• DOSSIERS DE L'ECRAN

    Petit ou grand écran, films, séries, documentaires, émissions télé, dessins animés... tout y passe

    Dossiers de l'écran

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    Résumé Allociné:

     

    Adaptation Live de la saga littéraire du Sorceleur.

    Le sorceleur Geralt, un chasseur de monstres mutant, se bat pour trouver sa place dans un monde où les humains se révèlent souvent plus vicieux que les bêtes.

     

     

    Et voilà.

     

     

     

     

    Nouvelle série phare de Netflix, The Witcher m'a quelque peu intrigué alors j'ai fini par mater, comme tout le monde. En fait la série a beau être adaptée d'une série le romans, The Witcher m'évoque davantage une série de jeux vidéos à succès qu'une saga culte de l'heroic fantasy comme l'Assassin Royal ou Le Disque Monde.

     

     

     

     

    D'ailleurs j'avais même jamais entendu parler des livres en fait.

    Enfin bref. Pour en revenir à la série qui nous intéresse, The Witcher a beaucoup fait parler d'elle, non seulement parce qu'elle est tirée de romans à succès mais surtout parce qu'elle est arrivée plus ou moins au moment où Game of Thrones se terminait (GOT qui a été la série la plus téléchargée au monde, et la plus chère aussi je crois). Bref, si l'attente était là, elle partait avec un gros handicap vu qu'elle allait immédiatement souffrir de la comparaison avec la saga de George R.R Martin.

    De fait, dès le premier épisode, on tombe sur un château envahi par les méchants, une fille pourchassée, un antihéros qui tue des monstres Bref on comprend pas grand chose si ce n'est que les humains ont autant besoin du Witcher qu'ils le détestent. C'est brouillon, et le coup du "héros martyr" est un peu cliché. Je trouve ça mal amené.
    La suite est à l'avenant avec l'introduction d'un personnage qui va se révéler très important pour l'évolution de l'histoire.  Mais voilà, sans vouloir spoiler, on comprend toujours pas le délire. Je veux dire, bien que l'histoire se mette progressivement en place avec une chronologie quelque peu morcelée (avec un sens de l'élipse et du flashback tout particuliers), certains ressorts scénaristiques sont mal amenés d'autant que  certains perso sont ou surfaits, ou inintéressants, ou encore hyper chiants, la palme revenant à une sorcière qui passe de Cosette à sorcière rebelle sache trop qu'on sache pour quelle raison. Et ses sautes d'humeurs incessantes la rendent très vite assez insupportable.

     

     

     

    Yennefer (Anya Chalotra), la sorcière la plus paumée de l'histoire, et le perso le plus mal exploité

     

     

     

    En fait, le gros problème de la série à mon sens est son format. C'est en général compliqué d'adapter une oeuvre littéraire car on est un peu obligé de couper dans le tas, voire d'éluder certaines intrigues ou personnages. Et là on sent clairement que huit épisodes étaient trop peu. Il y avait sans doute une crainte de la part des producteurs de ne pas avoir assez de scènes choc pour satisfaire le fan (ou le public moyen) mais au final les personnages perdent en épaisseur et l'histoire perd en intérêt. Dommage. D'ailleurs dans le lot, au delà du personnage éponyme, je ne sauve que la reine Calanthe de Cintra qui est aussi charismatique que détestable par sa bêtise assumée. Une espèce de Cersei Lannister, avec une armure et sans inceste.

     

     

     

     

    Calanthe de Cintra (Jodhi May), la reine guerrière aussi "badass" que mégalomane

     

     

     

     

    Côté mise en scène, la série a beau être fortement budgétée, il n'en demeure pas moins que le résultat est globalement assez cheap. Certes on n'est pas au niveau de la Caverne de la Rose d'Or et les monstres sont bien faits, mais non seulement les combats sont mal filmés, mais en plus je sais pas les décors sont globalement répétitifs. Par ailleurs, gros budget oblige, les scènes de sang et de sexe qu'on est en droit d'attendre sont aux abonnés absents. Ah ouais on n'est pas sur HBO là ha ha! Dommage.

