• Ce soir en rentrant chez à 21h30, je me suis demandé ce que je pouvais bien regarder. J'avais commencé The Strain, la série "créée" par Guillermo Del Toro. Mais soyons honnêtes, voir un vieux con se battre contre des vampire avec une épée magique à New York... Moyen quoi.

     

     

    Nan, j'y arrive vraiment pas.

     

     

    Alors j'ai regardé ce qu'il y avait à la télé: Lucy (lol) sur TF1, Capital sur M6 avec leur sujet putassier de rigueur en ces périodes pré-électorales... Mouais mais non.   Du coup, je me suis mis à mater Super Size Me sur LCP Public Sénat.

     

     

    Je ne l'avais jamais vu mais ca va, il est cool. En fait, dix ans plus tard on n'apprend pas grand chose mais le docu reste moins con qu'il n'y parait.

     

     

    Après vu que je me faisais chier, j'ai mis Lucy qui passait sur TF1.

     

     

    "On utilise 10% de nos capacités cérébrales. Elle est à 100%" Normal, sans pression. D'ailleurs c'est pas la tagline de Limitless ça? En même temps il est pas à un pompage près notre ami Luc.

     

    J'arrêtais pas de penser à un pote qui m'avait dit "il est nul, ce film! A la fin c'est un reportage animalier le truc. Y a des lions qui baisent." 

    Alors j'ai guetté la scène. Je tombe sur l'autre dinde de Johansson qui sort à Morgan Freeman "on a toujours pensé que 1+1=2, mais en fait 1+1=1" avec la gueule de Morgan Freeman qui se retient de rigoler et tente vaguement de faire le mec concerné en pensant à son gros chèque. Du moins jusqu'à ce que Choi Min Sik tire partout face à un poulet bien de chez nous. Aucun doute, Luc Besson est bien dans le coin.

     

    J'ai pas vu les lions qui baisent, par contre, j'ai quand même vu un "truc" qui ressemble à un mélange de Inception, de 2001 L'Odyssée de l'Espace, Akira et même de Ghost In The Shell (sisi), en tout moche évidemment.  On voit quand même Lucy aller à Paris, puis à New York, puis parler avec des apaches, avec des singes, des amibes...

     

     

     

    Puis le baqueux tout vilain dégomme Choi Min Sik et cherche éperdument la "jolie" Scarlett qui a disparu en prenant le soin d'abandonner ses Louboutins au milieu du champ.

     

    Et là je me dis que le mec n'a jamais évolué depuis Nikita et nous ressert inlassablement la même salade avariée. Luc Besson ou la constance dans la beauferie. Tu vois le film en entier, tu ressors avec 10% de neurones en moins lol.

     

    Deuxième partie de soirée: Tomb Raider 2. Je pense que je préfère encore me taper un épisode de The Strain....

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    Résumé:

     

    New York est trop étroit pour Annie, coutumière depuis l'âge de seize ans de fugues aussi mystérieuses que soudaines, notamment en Sicile où Andy, son frère jumeau, a dû se rendre il y a peu pour la faire sortir d'un hôpital psychiatrique. Jusque-là, les proches d'Annie la jugeaient excentrique - n'est-elle pas adepte du Tantra et créatrice de bijoux érotiques ? -, affabulatrice - ne dit-elle pas être poursuivie par des agents du FBI ? -, mais pas schizophrène, comme le prétend ce médecin italien ! Lorsque Annie disparaît à nouveau, Andy doit, pour la retrouver, rassembler les fragments qui composent, entre tendresse et désespoir, la personnalité de sa sœur. Mais revisiter ce passé l'oblige aussi à exhumer les névroses familiales et à affronter certaines vérités...

     

    Déjà ça commence bien avec ce titre à la con (mais vraiment) et qui n'a en fait aucun sens. Des fois je comprends pas les Français. T'as un titre original plutôt sympa et parlant (The moment she was gone). Mais non, tu préfères sortir un titre bien ronflant et débilos mais qui fait bien parce qu'il y a "de l'Aube". Non mais lol. Enfin bref.

