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    Je voulais le voir à sa sortie... et je l'ai raté (comme d'hab).

     

     

     

     

    Résumé Wikipedia:

     

    Galeriste en vue à Los Angeles, Susan Morrow, la quarantaine, travaille sans passion dans un milieu artistique à l'originalité convenue. Son époux Hutton Morrow s'éloigne d'elle pour plonger dans le lit d'autres femmes. Tandis que Susan se désespère, elle reçoit un livre de son ex-mari, Edward Sheffield, qu'elle n'a pas revu depuis des années, intitulé : Nocturnal Animals, qu'il lui dédicace. Sa lecture effrénée la plonge dans une tourmente de sentiments très vifs qui réveillent ses souvenirs de jeunesse tandis qu'elle découvre l'histoire de Tony, sa femme Laura et leur fille India, agressés en pleine nuit par une bande de voyous sadiques. Lentement, inexorablement, Susan fait le lien entre le personnage fictif et l'homme qu'elle a aimé par le passé…

     

     

     

     

     

     

    La première fois que j'ai vu la bande annonce, et que j'ai vu écrit :"un film de Tom Ford", je me suis demandé s'il s'agissait d'un homonyme. Bah non c'est bien le vrai. Curieux personnage que ce Tom Ford. En parcourant sa bio, j'ai été étonné par son parcours assez atypique vu qu'il n'était pas vraiment destiné à travailler dans la haute couture (si ce n'est qu'il est gay). Il doit avoir un melon de la taille d'une montgolfière, il n'en reste pas moins une des personnalités les plus célèbres du mode de la mode. Ca a l'air d'être un sacré mec ce Tom Ford. 

     

     

     

    C'est difficile de parler de ce film sans trop en dévoiler sur l'intrigue. On peut déjà dire que l'action est articulée autour de trois axes: le présent, le passé (via des flashback assez subtiles) et la fiction (le livre). Evidemment on sait déjà que les trois vont se rejoindre.

    Passé une intro WTF où on voit des obèses danser à poil lors d'un vernissage, on entre dans le vif du sujet dès que Susan reçoit le fameux roman et entreprend sa lecture.

    Rien que le début du "roman" m'a mis un peu mal à l'aise. La tension palpable qui va crescendo m'a fait penser à Dernière Maison sur La Gauche, aux Chiens de Paille aussi. Le Texas, une route quasi déserte, une voiture de chauffards... Dès le début on sent la patate. Que peut faire ce mec faible, mari et père de famille ordinaire qui n'a probablement pas dû se battre depuis le CE1 face à trois mecs aux mines patibulaires et aux allures de redneck? Le pire c'est qu'en matant le film on peut certes critiquer son attitude mais je suis sûr que la plupart des gens réagiraient plus ou moins comme lui. C'est un mec normal en fait, qui croit qu'il peut s'en tirer en parlementant. Un mec normal. C'est ce qui est limite triste. Beaucoup de gens penseraient être moins lâches mais en vérité... Bon perso ça risquerait peut-être moins de m'arriver vu mon tempérament et le fait que j'ai toujours un club dans mon coffre (alors que j'ai jamais fait de golf). J'avais aussi une barre de fer sous mon siège mais ma femme l'a virée en nettoyant la voiture. Faudra que je pense à la remettre. Paradoxalement, je ne suis pas quelqu'un de violent. J'ai peut-être juste été un peu trop exposé à la violence quand j'étais ado. Enfin bref, chacun voit midi à sa porte.

     

     

    Tony (Jake Gyllenhaal), un père de famille ordinaire en plein cauchemar

     

     

     Pour en revenir au film, tout au long du métrage, et de la lecture du roman par Susan, on découvre l'histoire que raconte ce fameux manuscrit, de la même manière qu'on découvre en parallèle l'histoire de ce couple déchu. Qu'est-ce qui bouleverse autant Susan? Le livre est-il autobiographique? A-t-elle été violée? Que s'est-il passé pour qu'ils en viennent à se séparer et se perdre de vue si longtemps? J'en dis pas plus pour ne pas gâcher le suspense. Toujours est-il que l'histoire est plutôt bien amenée.

