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    Ah lala... Ca fait longtemps que j'ai rien écrit sur ce blog (j'ai l'impression d'écrire ça souvent). En même temps j'ai eu pleins d'autres trucs à gérer pour préparer mon voyage à Mada (la VRAIE Mada, pas le petit bout de terrain dans les Caraïbes là). Parce que oui, je suis à Mada pour trois mois. J'écris en direct de Tana (Antananarivo pour les non initiés) où il fait environ 25°. Enfin bon j'y reviendrai parce que c'est pas le sujet.

     

     

     

     

     

     

     

     

    Résumé de l'éditeur:

     

    L'agent de la DEA Art Keller, Seigneur de la frontière americano-mexicaine, a juré sur la tombe de son adjoint d'employer tous les moyens, légaux ou illégaux, pour mettre un terne au trafic qui inonde son pays. Le Seigneur de la drogue Miguel Angel Barrera, puis ses neveux Adan et Raul répliquent dans le sang et écrasent quiconque, ami ou ennemi, leur barre le chemin. Callan, un Irlandais né au cœur de la mafia new-yorkaise, devenu tueur, puis mercenaire presque malgré lui ; le père Juan Parada, archevêque de Guadalajara, qui lutte auprès des plus hautes autorités de l'Église pour la survie de centaines de milliers d'Indiens anéantis par la guérilla, chassés de leurs terres, empoisonnés par les produits chimiques ; son amie Nora, qui use de ses charmes tarifés et de son tempérament hors du commun pour faire et défaire alliances, marchés et compromis... Tous jouent une partie mortelle sur un échiquier grand comme le monde. Depuis les jungles d'Amérique centrale, la Federacion Barrera distille un poison qui conduit à la folie des hommes. Ni la justice ni la foi ne veulent plus rien dire. L'instinct seul s'impose : celui qui tue, celui qui sauve.

     

     

    Petite présentation du mec:

     

    Né en 1953 à New York, Don Winslow a grandi dans le Rhodes Island, puis est revenu à New York dans les années 70. Il a effectué de nombreux boulots différents tels que comédien, metteur en scène, détective privé et même guide de safari au Kenya (!!!). En 1991 il réussit à publier son premier roman A Cool Breeze on the Underground (Cirque à Picadilly) mettant en scène le détective Neal Carey qui deviendra un de ses héros fétiches. Le livre est bien accueilli par la critique. Suivront une vingtaine d'autres romans aux genres et univers variés (majoritairement des polars on va pas mentir). Plusieurs de ses romans ont été adaptés au cinéma tels que Kill Bobby Z (avec Paul Walker et Lawrence Fishburne)et bien sûr Savages réalisé par Oliver Stone.

     

     

    Don Winslow

     

     

     

     

     J'ai souvent entendu parler de Don Winslow, notamment depuis Savages, le film d'Oliver Stone adapté d'un de ses romans. A vrai dire, j'avais pas aimé le film même si je trouvais le pitch intéressant. Je ne sais d'ailleurs pas à quel point il est fidèle au matériau de base. Enfin bref, tout ça pour dire qu'après ce film, puis Cartel (que je n'ai pas vu, et à tort puisque le film, adapté d'un scénario de Cormack Mccarthy,  n'a en fait aucun rapport avec le roman), j'ai toujours eu le nom de winslow en tête sans jamais me pencher sur un de ses livres. C'est donc chose faite avec la Griffe du Chien.

     

     

    " Le plus grand roman sur la drogue jamais écrit. Une vision grandiose de l'Enfer et de toutes les folies qui le bordent. " dixit le grand James Ellroy.

     

    Ellroy, Connelly... tous livrent une critique élogieuse de La Griffe du Chien. Limite on pourrait se demander s'il y a pas un peu de foutage de gueule commercial derrière. Et bah personnellement, à la lecture du roman, j'ai qu'un seul mot à dire: waouh!!

     

     

    Dès l'intro, qui nous décrit l'agent spécial Art Keller inspectant une scène de meurtre (enfin, un charnier), le ton est donné. Perso la mise en bouche m'a mis une petite claque. J'étais là genre "ah ouais quand même..."
    Et la suite est à l'avenant. Honnêtement j'ai rarement lu un bouquin aussi nerveux. C'est fou, Don Winslow est très fort. Il y a quelque chose de particulier dans son style et dans sa narration. L'écriture est très nerveuse, concise.Don Winslow ne cherche pas la plus belle prose mais l'efficacité. Ainsi il va à l'essentiel et à l'économie de mots. C'est brut de décoffrage mais bien plus maitrisé qu'il n'y parait. On sent que le mec a de la bouteille.