     En fait j'ai acheté ce livre dans une librairie de bazar en vacances à La Rochelle. Je regardais les livres à 2€ je crois, des romans de gare pour la plupart, et je tombe sur celui-là. Pourquoi j'ai pris celui-là plutôt qu'un autre? Simplement parce que j'avais vu le nom de l'auteur. En effet, bien que je n'aie jamais entendu parler d'Evan Hunter, c'était autre chose d'Ed McBain. Je crois que je l'avais "découvert" au détour d'un article sur lui suite à son décès. Pour faire simple Ed McBain est devenu un nom de la littérature policière pour avoir été un des premiers sinon le premier à faire d'un commissariat le personnage principal de certaines de ses histoires. Si ça peut ça s'avérer banal aujourd'hui, c'était plutôt novateur à l'époque, car avant on se focalisait sur une enquête et un personnage en particulier plutôt qu'à la vie de tout un service. En gros toutes les séries comme Hill Street Blues ou NYPD Blue lui doivent un certain tribut. Depuis cet auteur m'a toujours quelque peu intrigué.

     

     

    Ed McBain

     

     

     

    Donc je suis tombé sur ce livre qui ne traite absolument pas de commissariat. Le pitch est à la fois intrigant et digne  d'un polar de base, et j'ai eu un peu peur de lire un énième polar à la Patricia Cornwell. Bah non. Ca n'a rien à voir en fait. D'une c'est bien écrit sans fioriture. On sent le mec qui en est à son trentième roman tant l'écriture est fluide et les dialogues incisifs. Tout au long du roman, qui se déroule essentiellement en flashback, on découvre la personnalité complexe d'Annie ainsi que les secrets de famille et d'autres mystères enfouis depuis de nombreuses années. Où est-elle partie? Et pourquoi ? Que s'est-il réellement passé en Italie? En Suède? Plus les pages défilent plus les secrets de famille tombent les un après les autres. Les secrets d'Annie mais aussi ceux de sa mère et de ses frères.

     

    Franchement je pensais pas mais j'ai été assez bluffé par cette petite histoire simple, parfois drôle, parfois dure, mais surtout très touchante autour d'un frère qui s'efforce par tous les moyens de se rappeler chaque détail de sa vie dans lequel il pourrait trouver l'ombre d'un indice sur l'endroit où se trouve sa sœur jumelle. Ce roman c'est l'histoire d'une famille éclatée qui tente de le cacher sous un vernis terne et fade, l'histoire d'un frère et de sa sœur jumelle et de leur relation quasi fusionnelle, l'histoire d'une jeune femme en proie à tous les problèmes.

    J'en dis pas plus sous peine d'éventer  les mystères de ce roman très sympathique et sans prétention. Je lirai d'autres trucs de lui à l'occase je pense.

     

    Très bonne surprise.

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    Je voulais le voir à sa sortie... et je l'ai raté (comme d'hab).

     

     

     

     

    Résumé Wikipedia:

     

    Galeriste en vue à Los Angeles, Susan Morrow, la quarantaine, travaille sans passion dans un milieu artistique à l'originalité convenue. Son époux Hutton Morrow s'éloigne d'elle pour plonger dans le lit d'autres femmes. Tandis que Susan se désespère, elle reçoit un livre de son ex-mari, Edward Sheffield, qu'elle n'a pas revu depuis des années, intitulé : Nocturnal Animals, qu'il lui dédicace. Sa lecture effrénée la plonge dans une tourmente de sentiments très vifs qui réveillent ses souvenirs de jeunesse tandis qu'elle découvre l'histoire de Tony, sa femme Laura et leur fille India, agressés en pleine nuit par une bande de voyous sadiques. Lentement, inexorablement, Susan fait le lien entre le personnage fictif et l'homme qu'elle a aimé par le passé…

     

     

     

     

     

     

    La première fois que j'ai vu la bande annonce, et que j'ai vu écrit :"un film de Tom Ford", je me suis demandé s'il s'agissait d'un homonyme. Bah non c'est bien le vrai. Curieux personnage que ce Tom Ford. En parcourant sa bio, j'ai été étonné par son parcours assez atypique vu qu'il n'était pas vraiment destiné à travailler dans la haute couture (si ce n'est qu'il est gay). Il doit avoir un melon de la taille d'une montgolfière, il n'en reste pas moins une des personnalités les plus célèbres du mode de la mode. Ca a l'air d'être un sacré mec ce Tom Ford. 

