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    Résumé (Editions Marchialy):

     

    Quand Jake Adelstein intègre en 1993 le service Police-Justice du plus grand quotidien japonais, le Yomiuri Shinbun, il n’a que 24 ans et il est loin de maîtriser les codes de ce pays bien différent de son Missouri natal. À Tokyo, il couvre en étroite collaboration avec la police les affaires liées à la prostitution et au crime organisé. Pour cela, il n’hésite pas à s’enfoncer dans les quartiers rouges de la capitale, dans les entrailles du vice et de la décadence. Approché par les yakuzas, il devient leur interlocuteur favori tout en restant un informateur précieux pour la police. Une position dangereuse, inédite et ambivalente, aux frontières du crime, qui incite Jake Adelstein à entrer dans un jeu dont il ne maîtrise pas les règles.

    À mi-chemin entre le polar mafieux et l’enquête journalistique, Tokyo Vice est aussi le roman initiatique d’un jeune journaliste américain à Tokyo qui nous livre, avec beaucoup d’humour, un témoignage nerveux sur l’envers de la société nippone.

     

     

    J'ai mis du temps à le finir, je ne sais pas trop pourquoi parce qu'il est plutôt prenant. Loin du roman putassier qu'on pourrait craindre, le livre est plutôt fidèle à son résumé.  Jake Adelstein, l'auteur, est un sacré personnage. Originaire du Missouri, il est le premier "non Japonais" à intégrer le prestigieux Yomiuri, le plus important journal du Japon. Ceux qui connaissent ce pays même de loin (comme moi) savent comme il est difficile pour un étranger de travailler au Japon et encore plus d'intégrer une grosse société japonaise. Ce qui est assez marrant d'ailleurs c'est la facilité avec laquelle il y est paradoxalement parvenu à la fin de ses études. Alors que le Yomiruri est vu comme le  must et l'eldorado des étudiants en journalisme du pays, Jacob Adelstein malgré des résultats plutôt moyens a réussi à y faire son trou. Aux dires de l'auteur lui-même, il a principalement réussi la sélection en faisant de sa faiblesse sa force, à savoir en capitalisant sur son statut d'étranger.

     

     

     

     

     

     

    Oui le gaillard a une tête de personnage de série des années 80 genre NYPD Blue, enfin à la sauce Jason Biggs. J'avais quelques a priori sur la véracité de son récit mais il faut bien admettre que le bonhomme a de sacrés garanties sur son authenticité (il a a été placé un certain temps sous protection policière). Roberto Saviano l'a été mais notre bonhomme semble un tantinet plus honnête sur son enquête.

    D'ailleurs en parlant d'enquête, si elle est bien au cœur de Tokyo Vice, la plus grosse partie du livre s'attache surtout à montrer son évolution en tant que journaliste, de larbin de base à journaliste d'investigation couvrant les grosses affaires de yakuzas. Et honnêtement c'est très loin d'être inintéressant. On y apprend pas mal de trucs sur les mœurs des Japs et sur le commerce sordide du sexe à la japonaise. Je connaissais déjà certains trucs comme les "soapland" ou les "kyabakura" à cause du manga Ushijima mais il y a certains trucs assez effarants comme les esclaves sexuelles ou la prostitution infantile.

     

    Quand on lit le bouquin on se dit que le mec était sacrément barré pour se foutre dans une merde pareille. Jake Adelstein est de ceux qu'on pourrait appeler les emmerdeurs professionnels. Sauf qu'emmerder un des plus puissants yakuzas du pays est rarement une bonne idée, même pour un scoop. Et à force de mettre son nez partout il finit par y perdre des plumes. 

     

    Néanmoins le bouquin n'est pas du genre à se prendre au sérieux à 100%, quand Jake Adelstein décide de raconter sa vie il l'a raconte à 98%, comme le fait d'aller fréquenter des soapland quand il était jeune, et ne manque pas d'humour comme quand il évoque les a priori qu'il suscite auprès des Japonais en tant qu'Américain et surtout de Juif. Et à ce niveau tout y passe : quand ce ne sont pas des enfants qui le prennent pour un "tengu" (un monstre du floklore shinto) à cause de "son gros nez de Juif" comme il dit, ce sont les adultes qui le soupçonnent de faire partie de la C.I.A, voire pire, du Mossad ha ha! Bref par moments c'est du grand n'importe quoi.