     

     

    Ray Marcus (Aaron Taylor-Johnson), un redneck totalement instable

     

     

     

     Je ne connais pas le roman d'origine (ni même l'auteur d'ailleurs, Austin Wright, un écrivain reconnu chez eux), mais le film doit une grande part de sa réussite aux codes du film noir avec lesquels il joue allègrement: musique hitchcockienne, hommes violents ou victimes, manipulateurs ou naïfs, femme fatale, personnages troubles voire ambigus, avec une grande part d'ombre, un passé mystérieux qui se révèle progressivement. Je dis bien "il joue"car le film en lui-même n'est pas vraiment un film noir, ni même un drame ou encore un "rape-and-revenge" mais plutôt un peu tout ça à la fois, et même un peu plus. Toute cette histoire est illustrée par une mise en scène à la fois sobre et classieuse.

     

     

    Bobby Andes (Michael Shannon), un inspecteur sur le déclin

     

     

     

    Niveau interprétation c'est top comme on pouvait s'y attendre. Le toujours très bon Jake Gyllenhaal prête une fois de plus son visage anguleux et ses yeux caverneux d'insomniaque à un film nocturne. Le toujours très fringant Armie Hammer est évidemment à l'aise dans le rôle du beau gosse de service même si je ne l'avais pas reconnu en brun. Aaron Taylor-Johnson, qui a bien changé depuis Kick-Ass, est également très bon à tel point que je ne l'avais pas reconnu non plus. Quant à Michael Shannon, bah c'est Michael Shannon quoi. Mais c'est surtout Amy Adams (42 ans déjà!) qui porte le film. Je n'avais jamais calculé cette actrice jusqu'au jour où j'ai vu American Bluff (où elle avait un faux air de Nicole Kidman). Et même si c'est surtout Jennifer Lawrence qui m'avait bluffé (sans mauvais jeu de mots), je l'avais vraiment trouvée très bonne. Pour le reste de la distrib, RAS si ce n'est qu'on n'y prête presque plus attention. J'exagère à peine mais à y regarder de plus près, Nocturnal Animals est quand même le film de ses deux acteurs principaux, et l'histoire de deux personnages liées par un passé commun des plus troubles.

     D'ailleurs le titre lui-même n'est pas anodin, comme en témoigne ce plan final renvoyant à Nighthawks, le célèbre chef-d'œuvre d'Edward Hopper, tableau illustrant le mystère qui plane autour d'un couple attablé dans un restaurant en pleine nuit.

     

     

     

    Susan (Amy Adams), un bel oiseau de nuit

     

     

     

    Pour faire bref, Nocturnal Animals c'est bien, c'est beau, c'est bien écrit et doté d'un dénouement bien plus malin que la plupart des films noirs. Un beau film sur la nature humaine, le pardon, le changement. C'est aussi un peu une histoire assez proche de CE FILM finalement, mais en réussi et donc en carrément moins con. En plus Tom réussit à placer une ou deux paires de lunettes dans le film. Je vais peut-être me l'acheter tiens.

     

    Très bon film.

     

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  •   Quand tu as terminé ton roman

     

     

     

     

     

     

    Quand tu te rends compte qu'il a encore besoin de réécritures

     

     

     

    J'avais pas capté mais le dernier article posté dans cette rubrique date de... 2015!!

    Dans l'absolu cette section n'a donc plus vraiment lieu d'être puisque je n'ai jamais mis en évidence les quelques travaux que j'ai pu faire. J'ai pourtant écrit des trucs mais je ne sais pas comment les mettre en valeur dessus. Enfin bon je laisse la section ouverte. On verra bien pour le reste.