     

     

     

    C'est difficile de parler de ce film sans trop en dévoiler sur l'intrigue. On peut déjà dire que l'action est articulée autour de trois axes: le présent, le passé (via des flashback assez subtiles) et la fiction (le livre). Evidemment on sait déjà que les trois vont se rejoindre.

    Passé une intro WTF où on voit des obèses danser à poil lors d'un vernissage, on entre dans le vif du sujet dès que Susan reçoit le fameux roman et entreprend sa lecture.

    Rien que le début du "roman" m'a mis un peu mal à l'aise. La tension palpable qui va crescendo m'a fait penser à Dernière Maison sur La Gauche, aux Chiens de Paille aussi. Le Texas, une route quasi déserte, une voiture de chauffards... Dès le début on sent la patate. Que peut faire ce mec faible, mari et père de famille ordinaire qui n'a probablement pas dû se battre depuis le CE1 face à trois mecs aux mines patibulaires et aux allures de redneck? Le pire c'est qu'en matant le film on peut certes critiquer son attitude mais je suis sûr que la plupart des gens réagiraient plus ou moins comme lui. C'est un mec normal en fait, qui croit qu'il peut s'en tirer en parlementant. Un mec normal. C'est ce qui est limite triste. Beaucoup de gens penseraient être moins lâches mais en vérité... Bon perso ça risquerait peut-être moins de m'arriver vu mon tempérament et le fait que j'ai toujours un club dans mon coffre (alors que j'ai jamais fait de golf). J'avais aussi une barre de fer sous mon siège mais ma femme l'a virée en nettoyant la voiture. Faudra que je pense à la remettre. Paradoxalement, je ne suis pas quelqu'un de violent. J'ai peut-être juste été un peu trop exposé à la violence quand j'étais ado. Enfin bref, chacun voit midi à sa porte.

     

     

    Tony (Jake Gyllenhaal), un père de famille ordinaire en plein cauchemar

     

     

     Pour en revenir au film, tout au long du métrage, et de la lecture du roman par Susan, on découvre l'histoire que raconte ce fameux manuscrit, de la même manière qu'on découvre en parallèle l'histoire de ce couple déchu. Qu'est-ce qui bouleverse autant Susan? Le livre est-il autobiographique? A-t-elle été violée? Que s'est-il passé pour qu'ils en viennent à se séparer et se perdre de vue si longtemps? J'en dis pas plus pour ne pas gâcher le suspense. Toujours est-il que l'histoire est plutôt bien amenée.

     

     

    Ray Marcus (Aaron Taylor-Johnson), un redneck totalement instable

     

     

     

     Je ne connais pas le roman d'origine (ni même l'auteur d'ailleurs, Austin Wright, un écrivain reconnu chez eux), mais le film doit une grande part de sa réussite aux codes du film noir avec lesquels il joue allègrement: musique hitchcockienne, hommes violents ou victimes, manipulateurs ou naïfs, femme fatale, personnages troubles voire ambigus, avec une grande part d'ombre, un passé mystérieux qui se révèle progressivement. Je dis bien "il joue"car le film en lui-même n'est pas vraiment un film noir, ni même un drame ou encore un "rape-and-revenge" mais plutôt un peu tout ça à la fois, et même un peu plus. Toute cette histoire est illustrée par une mise en scène à la fois sobre et classieuse.

     

     

    Bobby Andes (Michael Shannon), un inspecteur sur le déclin

     

     

     

    Niveau interprétation c'est top comme on pouvait s'y attendre. Le toujours très bon Jake Gyllenhaal prête une fois de plus son visage anguleux et ses yeux caverneux d'insomniaque à un film nocturne. Le toujours très fringant Armie Hammer est évidemment à l'aise dans le rôle du beau gosse de service même si je ne l'avais pas reconnu en brun. Aaron Taylor-Johnson, qui a bien changé depuis Kick-Ass, est également très bon à tel point que je ne l'avais pas reconnu non plus. Quant à Michael Shannon, bah c'est Michael Shannon quoi. Mais c'est surtout Amy Adams (42 ans déjà!) qui porte le film. Je n'avais jamais calculé cette actrice jusqu'au jour où j'ai vu American Bluff (où elle avait un faux air de Nicole Kidman). Et même si c'est surtout Jennifer Lawrence qui m'avait bluffé (sans mauvais jeu de mots), je l'avais vraiment trouvée très bonne. Pour le reste de la distrib, RAS si ce n'est qu'on n'y prête presque plus attention. J'exagère à peine mais à y regarder de plus près, Nocturnal Animals est quand même le film de ses deux acteurs principaux, et l'histoire de deux personnages liées par un passé commun des plus troubles.