     

     

     

    Bref, Tokyo Vice, plus qu'un bon bouquin d'investigation, est une bonne claque dans la lignée de No Angel de Jay Dobyns (sur les Hells Angels), une immersion assez profonde dans les bas fonds de la société Tokyoïte et Japonaise en général où sous un verni d'un pays propre sur lui se cache une crasse assez gerbante. Je lirai ses autres bouquins je pense.

     

     

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    A L'ouest par des chemins, A l'est par un cours d'eau

     

    Oui oui c'est le titre intégral.

     

     

     

     

     

     

    Résumé de l'éditeur:

     

    Le petit-fils du prince Genji, après avoir découvert son existence dans un livre illustré, part à la recherche du jardin idéal. À travers un de ces labyrinthes textuels dont il a le secret, l'auteur de «Guerre & guerre» nous emmène cette fois-ci à la découverte du Japon.

     

     

     

     

     

    Curieux bouquin que celui-ci


    Pour la petite histoire un jour où j'étais allé acheter à manger à midi près de mon boulot et je suis passé devant une grande librairie. J'ai l'habitude de regarder les devantures dès que je passe devant une librairie, c'est comme ça. Et là mon regard s'est arrêté sur un bouquin avec une couverture assez magnifique en ce qui me concerne, et un titre à la fois beau et énigmatique, à l'image du nom de son auteur (et aussi d'un certain roman de Murakami dont je parle ICI ). J'ai été tellement intrigué qu'aussitôt revenu à mon bureau, j'ai aussitôt inscrit le nom de ce mystérieux écrivain au nom difficilement prononçable pour en savoir plus.

     

     

    Lazslo Krasznahorkai donc est un écrivain Hongrois né en 1954. Il travaille d'abord comme documentaliste au sein d'une maison d'édition avant de reprendre ses études et d'être diplômé en littérature et en hongrois.Il publie son premier roman, Tango de Satan en 1983. Suivent d'autres ouvrages dont certains ont été adaptés au cinéma. En 2015 il est lauréat du prestigieux prix Man-Booker Prize (je viens d'ailleurs de voir que Chinua Achebe l'a également obtenu en 2007).

     

     

     

    Laszlo Krasznahorkai

     

     

     

    J'ai dû le dire plusieurs fois mais je reste assez sensible à la couverture des ouvrages. Celle-ci n'échappe pas à la règle et a tout de suite agi sur moi. Il s'agit d'un extrait d'une peinture de Muraoka Kimio, un peintre contemporain.
    Il faut dire que je suis également sensible au titre vu que celui-ci m'a également aussitôt interpelé. Il a quelque chose de mystérieux et d'évocateur. Ici le titre du roman fait référence à la situation géographique d'un monastère abritant le fameux jardin.


    Passé la rêverie des premiers instants (c'est à dire la première ligne), je me rends compte que je me retrouve devant un court roman atypique. En effet celui-ci est composé de courts chapitres, en général composé au maximum de 3 phrases!!. Moi qui me plains des mecs qui écrivent avec des phrases à rallonge, j'ai été servi.

     

    En effet je ne sais pas pourquoi les mecs kiffent écrivent des phrases à rallonge mais bon. De toute façon, passé cette première impression on s'adapte à une certaine gymnastique permettant de ne pas perdre le fil et on entre réellement dans le roman, entre mystère et rêverie dans un Kyoto totalement déserté.

    Entre les déambulations désespérées du petit fils du prince Genji dans un mystérieux monastère, le roman est ponctué de descriptions assez intéressantes sur les détails de sa conception.

     

    A la limite il y a un passage qui m'a un peu gonflé sur la description d'un étrange essai philosophico mathématique sur la nature du fini et l'infini mais ça n'a pas gâché ma lecture outre mesure.

     

    Avec le recul (je l'ai fini il y a une semaine), j'ai beaucoup aimé l'esprit qui se dégage de ce roman. Au Nord Par une Montagne... est un très beau roman qui peut être difficile d'accès au début mais qui se révèle être à la fois une incitation à la rêverie, un texte poétique et très exigeant autour d'une histoire très simple (malgré une fin aussi inattendue que logique).

     

    Je ne sais pas si je lirai d'autres bouquins de lui dans un avenir proche mais je conseille celui-là en tout cas;

     

    Très bon livre.