    Côté narration c'est pareil. Tout au long des 800 pages et quelques, ça part dans tous les sens. Ainsi on passe de Hell's Kitchen (Manhattan) au Sinaloa, de Mexico à Tegucigalpa, du Guatemala à la Colombie, de San Diego à Hong Kong et de Tijuana au Vatican. Le tout avec une improbable cohérence. C'est assez fou, un vrai festival de montagnes russes extrêmement maîtrisé qui tiennent en haleine tout au long du roman. Mais surtout le livre est extrêmement nerveux. Dès le début du livre, il y a une tension qui agrippe le lecteur et qui ne lâchera plus durant toute la lecture du roman et ce pour chaque situation et chaque protagoniste.

     

    Il faut bien comprendre le tour de force dont Don Winslow a fait preuve avec ce roman. Loin d'être un simple polar, La Griffe du Chien est une fresque, un roman fleuve s'étirant sur une vingtaine d'années durant lesquelles on assiste à la naissance du narco trafic mexicain d'envergure internationale et à son émergence à travers la création des principaux cartels. Bien qu'étant une fiction, le livre n'en est pas moins extrêmement documenté sur l'histoire relativement récente du narcotrafic. J'ai lu que Winslow avait passé environ six ans à se documenter avant de s'atteler à l'ouvrage. Et ben ça se ressent. D'ailleurs il s'avère aussi riche en détails, c'est que la plupart des personnages sont inspirés de authentiques personnalités du monde du crime ou d'ailleurs. Leur évolution, les situations (parfois ultra glauques) auxquelles ils font face, les fusillades et même les massacres renvoient la plupart du temps à faits qui ont réellement eu lieu. Et c'est d'ailleurs ce réalisme qui est peut-être le plus terrifiant. Parce que oui, le livre est d'une violence assez inouïe. je dirais pas qu'on est dans un truc aussi sordide que Meridiens de Sang (probablement un des trucs qui m'a le plus mis mal à l'aise niveau violence) mais y a quand même quelques passages assez gratinés.

     Ainsi très peu de choses nous sont épargnées: meurtres en tous genres, torture, décapitation, démembrements, meurtres d'enfants... bienvenue dans l'univers des cartels, un univers d'une sauvagerie sans limite. Ceux qui ont vu les trois ou quatre saisons de Narcos seront en terrain connu.

     

    Pour autant cette débauche de détails historiques ou non ne fait pas non plus oublier la place des personnages dans le livre. Aussi tous les protagonistes bénéficient d'une épaisseur et d'une psychologie dignes de ce nom, et on s'attache assez rapidement à toute cette galerie de personnages hauts en couleurs ayant chacun leurs part d'ombre et de lumière. Et effectivement, même le pire criminel peut susciter l'empathie tout comme le flic le plus droit peut devenir un véritable enculé, la fin justifiant généralement les moyens. Dans tout ce marasme, on peut qualifier le personnage de Sean Callan d'exception. Bien qu'il ne soit pas le seul personnage a voir une certaine "morale" (ils en ont tous une à leur manière), c'est le seul qui possède une espèce d'innocence à sa manière. Plus que tous les autres, Sean est un peu un mec bardé de principes empêtré dans une histoire bien trop grosse pour lui, mais qui s'évertue envers et contre tout à les conserver. En ce sens je l'ai trouvé peut-être un peu plus touchant que les autres. C'est un mec bien qui s'est simplement retrouvé du mauvais côté. D'ailleurs pendant tout le bouquin je trouvais pas trop d'intérêt à son histoire mais il a un rôle clé comme tous les autres personnages au final.

    Honnêtement j'ai pas grand chose à dire de plus sur ce livre si ce n'est qu'il est bien à la hauteur de sa réputation.

    Parfaitement maîtrisé, extrêmement nerveux (je le répète), La Griffe du Chien est à mes yeux un petit chef d'oeuvre du genre, bien que destiné à un public averti. Je pense me faire Cartel (la suite) dans pas trop longtemps.

     

    Allez next.