     

     

    Alors est-ce que la série est un fiasco pour autant? Je dirais non. Elle se laisse regarder, et même si j'en avais pas grand chose à faire des climax et autres cliffhangers comme on dit, j'ai continuer à mater sans déplaisir.

    Côté distribution, les acteurs paient le manque d'épaisseur de l'histoire ou de leurs personnages. A ce niveau seul (ou presque) Henry Cavill s'en tire. Il faut dire que le bonhomme (qui a récupéré 10 points de charisme depuis Superman) porte clairement la série et la tire vers le haut. C'est toujours ça de pris.

     

    Bref, pour résumer, loin d'être la purge qu'on aurait pu craindre, The Witcher est une "sympathique" série totalement inoffensive qui n'a pas d'autre but que de divertir le spectateur moyen. Enfin j'espère.

     

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    Résumé:

     

    Gotham City, fin des années 70, ou début 80. Arthur Fleck est un pauvre type, de ceux qui n'ont pas eu de chance dans la vie. Employé modeste, vivant toujours avec une mère malade, souffrant de schizophrénie, il gagne sa vie en tant que clown de troisième zone et s'accroche à son rêve de devenir un jour un humoriste célèbre. Pourtant de déconvenues en déconvenues, il finira au détour d'une énième mésaventure à se découvrir, et à devenir malgré lui une icône, un personnage, un nom sous lequel il passera à la postérité: Le Joker.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Dans la série des "mais pourquoi est-il si méchant?", après Leatherface (pourquoi met-il un masque en peau humaine?), Hannibal (pourquoi mange-t'il des gens), Freddy, Darth Vador et je ne sais quel autre icône de la pop culture, voici le cas du Joker. Alors, il faut croire que les américains raffolent de ce concept( à Hollywood en tout cas). Moi je ne comprends pas, si on aime bien les croque mitaines ou les personnage d'horreur c'est justement pour la part de mystère qui les entoure, alors pourquoi chercher à expliquer l'inexplicable? Je sais pas, pour moi c'est un concept globalement assez débile. Un jour ils seront capables de faire un film pour expliquer pourquoi Sadako a fini au fond d'un puits et d'une VHS... Enfin bref.

    Enfin bref donc, pourquoi pas? Allez, soyons fous. Mais encore faut-il trouver la manière d'amener le truc, et si le film a bien pris le temps, je n'ai pas été plus convaincu. Pourquoi?  Parce que tout est tiré par les cheveux. Vu que c'est le personnage principal, il faut lui apporter de l'humanité, il faut que le public (américain), ait de la compassion pour ce malheureux qui... zzz... On s'en bat les couilles putain! On parle du Joker ou de Rémi sans Famille? Rien que ce parti pris totalement hypocrite me soule, comme si on ne pouvait pas faire un film sur un antihéros iconique totalement amoral et mégalomane. Je sais qu'il y a de l'argent en jeu mais quand on fait un film sur le Joker c'est pas pour le transformer en vieux fragile de 40 kg avec un QI de 70... On parle quand même de l'ennemi emblématique de Batman bordel!

     

     

     

    Arthur Fleck (Joaquin Phoenix), un homme au passif social et psychiatrique bien chargé

     

     

     

     

    Pour le coup le Joker de Nolan était déjà bien plus intéressant. C'était un anarchiste pur et dur qui s'en foutait de tout et voulait plus ou moins tout faire sauter. Là, on nous sort des considérations sociales, une enfance malheureuse à souhait, des traumas et du mélo à en gerber... Bref, c'est pas sa faute.  Et puis le délire revendicatif faussement engagé des pauvres contre les méchants riches... C'est moyen. Le mec devient une icône malgré lui on sait pas trop comment, mais c'est normal. 

     

    Par ailleurs toute son histoire autour de son rêve m'a fortement rappelé la Valse des Pantins de Scorsese auquel le film tente de rendre hommage. Ici De Niro n'est plus l'apprenti humoriste mais au contraire remplace Jerry Lewis dans le rôle de l'idole désabusée et vaguement puante.