    A la fin du mois de novembre dernier, ne supportant plus de galérer sur mon projet, je me suis imposé une deadline en m'obligeant à terminer mon roman avant la fin de l'année 2016. Ayant absolument voulu m'y tenir, je me suis sorti les doigts comme on dit et j'ai mis la seconde (il me restait le "dernier acte" à écrire).

    Alors oui je peux l'annoncer non sans fierté mais j'ai enfin terminé le premier jet de mon "roman",et dans les délais (le 31décembre à 2h du matin, soit environ 22 heures avant l'année 2017). Alors oui premier jet ça veut logiquement dire que j'en suis encore loin mais j'ai déjà effectué des réécritures en cours de route alors ça me motive un peu à rendre ma copie.

     

    A la lecture dudit premier jet, je suis étrangement resté mitigé. D'un côté je suis relativement fier de moi dans le sens où je trouve qu'il est assez bien écrit. Parce que le style est toujours quelque chose de délicat à appréhender, on a parfois envie d'écrire mieux que la moyenne et en même temps on doit se forcer à trouver les mots et formulations qui véhiculeront ce qu'on a envie de dire tout en évitant de faire de belles phrases pour les belles phrases . De se regarder écrire quoi. C'est un équilibre très délicat donc. Quoi qu'il en soit, en le relisant je n'ai pas trop l'impression d'être tombé dans ce genre de travers. Malgré tout en regardant l'histoire que je savais simple depuis le début je me dis parfois: "tout ça pour ça?" Est-ce que l'histoire méritait-elle d'être racontée? Je ne sais pas. Et ça, ça fait chier. Quoi qu'il en soit je suis globalement assez fier de moi, ne serait-ce que parce que je l'ai écrit jusqu'à la fin, même si je sais qu'il y a encore des choses à modifier pour que le résultat corresponde vraiment à mes intentions de départ. En fait avec le recul et les nombreuses relectures (j'ai commencé cet article début janvier), je trouve que l'histoire tient plutôt la route et qu'il est plutôt bien écrit. Je sais ça peut faire prétentieux de dire ça mais quand je compare à tous les trucs que j'ai pu lire je trouve que l'écriture est plutôt pas mal.

     

    Maintenant j'espère que je mettrai pas six ans parce que ça commence à me souler un peu et j'ai hâte de passer au suivant, mais en même temps le bâcler maintenant reviendrait à avoir perdu mon temps. Pas le choix il va falloir me faire violence.

    Ensuite il faudra que je démarche les maisons d'édition mais ça c'est une autre histoire. Chaque chose en son temps.

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    Le Pain Nu raconte l'histoire de Mohamed Choukri, un jeune Riffain, dans le Maroc des années 50, à l'aube de l'indépendance du pays. De son enfance misérable à son entrée quelque peu violente dans le monde des adultes, l'auteur nous livre un roman autobiographique très cru et à travers celui-ci nous décrit un pays en proie à une effervescence à tous les niveaux.

     

     

    Oui il s'agit bien des mémoires de Mohamed Choukri, un écrivain marocain très célèbre justement pour ce livre. Si Le Pain Nu est un livre important comme le souligne le grand Tahar Ben Jelloun (qui a traduit le livre en français), c'est parce qu'il a une place à part dans l'histoire de la littérature du Maghreb.

     

    Mohamed Choukri

     

     

    En effet personne avant Mohamed Choukri n'avait osé décrire le Maroc de cette période comme lui. Un pays musulman en apparence où néanmoins tous les accès à la débauche sont permis. L'alcool, la drogue. Le sexe. Le sexe élevé au rang d'institution dans ce pays où la misère et les mœurs poussent un nombre incalculable de jeunes filles (et de garçons) à la prostitution. On se doute bien qu'il a fait scandale à l'époque et a été interdit dans les pays arabes (il a été édité pour la première fois en anglais).