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    Je dis souvent que je suis pas trop polar pourtant j'en lis toujours mine de rien. Comme quoi j'ai beau faire le mec blasé, j'y reviens inlassablement.

     

     

     

     

     

     

     

     Résumé :

     

    En 1919, alors qu'un terrible ouragan menace la Nouvelle Orléans, un mystérieux tueur provoque une psychose générale en décimant des civils à coup de hache sans raison apparente. Trois individus tentent chacun de leur côté de démasquer le fameux tueur. Il y a Ida, une belle fille noire à peau claire travaillant pour une agence de détective épaulée par son ami Lewis, Michael, le lieutenant chargé de l'enquête, et enfin Luca, un ancien policier ripou fraîchement sorti de prison. Chacun possède propre motivation, mais tous se lanceront à corps perdu dans une enquête les dépassant.

     

     

     

     

    Je voulais me renseigner sur l'auteur et contrairement à ce qu'on pourrait imaginer, Ray Celestin n'est ni cajun, ni créole, ni même américain. En fait il est anglais.

     

     

     

     

     

    Ray Celestin
     

     

     

     

     

    Carnaval m'intriguait un peu. Déjà parce qu'il part d'un postulat réel, le tueur à la hache ayant vraiment sévi à la Nouvelle Orléans au début du siècle dernier (il a ainsi droit à son apparition dans la troisième saison de American Horror Story à la Nouvelle Orléans, et que je n'ai jamais finie d'ailleurs). Mais c'est surtout parce que l'intrigue se passait à la Nouvelle Orléans.

     

    J'aime bien la Nouvelle Orléans. Je ne sais pas pourquoi mais c'est un des endroits des Etats Unis qui me fascine le plus. C'est très probablement dû aux particularismes de la Louisiane, particularismes que Ray Celestin souligne bien dans le livre d'ailleurs. Cette culture unique  dans le pays héritage de différentes populations, Cajuns, Créoles, Haïtiens, esclaves, Français, Indiens et bien sûr Irlandais et Italiens. De la nourriture à l'architecture en passant par le folklore et les uperstitions locales, tout semble différent à la Louisiane. Et puis il y a le carnaval, un des plus célèbres au monde et ça c'est pas rien. 

    Dans l'absolu je raconte peut-être de la merde mais après avoir lu Un Grand Pas Vers le Bon Dieu de Vautrin, maté l'intégrale de Treme et lu quelques James Lee Burke (il place d'ailleurs un clin d'œil à l'écrivain en nommant un personnage Robicheau) c'est l'image que j'en ai.

    Et puis il ne faut pas oublier que c'est le berceau du jazz. Le jazz qui tient d'ailleurs ici une place relativement modeste même s'il reste évidemment très présent ne serait-ce qu'à travers le personnage de Lewis, le meilleur ami et acolyte de Ida Smith.

    Si le pitch de départ n'est par forcément des plus bandants, Carnaval a pour lui d'articuler son intrigue autour de 3 personnages principaux. C'est d'ailleurs sa grande force tant ces 3 antihéros ont une personnalité et un background bien développés.

    L'intrigue en elle-même n'est pas des plus complexe mais le fait de suivre trois personnes enquêter simultanément sur l'affaire en exploitant chacun une piste différente est à la fois intéressant et accentue la complexité de l'histoire dans le sens où on suit l'évolution de chacun de manière indépendante. Ca m'a d'ailleurs un peu embrouillé car je ne l'ai pas lu d'une traite. Enfin ça reste assez minime et on peut dire que c'est à la fois un défaut et une qualité à l'histoire. Au menu: tueur en série, mafia, ségrégation, vétérans de guerre, corruption, maisons de plaisirs, vaudou, et bien sûr du jazz... autant dire qu'on ne s'ennuie pas une seconde.

     

    Avec Carnaval, Ray Celestin n'a pas pondu une grande œuvre littéraire, mais il a quand même réussi à livrer un bon polar doublé d'une belle immersion dans la Nouvelle Orléans du début du siècle dernier. Au carrefour du polar et du roman historique, Carnaval est un roman qui s'il n'arrive jamais à se hisser au niveau d'un Ellroy (la faut à un laque de souffle épique), n'en demeure pas moins un agréable divertissement bien écrit, bien rythmé et très enrichissant d'un point de vue historique. Pour un premier roman, c'est plutôt pas mal.