     

     

    Murray Franklin (Robert De Niro), présentateur et idole d'Arthur

     

     

     

    Alors est-ce que le film est un ratage complet? Non. La facture déjà, très années 70-80 est plutôt bonne. On se croirait presque dans un film d'époque tant la direction artistique est réussie. Elle l'est même tellement que la ville n'a plus de Gotham que le nom. On sait bien qu'il s'agit de new York mais là, ils font même plus semblant.

    La réalisation quant à elle est plutôt bonne. Même s'il le pathos est assez mal dosé, la mise en scène est plutôt sobre et les doses d'humour fonctionnent. Todd Philips, plus habitué aux comédies grasses (Hangover, ou Very Bad Trip en vf, et ses suites) s'en sort plutôt bien même s'il avait déjà officié sur un film d'époque avec le film Starsky & Hutch (que je n'ai pas vu d'ailleurs).

     

    Mais c'est surtour la distribution qui vaut le coup d'oeil, Joaquin Phoenix en tête. Il faut le dire, le Joker n'a eu les grâces que d'acteurs plutôt cotés: Jack Nicholson, Heath Ledger, Jared Leto... Si avec le recul le grand Jack  cabotinait plus qu'Adam Sandler dans n'importe lequel de ses films, et que Jared Leto n'a visiblement pas marqué le public outre mesure pour sa prestation (il n'a d'ailleurs même pas été contacté pour ce film, ni pour les autres, et rage encore ha ha!), Heath Ledger avait construit un personnage assez difficile à égaler. Et si Joaquin Phoenix a déjà contre lui un scénario à haute teneur en pathos, il s'en sort malgré tout avec les honneurs.

     

     

     


    Le Joker, ou la classe faite clown

     

     

     

    Le mec a dû perdre au moins 20 kg, et semble habité comme à son habitude. Et même s'il cabotine par moments (la faute à une direction d'acteur assez moyenne), il s'en sort avec les honneurs pour moi.

     

    Malheureusement pour les autres, il occupe tellement l'écran que le reste du casting passe presque pour de la figuration. Dans le lot, on retrouve la toujours bonne Frances Conroy (Six Feet Under, American Horror Story etc), Brett Cullen ( croisement improbable entre Sean Bean, Chris Cooper et Alec Baldwin, et qui jouait déjà un député dans Dark Knight Rises) très bon en Thomas Wayne très "républicain", De Niro qui assure le service minimum (comme il le fait depuis au moins 15 ans). Enfin on aperçoit les toujours sympathiques Shea Whigham (Boardwalk Empire, Take Shelter) et Brian Tyree Henry (Widows, le rappeur Paperboy dans Altanta) dans des rôles à la limite du caméo.

     

    Heureusement pour elle, la toujours jolie Zazie Beetz (Deadpool) s'en sort nettement mieux que son collègue de la série Atlanta, avec un rôle presque aussi étoffé que celui de Frances Conroy, ce qui en fait le troisième ou quatrième rôle le plus important du film. Niveau perf elle joue bien comme d'habitude mais sans faire genre, en général je m'attarde pas trop sur son jeu dans je la regarde à l'écran.

     

     

    Sophie (Zazie Beetz), la jolie voisine d'Arthur

     

     

     

    Bref, je pense que j'ai tout dit. Loin d'être la branlette que tout le monde nous vend en ce moment, Joker est un film vain à mon sens, assez bavard, mais néanmoins sympathique par sa volonté de proposer autre chose et d'ancrer la mythologie DC dans le "réel". Un peu dans la continuité de Nolan en somme.

     

    Ironie du sort, le film se veut un hommage aux films de Scorsese comme La Valse des Pantins ou Taxi Driver alors que ce dernier vient littéralement de chier sur les films de super héros. Niveau timing c'est parfait ha ha!

     

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    Oui ça fait un bon mois que j'ai rien posté. Et non je n'ai toujours pas abandonné ce blog. J'ai juste été un peu occupé. J'ai changé de taf, eu pleins de trucs à régler. Et j'ai eu un peu la flemme aussi.

     

    Bon j'ai pas vu le dernier Tarantino (en même temps je m'en branle un peu), j'ai pas vu le dernier James Gray (j'espère aller le voir quand même). En revanche j'ai vu celui-là. Pas une volonté en soi d'ailleurs. Juste qu'un pote me l'a proposé.