     

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    Résumé de l'éditeur:

     

     

    Jake Adelstein en a bien conscience : il ne s’en sortira pas vivant sans aide. Après avoir écrit un article sur Tadamasa Goto, il a tout le Yamaguchi-gumi à ses trousses. Partant du vieux principe selon lequel « les ennemis de mes ennemis sont mes amis », Jake Adelstein engage un ancien yakuza, Saigo, qui appartenait à la branche ennemie de Goto. En échange ? Jake doit écrire la biographie de son protecteur. À partir de la vie de cet homme qui a connu l’âge d’or des yakuzas, Jake Adelstein dresse une fresque épique de la mafia japonaise, des années 1960 à nos jours. C’est Le Parrain au pays du Soleil-Levant, cela commence sur fond de tatouages sophistiqués et se termine dans les milieux de la finance. Entre-temps, les yakuzas ont perdu leur sens de l’honneur.

    Une fresque épique sur la plus secrète des organisations criminelles.

     

     

     

    J'avais lu et adoré Tokyo Vice (dont je parle ICI ), alors j'ai décidé de lire l'effort suivant de Jake Adelstein.

    Au vu du titre vaguement banal, j'avais peur d'être un peu déçu, mais au final il n'en est rien. L'histoire suit donc la vie haute en couleur de Saigo, un Japonais qui se retrouve singulier dès la naissance. En effet, né dans les années 60 d'un père japonais plutôt conservateur et d'une mère américaine d'origine japonaise, Saigo grandit sous l'influence de celle-ci et sans jamais parvenir à se conformer aux convenances qui font les particularismes culturels du Japon. Rustre dans ses manières, doté d'un physique impressionnant, et d'un sale caractère, le bonhomme devient vite un bagarreur hors pair. C'est donc tout logiquement qu'il devient chef d'une bande de bosozokus, les bandes de motards japonais, puis dévie en créant une milice d'extrême droite avant de finalement intégrer un clan yakuza appartenant à l'Inagawa kai, soit le second groupe yakuza du pays par son importance.

    Bon le mec a quand même eu une vie de dingue et est globalement passé par toutes les cases obligatoires du chef yakuza type: les bandes, les milices, la prison, l'enrôlement dans un clan yakuza, la création de son propre gang, l'irezumi (tatouage japonais), les conflits de territoire, l'argent, la drogue (dure), les femmes, le manque d'argent...

    Parce que ce qui est intéressant dans la description des clans yakuzas, c'est que la structure pyramidale de celle-ci est faite de telle sorte que plus tu évolues, plus tu gagnes d'argent et plus tu te dois de gagner de l'argent. Non seulement il faut avoir de l'argent pour l'apparence et le prestige (belle voiture, belle maison, beaux vêtements, beau tatouage, bref tout ce qui renvoie au grade de l'intéressé), mais aussi et surtout parce qu'à la manière d'associations, il faut payer d'énormes sommes d'argent pour les cotisations au groupe, à l'oyabun, ainsi que pour les fonds de soutien aux yakuzas enfermés, aux  enterrements... Inutile de dire que la spirale devient inéluctable, d'autant plus que l'argent qu'on récupère dépend du nombre de soldats dont on dispose. Bref un sacré casse-tête.

     

     

    Contrairement à ce que le titre (un peu fourre-tout) laisse supposer, Jake Adelstein, en racontant la vie de Saigo (dont on ne connaîtra jamais le nom de famille, il me semble), en profite pour raconter l'histoire des yakuzas au Japon, de leur émergence à la fin du 19ème siècle), à leur explosion après la second guerre mondiale. Très généreux en détails et extrêmement documenté, il en profite pour mettre en lumière les rapports ambigüs que le Japon a longtemps entretenu avec les yakuzas, de la population locale à la police, en passant évidemment par l'appareil politique jusque dans ses plus hautes sphères. On y découvre par exemple les liens trouble qui ont existé entre une branche du Yamaguchi gumi (le plus important groupe yakuza du Japon, et avec lequel Jake Adelstein a eu maille à partir) et la secte Aum, une secte mondialement connue pour avoir propagé du gaz sarin dans le métro tokyoïte, ou encore Shinzo Abe dont la nomination en tant que premier ministre se serait faite dans l'ombre de manière "insistante".

