• Sorcerer (Le Convoi de la Peur)

     

    Beaucoup de grands réals ont eu leur film maudit: Coppola a eu Apocalypse Now, Cimino La Porte du Paradis, bah Friedkin a eu celui-là. 

     

     

     

    Le résumé: Posa Rica, ville obscure située au fin fond d'un pays d'Amérique latine (la Colombie, il me semble) et accessoirement refuge de personnes désireuses d'oublier leur ancienne vie. Toute la vie de ce petit patelin miteux perdu au fond de la jungle amazonienne tourne autour de l'exploitation d'un nouveau gisement par une compagnie pétrolière. Aussi lorsqu'un gigantesque incendie paralyse l'extraction minière, les dirigeants n'ont d'autre choix que de dénicher quelques chauffeurs suicidaires pour acheminer de la nitroglycérine  particulièrement instable pour stopper l'incendie. C'est le début d'un trajet infernal de 300km en camion à travers l'enfer vert.

     

     

     

     

    Comme on peut le voir, ou pour ceux qui ne le savent pas, il s'agit en effet du remake du classique Salaire de la Peur du grand Henri Georges Clouzot. Bon perso, j'adore Clouzot. Avec Melville (l'Armée des Ombres en particulier) et Claude Miller (Garde à Vue et la Petite Voleuse), c'est le mec qui m'a fait aimer le cinéma français quand j'étais ado. Bon y avait d'autres films français que je kiffais bien genre La Gloire de  Mon Père ou l'Ours mais c'était pas pareil. Aussi lorsqu'il s'agit du remake d'un de ses films, même si le Salaire de la Peur n'est pas mon préféré, et même si c'est Friedkin derrière le projet, je reste toujours un peu réservé.

     

     

     

    Ouais bon un indigène qui a peur d'une mygale c'est pas crédible mais on s'en fout.

     

    Je ne vais pas décortiquer le film en détail mais rien que l'introduction (si on peut appeler ça une introduction) est assez impressionnante. Amérique latine en plein carnaval, Israël, Paris, New York... Des protagonistes mêlés à différentes intrigues qui n'ont rien à voir entre elles et même avec le film d'origine. "Il est où le rapport avec le film de Clouzot là?" Il faut bien attendre une bonne demie heure facile avant d'arriver à Posa Rica. En fait à la différence du premier film, Friedkin a posé les bases et étoffé le background des différents protagonistes afin d'augmenter les enjeux dramatiques. Honnêtement ça s'est avéré payant.

     

     

    Il y a des films comme ça où en les regardant je me demande comment les mecs ont pu réaliser ça. Pas forcément un  truc bourré d'effets spéciaux à la Michael Bay mais un truc où tu sais d'avance que c'est casse gueule à mettre en scène: des trucs avec pleins d'animaux, dans un décor naturel casse gueule etc. Franchement en voyant certaines séquences de ce film je me demande encore comment on peut avoir eu envie de faire un projet pareil. Même si Friedkin est Friedkin, il devait être sacrément maso pour monter ce projet (il l'a porté, ce n'est pas une commande). D'autant plus qu'il sortait de French Connection et de l'Exorciste, 2 énormes succès critiques et publics, donc il se sentait pousser des ailes. Vu la catastrophe qu'a été le tournage (son "Apocalypse Now" comme dit mon pote) et le ramassage au box office (trop long, trop sombre, pour le public de base), ça lui aura au moins appris l'humilité.

     

     Une des scènes les plus épiques du film

     

     

    Côté interprétation c'est parfait comme toujours avec Friedkin (qui est un très bon directeur d'acteurs). Pour info Steve McQueen devait jouer le rôle principal mais il a chipoté à cause de sa femme Ali mcGraw. Ps grave Roy Scheider a pris le relai et est au top comme d'hab. Pourtant s'il y a bien un acteur qui m'a impressionné c'est bien Bruno Cremer. Je ne savais même pas qu'il jouait dedans. Loin de la bonhommie du commissaire Maigret qu'il affichera 20 ans plus tard, il est énorme dans ce rôle de financier en cavale reconverti en convoyeur nerveux et charismatique. Cremer, Scheider, Amidou (???), Francisco Rabal, une belle bande de tough guys? Il fallait au moins ça pour succéder à Yves Montant et Charles Vanel..

     

    Monzan/Serrano (Bruno Cremer), Scanlon/Dominguez (Roy Scheider) et Kasseem/ Martinez (Amidou)

     

    Un peu comme dans son modèle (Apocalypse Now), plus le métrage avance, plus on évolue vers une descente aux enfers où les protagonistes seront confrontés à leur propre folie. Au fur et à mesure le film tend vers un cauchemar et les personnages en viennent à se demander s'ils ont pas été victime d'une malédiction, le titre Sorcerer faisant référence au nom d'un camion joue sur ce double sens.

     Roy Scheider en plein cauchemar

     

     

    Je vais pas blablater pour rien: c'est un bête de film, épique, tendu, mystique et un peu prétentieux à voir sur grand écran. Et ça tombe bien vu qu'il vient de ressortir dans une copie impeccable (l'image est juste magnifique). A aller voir donc.

     

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  • Commentaires

    1
    JayeDaye
    Vendredi 17 Juillet 2015 à 17:11

    Pour la petite histoire, le nom du camion Sorcerer est venu à Friedkin en écoutant un morceau de Miles Davis  du même nom. D'ailleurs on entend du Miles Davis un moment dans le film.

    2
    Dimanche 19 Juillet 2015 à 06:21

    Je ne savais pas. Merci pour l'info ;)

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