     

     

     

     

     

     

     

     

    Résumé Allociné:

     

    Dans un futur proche…  Le village de Bacurau dans le sertão brésilien fait le deuil de sa matriarche Carmelita qui s’est éteinte à 94 ans. Quelques jours plus tard, les habitants remarquent que Bacurau a disparu de la carte. 

     

     

     

     

     

     

     

    Mais mais qu'est-ce que c'est que ce film??

    Putain ça fait longtemps que j'avais pas vu un film aussi barré au ciné. Enfin ça doit faire 6 mois, le dernier étant le très curieux Meurs Monstre! Meurs! , film franco-argentin coproduit par Julie Gayet (!!) avec son fameux monstre en forme de bite géante qui cherche à enculer tout ce qu'il peut (ça ne s'invente pas). Vu que j'avais pioncé pendant au moins une demi-heure, je n'en avais pas parlé. En revanche comme j'ai (quasi) pas dormi pendant celui-là, je peux en parler un tout petit peu.

     

     

    Que dire? Sérieusement, que dire sur ce foutoir improbable qui navigue entre post apo, western, satire sociale, pamphlet et nanar (rien que ça)? Ben que c'est un joyeux bordel.

    En vrai on ne sait jamais sur quel pied danser avec ce film, ce qui en fait sa force et sa faiblesse. Parce que oui, le film est drôle, étrange, barré, loufoque, lent, un peu chiant par moments, très violent par d'autres, et même assez cheap. Ce qui en fait donc un métrage  assez singulier.

     

     

     

     

     

     

    Teresa (Barbara Colen), une rebelle charismatique

     

     

     

     

    Ainsi on suit les aventures d'un groupe de villageois, un peu les irréductibles Brésiliens, aux prises avec la corruption généralisée de l'état, mais également d'un obscure groupe de touristes aux intentions plutôt malsaines.

     Au programme: des paysages, une soucoupe volante digne des Envahisseurs (!!!), un "héros" avec la coupe de Robertoo Baggio et la dégaine de Van Damme dans Cyborg, des Américains qui jouent au paintball, des mecs à poil, des meufs à poil, un peu de cul, un peu de sang, un peu de gore...

     

     

     

     


    Un couple de naturistes moins cons que prévu

     

     

     

    Pourtant, sous couvert de ne pas se prendre au sérieux une seule seconde, le film se montre plus critique et courageux qu'il n'y parait. Critique envers le système déjà, où le village représente un peu les laissés pour compte du Brésil. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si la population du village est si "basanée", et lutte contre les oppresseurs. Critique envers l'impérialisme américain aussi. Et enfin, critique envers les "collabos" Brésiliens qui bradent leur pays et leurs habitants. Ces derniers en prennent tout autant pour leur grade, comme ces riches Brésiliens plus royalistes que le roi raillés par les Américains qui ne les considèrent même pas comme de vrais Blancs. De là à y voir une image du président Bolsonaro...

     

     

     

     

    La révolution est en marche

     

     

     

    D'un point de vue purement factuel, pas grand chose à dire. L'image est plutôt belle, tout comme les décors, et contraste assez avec les costumes (totalement assumés, mention spéciale aux motards) et une mise en scène tous deux plus proches du post apo rital des années 70-80 que du film d'auteur lol. Le cocktail est assez spécial. Les acteurs sont d'ailleurs plus proches de la deuxième catégorie, c'est limite à celui qui cabotine le plus. Quant à Udo Kier, que je ne connaissais personnellement que de nom (je l'avais vu dans le Masters of Horror de Carpenter je crois et c'est presque tout), on peut se demander ce qu'il est parti foutre là. D'ailleurs on dirait que lui aussi se le demande par moments ha ha! La musique aussi est à l'avenant, oscillant entre de l'easy listenning pop brésilien "vintage" et un score très Carpenter des années 80. Mais ça passe bien.

