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    Bon on redescend d'un cran et on revient en terrain grand public.

     

     

     

    Bon vu que j'arrive après la guerre et que j'ai pas grand chose à dire dessus je ne vais pas m'éterniser dessus.

     

    Mine de rien, j'ai beau dire et redire que j'en ai rien à carrer des super-héros, force est de constater que j'ai vu pratiquement toutes les adaptations Marvel et DC. J'ai dû rater les "premiers" de la mouvance à l'époque (Green Lantern, les 4 Fantastiques précédente et nouvelle version etc.) mais il me semble que j'ai dû voir 80% des autres même en DivX ou à la télé (même les daubes comme Elektra et Dardevil). De mémoire j'ai dû rater le deuxième Hulk, le 2ème Avengers, le 3ème Captain America, les derniers X Men et c'est tout. En fait le truc c'est que hormis quelques exceptions comme les Gardiens de la Galaxie j'y vais toujours par dépit, faute de film intéressant et consensuel à  la séance où je vais au ciné.

     

    Le résumé:

     

    Stephen Strange, un éminent neurochirurgien prétentieux et égocentrique, ne vit que pour son besoin de marquer l'histoire de la médecine. Malheureusement, un accident de voiture stoppe brutalement son ascension vers la gloire. Ruiné et incapable d'exercer, il finit trouver le salut auprès d'un moine mystique retiré au fin fond du Népal. A force d'entrainement, d'humilité et de persévérance, il parvient à développer des facultés surnaturelles. C'est alors qu'il apprend qu'un ancien élève s'est emparé de certains écrits capables de mener le monde à sa destruction.

     

     

     

     

     

     

     

    Y a quelque chose d'assez impressionnant et en même temps d'effrayant dans la capacité de Marvel à sortir des blockbusters à la chaîne depuis le rachat par Disney. C'est simple, là où avant on avait un super héros par an, aujourd'hui c'est un par trimestre, voire deux quand DC et Marvel veulent se la jouer au coude à coude. Et voir Superman Spider-Man et leurs potes occuper la moitié de l'espace cinématographique me met assez mal à l'aise par rapport à l'image que j'avais avant du cinéma, j'ai un peu l'impression que Disney a littéralement fait une OPA sur tout un marché et toute une culture. La démarche rouleau compresseur est déjà assez dure en elle-même mais là où elle devient insidieuse, et là où Marvel a été plus rapide que DC, c'est dans la volonté de Disney à mettre en avant des personnages relativement mineurs comme les Gardiens de la Galaxie ou même Ant-Man(encore qu'il fait partie des Avengers donc il doit pas être si mineur que ça). En ajoutant à ça l'introduction d'un personnage extérieur à l'histoire à chaque générique de fin, cela leur permet de créer petit à petit une corrélation entre tous les films et de recréer une grosse partie de la mythologie Marvel, ce qui est évidemment plus efficace que de miser sur une franchise unique qui s'essoufflera bien plus rapidement (comme Spider-Man dont Sony ne sait plus trop quoi faire à part le prêter à Disney justement, on n'est pas loin du mercato footballistique dans le principe). Je suis sûr qu'ils sont en train de faire la même chose avec la franchise Star Wars. D'ailleurs je viens de voir sur Wiki que ce projet a même un nom et une structure: le MCU (pour Marvel Cinematic Universe). Un jour Disney contrôlera le monde. Le Nouvel Ordre Mondial approche.

     

    Pour en revenir au film qui nous "intéresse", bah rien de neuf sous le soleil. D'un point de vue scénaristique, on n'est pas loin du récit initiatique: le héros est soit un pouilleux, soit un mec imbu de lui-même (c'est le cas ici), il lui arrive une couille, il choppe des pouvoirs, apprend à s'en servir grâce à un mentor poursuit une cause pour vaincre le grand méchant et ainsi sauver le monde (comme dans quasi tous les films de super héros en fait). Rien que du très convenu.

     

    Stephen Strange (Benedict Cumberbatch), un chirurgien de génie qui a tout perdu

     

     

     

    En fait la particularité réside dans le traitement. Déjà l'introduction est relativement longue et sobre pour un produit de ce genre, avec un background dudit Dr Strange assez étoffé. Part la suite on entre dans le vif du sujet de manière assez convenue comme indiqué dans le paragraphe ci-dessus. Pas de grosse surprise au programme donc si ce n'est un visuel assez intéressant et original dans une certaine mesure. En effet difficile de ne pas penser à Inception avec ces combats "pluridimensionnels", et même à Avatar (le très bon dessin animé, par le film pourri de Shiyamalan ou celui de Cameron) avec un personnage ressemblant étrangement au jeune Wang.

