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    Résumé Actes Sud:

     

    Voici un livre de Mémoires qui nous révèle la formation d’un des esprits les plus brillants de l’Afrique noire. Amadou Hampâté Bâ raconte ici sa petite enfance et son adolescence, à l’époque où, dans le Mali du début du XXe siècle, il s’initiait aux traditions ancestrales, fréquentait l’école française en même temps que la coranique, courait la savane, découvrait le colonialisme et s’apprêtait à devenir l’un des derniers grands dépositaires d’une civilisation orale en pleine mutation.
    Roman d’aventures, tableau de mœurs et fresque historique, ce livre restitue dans une langue savoureuse et limpide toutes les richesses, les couleurs et la vie du grand récit oral africain, et donne une belle leçon d’humour, de tolérance et d’humanité.

     

    Et c'est tout. Parce qu'en fait je vois trop quoi dire dessus. C'est d'ailleurs assez bizarre. J'ai bien aimé le bouquin qui est très intéressant et tout, mais je ne sais pas quoi dire de plus que le résumé. C'est fou ça.

     

    On va commencer par le début et parler un peu de son auteur.

     

    Dans le monde de la littérature, et pour les Africains de l'ouest en particulier, Amadou Hampâté Bâ est loin d'être un inconnu. Ecrivain et ethnologue, il fonde à l'indépendance du Mali l'institut des sciences humaines à Bamako, puis devient membre du conseil exécutif de l'Unesco de 1962 à 1970. Il a d'ailleurs effectué de nombreuses missions de conservations du patrimoine pour l'Unesco comme la "collecte" de contes traditionnels peuls et plus généralement d'Afrique de l'Ouest. Lors d'un discours à l'UNESCO il déclare une phrase qui deviendra proverbiale: « En Afrique, chaque fois qu'un vieillard traditionaliste meurt, c'est une bibliothèque inexploitée qui brûle », en réaction aux propos d'un sénateur américain sur l'ignorance supposée des peuples d'Afrique avant l'arrivée de l'homme blanc. Ce qui me fait vaguement penser aux "bienfaits de la colonisation" chers à notre ancien président... Au delà de ces polémiques, il est inutile de dire qu'Amadou Hampâté Bâ est devenu une des personnalités littéraires les plus importantes du mali et globalement d'Afrique de l'ouest.

     

     

     

    Amadou Hampaté Bâ, l'enfant du Mali

     

     

    Bon histoire de broder un peu, et parce qu'il faut bien rentabiliser les 440 pages, Amkoullel L'Enfant Peul, est un livre à mi chemin entre le roman autobiographique, le roman d'apprentissage et le roman historique (si si). Car c'est bien d'histoire dont il est question. Plus encore que l'histoire d'Amadou Hampâté Bâ, il s'agit également de l'histoire de toute une partie du Mali de son évolution des royaumes toucouleurs, dogon et bambaras jusqu'à la domination coloniale. Tout un pan de l'histoire de l'Afrique de l'ouest dont le jeune Hampaté Ba sera tout au long de sa vie le témoin. En effet tout au long du roman le petit Amkoullel sera amené à voyager du Sénégal au Mali en passant à le Burkina Faso. Et il en profite pour nous dévoiler les coutumes des sociétés africaines, leur organisation, les rites d'initiation, la présence de l'islam et celle des croyances ancestrales etc., que ce soit dans la communauté peule, dogon ou bambara. Ainsi il m'a permis par exemple de découvrir l'existence des "associations" (waaldés chez les Peuls) qui régissent la vie des gens des villes et villages et ce dès leur plus jeune âge.

     

    On sent dans le roman un véritable attachement de Hampâté Ba à toute la culture et l'histoire de l'Afrique de l'Ouest, depuis son enfance où il se passionne pour les contes traditionnels et les chants des griots à la gloire des héros peuls et toucouleurs, un attachement qui le poursuivra toute sa vie vu qu'il consacrera une grande partie de sa carrière à tenter de préserver le patrimoine culturel de la région.

    Pourtant malgré tout l'intérêt historique et culturel du bouquin, il ne faut pas oublier que celui-ci est avant tout un roman, et qu'il raconte son histoire. D'ailleurs il a bien raison tant sa vie semble avoir été remplie. De la même manière il en profite pour narrer celle de ses aïeux dont le parcours assez incroyable de certains témoigne de la place du destin dans l'histoire de sa famille.

     Amadou Hampâté Bâ est célèbre pour ses talents de conteurs et le roman, très rythmé et très bien écrit, bénéficie du talent de son auteur et de son sens de la narration. En ce sens il m'a curieusement rappelé par moments des livres comme le Gône du Chaaba ou même la Guerre des Boutons, enfin des livres sur l'enfance de leur auteur.