    Par ailleurs, Jake Adelstein en profite pour s'attarder sur l'histoire des principaux clans (l'Inagawa Kai et le Yamaguchi Gumi entre autres), à travers les hommes phares qui ont fondé ou participé à l'émergence de ceux-ci, et développe les subtilités qui les différencient comme la philosophie, la région d'origine, les secteurs d'activité (par exemple les tekiyas qui gèrent le commerce des fêtes foraines et festivals) et les limites morales de chaque groupe. C'est d'ailleurs assez drôle de voir les paradoxes des yakuzas, généralement liés à des partis d'extrême droite alors qu'ils sont paradoxalement les structures qui enrôlent le plus grand nombre d'hommes issus de populations traditionnellement discriminées au Japon (les Coréens, les "Burakumin").

    On y découvre aussi les différents rites et cérémonies en usage dans le monde interlope des yakuzas.

     

    Bref, je m'arrête là. En plus de raconter la vie assez passionnante de Saigo, Jake Adelstein en profite pour nous livrer une véritable bible des yakuzas. En ce sens, Le Dernier des Yakuzas est pour moi un incontournable pour qui s'intéresse un tant soit peu au sujet.

     

    Gros livre!

     

    Allez next.

     

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    Résumé:

     

    Voici l'histoire du dernier des hommes qui parlait la langue des serpents, de sa sour qui tomba amoureuse d'un ours, de sa mère qui rôtissait compulsivement des élans, de son grand-père qui guerroyait sans jambes, de son oncle qu'il aimait tant, d'une jeune fille qui croyait en l'amour, d'un sage qui ne l'était pas tant que ça, d'une paysanne qui rêvait d'un loup-garou, d'un vieil homme qui chassait les vents, d'une salamandre qui volait dans les airs, d'australopithèques qui élevaient des poux géants, d'un poisson titanesque las de ce monde et de chevaliers teutons un peu épouvantés par tout ce qui précède.
    Peuplé de personnages étonnants, empreint de réalisme magique et d'un souffle inspiré des sagas scandinaves, L'Homme qui savait la langue des serpents révèle l'humour et de l'imagination franchement délirante d'Andrus Kivirähk. Le roman, qui connaît un immense succès en Estonie depuis sa parution en 2007 (plus de 40?000 exemplaires vendus pour un pays d'à peine 1,4 million d'habitant) retrace dans une époque médiévale réinventée la vie peu banale d'un jeune homme qui, vivant dans la forêt, voit le monde de ses ancêtres disparaître et la modernité l'emporter. Une fable?? Oui, mais aussi un regard ironique sur notre propre époque, comme le souligne Jean-Pierre Minaudier dans une postface bien renseignée.

     

     

     

    Donc voilà. C'est le résumé fourni par l'éditeur je crois vu qu'il est présent sur les sites de la Fnac et d'Amazon. Si c'est le cas c'est autant plus étonnant qu'il n'y a pas d'australopithèques mais c'est d'anthropopithèques qu'il s'agit, à moins qu'il y ait eu une erreur de traduction.

     

     

    En toute honnêteté je n'avais jamais entendu parler du bouquin ni même de l'auteur jusqu'à ce qu'une collègue (celle qui m'a filé les bouquins de James Lee Burke, dont je parle ICI ), se décide à me le prêter sans que je lui demande quoi que ce soit. C'est beau l'amour de la lecture.

    Je ne sais pas pourquoi mais je n'ai jamais réussi à entrer dans le délire. Il y a énormément de choses paradoxales dans ce bouquin. Tout d'abord, il y a l'histoire.  Comme je n'en n'avais jamais entendu parler, je m'attendais à lire une histoire de fantasy plus ou moins bateau, ou vaguement grand public comme les premières pages le laissent suggérer.  Pourtant plus on avance, plus l'histoire s'éloigne du carcan de la fantasy. C'est très difficile à résumer sans révéler l'intrigue.

    Pour faire simple on suit les "aventures"de Leemet, un jeune enfant qui grandit dans un monde qui se dérobe sous ses pieds et qui devient malgré lui, le témoin privilégié de la fin d'une civilisation et de l'avènement de la suivante.

