• Sorry To Bother You

     

     

     

     

     

     

     

    Résumé Allociné:

     

     

    Après avoir décroché un boulot de vendeur en télémarketing, Cassius Green bascule dans un univers macabre en découvrant une méthode magique pour gagner beaucoup d'argent. Tandis que sa carrière décolle, ses amis et collègues se mobilisent contre l'exploitation dont ils s'estiment victimes au sein de l'entreprise. Mais Cassius se laisse fasciner par son patron cocaïnomane qui lui propose un salaire au-delà de ses espérances les plus folles…

     

     

     

     

     

     

     

    Je ne sais plus pourquoi je l'ai maté en fait. Je ne savais même pas à quoi m'attendre. Quoi qu'il en soit et pour faire bref le film est plutôt bien barré. C'est simple, il part dans tous les sens mais ça reste globalement assez maîtrisé.

     

     

     

     

     Je ne connaissais pas Boots Riley, son réal, mais il s'agit apparemment du leader de The Coup, un groupe de rap "alternatif" que j'ai personnellement jamais écouté mais semble avoir une certaine renommée, outre atlantique en tout cas. En plus d'être rappeur, le bonhomme possède d'autres talents et semble s'être fait une petite place dans le monde du show biz.

     

    Dans ce film, on suit donc les (més)aventures de Cassius, looser de son état et ses premiers pas dans l'univers impitoyable du télémarketing. Heureusement pour lui, il peut compter sur le soutien de Detroit, sa chérie, et de ses amis. C'est marrant, ça m'a rappelé mon premier taff, télévendeur, dans lequel je devais me faire appeler Dominique Leroux, aussi prendre ma "voix de blanc", vendre des abonnements de magazines à la con TOUT EN M'EN TENANT AU SCRIPT (stick to the script en VO). C'est effectivement une des devises sacrées du télémarketing. Et si elle est très bien soulignée ici, elle n'est paradoxalement jamais respectée.

     

     

     

     

    Strictly stick to the script

     

     

     

     

     

    L'autre ironie c'est que Lakeith Stansfield, qui s'est fait connaître en partie grâce à Atlanta (très bonne série au passage), campe ici un personnage extrêmement proche de celui de Donald Glover, le personnage principal de la série (même leurs meufs se ressemblent, enfin Tessa Thompson est mignonne mais Zazie Beetz... hummm c'est Zazie Beetz). Un petit clin d'oeil de la part de Boots Riley.

     

     

     

     

    Cassius (Lakeith Stanfield) et Detroit (Tessa Thompson), sa copine fantasque. Deux sympathiques loosers

     

     

     

    Avec un traitement aussi décalé (tant visuellement que scénaristiquement), On pense forcément à Terry Gilliam ( à Brazil en particulier), à Spike Jonz et surtout à Gondry, qui a d'ailleurs droit à un clin d'oeil lourdingue. Toutes ces influences sont assumées et revendiquées par le réal, ce qui est à la fois la force et la faiblesse du film. Evidemment, avec de telles influences le film souffre forcément de la comparaison, à tel point que j'ai cru que c'était un film de Gondry jusqu'à la fin). Mais contre toute attente, le film fonctionne malgré tout, et se laisse voir sans déplaisir.

     

     

     

    Alors est-ce que ça en fait un bon film? Pas vraiment. Un mauvais film? Non plus. En vrai je sais pas trop quoi dire. Le gros problème de Sorry To Bother n'est pas d'être original mais au contraire trop "conventionnel"; dans le sens où tout semble calculé.On ne sent pas de spontanéité.  On dirait vraiment que Boots Riley a fait le bon élève et , en bon premier de la classe, a copié tous les tics de son maître à penser en se disant que ça suffisait. Il faut croire que sa méthode se défend vu que j'ai plongé même si j'avais tendance à penser que Gondry montrait clairement ses limites.

    Par ailleurs, les thèmes de fond ( les dérives de la société américaine: l'esclavage moderne, les stéréotypes raciaux, l'abrutissement des masses...) ne m'ont pas forcément convaincu alors qu'ils sont au centre de l'histoire. D'ailleurs quelque part, l'histoire n'est pas sans rappeler certaines thématiques abordées dans quelques épisodes de Black Mirror.

     

     

     

     

    Blank (Omari Chadwick), le top vendeur énigmatique

     

     

     

     

    Heureusement, en plus de bénéficier d'une réal efficace (on ne va pas se mentir, Botts Riley s'en sort plutôt pas mal), Sorry to Bother You s'en sort grâce à une interprétation sans faille.
    Ainsi, le film doit sa relative réussite à son casting assez impressionnant. Aux côtés de Lakeith Stanfield (Atlanta, Get Out etc.) et Tessa Thompson (Dear White People, Thor,  la meuf de Creed dans les 2 films...) qui tiennent les rôles priicpaux, on peut donc voir: Steven Yeun (The Walking Dead), l'incontournable Terry Crews, le trop rare Arnie Hammer, Omari Hardwick ( Ghost dans Power) et Danny Glover qui est décidément "trop vieux pour ces conneries". Cerise sur le gâteau, on  a droit aux "apparitions" (faut le dire vite) de Forest Withaker et de Rosario Dawson.

     

     

     

     

     

    Squeeze (Steven Yeun), un syndicaliste idéaliste

     

     

     

     

    Alors oui, le film s'inscrit dans la vague des films des réals renois "subtilement drôles" (Simien, Peele et compagnie) et il est plus sympa que la moyenne. Et il est tout autant énervant par sa posture faussement originale. Néanmoins je ne l'ai pas trouvé prétentieux non plus. Dans le genre divertissement décalé et faussement subversif, il est dans la moyenne haute.

    Reste à voir ce que Boots Riley peut nous proposer à venir.

     

    Allez next.

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