     

    Bon assez parlé, comme prévu L'Enfant Peul est un très beau roman sur l'Afrique, la colonisation et surtout l'histoire de son auteur jusqu'à son passage à l'âge adulte.  La seule réserve que je pourrais émettre est la surenchère de protagonistes au début du roman, dont il est difficile de se rappeler tous les noms. Hormis ça, c'est du tout bon.

     

    A lire ou à relire.

     

    A noter qu'il a écrit une suite de ses mémoires intitulée Oui Mon Commandant! 

    Je le lirai quand j'aurai le temps.

     

    Allez next.

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    Résumé

     

    A l'été 2005, un terrifiant ouragan dévaste La Nouvelle-Orléans. Dave Robicheaux, envoyé en renfort, découvre un paysage d'apocalypse livré à l'anarchie et à la violence. Chacun y est prédateur ou proie. Dans ce contexte, le meurtre de deux jeunes noirs qui rôdaient dans un quartier riche ressemble à un lynchage raciste. Mais Dave Robicheaux soupçonne un règlement de comptes d'une autre nature...

     

     

     

     

    Bon on va vite passer sur cet horrible titre français (The Tin Roof Blowdown passe déjà mieux même si difficilement traduisible) et on va aller à l'essentiel c'est à dire le roman.

     

    C'est le seizième roman de James Lee Burke  et le troisième roman (enfin je crois) de l'auteur que je me tape et dont je parle (pour les autres, voir ICI et ICI ). Comme je l'avais dit précédemment ma collègue m'en avait filé quelques uns et c'était le dernier vu que je lui ai rendu les autres.

    Ce roman possède à peu près les mêmes caractéristiques que les précédents. En effet on suit toujours David Robicheaux, le flic au grand cœur et au passé tourmenté, accompagné de Clete Purcel, son acolyte de toujours, et de sa famille atypique (une fille adoptée au Vénézuela, une femme ancienne bonne-sœur, un chat et un raton-laveur à trois pattes. J'invente rien). On peut néanmoins se poser quelques questions en voyant que Robicheaux est un flic qui ne part jamais à la retraite (70 balais quand même!). Mais que font les services sociaux???

    Cette fois-ci, en plein ouragan Katrina, il part à la recherche d'un prêtre tout aussi atypique que lui, et croise la route de membres du MS-13, de jeunes Noirs délinquants, d'un obscur agent d'assurance, du plus gros caïd de la Nouvelle Orléans et d'un curieux détective privé aussi mystérieux qu'effrayant. Et au milieu de tout ce bordel se joue la possession de biens plus précieux que de la vulgaire cocaïne...

     

    Oui oui, c'est à peu près ça.

    Y a toujours quelques trucs lourdingues que j'avais déjà pas aimé dans les autres bouquins, à savoir la caractérisation de certains personnages genre sa famille presque tirée d'une image d'epinal avec sa femme belle, noble, aimante et jamais chiante (j'aimerais bien savoir où il l'a trouvée, histoire que j'aille y échanger la mienne...), sa fille belle, intelligente débrouillarde et qui fait du kickboxing, son chat qui garde la maison comme un putain de clébard et qui protège son pote raton laveur handicapé (what the f...) etc. Néanmoins, je ne peux pas nier que j'ai été assez agréablement surpris. Le moins qu'on puisse dire c'est que James Lee Burke s'est cassé la tête à créer une intrigue assez complexe, qui nous trimballe un peu dans tous les sens à l'image de la galerie hétéroclite de personnages qu'il nous balance en pleine poire. Bon le mec se refait pas. Y a toujours quelques violeurs dans le coin et quelques meufs et mecs qui se font sodomiser, voire gangbanger, et y a toujours Robicheaux qui se pose un peu en gardien du temple et dernier rempart contre la déliquescence qui inonde les moindres recoins de Big Sleazy (la Nouvelle Orléans). James Lee Burke est très croyant et ça se ressent. Son univers est assez manichéen. Néanmoins, il nuance un peu ce trait de caractère en proposant des personnages plus complexes qu'il n'y parait. Cette fois, il pousse le bouchon encore plus loin puisqu'une partie de ce roman est centrée sur la dérive d'un personnage en quête d'une rédemption impossible.