     

     

     

     "L'Ancien" (Tilda Swinton) qui vient de révéler à Strange son corps astral

     

     

     

    Cependant le film reste à mon sens une petite curiosité ne serait-ce que par son casting atypique (et trois étoiles) pour ce genre de film: Benedict Cumberbatch en tête mais pas seulement. Hormis Rachel McAdams et Benjamin Bratt, dans la distrib on peut trouver mon Nigerian sûr Chiwetel Ejiofor, Benedict Wong que j'ai vu dans la moitié de sa filmo mais que je ne reconnais jamais, et surtout Tilda Swinton qui volerait presque la vedette à Benedict en termes de visage étrange. Mais le plus étonnant reste la présence assez improbable de Mads Mikkelsen en antagoniste doté de pouvoirs mystiques.  Non mais sérieux c'est un casting de Marvel ça? Bah faut croire apparemment. Et même si finalement Crumberbatch est crédible (après tout il a joué dans Sherlock, très bonne série au passage), j'ai eu du mal à prendre Mads Mikkelsen au sérieux tellement il a rien à foutre là. Mads Mikkelsen quand même putain! 

     

     

     

     
    Mads Mikkelsen, dégoûté d'avoir touché un gros chèque pour le rôle de Kaecilius
     

      

     

    De toute façon quand tu mates la filmo des protagonistes tu te dis qu'ils ont tous dû toucher un putain de gros biff pour y participer à ça c'est sûr. Une action se situant à Londres, des acteurs "européens" (4 Anglais et un Danois), il y a probablement une volonté d'apporter un cachet un peu européen, élever un peu  le niveau. Possible. C'est une note d'intention honorable, mais bon dans tous les cas ça reste un Marvel hein. On sait qu'on est pas devant le dernier Ken Loach (que j'ai raté d'ailleurs). Enfin c'est plutôt bien foutu pour un film de cet acabit donc le contrat est rempli.

     

     Un bon Marvel, mais un Marvel quand même...

     

     

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    Il y a des films comme ça qui sont précédés d'une certaine réputation sulfureuse...

     

     

     

    Je ne sais pas pourquoi mais rien que cette affiche me donnait froid dans le dos. Je trouve qu'elle a un côté un peu crade et glauque. On dirait un aperçu de l'enfer. D'ailleurs je la préfère à l'autre bien plus belle mais plus sobre. Là on est dans le vif du sujet.

     

     

    Résumé:

     

    1942: Biélorussie. Alors que les troupes allemandes envahissent les villages environnants, Fiora, un adolescent de 15ans trouve un fusil dans un terrain jonché de cadavres. Il le récupère et rentre chez lui annoncer à sa mère sa ferme intention de rejoindre les maquisards. Emmené par des soldats, le voici en chemin. Il est pourtant d'imaginer les horreurs auxquelles il va bientôt être confronté. 

     

     

     

     

     

     

    Je ne sais pas si je l'ai déjà dit mais je ne suis pas fan des films dits dérangeants, et/ou déprimants. Je n'ai plus le moral assez solide pour visionner des trucs trop durs ou extrêmes, autant physiques que psychologiques. J'ai dû mettre un an avant de me forcer à voir Snowtown (beau film australien adapté d'un fait divers sordide), peut-être plus de temps encore avant de voir Boat People dont je parle ICI alors que j'ai cherché le film pendant près de 15ans. Pour celui-ci, j'ai pratiquement attendu deux ans tellement je n'arrivais pas à me motiver à le mater. Et finalement vendredi soir à minuit passé (samedi matin donc), alors que je n'étais pas spécialement disposé, j'en ai eu marre de mater des séries Netflix à la con qui ne m'apportaient pas grand chose  (Marco Polo, Expense, Sense8 etc.) et me faisaient davantage penser que je perdais mon temps, alors j'ai lancé ce film. Au départ, j'étais à deux doigts de fermer l'œil mais finalement le film est si intense que j'en ai fait une nuit blanche.