    C'est d'ailleurs toute la force du livre. Leemet qui a été bercé par les récits héroïques de ses aïeux, par la force incommensurable de la Salamandre, grandit en voyant son peuple se décrépir, sa forêt se désertifier. Leemet devient le spectateur impuissant de la dégénérescence de ses congénères, qui quittent progressivement la forêt pour s'installer au village, et qui deviennent progressivement asservis à de nouvelles croyances comme le christianisme (qui en prend pour son grade lol)  sous le joug de l'envahisseur allemand. Et surtout qui ne connaissent plus la langue des serpents, cette langue qui leur permettait asservir la faune de la forêt et qui leur permettait de faire appel à la salamandre,un formidable animal immortel, pour vaincre leurs ennemis.

    En lisant le bouquin malgré la qualité de l'écriture, du style et de l'histoire en elle-même, j'ai par moments été gêné par l'impression de sous texte xénophobe qui se dégageait du livre. Les envahisseurs étrangers (allemands), les coutumes qu'ils nous imposent dans le sang etc. C'était d'autant plus gênant que quand je le lisais j'avais toujours à l'esprit la photo de notre Marine nationale avec un nationaliste estonien. Après il a le droit de penser ce qu'il veut hein, mais bon.

    Et pour une fois, j'ai lu la postface, et j'ai eu un second regard sur l'oeuvre.Comme quoi parfois c'est intéressant d'avoir un commentaire. J'ai donc révisé mon jugement et il s'avère que même si je n'ai pas adoré le bouquin, il est difficile de ne pas reconnaître que c'est un très bon livre

     

    Bref, j'en ai trop dit, ou pas assez. Dans tous les cas, L'Homme qui Savait la Langue des Serpents est un très bon roman, assez singulier, et surtout très captivant, sur l'histoire d'un homme qui se révèle être le dernier de son espèce. Une espèce de croisement improbable entre Je Suis Une Légende et Things fall Apart en somme, le tout à la sauce fantasy estonienne.

     

    A découvrir

     

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    J'en avais entendu parler depuis un moment j'ai fini par le prendre.

     

     

     

    Après Last Exit To Brooklyn et Crackopolis, on pourrait croire que je me fais une série sur les bas fonds. C'est d'ailleurs peut-être vrai, inconsciemment.

     

    Le résumé:

     

    Zarca, écrivain à la petite renommée peut-être plus pour sa vie dissolue et ses relations douteuses que pour ses romans, cherche un nouvelle idée pour son prochain livre. Un jour, Dina, sa "frelonne", sa meilleure amie (et plus encore) lui soumet l'idée de faire un guide des bas fonds parisiens. Après avoir laissé l'idée faire son chemin, Zarca finit par s'atteler à l'ouvrage. Mais alors qu'il plonge de plus en plus profond dans les méandres de l'underground, il est victime d'une tentative de meurtre. Qui peut lui en vouloir à ce point? A travers son enquête, Zarca s'enfonce dans la spirale de la violence et de la déchéance, et la réalité finit par se mélanger à la fiction.

     

     

     

     

    On va commencer par l'auteur comme d'hab. Qui est zarca? Zarca (Johann Zarca dans la vraie vie) est un écrivain de 34 ans originaire de Bry sur Marne. Après avoir fait des études de journalisme, il enchaine des emplois alimentaires. Il se fait connaître  tout d'abord avec son blog sur l'underground, il décide de compiler ses meilleurs articles pour en faire un livre. Son premier roman le Boss de Boulogne, connait un petit succès. Plusieurs autres romans suivront. Conjointement à Pierre Ducrozet avec L'Invention des Corps, il devient lauréat du prix de Flore avec Paname Underground, son quatrième roman.

     

     

     

     

     

     

    Zarca... je me disais bien que ce nom me disait quelque chose. C'est le même nom que la dentiste qui m'a bousillé les chicots quand j'avais douze ans (véridique). Cette p. m'a niqué les dents, à coup de "prévention". Du coup aujourd'hui j'ai quarante ans et toutes mes dents, mais faut voir l'état des dents. Elle a plombé tout ce qu'elle a pu. J'ai longtemps voulu retourner la voir pour lui arracher des dents mais je ne me vois pas brutaliser une vieille de probablement 60-70 balais aujourd'hui. Et puis pour le recours "légal", il doit y avoir prescription. Donc un conseil : n'envoyez pas vos gamins chez n'importe quel dentiste. Question chicots lui non plus n'a pas l'air d'en avoir de belles, mais c'est sûrement davantage dû à ses excès (de drogue) qu'à une dentiste véreuse de Saint Denis. Vu sa gueule et le sujet de ses livre (le bois de Bou, Pattaya, les sex shop, les back room...) le mec a l'air du type bien barré. Le genre mec qui a besoin "d'expérimenter" tout et n'importe quoi. Un mec avec peu d'interdits quoi.