    Bref, si Robicheaux reste le vieux sage presque imperturbable (malgré ses démons), si sa femme Molly reste l'archétype de la sainte, si Clete reste la version sexagénaire (voire septuagénaire) et bodybuildée de Martin Riggs de l'Arme Fatale, La Nuit La Plus Longue est une histoire que je ne décrirai pas comme réaliste mais à hauteur d'homme et qui échappe aux clichés qu'on pourrait imaginer. Pour le coup, James Lee Burke a pondu un bon polar assez tortueux et captivant (et mieux écrit que les autres en ce qui me concerne). Cerise sur le gâteau, il est assez marrant par moments.

     

    Le meilleur de l'auteur que j'ai lu jusqu'à présent. Comme quoi j'ai bien fait de m'accrocher parce que c'était pas gagné.

     

    Allez next

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    Résumé (Editions Marchialy):

     

    Quand Jake Adelstein intègre en 1993 le service Police-Justice du plus grand quotidien japonais, le Yomiuri Shinbun, il n’a que 24 ans et il est loin de maîtriser les codes de ce pays bien différent de son Missouri natal. À Tokyo, il couvre en étroite collaboration avec la police les affaires liées à la prostitution et au crime organisé. Pour cela, il n’hésite pas à s’enfoncer dans les quartiers rouges de la capitale, dans les entrailles du vice et de la décadence. Approché par les yakuzas, il devient leur interlocuteur favori tout en restant un informateur précieux pour la police. Une position dangereuse, inédite et ambivalente, aux frontières du crime, qui incite Jake Adelstein à entrer dans un jeu dont il ne maîtrise pas les règles.

    À mi-chemin entre le polar mafieux et l’enquête journalistique, Tokyo Vice est aussi le roman initiatique d’un jeune journaliste américain à Tokyo qui nous livre, avec beaucoup d’humour, un témoignage nerveux sur l’envers de la société nippone.

     

     

    J'ai mis du temps à le finir, je ne sais pas trop pourquoi parce qu'il est plutôt prenant. Loin du roman putassier qu'on pourrait craindre, le livre est plutôt fidèle à son résumé.  Jake Adelstein, l'auteur, est un sacré personnage. Originaire du Missouri, il est le premier "non Japonais" à intégrer le prestigieux Yomiuri, le plus important journal du Japon. Ceux qui connaissent ce pays même de loin (comme moi) savent comme il est difficile pour un étranger de travailler au Japon et encore plus d'intégrer une grosse société japonaise. Ce qui est assez marrant d'ailleurs c'est la facilité avec laquelle il y est paradoxalement parvenu à la fin de ses études. Alors que le Yomiruri est vu comme le  must et l'eldorado des étudiants en journalisme du pays, Jacob Adelstein malgré des résultats plutôt moyens a réussi à y faire son trou. Aux dires de l'auteur lui-même, il a principalement réussi la sélection en faisant de sa faiblesse sa force, à savoir en capitalisant sur son statut d'étranger.

     

     

     

     

     

     

    Oui le gaillard a une tête de personnage de série des années 80 genre NYPD Blue, enfin à la sauce Jason Biggs. J'avais quelques a priori sur la véracité de son récit mais il faut bien admettre que le bonhomme a de sacrés garanties sur son authenticité (il a a été placé un certain temps sous protection policière). Roberto Saviano l'a été mais notre bonhomme semble un tantinet plus honnête sur son enquête.

    D'ailleurs en parlant d'enquête, si elle est bien au cœur de Tokyo Vice, la plus grosse partie du livre s'attache surtout à montrer son évolution en tant que journaliste, de larbin de base à journaliste d'investigation couvrant les grosses affaires de yakuzas. Et honnêtement c'est très loin d'être inintéressant. On y apprend pas mal de trucs sur les mœurs des Japs et sur le commerce sordide du sexe à la japonaise. Je connaissais déjà certains trucs comme les "soapland" ou les "kyabakura" à cause du manga Ushijima mais il y a certains trucs assez effarants comme les esclaves sexuelles ou la prostitution infantile.

     

    Quand on lit le bouquin on se dit que le mec était sacrément barré pour se foutre dans une merde pareille. Jake Adelstein est de ceux qu'on pourrait appeler les emmerdeurs professionnels. Sauf qu'emmerder un des plus puissants yakuzas du pays est rarement une bonne idée, même pour un scoop. Et à force de mettre son nez partout il finit par y perdre des plumes. 

     

    Néanmoins le bouquin n'est pas du genre à se prendre au sérieux à 100%, quand Jake Adelstein décide de raconter sa vie il l'a raconte à 98%, comme le fait d'aller fréquenter des soapland quand il était jeune, et ne manque pas d'humour comme quand il évoque les a priori qu'il suscite auprès des Japonais en tant qu'Américain et surtout de Juif. Et à ce niveau tout y passe : quand ce ne sont pas des enfants qui le prennent pour un "tengu" (un monstre du floklore shinto) à cause de "son gros nez de Juif" comme il dit, ce sont les adultes qui le soupçonnent de faire partie de la C.I.A, voire pire, du Mossad ha ha! Bref par moments c'est du grand n'importe quoi.