     

     

     

     

     

    Michael (Udo Kier), un Américain en plein safari

     

     

     

    Alors oui, pour résumer, Bacurau, est un film un peu déstabilisant par son traitement. Je ne dirais même pas que c'est un bon film. Mais c'est une curiosité qui vaut un tant soit peu le détour, ne serait-ce que par son traitement  et les sujets qu'il évoque en filigrane.

     

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    Résumé Allociné:

     

     

    Après avoir décroché un boulot de vendeur en télémarketing, Cassius Green bascule dans un univers macabre en découvrant une méthode magique pour gagner beaucoup d'argent. Tandis que sa carrière décolle, ses amis et collègues se mobilisent contre l'exploitation dont ils s'estiment victimes au sein de l'entreprise. Mais Cassius se laisse fasciner par son patron cocaïnomane qui lui propose un salaire au-delà de ses espérances les plus folles…

     

     

     

     

     

     

     

    Je ne sais plus pourquoi je l'ai maté en fait. Je ne savais même pas à quoi m'attendre. Quoi qu'il en soit et pour faire bref le film est plutôt bien barré. C'est simple, il part dans tous les sens mais ça reste globalement assez maîtrisé.

     

     

     

     

     Je ne connaissais pas Boots Riley, son réal, mais il s'agit apparemment du leader de The Coup, un groupe de rap "alternatif" que j'ai personnellement jamais écouté mais semble avoir une certaine renommée, outre atlantique en tout cas. En plus d'être rappeur, le bonhomme possède d'autres talents et semble s'être fait une petite place dans le monde du show biz.

     

    Dans ce film, on suit donc les (més)aventures de Cassius, looser de son état et ses premiers pas dans l'univers impitoyable du télémarketing. Heureusement pour lui, il peut compter sur le soutien de Detroit, sa chérie, et de ses amis. C'est marrant, ça m'a rappelé mon premier taff, télévendeur, dans lequel je devais me faire appeler Dominique Leroux, aussi prendre ma "voix de blanc", vendre des abonnements de magazines à la con TOUT EN M'EN TENANT AU SCRIPT (stick to the script en VO). C'est effectivement une des devises sacrées du télémarketing. Et si elle est très bien soulignée ici, elle n'est paradoxalement jamais respectée.

     

     

     

     

    Strictly stick to the script

     

     

     

     

     

    L'autre ironie c'est que Lakeith Stansfield, qui s'est fait connaître en partie grâce à Atlanta (très bonne série au passage), campe ici un personnage extrêmement proche de celui de Donald Glover, le personnage principal de la série (même leurs meufs se ressemblent, enfin Tessa Thompson est mignonne mais Zazie Beetz... hummm c'est Zazie Beetz). Un petit clin d'oeil de la part de Boots Riley.

     

     

     

     

    Cassius (Lakeith Stanfield) et Detroit (Tessa Thompson), sa copine fantasque. Deux sympathiques loosers

     

     

     

    Avec un traitement aussi décalé (tant visuellement que scénaristiquement), On pense forcément à Terry Gilliam ( à Brazil en particulier), à Spike Jonz et surtout à Gondry, qui a d'ailleurs droit à un clin d'oeil lourdingue. Toutes ces influences sont assumées et revendiquées par le réal, ce qui est à la fois la force et la faiblesse du film. Evidemment, avec de telles influences le film souffre forcément de la comparaison, à tel point que j'ai cru que c'était un film de Gondry jusqu'à la fin). Mais contre toute attente, le film fonctionne malgré tout, et se laisse voir sans déplaisir.

     

     

     

    Alors est-ce que ça en fait un bon film? Pas vraiment. Un mauvais film? Non plus. En vrai je sais pas trop quoi dire. Le gros problème de Sorry To Bother n'est pas d'être original mais au contraire trop "conventionnel"; dans le sens où tout semble calculé.On ne sent pas de spontanéité.  On dirait vraiment que Boots Riley a fait le bon élève et , en bon premier de la classe, a copié tous les tics de son maître à penser en se disant que ça suffisait. Il faut croire que sa méthode se défend vu que j'ai plongé même si j'avais tendance à penser que Gondry montrait clairement ses limites.