     

     

     

    Mais revenons en au livre.

     J'aime bien l'article du 20mn au sujet du roman (et qu'on peut retrouver ICI):

     

    "Avec son dernier roman, Johann Zarca, 33 ans, frappe fort : l’argot juste, le style frontal."

     

    Non mais lol.

     

    Dès les premières lignes j'ai eu mal aux yeux.

    Franchement, avec son argot (un mélange d'argot de quartier, de "javanais", et d'argot de polar), on a essayé de nous le vendre comme une espèce de nouveau Céline ou un truc dans le genre. Euh oui mais non. Parce que personne, je dis bien personne, ne parle comme ça dans la vraie vie. Pas que les mots et expressions qu'il utilise n'existent pas (ils existent tous, enfin j'imagine, je dois en connaître 80%). Simplement personne, même le plus grand cassoce de l'espace ne fait de phrase comme les siennes avec 8 mots d'argot sur une phrase de 10 mots. C'est impossible. Du coup, ça m'a un peu gêné, comme si le mec voulait en faire trop pour montrer à quel point il savait de quoi il parlait.

    Parce que oui, le mec sait effectivement de quoi il parle. Simplement je ne suis pas sûr que son usage systématique de l'argot ait une quelconque valeur ajoutée. En réalité, Zarca n'a, je pense, même pas la volonté d'être authentique. Du coup, plutôt que Céline, il serait plutôt à rapprocher d'Audiard (toutes proportions gardées), dans le sens où à travers des expressions familières qu'il s'est appropriées, il a inventé un langage qui fait sa singularité. Vu son succès, il a bien fait.

     

     Comme j'ai dit, Zarca sait de quoi il parle. Si Barbès, Chateau Rouge, Stalingrad, Porte de La Chapelle ou Porte d'Auber sont déjà bien connus des Parisiens comme moi, il nous fait découvrir  d'autres bas fonds, parfois insoupçonnés comme le jardin Vuillemin où les Afghans se regroupent pour toutes sortes de business (y compris se fournir en opium), cette planque d'armes des fascistes/ néo nazis parés pour une guerre civile façon "helter skelter" de Charles Manson, ou encore, bien plus glauques, les back rooms hardcore de la capitale.

    D'ailleurs comme je viens de le lire sur la page FB de la maison d'édition, Le Gouffre, la back room la plus trash et sordide de Paris, aurait inspiré le club Le Rectum dans le film Irreversible de Gaspar Noé (sa description m'a aussi fait penser à la back room trash de Cruising, le film de Friedkin avec Al pacino). Zarca n'est pas avare en détail et nous balance d'ailleurs des rumeurs sur le lieu qui font froid dans le dos.

    Concernant le reste Zarca est tout aussi prolixe et le roman se révèle riche en anecdotes comme l'histoire de ce criminel de Pigalle qui possèderait plusieurs bars à hôtesse, plusieurs grec, et racketterait Michou, l'homme en bleu des soirées parisiennes.

    D'ailleurs au delà Michou, l'histoire nous fait croiser de manière tout à fait hasardeuse la route entre autres de Virginie Despentes dans le 20ème, celle de Logan, un faf proche de Marion Maréchal qui avait fait parler de lui il y a quelques années en tabassant et en humiliant Edouard Klein (un responsable du GUD, ce qui lui a valu une peine de prison), et celle de Erik Remès,, l'écrivain homosexuel dont je me souviens encore du passage chez Ardisson il y a plus d'une dizaine d'années je pense. Ce dernier, qui est un ami de zarca, a d'ailleurs une place relativement importante dans le livre.

    Alors que dire de plus sur ce roman en plus de son écriture particulière? Bah on peut dire qu'il est très rythmé. Et aussi "excentrique" soit l'écriture de Zarca, elle reste efficace et personnellement je me suis totalement plongé  dans ce roman assez addictif. C'est bien simple: après un Last Exit To Brooklyn qui m'a tenu la jambe pendant 2 ou 3 mois (j'y arrivais pas), j'ai lu celui-là en quelques jours à peine.