     

     

    Apparemment la genèse du projet a été plutôt difficile. Le projet porté par le réalisateur Elem klimov et le scénariste Ales Adamovitch (qui a adapté son propre roman) a été annulé et mis au placard près de dix ans avant d'être ressorti à l'occasion des quarante ans de la victoire russe. Le tournage lui-même a parait-il été extrêmement difficile. Je veux bien le croire. Dans tous les cas, l'attente a été bénéfique au film au vu du résultat.

     

     

    Fiora (Alexei Kravtchenko), le benêt s'en va-t-en guerre

     

     

     

    Alors oui, le film est bien plus dérangeant que la majorité des films de guerre jouant de manière très intelligente avec la suggestion et la violence frontale. Mais ce serait idiot de le réduire à ça. A l'inverse du titre français quelque peu racoleur, le titre original et le précédent illustrent assez bien la note d'intention d'Elem Klimov. En effet, le projet s'appelait au départ Tuez Hitler, mais l'administration a émis un veto sur l'utilisation de nom "Hitler", et Elem Klimov et Ales Adamovitch ont opté pour un nouveau titre: Idi i smotri (Viens et Vois, inspiré d'un chapitre de l'Apocalypse dans la Bible). Effectivement, à l'image du narrateur de l'Apolcalypse, Fiora le héros, et le spectateur par ricochet, est invité à découvrir par lui-même la réalité de la guerre: le maquis, la faim, la peur, la mort, la cruauté et la folie des humains. De la manière, Tuez Hitler, le premier titre, nous exhorte à nous rappeler que Hitler est avant tout un être humain et que le mal est en chacun de nous. 

     

    Peuplé de gros plans dérangeants de personnages qui nous interpellent comme s'ils nous demandaient de l'aide ou nous obligeaient à être témoins de diverses atrocités, le film n'est jamais complaisant avec le spectateur. Pire il prend même par moments des allures de films d'horreur comme avec cet avion presque anodin au début du film qui progressivement se manifeste comme un oiseau de mauvaise augure. Et comme on n'est pas chez Spielberg le film n'est pas illustré d'une musique donnant dans le pathos mais d'une bande sonore et un mixage parfois très étranges accentuant le malaise de séquences à la fois oniriques et cauchemardesques. 

     

     

     

    Une victime des horreurs de la guerre

     

     

     

     Au niveau de l'interprétation, le film est relativement pauvre en dialogues, et repose bien plus sur l'aura dégagée par les acteurs que par leur composition. Et c'est bien sa force. D'ailleurs, à ce titre le film est rempli de gueules bizarroïdes, bien effrayantes comme de la mystérieuse Glacha et son visage à la fois beau et horrible selon l'instant.

     

     

     

    Glatcha (Olga Mironova), une étrange partisane

     

     

    Par ailleurs pour plus d'authenticité Elem Eliankov a déniché de véritables survivants des bûchers humains perpétrés par les nazis. Et toujours pour des raisons de réalisme (ou parce qu'il n'y avait pas de boîtes d'effets spéciaux à l'époque) Elem Klimov a utilisé de vrais obus et de véritables mitrailleuses tirant à balles réelles, découpant une vache en route (!!).

    A ce propos, il faut tout de même souligner la performance de Alexei Kraventchko dans le rôle de Fiora dont le visage évolue de manière assez étrange tout au long du film. D'ailleurs je viens de lire sur Wiki qu'ils ont engagé un psy pour lui permettre de supporter la pression psychologique vu qu'il a failli y passer en même temps que la vache en question. Etrangement, ça ne l'a pas empêché de remettre le couvert vu que sa carrière est majoritairement faite de rôles de soldat. Sacrés Ruskov

     

     

     

    Fiora, qui a vu des "choses"

     

     

    Il serait facile de limiter ce film à un réquisitoire anti nazi, ceux-ci apparaissant comme des monstres sans foi ni loi. Pourtant Requiem Pour un Massacre est un réquisitoire contre la violence et l'horreur de la guerre, qu'elle soit commise par des Allemands, des Russes ou qui que ce soit.

    Jusqu'au-boutiste dans ses intentions et sa description, Requiem Pour un Massacre est un film qui ne fait pas dans la demie mesure mais c'est également une expérience sensorielle belle et intense, un voyage en enfer.

     

    Un film qui ne laisse pas indifférent.