    Par ailleurs, les thèmes de fond ( les dérives de la société américaine: l'esclavage moderne, les stéréotypes raciaux, l'abrutissement des masses...) ne m'ont pas forcément convaincu alors qu'ils sont au centre de l'histoire. D'ailleurs quelque part, l'histoire n'est pas sans rappeler certaines thématiques abordées dans quelques épisodes de Black Mirror.

     

     

     

     

    Blank (Omari Chadwick), le top vendeur énigmatique

     

     

     

     

    Heureusement, en plus de bénéficier d'une réal efficace (on ne va pas se mentir, Botts Riley s'en sort plutôt pas mal), Sorry to Bother You s'en sort grâce à une interprétation sans faille.
    Ainsi, le film doit sa relative réussite à son casting assez impressionnant. Aux côtés de Lakeith Stanfield (Atlanta, Get Out etc.) et Tessa Thompson (Dear White People, Thor,  la meuf de Creed dans les 2 films...) qui tiennent les rôles priicpaux, on peut donc voir: Steven Yeun (The Walking Dead), l'incontournable Terry Crews, le trop rare Arnie Hammer, Omari Hardwick ( Ghost dans Power) et Danny Glover qui est décidément "trop vieux pour ces conneries". Cerise sur le gâteau, on  a droit aux "apparitions" (faut le dire vite) de Forest Withaker et de Rosario Dawson.

     

     

     

     

     

    Squeeze (Steven Yeun), un syndicaliste idéaliste

     

     

     

     

    Alors oui, le film s'inscrit dans la vague des films des réals renois "subtilement drôles" (Simien, Peele et compagnie) et il est plus sympa que la moyenne. Et il est tout autant énervant par sa posture faussement originale. Néanmoins je ne l'ai pas trouvé prétentieux non plus. Dans le genre divertissement décalé et faussement subversif, il est dans la moyenne haute.

    Reste à voir ce que Boots Riley peut nous proposer à venir.

     

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    Résumé:

     

     

     

    Dans les années 70, le BUMIDOM promettait de favoriser l’insertion en métropole des français des DOM-TOM. Jimmy Larivière, arrivé à Paris pour refaire sa vie, ne parvient pas à trouver sa place dans la société. Sa rencontre avec un groupe de trois jeunes Antillais va l’entraîner dans une série de braquages retentissants.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     Le BUMIDON c'est quoi? Et bien pour faire simple, c'était un programme de migration des habitants des DOM (essentiellement Guadeloupe, Martinique et Réunion) vers la métropole initié par Debré dans les années soixante. Ce programme a eu différentes raisons: répondre au dépeuplement de certaines régions de France (où des centaines, voire davantage, d'enfants réunionnais ont été enlevés à leur famille pour rejoindre des familles d'accueil, un scandale assez méconnu donc), et également calmer la grogne qui montait aux Caraïbes où les habitants se sentaient livrés à eux-mêmes (chômage pauvreté etc). Ca leur a aussi apporté les congés bonifiés mais c'est une autre histoire. Le contexte peut donc rappeler celui de Scarface (la version de De Palma) où Tony Montana profitait d'un décret permettant aux Cubains jugés indésirables d'émigrer aux Etats Unis. Voilà pour la minute culturelle.

     

    C'est triste à dire mais à mes yeux ce film symbolise assez bien un certain cinéma français alternatif:une volonté d'aller hors des sentiers battus, mais un talent et des moyens loin d'être à la hauteur des ambitions affichées. C'est globalement assez nul, et très cheap. C'est mal joué, mal éclairé, et extrêmement mal mis en scène... Par moments on dirait un téléfilm, et un téléfilm du style au croisement entre PJ et un court métrage de l'ESRA. C'est vraiment chaud. Et l'écriture putain, c'est abusé. Enfin entre ça et la mise en scène y a quand même match. Cette accumulation de scènes à la fois bateau et cliché ça fait longtemps que j'avais pas vu ça, vraiment très longtemps et j'exagère même pas.