     

    Bon livre.

     

    A noter : une petite curiosité:  Ray Celestin a écrit une "suite" dans laquelle on apprend que le fameux Lewis était en fait... Lisez les bouquins je ne vais pas gâcher le truc

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     J'étais tombé dessus par hasard en trainant à la FNAC (oui c'est un passe temps comme un autre). Du coup, comme il m'intriguait, je l'ai acheté quelques temps après sans trop à quoi  m'attendre.

     

     

     

    Résumé de l'éditeur:

     

     

    Pour Henry Perowne - neurochirurgien réputé, mari heureux, père comblé d'un musicien de blues et d'une poétesse - ce devrait être un samedi comme les autres.
    Pas question d'aller défiler contre la guerre en Irak. Plutôt goûter les plaisirs de la vie. Et pourtant... Un banal accrochage et voilà la violence qui surgit dans son existence protégée. Henry aura beau tenter de reprendre le fil de sa journée, ses vieux démons et le chaos du monde le rattraperont sans cesse durant ces vingt-quatre heures, au terme desquelles plus rien ne sera jamais comme avant.

     

     

     

     

    Comme j'ai déjà dit je suis assez sensible aux couvertures, mais je le suis aussi aux titres mystérieux. Avec son résumé, j'imaginais un truc à la After Hour mais en fait non.

     

    Je ne connaissais pas du tout Ian Mc Ewan, mais alors même pas de nom. C'est pourtant un écrivain réputé outre Manche, en particulier pour son roman Expiation qui a été adapté au cinéma sous le titre Reviens-Moi (Atonement en vo), avec James McAvoy et Keira Knightley et réalisé par Joe Wright(qui avait réalisé une adaptation d'Orgueil et Préjugés déjà avec Keira Knightley). Evidemment j'ai lu tout ça sur wiki vu que je ne connais ni le film, ni le livre et encore moins l'auteur à la base. Il parait qu'Expiation est très bien vu que McEwan a raflé le très prestigieux Booker Prize pour ce roman.

     

     

     

     

    Ian McEwan

     

     

     

    En découvrant la première page, la première chose qui m'est venue à l'esprit est: qu'est-ce qu'il écrit bien. Malgré le fait que j'ai lu la traduction française, j'ai été assez impressionné par cette maîtrise formelle. C'est sacrément bien écrit. Je trouve compliqué d'écrire au présent et pourtant son écriture est à la fois fluide, simple et sophistiquée. Je trouve ça assez fort.

    En découvrant les autres pages par contre la seconde chose qui m'est venue à l'esprit est: qu'est-ce que chiant. Passé la contemplation du mec qui aperçoit une "étoile filante" à sa fenêtre, on suit bêtement la journée du héros du style aller au squash, aller prendre sa douche, aller au marché... le tout ponctué de flashback (intéressants ceci dit) et d'interminables réflexions sur le bien fondé d'une invasion de l'Irak par les "alliés".Zzzz... En gros il se passe rien. Enfin j'exagère un peu, il y a bien une rencontre assez tendue avec un personnage clé dont on sait déjà qu'on le reverra plus tard. En attendant qu'il revienne par contre je me suis fait bien chier. Honnêtement ça faisait longtemps que ça ne m'était pas arrivé mais j'ai eu envie de lâcher le bouquin à certains moments. Pourtant avec le recul, je me dis qu'il se passe bien des choses durant ce fameux samedi. Néanmoins sa journée est tellement banale que même ma vie est plus palpitante que son sacré samedi.

     

    En fait c'est surtout vrai jusqu'à une certaine heure de la journée où celle-ci se met enfin à basculer. Et là le roman prend enfin le tournant que j'attendais. Bon je ne peux pas trop en dire sous peine de révéler une partie importante de l'histoire mais personnellement cette partie rehausse nettement l'intérêt du bouquin. Malgré tout j'ai été un peu déçu par Samedi. je sais pas, j'attendais peut-être autre chose, d'autant plus que les notes de Babelio m'avaient motivé à le lire en priorité. Toujours est-il que Samedi reste un bon roman, une histoire simple très bien écrite sur un homme ordinaire qui voit sa vie et ses convictions remis en question suite à un banal incident.