     

     

    Dans ce livre très cru, Mohamed Choukri nous raconte son enfance à l'époque où toute la  région du Riff est en proie à une famine restée dans les mémoire, l'exil, la faim. Il nous décrit sa famille d'une pauvreté absolue, et sa relation conflictuelle avec son père, un homme mauvais sujet à des accès de violence terribles qui n'hésite pas à rouer de coup n'importe quel membre de la famille pour n'importe quel prétexte quitte à l'envoyer à l'hôpital, ou pire.

    Bon je sais pas si c'est parce que je sors de Méridien de Sang ou quoi mais j'ai trouvé que le livre était moins glauque qe prévu. Certes il y décrit quelques trucs bien sales comme quand il meurt littéralement de faim, ou encore quand il décrit le monde de la rue où les plus forts dominent (parfois sexuellement) les plus faibles... Mais je sais pas, je ne me suis pas spécialement senti mal à l'aise comme quand j'ai lu Partir de Tahar Ben Jelloun (qui contient quelques passages bien malsains). C'est probablement dû au ton du livre et au détachement avec lequel l'auteur nous décrit tout ça, avec un regard un peu enfantin qui m'a fait penser un peu au Gone du Chaaba, le très beau livre autobiographique d'Azouz Begag, ou encore à Pixote, le très beau film brésilien du regretté Hector Babenco. Mohamed Choukri n'est pas un saint, il a simplement appris à survivre par n'importe quel moyen dans un monde qui lui était hostile dès le début. De ce fait s'il livre un portrait sans concession du Maroc (qui choque moins aujourd'hui vu que le pays est un peu la Thaïlande de la Méditerranée), il ne s'épargne pas lui-même. D'abord fuyard, craintif, il devient voleur, violent, bagarreur, roublard et surtout obsédé. Le mec durant toute son adolescence ne pense qu'à ça. Sa découverte des filles, de la masturbation, du sexe, il y reviendra tout au long du roman. Ce qui nous permet de tomber sur des passages assez WTF où limite tu te demandes ce qui lui passe par la tête.

    Je vais m'arrêter là parce que le roman parle de lui-même.

     

    Bref à travers ce court roman (128 pages) Mohamed Choukri nous décrit le Maroc à la manière d'une espèce de Babylone des temps modernes, mais également son enfance, les malheurs et les épreuves qui l'ont façonné et lui ont permis à lui, l'enfant misérable et illettré, de devenir le grand écrivain que l'on connait.

     

    Un très beau livre

     

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    En attendant (ou pas) la sortie prochaine de l'adaptation live de Ghost In The Shell que je prédis bien claquée (notez bien, je l'ai dit), qu'Est-ce qu'il y a à se mettre sous la dent au ciné? Alors voyons voir... Lion, le sous-titre: "si vous avez aimé Slumdog Millionnaire, vous adorerez Lion". Traduction: si vous avez aimé le film avec les Indiens pauvres, vous adorerez le film avec les Indiens encore plus pauvres. Mouais, pas convaincu. Peut-être plus tard, next. L'Everest? Je viens de St Denis mais faut pas abuser hein... Les Derniers Parisiens? Ah ouais le film des mecs de la Rumeur, ça me dit bien mais dommage qu'il ne passe plus qu'à l'autre bout de Paris et que mon pote l'ait déjà vu. Peut-être plus tard, next. John Wick 2, mon pote l'a vu (il fait chier lui). Split? Pourquoi pas ma foi?  La prochaine séance est trop tard, dommage. Bon bah le choix est plus rapide que prévu en fait.

     

     

     

     

     

     

    Résumé Wiki:

     

    Chad Cutler, qui vit de combines en tout genre organisées par son père, tente d'échapper à son emprise afin d'offrir une vie meilleure à ses enfants.

     

     

     

     

     

     

    Bon en vrai je sais j'ai rien à dire sur ce film.

    Je sais j'ai déjà écrit ça plusieurs fois pour ensuite déblatérer pendant 10 pages mais là pour le coup c'est vrai. C'est tellement  vrai qu'après être sortis de la salle avec mon pote, on s'est posé à une terrasse pour bavarder pendant une heure sans jamais évoquer une seule fois le film. C'est fou ça...