     D'ailleurs le titre lui-même n'est pas anodin, comme en témoigne ce plan final renvoyant à Nighthawks, le célèbre chef-d'œuvre d'Edward Hopper, tableau illustrant le mystère qui plane autour d'un couple attablé dans un restaurant en pleine nuit.

     

     

     

    Susan (Amy Adams), un bel oiseau de nuit

     

     

     

    Pour faire bref, Nocturnal Animals c'est bien, c'est beau, c'est bien écrit et doté d'un dénouement bien plus malin que la plupart des films noirs. Un beau film sur la nature humaine, le pardon, le changement. C'est aussi un peu une histoire assez proche de CE FILM finalement, mais en réussi et donc en carrément moins con. En plus Tom réussit à placer une ou deux paires de lunettes dans le film. Je vais peut-être me l'acheter tiens.

     

    Très bon film.

     

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  •   Quand tu as terminé ton roman

     

     

     

     

     

     

    Quand tu te rends compte qu'il a encore besoin de réécritures

     

     

     

    J'avais pas capté mais le dernier article posté dans cette rubrique date de... 2015!!

    Dans l'absolu cette section n'a donc plus vraiment lieu d'être puisque je n'ai jamais mis en évidence les quelques travaux que j'ai pu faire. J'ai pourtant écrit des trucs mais je ne sais pas comment les mettre en valeur dessus. Enfin bon je laisse la section ouverte. On verra bien pour le reste.

    A la fin du mois de novembre dernier, ne supportant plus de galérer sur mon projet, je me suis imposé une deadline en m'obligeant à terminer mon roman avant la fin de l'année 2016. Ayant absolument voulu m'y tenir, je me suis sorti les doigts comme on dit et j'ai mis la seconde (il me restait le "dernier acte" à écrire).

    Alors oui je peux l'annoncer non sans fierté mais j'ai enfin terminé le premier jet de mon "roman",et dans les délais (le 31décembre à 2h du matin, soit environ 22 heures avant l'année 2017). Alors oui premier jet ça veut logiquement dire que j'en suis encore loin mais j'ai déjà effectué des réécritures en cours de route alors ça me motive un peu à rendre ma copie.

     

    A la lecture dudit premier jet, je suis étrangement resté mitigé. D'un côté je suis relativement fier de moi dans le sens où je trouve qu'il est assez bien écrit. Parce que le style est toujours quelque chose de délicat à appréhender, on a parfois envie d'écrire mieux que la moyenne et en même temps on doit se forcer à trouver les mots et formulations qui véhiculeront ce qu'on a envie de dire tout en évitant de faire de belles phrases pour les belles phrases . De se regarder écrire quoi. C'est un équilibre très délicat donc. Quoi qu'il en soit, en le relisant je n'ai pas trop l'impression d'être tombé dans ce genre de travers. Malgré tout en regardant l'histoire que je savais simple depuis le début je me dis parfois: "tout ça pour ça?" Est-ce que l'histoire méritait-elle d'être racontée? Je ne sais pas. Et ça, ça fait chier. Quoi qu'il en soit je suis globalement assez fier de moi, ne serait-ce que parce que je l'ai écrit jusqu'à la fin, même si je sais qu'il y a encore des choses à modifier pour que le résultat corresponde vraiment à mes intentions de départ. En fait avec le recul et les nombreuses relectures (j'ai commencé cet article début janvier), je trouve que l'histoire tient plutôt la route et qu'il est plutôt bien écrit. Je sais ça peut faire prétentieux de dire ça mais quand je compare à tous les trucs que j'ai pu lire je trouve que l'écriture est plutôt pas mal.