     

     

    Pour résumer, Samedi est un beau roman, une histoire simple, mais auquel je n'ai pas accroché plus que ça. Malgré les critiques dithyrambiques d'Expiation, son chef d'œuvre, j'attendrai un moment avant de le lire.

     

    Allez next. 

     

     

     

     

     

     

     

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    Des fois je me dis que je vais faire des trucs, et puis en fait non. Par contre en général quand je m'engage à faire un truc, je le fais même si ça peut prendre un peu (beaucoup) de temps.

    Je dis ça parce que j'ai toujours voulu lire ce livre depuis que j'en ai entendu parler, il y a quinze ans environ lors d'un séjour au Nigeria. Mon unique séjour. A l'époque mon père à la retraite était retourné au pays et il nous avait fait venir pour les vacances histoire de montrer qu'en France qu'il avait fait des enfants avec sa deuxième femme, ma mère qui a refait sa vie depuis vingt cinq ans n'étant même pas au courant qu'elle était "sa femme" ha ha! Ils sont fous au pays!! Enfin bref, les deux sont partis et, a priori, je ne sais pas si je remettrai un jour un pied là-bas.

    Ce livre donc me parlait, parce qu'il m'avait été conseillé au pays, mais en plus parce que Chinua Achebe son auteur est de la même ethnie et de la même région que ma famille paternelle. Il y avait aussi le fait que j'avais appris que ce livre avait eu un impact certain dans la littérature anglophone, africaine, afro américaine. Par exemple The Roots, le célèbre groupe de Philadelphie a intitulé un de ces albums en écho à ce livre. Je connaissais d'ailleurs l'album avant le bouquin. Enfin tout ceci fait que voilà.

    Malheureusement, quand j'ai voulu l'acheter j'ai appris qu'il n'était plus édité. Alors après quelques années (parce qu'il me faut quelques années pour percuter en général), et aussi après avoir lu les différents titres en VF (le Monde s'Effondre, Tout s'Effondre, mouais), j'ai décidé de l'acheter en anglais... pour le laisser dormir 5 ans dans mon armoire (!!).  Je sais pas je faisais un blocage. Enfin malgré tout j'ai fini par m'y mettre. Comme quoi, tout peut arriver.

     

     Résumé de l'éditeur:

     

    Plus qu'un simple roman, ce livre est un témoignage sur le mode de vie des Africains avant et pendant la colonisation de l'Afrique noire par les Européens. Divisé en trois parties, il montre, étape par étape, la destruction d'une peuplade africaine. La première partie ressemble d'ailleurs plus à une description fidèle de la civilisation africaine qu'à une histoire romancée. Outre la destruction de la vie tribale à la fin du siècle dernier par suite de l'arrivée des Européens, ce roman raconte aussi la tragédie d'un homme qui ne devait connaître que le succès.

     

     

     

     

     

    J'aime le Nigeria. Déjà parce que c'est le pays de mon père et qu'il y a un certain chauvinisme plus ou moins déplacé qui en découle, mais aussi parce que s'il y a bien un pays d'Afrique qui a un rayonnement culturel au niveau mondial c'est bien celui-ci. Dans la musique d'abord avec l'afrobeat popularisé par Fela (et ses fils), puis Tony Allen, Keziah Jones et récemment avec tous les artistes actuels comme P Square, Davido, Ianya etc. Dans le domaine audiovisuel, le pays s'est également illustré par le développement assez impressionnant de son industrie (le fameux Nollywood) tant au niveau de la quantité que de la qualité (il suffit de voir les clips pour se rendre compte que l'image "DV" dégueulasse des films du tiers-monde est révolue). Et puis même au niveau économique, Aliko Dangote, l'homme le plus riche d'Afrique, est nigerian. Alors bien sûr tout ça ne suffit pas à oublier l'inégale répartition des richesses, la pauvreté, Boko Haram, une des guerres civiles les plus meurtrières du continent (la guerre du Biafra) suivie d'une trentaine d'années de dictature (notamment celle de Sani Abacha), le tout ponctué par de nombreux coups d'états. Enfin ça reste l'Afrique quoi... Et malgré tout ce pays reste un énorme vivier d'artistes en tous genres. D'ailleurs au delà des Nigérians de souches, énormément d'acteurs/chanteurs/réalisateurs américans et anglais sont d'origine nigériane. Pour les plus connus ont peut citer Sade, Shirley Bassey, Chiwetel Eijiofor, Adewale Agbaje (Adebisi pour les fans de Oz), et un milliard de rappeurs comme Dizzee Rascal, Wale, Tiny Tempah ou Chamillionnaire. Bon y a Forrest withaker aussi mais ça compte pas(c'était y a 300ans lol).