     

     

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    Résumé:

     

    La famille de Ben n'est pas une famille comme les autres. Avec ses 6 enfants, il vit en autarcie dans la forêt, et leur enseigne une éducation très pointue dès le plus jeune âge. Mais surtout il leur apprend à  se défendre et  à survivre en territoire hostile. Son petit monde bascule cependant lorsque Ben apprend que sa femme hospitalisée de longue date vient de mourir. Il se voit dès lors confronté entre choisir d'obéir à un beau père qui le déteste ou aller au Nouveau-Mexique assister à des funérailles où il n'est pas le bienvenu.

     

     

     

     

     

    Curieuse histoire que cette description d'une famille entre les Robinson suisses et Delajungle (!!) vivant dans l'état de Washington (!!). A la vue des séquences d'entrainement je me suis senti partagé en le sentiment de trouver ça cool et complètement aberrant.

     

     

    L'entrainement quotidien (et intensif) de la petite famille

     

     

    Le film permet de poser un questionnement habile autour d'un idéal d'éducation de nos marmots. En effet ceux de Ben sont à la fois plus forts, plus endurants, plus intelligents et avancés que la plupart des enfants de leurs âges mais paradoxalement leur isolement les rend presque inadaptés au monde moderne.

    Dès lors, leur voyage en "ville" et la confrontation avec la sœur de Ben et sa famille (apparentée à des Américains moyens) dénote le fossé qui les sépare. Aux enfants accrocs aux jeux vidéos, mal élevés et pratiquement incultes du fait du laxisme de leur éducation par des parents aimants mais plus ou moins démissionnaires et sans réelle ambition pour leur progéniture, s'oppose une fratrie ultra brillante, à la discipline quasi militaire dont le plus bel exemple et la benjamine qui connait déjà les fondements politiques des Etats Unis.

    A l'image de Vespyr lorsqu'elle nous décrit son ressenti sur le roman Lolita de Nabokov, le héros n'est jamais antipathique. Malgré ses maladresses, son obsession pour la survie et l'éducation de ses enfants, on n'éprouve jamais d'antipathie pour Ben, quand bien même ce qu'il inflige à ses enfants peut parfois être assimilé à de la maltraitance. Car dans le fond malgré son déni, on voit bien que tout ce qu'il entreprend c'est pour le bien de ses enfants.

    Loin de taper dans la sensiblerie à deux balles, le film, assez Sundance au demeurant, souligne intelligemment la personnalité de ce père de famille atypique aussi intelligent et libertaire, que contradictoire (il adule Noam Chomsky mais offre des armes à ses enfants comme un vulgaire partisan de la NRA). Complètement borderline, son personnage peut s'avérer bien barré lors de séquences bien hilarantes.

     

     

     
    Ben et sa famille sur leur 31 (sisi)

     

     

    Côté distrib c'est top: Viggo Mortensen, très à l'aise dans le rôle titre, nous prouve une fois de plus qu'il est un excellent acteur. Les enfants sont tous très bons. Frank Langella est également en beau père qui ne peut se résoudre à détester totalement un gendre qu'il estime perdu. Et puis personnellement ça me fait toujours plaisir de voir Steve Zahn ("DJ Davis" dans la série Treme). En même temps Matt Ross, le réal, a une longue carrière de seconds rôles (qui a la tête du mec qu'on voit souvent mais on ne sait jamais où), ce qui aide sensiblement pour la direction d'acteurs.

     

     

    Jack (Frank Langella), aux prises avec son insupportable gendre

     

     

     

    Au final Captain Fantastic est un film intelligent, et une belle histoire sur l'obsession d'un couple, puis d'un homme, de fonder une famille et de l'élever du mieux possible, loin des tares du monde moderne, et de les préparer aussi bien mentalement que physiquement à être forts pour affronter la société, oubliant que l'épanouissement d'un être humain passe principalement par l'expérience, et l'évolution au sein de ses pairs.

     

    Une petite perle qui révèle un réal et scénariste prometteur.

     

    Beau film

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    Quand tu as Free et que ton offre VOD se limite à Canal Play:

     

     

     

    Quand tu récupères un compte Netflix:

     

     

     

     

     

     

     

    Quand ta tablette tombe en rade:

     

     

     

     

    Fuck dat shit, j'ai pris la tablette de ma femme (après tout elle s'est pas privée pour squatter la mienne à longueur de temps).

     

    D'ailleurs c'est marrant en voyant le (gros) catalogue, je me rends compte qu'ils proposent 90% des animes dont j'ai pu parler. Comme quoi ils ont bon goût parce que Aijin par exemple je ne m'y attendais pas.

