texto "qu'il fallait relativiser, que ce n'était qu'un film, et que si certains misaient de l'argent lui n'en était qu'à ses débuts"). D'ailleurs la suite de leurs carrières parle d'elle même.

    J'espère au moins que pour la plupart ils se sont amusés à faire leurs films. Quand tu vois que de l'autre côté des Ardennes, de la Manche, des Alpes où des Pyrénées ils sont jamais tombés aussi as que chez nous je me dis qu'on a peut-être que ce qu'on mérite.

     

     

     

    Ah oui! Pour les curieux une partie des films, dont Bloody Mallory, est visible sur le Tube. Je vais me le refaire tiens.

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    L'autre jour alors qu'on allait chercher un truc à manger à midi, un collègue me faisait remarquer:

    "Tu trouves pas qu'il y a de plus en plus de gens dans le besoin à Paris?"

    En effet, depuis qu'il m'a dit ça je me suis rendu compte qu'il avait raison. Et depuis je vois des pauvres partout. C'est fou ça!

     

    Des pauvres, des pauvres, encore des pauvres. Des pauvres partout. Ca en devient flippant. Avant on me sollicitait environ une fois ou deux par jour en moyenne. Aujourd'hui ça peut aller jusqu'à 5 ou 6 fois en comptant les gens qui mendient dans le métro.

    D'ailleurs là quand je parle des pauvres je parle même pas des gens en galère à la fin du mois hein. Je parle des vrais pauvres, des gens qui mendient et/ou sont à la rue. Aujourd'hui y a plus rien d'étonnant à voir des gens dormir à même le trottoir comme des ivrognes en train de cuver, sauf qu'ils ne cuvent pas (ou pas seulement), ils dorment. Pas contre le mur non, au beau milieu du trottoir. J'en ai encore vu hier à Opéra avec tous les touristes qui s'écartaient pour passer. Ca devait bien les faire flipper.

    Pour en revenir à ceux qui mendient: tu prends la ligne 3 du métro c'est devenu une cata. Avant j'avais l'habitude de me taper la moitié de la ligne, de St- Lazare jusqu'au terminus (traduction pour les non Parisiens: du centre de Paris jusqu'à la banlieue est, banlieue de pauvres, mais pas pauvres pauvres enfin on se comprend, ou pas). Bah ça y avait minimum un mec ou une meuf qui faisait la manche pendant le trajet, et je dis bien MINIMUM. Des fois ça donnait presque lieu à des situations cocasses (je pense que c'est le bon mot) où tu te poses limite des questions. Tiens, une fois par exemple une meuf était assise à côté de moi. La meuf du style ultra maniaque, limite TOC, sort son petit gel hydroalcoolique et se tartine les mains pendant 5mn facile alors que le train commence à devenir bondé. A ce moment y a une femme qui entre pour faire la manche et pendant qu'elle passe l'effleure. J'ai cru que ma voisine allait péter un câble. Elle ressort sa solution pour se barbouiller pendant une pige, et là c'est le gag. Alors que la mendiante sort au bout du wagon y a un gros mendiant du style Shrek qui entre à l'autre bout et commence à traverser le wagon en poussant tout le monde évidemment. J'ai cru que ma voisine allait faire une attaque cardiaque. Elle est sortie à la station suivante , traumatisée à vie par le métro je crois...

     

    Une autre fois (y a quelques mois), j'ai été témoin d'une scène assez surréaliste. Un jeune qu'on a l'habitude de voir mendier sur ma ligne monte dans le métro en même temps que moi et commence à mendier en faisant son discours habituel (comme dans l'épisode de Bref où il était dans le métro). Sauf qu'à la station d'après, y a un autre jeune habitué qui entre dans le même wagon. Et là les mecs commencent à taper la discute du style "tu vas bien? T'as dormi où cette nuit? Ouais le parking c'est la merde, il est fermé maintenant." Puis ils se checkent et le premier descend et le second commence son speech comme si de rien n'était. Franchement c'est assez difficile à expliquer mais j'ai failli rigoler sur le moment.  

     

    Après faut pas croire que tout le monde est solidaire et tout. C'est pas les Bisounours. Et c'est là que j'ai appris que même la mendicité était un milieu concurrentiel. A la gare St Lazare (toujours la même), il y a une petite bonne femme de cinquante balais qui est connue est usagers. Elle est là presque tous les soirs et interpelle les gens les uns après les autres en leur demandant une petite pièce. y a aussi un grand Asiat qui fait la même chose au même endroit mais jamais à la même heure, comme s'ils se partageaient les tranches horaires. J'en viens à me demander si c'est pas son mari. Bref, tout allait bien dans le meilleur des mondes sauf que depuis peu des Roms ont également envahi les lieux. Depuis la vieille ne décolère pas: elle leur tape des scandales, leur dit de dégager, les menace d'appeler les flics, criant à qui veut l'entendre que c'est immoral de pratiquer la mendicité avec un bébé dans les bras. A priori j'ai l'impression qu'elle a obtenu gain de cause vu que je ne vois trop  de rom dans l'enceinte de la gare.

    Ce qui est assez affolant, et qu'on voyait pas avant c'est une nouvelle mendicité, pratiquée par des gens à l'apparence somme toute ordinaire. Des jeunes, des moins jeunes, des Blancs, des Noirs, des hommes des femmes... Des gens qui sont assez éloignés de l'image qu'on peut se faire de quelqu'un assez en galère pour mendier.

    Des gens normaux ou presque.

     

    Et c'est là que tu te rends compte que la crise en France c'est bien vrai.

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