     

    On suit les (més)aventures de Chad Cutler, cousin éloigné de Brad Pitt de Snatch, manouche et sale faible de son état. Pour faire simple il n'y a absolument rien de nouveau dans ce film: une famille de criminels, un rapport de force entre deux membres de la famille (ici le patriarche et son fils), un engrenage... Bref que du vu et revu. Je pourrai en sortir une pelletée des films qui exploitent déjà ce filon (Little Odessa, The Yards, Pusher 2, Les Ardennes, El Clan, Animal Kingdom...). D'autant plus qu'au delà du rapport de force entre Colby et son fils Chad, il ne se passe vraiment pas grand chose. Est-ce que ça justifie pour autant les nombreux spectateurs qui ont quitté la salle en cours de route? Pas vraiment... 

     

     

    Chad (Michael Fassbender) qui s'imagine déjà dans son pavillon (ou derrière les barreaux, c'est selon)

     

     

    En fait, je trouve que le film est assez mal vendu. En effet à voir la BO on pourrait croire à un truc plus nerveux, amenant inexorablement à une spirale au niveau de la violence alors qu'en fait non. A la place on a droit à une chronique familiale, chez les Gitans certes mais une chronique familiale quand même. Alors oui ce sont des criminels, oui il y a une histoire de casse etc mais c'est limite si on s'en branle.

     

     

    Colby (Brendan Gleeson) et Chad: tu seras un homme, mon fils

     

     

    C'est un parti pris comme un autre mais bon c'est dommage n'ait pas totalement choisi cette voie là (ou alors l'autre) parce qu'au final le résultat a un goût d'inabouti. C'est d'ailleurs d'autant plus dommage que le portait de cette communauté est plutôt réussi et les membres de la famille sont assez touchants à leur manière.

     

     

    Kelly (Lindsay Marshal), la femme de Chad, qui ne supporte plus cette vie de manouche 

     

     

    D'un point de vue formel, le film est plutôt bien foutu. La mise en scène est assez réussie (notamment une scène de traque plutôt bien tendue), la photo est plutôt belle, et bénéficie des décors naturellement photogéniques de la campagne. Vu que le films est anglais, on ne va pas revenir sur  interprétation. Je dirais juste que Michael Fassbender est un acteur que j'aime bien et qu'hormis Assassin Creed (qui a dû lui ramener un bon biff), je trouve qu'il choisit des rôles assez intéressants (Hunger, Shamed, Fish Tank). Ici malgré sa tête de beau gosse, il reste très convaincant dans son rôle de manouche illettré et de sale faible. Brendan Gleeson qu'on ne présente est comme impeccable d'habitude en patriarche manipulateur et charismatique. Et puis on notera la présence du sympathique Rory Kinnear (les derniers James Bond) qui  n'est plus forcé d'enculer un cochon (ceux qui ont vu Black Mirror auront compris). Quant à la BO, elle est signée The Chemical Brothers mais elle ne m'a pas marqué plus que ça.

     

     

     
    Peter Lovage (Rory Kinnear), un flic qui connait bien la famille Cutler

      

     

    Bref sans être un grand film, ni même un vrai bon film, Trespass Against Us (le titre original) est une petite chronique sociale assez sympathique et intéressante (malgré une fin un peu bâclée) qui aurait gagné à être mieux développée. Enfin c'est toujours mieux que chez nous où on nous sort encore des comédies avec des Roms chez les bourges (mon dieu...)

     

    Vive la France hein.

     

     

     

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    Depuis le temps que je voulais le lire celui-là:

     

     

     

     

    Résumé:

     

    Dans les années 1850, un gamin de quatorze ans part au Texas rejoindre une bande de chasseurs payés pour exterminer les Indiens. Au milieu du désert, la loi n’existe plus. À ce jeu de massacre, seuls survivent ceux qui parviennent à éveiller la plus profonde et la plus intime sauvagerie... Avec cet anti-western basé sur des faits réels, l’auteur nous livre l’un de ses plus grands romans: noir, lyrique et violent.