     

    Maintenant j'espère que je mettrai pas six ans parce que ça commence à me souler un peu et j'ai hâte de passer au suivant, mais en même temps le bâcler maintenant reviendrait à avoir perdu mon temps. Pas le choix il va falloir me faire violence.

    Ensuite il faudra que je démarche les maisons d'édition mais ça c'est une autre histoire. Chaque chose en son temps.

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    Le Pain Nu raconte l'histoire de Mohamed Choukri, un jeune Riffain, dans le Maroc des années 50, à l'aube de l'indépendance du pays. De son enfance misérable à son entrée quelque peu violente dans le monde des adultes, l'auteur nous livre un roman autobiographique très cru et à travers celui-ci nous décrit un pays en proie à une effervescence à tous les niveaux.

     

     

    Oui il s'agit bien des mémoires de Mohamed Choukri, un écrivain marocain très célèbre justement pour ce livre. Si Le Pain Nu est un livre important comme le souligne le grand Tahar Ben Jelloun (qui a traduit le livre en français), c'est parce qu'il a une place à part dans l'histoire de la littérature du Maghreb.

     

    Mohamed Choukri

     

     

    En effet personne avant Mohamed Choukri n'avait osé décrire le Maroc de cette période comme lui. Un pays musulman en apparence où néanmoins tous les accès à la débauche sont permis. L'alcool, la drogue. Le sexe. Le sexe élevé au rang d'institution dans ce pays où la misère et les mœurs poussent un nombre incalculable de jeunes filles (et de garçons) à la prostitution. On se doute bien qu'il a fait scandale à l'époque et a été interdit dans les pays arabes (il a été édité pour la première fois en anglais).

     

     

    Dans ce livre très cru, Mohamed Choukri nous raconte son enfance à l'époque où toute la  région du Riff est en proie à une famine restée dans les mémoire, l'exil, la faim. Il nous décrit sa famille d'une pauvreté absolue, et sa relation conflictuelle avec son père, un homme mauvais sujet à des accès de violence terribles qui n'hésite pas à rouer de coup n'importe quel membre de la famille pour n'importe quel prétexte quitte à l'envoyer à l'hôpital, ou pire.

    Bon je sais pas si c'est parce que je sors de Méridien de Sang ou quoi mais j'ai trouvé que le livre était moins glauque qe prévu. Certes il y décrit quelques trucs bien sales comme quand il meurt littéralement de faim, ou encore quand il décrit le monde de la rue où les plus forts dominent (parfois sexuellement) les plus faibles... Mais je sais pas, je ne me suis pas spécialement senti mal à l'aise comme quand j'ai lu Partir de Tahar Ben Jelloun (qui contient quelques passages bien malsains). C'est probablement dû au ton du livre et au détachement avec lequel l'auteur nous décrit tout ça, avec un regard un peu enfantin qui m'a fait penser un peu au Gone du Chaaba, le très beau livre autobiographique d'Azouz Begag, ou encore à Pixote, le très beau film brésilien du regretté Hector Babenco. Mohamed Choukri n'est pas un saint, il a simplement appris à survivre par n'importe quel moyen dans un monde qui lui était hostile dès le début. De ce fait s'il livre un portrait sans concession du Maroc (qui choque moins aujourd'hui vu que le pays est un peu la Thaïlande de la Méditerranée), il ne s'épargne pas lui-même. D'abord fuyard, craintif, il devient voleur, violent, bagarreur, roublard et surtout obsédé. Le mec durant toute son adolescence ne pense qu'à ça. Sa découverte des filles, de la masturbation, du sexe, il y reviendra tout au long du roman. Ce qui nous permet de tomber sur des passages assez WTF où limite tu te demandes ce qui lui passe par la tête.

    Je vais m'arrêter là parce que le roman parle de lui-même.

     

    Bref à travers ce court roman (128 pages) Mohamed Choukri nous décrit le Maroc à la manière d'une espèce de Babylone des temps modernes, mais également son enfance, les malheurs et les épreuves qui l'ont façonné et lui ont permis à lui, l'enfant misérable et illettré, de devenir le grand écrivain que l'on connait.

     

    Un très beau livre

     

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