    MAIS, parce qu'il faut toujours un mais, pourquoi Zarca s'est tourné vers le polar? Même si sa trame policière a permis à son auteur d'articuler son guide autour d'une trame narrative, je ne suis pas vraiment rentré dans l'histoire criminelle. Pour moi l'idée du guide se suffisait à elle-même, pas besoin d'en rajouter avec ses histoires de meurtre blablabla. Enfin bon, pas que ça ma gêné mais j'aurais trouvé le livre meilleur sans.

     

    En l'état, Paname Underground reste un roman assez singulier, aussi glauque que marrant, et assez fascinant sur l'underground parisien. Mêlant voyous, homosexuels, caïds de cités, travestis, prostituées, dealers, migrants, sdf, toxicomanes, néonazis et plus encore, ce roman est un sympathique ovni dans le paysage littéraire français.

    A lire donc.

     

     

     

    Allez next. 

     

     

     

    Bonus: le teaser du docu Paname underground que Zarca comptait monter (et qui je crois est au point mort) histoire de faire taire ses détracteurs sur un hypothétique underground fantasmé.

     

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    Quatre mois que j'ai rien posté ici!! C'est vrai que non seulement je ne lis plus trop, mais en plus ce livre à la con m'a pris un temps fou. Je ne comprends pas.

     

     

    Résumé:

     

    Last Exit to Brooklyn est un recueil de six histoires où se croisent des personnages désespérants et désespérés : Harry Black qui ne supporte plus sa femme, la prostituée Tralala, le travesti Georgette... Un monde gangrené par la violence, la folie, la terreur, d'une beauté et d'une humanité terrifiantes. Un monde décrit par Selby lui-même comme " les horreurs d'une vie sans amour ".

     

     

     

     

     

    Pour présenter un peu l'auteur, je vais copier une partie de sa bio gracieusement mise à dispo par Wikipedia (merci Wikipedia):

     

    Né à New York, dans l'arrondissement de Brooklyn en 1928, Selby quitte l'école à l'âge de 15 ans pour s'engager dans la marine marchande, où son père, orphelin, avait travaillé. Atteint de la tuberculose à 18 ans, les médecins lui annoncent qu'il lui reste deux mois à vivre. Il est opéré, perd une partie de son poumon, et restera 4 ans à l'hôpital1.

    Lors de la décennie suivante, Selby, convalescent, est cloué au lit et fréquemment hospitalisé (1946-1950) à la suite de diverses infections du poumon. « C'est à l'hôpital que j'ai commencé à lire avant d'éprouver le besoin d'écrire. »1 Incapable de suivre une vie normale à cause de ses problèmes de santé, Selby dira : « Je connais l'alphabet. Peut-être que je pourrais être écrivain. ». Grâce à sa première machine à écrire, il se lance frénétiquement dans l'écriture.

    Son premier roman, Last Exit to Brooklyn, une collection d'histoires partageant un décor commun, Brooklyn, entraîna une forte controverse lorsqu'il fut publié en 1964. Allen Ginsberg prédit que l'ouvrage allait « exploser sur l'Amérique comme une bombe infernale qu'on lirait encore cent ans après. » Il fut l'objet d'un procès pour obscénité en Angleterre, interdit de traduction en Italie, et interdit à la vente aux mineurs dans plusieurs états des États-Unis. Son éditeur, Grove Press, exploita cette controverse pour la campagne de promotion du livre, qui se vendit aux alentours de 750 000 exemplaires la première année. Il fut également traduit en douze langues. L'auteur le résume ainsi : « Quand j'ai publié Last Exit to Brooklyn, on m'a demandé de le décrire. Je n'avais pas réfléchi à la question et les mots qui me sont venus sont : "les horreurs d'une vie sans amour" . » L'ouvrage est republié sous une nouvelle traduction française début 2014.

     

    Et caetera, et caetera. Pour résumer la suite de sa vie, il est devenu, junkie et alcoolo, puis désintoxiqué mais alcoolo, a continué à sortir des romans mais n'a jamais retrouvé le succès de son premier roman. Voilà.