     

     

     

    Putain, ce livre...

    Cela doit faire environ 6 ans que je voulais le lire. A l'époque où je lisais La Route j''avais rencontré un collègue inconditionnel qui avait lu tous les romans de Cormac McCarthy et m'avait vanté celui-ci avec ferveur. Du coup il m'avait intrigué, mais bon ma liste est longue et le temps a suivi son cours..

    Cormac McCarthy, l'auteur donc, est loin d'être un inconnu. En plus d'être considéré comme un des plus grands auteurs américains contemporains, le grand public le connait directement ou indirectement via les films comme La Route et surtout No Country For Old Men qui sont adaptés de ses romans (il y a aussi De Si Jolis Chevaux et Child of God). On va passer sur sa bio, simplement rappeler encore une fois qu'il a obtenu le prestigieux prix Pullitzer en 2006 pour La Route roman que j'avais personnellement adoré.

     

     

    Cormac McCarthy

     

     

     

    Je ne pense pas qu'on puisse faire un meilleur résumé du roman que le résumé de l'édition actuelle (celui que j'ai mis) tant le roman ne ressemble à rien d'autre que j'ai vu ou lu sur l'ouest américain. Partant d'un authentique fait divers (le massacre de Yuma perpétré par le gang Glanton), et de la vie de plusieurs personnalités de l'époque, Cormac McCarthy a alors développé une histoire qui entretient finalement peu de liens avec le far-west tel qu'on l'imagine en général. C'est que quand on a grandi avec les Western de John Wayne et les BD de Lucky Luke, on a du mal à imaginer la violence et la sauvagerie qui ont dû accompagner les conflits de l'époque.

     

     

    D'ailleurs, même au-delà de la violence, à voir la couverture actuelle (et que j'ai postée en haut), on pourrait croire à un banal western alors qu'il n'en est rien. Mais alors vraiment rien. Et personnellement je trouve que cette couv américaine ci-dessous est bien plus proche de la note d'intention de l'auteur.

     

     

     

     

     

    En effet il y a un côté un peu apocalyptique qui à la vue de cette image m'a rappelé Apocalypse Now, avec le Gamin dans le rôle du capitaine Willard (Martin sheen) et le Juge dans celui du colonel Kurtz (Marlon Brando). Je ne sais pas si je suis clair où s'il faut vraiment avoir lu le bouquin pour comprendre mais j'ai trouvé un parallèle pas vraiment injustifié.

     

     Enfin bref,

     

    Rarement un bouquin m'aura secoué comme celui-là. Y a quelques temps je disais que je ne pouvais plus trop mater de films dérangeants et/ou déprimants. Au niveau de la littérature, j'avais cru comprendre que les romans de Jack Ketchum par exemple étaient relativement glauques et malsains niveau violence etc. Cependant, même si j'avais lu La Route (qui est déjà pas mal dans le genre), je ne pensais pas que les autres romans de McCarthy étaient aussi glauques.

     

    Il faut savoir que Cormac McCarthy a passé près de vingt ans à écrire Méridien de Sang, vingt ans  durant lesquels il a effectué de nombreuses recherches sur le Far West de l'époque, les modes de vie ainsi que sur les personnalités historiques comme Samuel Chamberlain ou Joel Glanton qui ont directement inspiré les principaux  protagonistes du roman.

     

     

    Méridien de sang n'est pas un livre facile d'accès. Il y a tout d'abord le style de l'auteur. J'ai peut-être lu La Route il y a trop longtemps pour m'en souvenir mais Cormac McCarthy a vraiment une écriture particulière. Très poétique,  McCarthy use et abuse des métaphores à gogo pour imager pratiquement n'importe quelle description ou n'importe quelle action des protagonistes. En gros il y en a quasiment à chaque phrase. Les phrases tiens parlons-en. McCarthy est généreux en mots mais avare en ponctuation. En résulte des phrases  longues, voire très longues dont le style m'a rappelé un peu le Faulkner façon le Bruit et La Fureur.