     

     

     

     

    Jimmy (Djedje Apali), un jeune désœuvré qui élève seul sa fille Odile (Zoe Charron)

     

     

     

     

    En fait on a le droit à tous les passages obligés d'une "rise and fall story" (Scarface, l'Impasse, Les Affranchis, Le Loup de Wall Street etc.) : les origines modestes, les premiers succès, la love story (totalement éclatée, on dirait un truc entre un clip de zouk/compa et le clip de Ghetto Sitcom, la vieille chanson de Disiz), les premiers succès, les premiers conflits avec des ennemis, la chute, et évidemment l'hypothétique rédemption qui arrive comme un cheveu sur la soupe. Sans oublier les séquences émotions (du style "papa, c'est quand que tu reviens à la maison? Pas maintenant ma chérie" ) ou les questionnements moraux avec les proches (du genre "ce que tu fais n'est pas bien Jimmy!"). Bref.

    Le découpage est horriblement convenu, on dirait vraiment qu'il a été pensé par un automate. Les personnages quant à eux ne sont pas mieux lotis et la plupart n'ont aucune épaisseur (le comble vu qu'il s'agit d'une histoire vraie). La palme revenant au héros qui arrive à être antipathique alors qu'on devrait éprouver une certaine compassion pour lui. Même la voix off tend à desservir le film tend elle est mal utilisée (dans tous les sens du terme). Mais ce qui est fou c'est que même niveau dialogues, on ne ressent absolument jamais l'impression que l'histoire se passe dans les années 70-80. C'est très étrange.

     

     

     

     

    Molokoy (Adama Niane), Liko (Vincent Vermignon), Jimmy et Politik (Eriq Ebouaney): Le gang des Antillais

     

     

     

     

    La musique est globalement du même acabit même si elle élève un peu le niveau. Enfin un peu. Pour le reste, elle est à l'image du film: elle part un peu dans tous les sens. Ainsi on a droit à un piano intimiste (pas mal) lors des séquence émotion, puis à de la "soul" en mode blaxploitation, en passant par du rap français (!!), voire américain (!!!). Et c'est triste mais même si c'est Lino ou Talib Kweli qui rappe, ça ne change rien au fait que c'est assez hors sujet. A la limite ça va mieux quand on entend quelques morceaux de biguine. C'est d'ailleurs dommage à mon sens de ne pas avoir capitalisé dessus.

     C'est fou en y repensant. Y a rien qui va lol.

     

    Alors, est ce qu'il y a quelque chose à sauver dans ce film? Pas Kassovitz en tout cas dont la prestation en tenancier sympathique n'est pas crédible une seconde. Néanmoins, parmi les grands noms qui ont participé, on peut retenir Jocelyne Beroard (qui est toute mignonne en petite "mamie"), et surtout Romane Bohringer qui doit être la seule à bien jouer (avec Lucien Jean Baptiste mais son rôle relève presque de la figuration). Pour continuer dans la distribution on peut aussi noter la présence de Zita Hanrot (qui a joué dans plein de trucs Fatima, La Vie Scolaire ou encore la fête est Finie) comme dans le rôle de la fraîcheur de service, un rôle qu'elle remplit physiquement plutôt bien.

     

    Linda (Zita Hanrot), l'amour de Jimmy

     

     

     

    C'est dommage. J"aurais aimé aimer ce film. Mais non, pour faire simple y absolument rien qui fonctionne dans ce film.

    En fait le vrai problème du film (le problème originel du moins), c'est que le réal n'a jamais fait preuve d'un vrai parti pris artistique (au sens large) tant dans le traitement que dans l'écriture même. Ce qui fait qu'on se retrouve avec une espèce de mix entre la fresque "mafieuse", le film de blaxploitation, la critique sociale, et le biopic, le tout à la sauce France 3 région Ile de France. Et évidemment l'équilibre n'est jamais trouvé.

    Bref, Jean Claude Barny (le réal) a vu trop gros, ou trop mal je sais pas. Mais il a pas vu grand chose en tout cas. Quitte à choisir autant se refaire Neg'Marron avec Admiral T et Stomy Bugsy, du même réal et autrement plus réussi.

     

    Tant pis, le sujet et le contexte étaient pourtant intéressants et avaient un certain potentiel; mais au final non. Comme quoi, de bonnes intentions ne suffisent pas à faire un bon film. J'espère que le livre est plus réussi.

     

     

    Allez next.

     

     

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