     

     

     

     

     

     

     

     

    J'avais lu Waiting Period, le dernier livre d'Hubert Selby Jr, peu avant que ce dernier casse sa pipe (il y a un bail donc) et j'avais bien aimé. Un petit livre acide, sympathique à l'humour corrosif. Et sans prétention. Donc son "classique" m'avait depuis toujours fait de l'oeil sans que je trouve le temps de le prendre. C'est en tombant dessus chez un pote que j'ai décidé de le lui emprunter.

     

    On va la faire rapide, je n'ai pas aimé. En fait, je ne suis jamais rentré dedans. L'histoire, si on peut appeler ça une histoire, se borne à décrire des scènes glauques de la vie d'habitants de Brooklyn: des petites frappes, des ouvriers, syndicalistes, des homosexuels extravertis, des michetonneuses à la recherche du coup de leur vie, et plein d'autres âmes perdues à la dérive. En fait, j'ai pas vraiment compris le projet du mec. Il n'y a qu'à la fin du roman que j'ai finalement compris que ça n'en était pas un. C'est plutôt à voir comme une anthologie, un recueil de nouvelles où on retrouverait de temps en temps les mêmes personnages. Mouais. Bof.

    T'es con! Il suffisait de lire le résumé pour le savoir." Oui, oui. Merci du renseignement.

     

     Enfin ceci mis à part, et même si l'incursion dans les "bas fonds" est assez immersive, au final j'ai jamais trop accroché. Niveau structure narrative déjà j'ai eu du mal. Je sais pas, j'ai jamais réussi à voir où il voulait en venir avec ses histoires sur une violence ordinaire, banalisée. Et puis c'est peut-être injustifié mais j'avais souvent à l'esprit Les Seigneurs, le roman de Richard Price (pourtant sorti 10 ans plus tard). Du coup tout au long de ma lecture, Last Exit To Brooklyn a souffert de la comparaison. 

     Et puis même dans le fond, si la déchéance, le désœuvrement, la crudité (je dirais presque la gratuité) de la violence et du sexe  m'ont vaguement choqué (notamment les deux scènes les plus glauques du bouquin, à savoir une partouze gay, et un viol collectif sur un terrain vague), je sais pas, c'est tellement glauque que j'ai eu l'impression que l'auteur se complaisait dans sa fange. Du glauque pour du glauque. A sa sortie le roman a été taxé de pornographie, interdit dans plusieurs pays, de faire l'apologie de la drogue, de l'homosexualité etc. Bah même si aujourd'hui c'est nettement moins "marquant", je comprends les réactions de l'époque. Ca fait très "underground, post beat generation". D'ailleurs si le roman a été adopté par le pédo Allen Ginsberg c'est pas pour rien.

    De toute façon la fange, Selby Jr aime ça vu qu' on lui doit quelques années plus tard le fameux Requiem For Dream (adapté au ciné avec le succès public qu'on lui connait), en fait une suite plus ou moins officielle à son chef d'oeuvre.

     

    Côté style, j'ai déjà dit un nombre incalculable de fois que j'en pouvais plus de ces mecs qui ne connaissent pas l'existence du point. Et bien évidemment, Hubert Selby en fait partie. Non mais sérieux, des phrases de près d'une page avec soixante virgules et autant de digressions et autres apartés, j'y arrive plus. D'autant plus que Selby Jr ne connait pas non plus l'existence des guillemets ou du trait cadratin, ce qui fait qu'on passe allègrement de la description au dialogue le plus naturellement possible. Selby Jr est un expérimentateur. C'est l'époque qui veut ça.

     

     Est-ce que j'ai besoin de continuer pour faire comprendre que j'ai pas spécialement aimé? Non je ne pense pas. De toute façon 'ai rien d'autre à dire.

     

    Avec son roman Hubert Selby Jr avait probablement entre autres pour volonté de choquer le lecteur. Bah le moins que je puisse dire c'est qu'il a réussi. Néanmoins, le rythme assez lent, et le style "particulier" ont rendu ma lecture assez laborieuse. Du coup j'ai eu du mal à trouver un quelconque plaisir à sa lecture.

    Accessible  sans l'être, Last Exit To Brooklyn l'est assurément.

     

    C'était probablement le but après tout.

     

    Allez next.

     

     

    A noter que le roman a été adapté au ciné avec Jennifer Jason Leigh, Burt Young (Paulie dans la saga Rocky, )Eli Orbach (le vieux flic de Law and Order), Stephen Baldwin, Sam Rockwell et j'en passe. Aucune idée de ce que ça vaut.

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