     

     

    Mais bon, revenons en à notre série.

     

    Quelque part à L.A en 2004, les super héros ont le vent en poupe:

     

     

     

    John (Singleton): Hey Tyrese!

    Tyrese: Yo John, quoi de neuf?

    - Yo j'ai un pur projet sur le feu.

    - Raconte mec.

     - Voilà je vais monter un projet qui me tient à cœur. Tu connais Luke Cage?

    - Le comic? Bah ouais.

    - Et bien je vais bientôt le monter. Tout est verrouillé. Et je veux absolument que ce soit toi dans le rôle titre.

    - Sérieux? Trop cool!

    - Ouais c'est bien parti. Faudrait juste que tu prennes disons 15kg de muscle pour le rôle. T'es partant?

    - 15kg? Euh tu m'as déjà fait prendre 10kg pour Fast and Furious 2. 

    - Je sais mais c'est Luke Cage mec! Ca pourrait devenir le rôle de ta vie!

    - OK mais t'es sûr que ça va se faire?

    - T'inquiète pas, le projet est déjà bouclé à 90% mec. Il manque que toi.

    - Et ça va se faire quand?

    - Je dirais le printemps prochain. Ecoute, on programme une sortie pour juillet 2005 au pire. tout est verrouillé mec!

     

     

     

    Douze ans plus tard...

     

     

     

     

      

    Croyez-le ou non mais le dialogue (imaginaire) du haut de la page est pourtant tiré de faits réels. Quiconque connait Tyrese l'a vu en playboy pas très costaud dans le sympa Baby Boy(de Singleton déjà). C'est devenu un des acteurs fétiches de Singleton qui avait réellement le projet d'adapter le comic. C'est ce qui explique la grosse prise de masse de Tyrese à l'époque. Bon bah il faut croire qu'ils se font fait niquer finalement... 

     

     

    Résumé wiki:

     

    Suite à une expérience qui lui a donné une force surhumaine et une peau indestructible, Luke Cage (né Carl Lucas) s'est réfugié à Harlem où il multiplie les petits boulots. Il va devoir choisir d'utiliser ou non ses pouvoirs pour combattre le crime. 

     

     

     

     

     

     

    Je ne sais pas si je l'ai déjà dit (écrit) mais je ne suis pas un très grand fan des trucs de super héros. Certes j'ai un peu grandi avec les Strange, tout ça, mais ça a nettement moins marqué mon enfance que Ken le Survivant ou les Chevaliers du Zodiaque. D'ailleurs les films de super héros, les séries, je m'en branle total. Surtout qu'en général les séries sont bien pourries: DC avec Arrow (la moins pire), Flash (nulle), Gotham (horrible) et Marvel avec Agents of Shield (bien naze). Alors bon on m'avait dit du bien de Daredevil et de Jessica Jones mais bon la flemme un peu. Pourtant Luke Cage m'intéressait fortement.

     

    En fait  Luke Cage en y regardant de plus près, ce n'est pas vraiment une série de super héros à proprement parler. Je veux dire que le héros a des pouvoirs certes, on a droit à quelques allusions discrètes aux Avengers, à Daredevil, au Caïd et au Punisher, mais c'est tout. Tout le reste n'est ni plus ni moins qu'une ode à tout un pan de la pop culture américaine (afro américaine précisément), et renvoie bien plus allègrement à l'âge d'or de la blaxploitation et au hip hop qu'à la mythologie de Marvel. Avec son héros à la fois tombeur (comme tout bon héros noir qui se respecte), et torturé, son ennemi fan de musique toujours tiré à quatre épingles digne d'un caïd de Sugarhill, ses belles meufs qui ponctuent la série, ces guests à gogo (Raphael Saadiq, Les Delfonics, Charles Bradley, Faith Evans Method Man pour ceux que j'avais reconnus, d'ailleurs je viens de voir dans Wiki qu'il y a même Heather B. Je sais pas où ils ont été la chercher elle putain), ses références au hip hop (à commencer par Biggie même s'il ne vient pas de Harlem), sa bande son bien cool entre rap tendance Wu Tang (on entend des morceaux du groupe ou de ses membres solo à plusieurs reprises) et Soul à l'ancienne façon Isaac Hayes période Shaft. Tiens d'ailleurs vu qu'on est dans le clin d'œil il est marrant de voir que tous les épisodes ont pour titre un morceau de Gangstarr.  Bon perso n'étant pas un super grand fan du groupe (alors que paradoxalement DJ Premier est un des mecs qui m'ont fait aimer le rap) je devais connaître le nom de quatre ou cinq titres max mais ça reste un clin d'œil marrant à un groupe emblématique.