    Néanmoins et bien que ça ne fasse pas vraiment de différence à mon niveau, la plupart des personnalités artistiques reconnues mondialement sont issues de l'ethnie yoruba, l'ethnie majoritaire du pays. Malgré tout il y a bien un domaine dans lequel les Igbos (ou Ibos, c'est pareil), l'ethnie de mon père (et accessoirement la troisième du pays),  s'est illustrée, c'est la littérature. En effet parmi les auteurs africains ET nigérians les plus importants, on peut citer Chimamanda Ngozi Adichie (qui a un siège à l'académie américaine), Ken Saro-Wiwa (connu pour son très beau roman Sozaboy), Wole Soyinka qui est le premier Africain à avoir obtenu le prix Nobel de littérature, et Chinua Achebe qui a également été pressenti un temps pour l'illustre prix.

     

     

     

     


    Chinua Achebe

     

     

     

    C'est le premier livre que je lis en anglais. Je sais pas, ça m'a toujours un peu impressionné les gens qui lisaient des bouquins en anglais alors que parfois je les entendais parler et qu'ils parlaient moins bien que moi. Après tout la compréhension d'une langue et son parlé sont deux choses différentes.

    L'histoire s'attarde donc sur le personnage d'Okwonko un guerrier redouté et un homme estimé au sein de son village. A travers sa vie, Chinua Achebe fait echo à la grandeur et la sauvagerie d'une Afrique et sa déchéance à l'arrivée de hommes blancs. C'est ce qui est intéressant dans ce livre rien n'est idéalisé.

    L'écriture est simple et à ma grande surprise le livre se dévore assez facilement. Les phrases sont simples, courtes. Ce qui est intéressant dans ce livre c'est qu'à aucun moment Chinua Achebe se pose en victime. Il décrit simplement la fin d'une civilisation qui avait ses bons et ses mauvais côtés, et le passage à une nouvelle civilisation apportée par les Anglais, avec également ses bienfaits et ses mauvais aspects. Ce bouleversement se faisant par une transition lente, sournoise, et avec le concours des propres hommes du pays. Une mutation qui se traduit par un changement de croyances avant de devenir un changement de pratiques, de rites, puis de règles morales et légales.

    Le roman se divise en trois parties qu'on peut plus ou moins définir comme ceci: la vie avant l'arrivée des Blancs, les premiers contacts et débuts de mutation de la société, et enfin l'avènement du "nouveau monde". La première est néanmoins la plus importante.

    C'est d'ailleurs ce qu'il y a de beau en ce qui me concerne, cette volonté de traduire tous les aspects de la vie avant l'arrivée des colons, la manière dont la vie d'Ummofia était régie, tout un système construit autours des saisons des récoltes, des croyances et rites associés aux divinités igbo.

    C'est forcément quelque chose qui me parle un peu sachant que j'ai beau avoir deux origines, je ne connais pas grand chose de leurs histoires et cultures respectives. D'ailleurs en regardant un peu sur le Net j'ai appris que le nom de mon père (Anyanwu, un patronyme assez répandu dans la région), est associé à la composante solaire du dieu suprême. Bon c'est pas mon nom de famille mais ça me fait plaisir d'avoir appris un truc supplémentaire grâce à ce bouquin.

     

    Bref, je m'écarte. De toute façon j'ai pas grand chose à dire de plus. Avec Things Fall Apart Chinua Achebe est un des premiers écrivains à avoir décrit la vie en Afrique du point de vue du colonisé et non du colon, et en profite pour livrer l'histoire tragique d'un homme qui voit son monde se déliter pour laisser la place à un nouvelle société qu'il ne comprend pas. Un beau témoignage en quelque sorte.

     

     

    Très beau livre.

     

     

     

    A savoir: pour les non anglophones, le livre a été réédité en français aux éditions Actes Sud. Je ne peux rien dire sur la qualité de la traduction mais je pense qu'on peut leur faire confiance. ICI un petit article relatif à cette réédition.

     

     

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