     

     

    Tiens un exemple:

     

    C'était partout des chevaux renversés et des hommes qui se débattaient et il vit un homme assis qui chargeait son fusil pendant que le sang lui giclait des oreilles et il vit des hommes qui tenaient à la main leurs revolvers démontés et tentaient de mettre en place les barillets chargés qu'ils portaient avec eux et il vit des hommes à genoux basculer et empoigner leur ombre sur le sol et il vit des hommes transpercés d'un coup de lance et saisis par les cheveux et scalpés debout et il vit les chevaux de guerre piétiner les hommes tombés à terre et un petit poney à la face blanche et à l'œil glauque émergea du brouillard et le menaça d'un claquement de mâchoire comme un chien et disparut.

     

    ou encore, sur la même page:

     

    Ceux-ci conduisant maintenant une frise endiablée de chevaux lancés tête en avant avec leurs yeux révulsés et leurs dents limées et de cavaliers nus avec des gerbes de flèches serrées entre les mâchoires et leurs boucliers qui étincelaient dans la poussière et revenant dans un piaulement de flûtes d'os des rangs déchiquetés en se laissant glisser le long de leurs montures le talon suspendu à la longe de garrot et leurs petits arcs tendus par-dessus l'encolure allongée des poneys jusqu'au moment où la compagnie fut encerclée et ses rangs coupés en deux puis se redressant comme des mannequins de foire, certains avec des figures de cauchemar peintes sur la poitrine; piétinant les Saxons démontés et les transperçant et les assommant et sautant de leurs montures avec des couteaux et trottant curieusement de-ci de-là sur leurs jambes torses comme des créatures contraintes à d'étranges modes de locomotion et arrachant aux morts leurs vêtements et les saisissant par les cheveux et passant leurs lames autour des crânes des vivants comme des morts et levant bien haut les sanglantes perruques et tailladant et tranchant dans les corps dénudés, déchirant des membres, des têtes, vidant les bizarres torses blancs et brandissant de pleines poignées de viscères, d'organes génitaux, quelques uns parmi les sauvages tellement imprégnés de matière sanglantes qu'ils semblaient s'y être roulés comme des chiens et d'autres qui se jetaient sur les mourants et les sodomisaient en poussant de grands cris à l'adresse de leurs compagnons.

     

     

     

     



    Ah ouais quand même. Moi qui me foutais de la gueule de James Lee Burke, j'ai été servi. Je sais d'où il tient son inspi maintenant.

     

    D'autre part, le fond en lui même n'aide pas forcément à appréhender le roman. L'histoire, qui ressemble plus à une errance sans fin, est jalonnée de personnages froids, monolithiques, pour la plupart antipathiques (il n'y a aucun personnage féminin) et en proie à une barbarie peu commune. J'avoue que j'ai eu un peu de mal à entrer dans le bouquin. Pourtant, après quelques temps la magie opère et on suit avec intérêt les pérégrinations du Gamin errant au gré de ses rencontres dans un monde au paysage désertique lunaire,  peuplé de rares êtres humains, blancs et indiens, mexicains et américains, tous revenus à l'âge de pierre. Tous sauf le Juge, un homme "autre" et hors du temps, presque surnaturel. Un des  personnages les plus intrigants et effrayants qu'il m'ait été donné de découvrir dans un bouquin.

     

    Bref, Méridien de Sang est un livre difficile à tous les niveaux, une espèce de Mad Max version Californie du 19ème siècle ultra violent et glauque, voire malsain (quand les  personnages touchent le fond, ils ne le touchent pas à moitié), mais qui est à la hauteur de sa réputation et vaut grandement le coup si tant est qu'on ait le cœur bien accroché.

     

     Je me demande néanmoins dans quel état on peut être à l'intérieur pour pondre un truc pareil. Je vais tout de même attendre un peu avant de me faire les autres.

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