     

     

    You Know My Steez

     

     

     

     

    Bref, côté référentiel les mecs ont mis le paquet. Le truc c'est qu'ils l'ont suffisamment bien fait pour que ça ne passe pas pour du fan service "black is beautiful" bidon. Non, ils ont fait un truc propre, presque réaliste, avec un héros qui rappelle plus le Hulk de Lou Ferigno que celui de Bana/Norton/Ruffalo. D'ailleurs loin d'être uniquement dans le surfait, la série n'en oublie pas de renvoyer aux problèmes sociaux comme les bavures à répétition qui touchent actuellement le pays .

     

     

    La jolie Misty Knight (Simone Missick), inspectrice intègre dans un monde de corrompus

     

     

    Côté distribution hormis deux-trois transfuges de The Wire (Frankie Faison et l'éternelle espoir Sonja Sohn, que j'avais découverte dans Slam, et qui n'a jamais dépassé les seconds rôles remarqués) et un ou deux acteurs "à tête" comme Mahershala Ali, je ne me souviens pas avoir déjà vu le reste de la distribution.

     

     

    Cottonmouth (Mahershala Ali), un ambitieux prêt à tout pour la couronne de Biggie

     

     

     

    Niveau interprétation, concernant le rôle titre, si Mike Colter n'a pas un charisme des plus impressionnants, il correspond finalement assez bien au personnage de boy scout bien relou et ringard qu'est Luke Cage (il se fait vanner dessus à plusieurs reprises). D'ailleurs même physiquement, s'il est assez balèze, il n'a pas non plus une silhouette de mannequin avec les abdos mais un corps de guerrier à l'ancienne. Il correspond assez bien à l'esprit du show.

    Pour le reste, c'est impec: la mimi Simone Missick est impeccable dans le rôle de Misty (elle a un de ces sourires... et puis elle a un sacré corps qui justifie à lui seul le visionnage du pilote), Mahershala Ali pompe allègrement le registre déjà pas très fourni de Denzel "Franck Lucas" Washington (avec ses "my man" et tout), Alfre Woodward est très classe. Et puis, il y a la toujours mignonne Rosario Dawson, enfin je suis fan depuis son premier film (Kids de Larry Clark), même si elle ne dévoile pas son corps de compète (suffit de voir le film Transe pour s'assurer que... non rien j'allais faire une blague à la con). D'ailleurs chose intéressante c'est apparemment le seul personnage qui apparait dans les trois séries si j'ai lu (Dardevil, Jessica Jones, Luke Cage donc). 

     

    Luke Cage et Claire Temple (Rosario Dawson), qu'elle avait déjà croisé dans Jessica Jones

     

     

     

    Pourtant s'il y a un personnage vraiment au dessus du lot c'est le bien nommé Shades. D'abord à la limite du cliché avec ses lunettes, cet "homme de l'ombre" devient de plus en plus intéressant et charismatique à mesure de l'évolution de la série. Toujours froid et pragmatique Shades c'est l'éminence grise, le mec intelligent qui cherche davantage à partager le pouvoir qu'à régner seul. Et il a bien raison. Theo Rossi, qui l'interprète est parfait dans le rôle avec ce qu'il faut de cabotinage.

     

     

     

    Shades (Theo Rossi), le Machiavel de la série

     

     

    Certains ont apparemment regretté l'absence d'un antagoniste fort à Luke Cage (aucun n'a l'aura d'un Fisk par exemple) mais personnellement moi ça me va. Les méchants sont humains mais ont de la gueule et sont en ce qui me concerne à la hauteur d'un héros un peu plus ordinaire que la moyenne. De toute façon l'intérêt de la série est ailleurs.

     

     

    Plus hip hop qu'épique (il suffit de voir le combat final assez WTF qui, loin d'effrayer la population, prend des allures de battle), Luke Cage n'est pas une grande série à la HBO. Elle ne deviendra jamais une machine à Grammy façon Sopranos, ou True Detective. En revanche c'est un excellent divertissement à l'ancienne, un peu comme un mélange improbable de Hulk, Shaft et... Starsky et Hutch (!!) à la sauce Wu Tang (!!). Un truc archi référentiel aussi casse-gueule que réussi. En plus la BO composée par Ali Shaheed (ex A Tribe Called Quest) et Adrian Younge (inconnu au bataillon) est à tomber Et rien que pour ça, respect.

     

    Seul petit bémol: une pirouette scénaristique permettant de justifier le dernier acte qui est un peu maladroite mais rien de bien méchant. 

     

    Finalement la déconvenue de Tyrese et John Singleton est malheureuse, mais je ne suis pas sûr qu'ils auraient réussi à faire aussi bien. 

    Vivement la saison 2.

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    Résumé:

     

     Du détroit de Bab-el-Mandeb au golfe d'Aden, Paul Deville négocie les ressources africaines pour le compte d'une multinationale chinoise. De port en port, les ravages de la mondialisation lui sautent au visage et au cœur la beauté du monde dont il ne peut empêcher la destruction. Les merveilles qui ne s'achètent pas ne risquent-elles pas de disparaître dans un système où toute valeur se chiffre ? Paul se met alors à chasser un autre trésor : les " écrits jamais écrits " d'Arthur Rimbaud – il veut le croire, le marchand d'armes n'a pas tué le poète. Inlassablement, il cherche. Trouvera-t-il plus que le soleil aveuglant, la culpabilité d'être et la fièvre ?

     

     

     

     

    Comme un con je ne sais par pourquoi mais en lisant le nom de l'auteure je pensais qu'elle était anglophone (je pensais que ça se prononçait "Vinnesonne"). Ben non, elle est bien de chez nous et ça se prononce comme ça devrait se prononcer.

     Sigolène Vinson donc, n'est pas vraiment une inconnue. Ancienne avocate, elle entame assez rapidement une carrière de chroniqueuse entre autres pour Libé et Charlie Hebdo (elle était d'ailleurs présente dans les locaux le jour du drame) et d'écrivain. Courir Après les Ombres est son sixième roman.

     

     

    (l'abus de... peut nuire à votre santé)  

     

    Je ne sais pas pour vous mais je trouve qu'elle a un truc dans le regard d'un peu flippant (pour faire dans l'euphémisme). Je pense qu'on a du le lui faire remarquer car elle parle beaucoup du regard de ses personnages.

     

    A la lecture du résumé et de la première page, j'avais peur du livre un peu pompeux et chiant sur un mec qui nous soule à propos de Rimbaud. Pourtant il n'en est rien. Le deuxième chapitre nous éloigne des considérations poétiques de Paul pour nous ramener dans le monde réel du Djibouti actuel. Dans ce monde Djibouti, tout comme le reste de la corne de l'Afrique n'est plus le territoire lointain des poètes exilés mais une position stratégique et un enjeu géopolitique pour les puissances économiques et militaires.

     Courir après est à la fois l'histoire de son personnage roman choral ou chaque personnage court derrière sa propre lubie, sa chimère. Que ce soit Paul le poète contrarié, Harg le berger, Mariam la petite pêcheuse somalienne, Louise la voyageuse solitaire,  chacun des protagonistes est un nomade à sa façon, poursuit un rêve parfois abstrait dans le seul but de s'affranchir de sa condition ou de fuir une douleur profonde ou simplement une réalité trop cynique.

    Beau, contemplatif et très bien écrit, Courir Après Les Ombres est une histoire multiple qui nous raconte avec justesse la nostalgie d'un monde où la poésie a abdiqué face aux revers de la mondialisation, tout comme le Rimbaud le poète a laissé place au vendeur d'armes. Par ailleurs Sigolène Vinson(qui a passé une partie de son enfance à Djibouti) évite les écueils prévisibles d'une description de carte postale ou a contrario d'un misérabilisme poussif. Chacun vit avec ses douleurs et ses lubies, chacun possède ses propres considérations du monde qui l'entoure qu'ils puissent, chacun éprouve la souffrance du monde à travers son prisme.  

    Le seul reproche que je pourrais faire à la limite, c'est que je trouve que Sophie Vinson a cédé un peu à la facilité avec une conclusion assez... Et même si le dénouement est logique, il est si abrupte qu'il m'a donné l'impression qu'elle en avait eu assez et qu'elle avait abandonné son récit et ses personnages en cours de route. Dommage car ce court roman (200 pages) n'en reste pas moins touchant et envoutant.

     

    Un beau roman qui laisse un goût d'inachevé.

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