     

     

     

    Bref, Tokyo Vice, plus qu'un bon bouquin d'investigation, est une bonne claque dans la lignée de No Angel de Jay Dobyns (sur les Hells Angels), une immersion assez profonde dans les bas fonds de la société Tokyoïte et Japonaise en général où sous un verni d'un pays propre sur lui se cache une crasse assez gerbante. Je lirai ses autres bouquins je pense.

     

     

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    A L'ouest par des chemins, A l'est par un cours d'eau

     

    Oui oui c'est le titre intégral.

     

     

     

     

     

     

    Résumé de l'éditeur:

     

    Le petit-fils du prince Genji, après avoir découvert son existence dans un livre illustré, part à la recherche du jardin idéal. À travers un de ces labyrinthes textuels dont il a le secret, l'auteur de «Guerre & guerre» nous emmène cette fois-ci à la découverte du Japon.

     

     

     

     

     

    Curieux bouquin que celui-ci


    Pour la petite histoire un jour où j'étais allé acheter à manger à midi près de mon boulot et je suis passé devant une grande librairie. J'ai l'habitude de regarder les devantures dès que je passe devant une librairie, c'est comme ça. Et là mon regard s'est arrêté sur un bouquin avec une couverture assez magnifique en ce qui me concerne, et un titre à la fois beau et énigmatique, à l'image du nom de son auteur (et aussi d'un certain roman de Murakami dont je parle ICI ). J'ai été tellement intrigué qu'aussitôt revenu à mon bureau, j'ai aussitôt inscrit le nom de ce mystérieux écrivain au nom difficilement prononçable pour en savoir plus.

     

     

    Lazslo Krasznahorkai donc est un écrivain Hongrois né en 1954. Il travaille d'abord comme documentaliste au sein d'une maison d'édition avant de reprendre ses études et d'être diplômé en littérature et en hongrois.Il publie son premier roman, Tango de Satan en 1983. Suivent d'autres ouvrages dont certains ont été adaptés au cinéma. En 2015 il est lauréat du prestigieux prix Man-Booker Prize (je viens d'ailleurs de voir que Chinua Achebe l'a également obtenu en 2007).

     

     

     

    Laszlo Krasznahorkai

     

     

     

    J'ai dû le dire plusieurs fois mais je reste assez sensible à la couverture des ouvrages. Celle-ci n'échappe pas à la règle et a tout de suite agi sur moi. Il s'agit d'un extrait d'une peinture de Muraoka Kimio, un peintre contemporain.
    Il faut dire que je suis également sensible au titre vu que celui-ci m'a également aussitôt interpelé. Il a quelque chose de mystérieux et d'évocateur. Ici le titre du roman fait référence à la situation géographique d'un monastère abritant le fameux jardin.


    Passé la rêverie des premiers instants (c'est à dire la première ligne), je me rends compte que je me retrouve devant un court roman atypique. En effet celui-ci est composé de courts chapitres, en général composé au maximum de 3 phrases!!. Moi qui me plains des mecs qui écrivent avec des phrases à rallonge, j'ai été servi.

     

    En effet je ne sais pas pourquoi les mecs kiffent écrivent des phrases à rallonge mais bon. De toute façon, passé cette première impression on s'adapte à une certaine gymnastique permettant de ne pas perdre le fil et on entre réellement dans le roman, entre mystère et rêverie dans un Kyoto totalement déserté.

    Entre les déambulations désespérées du petit fils du prince Genji dans un mystérieux monastère, le roman est ponctué de descriptions assez intéressantes sur les détails de sa conception.

     

    A la limite il y a un passage qui m'a un peu gonflé sur la description d'un étrange essai philosophico mathématique sur la nature du fini et l'infini mais ça n'a pas gâché ma lecture outre mesure.

     

    Avec le recul (je l'ai fini il y a une semaine), j'ai beaucoup aimé l'esprit qui se dégage de ce roman. Au Nord Par une Montagne... est un très beau roman qui peut être difficile d'accès au début mais qui se révèle être à la fois une incitation à la rêverie, un texte poétique et très exigeant autour d'une histoire très simple (malgré une fin aussi inattendue que logique).

     

    Je ne sais pas si je lirai d'autres bouquins de lui dans un avenir proche mais je conseille celui-là en tout cas;

     

    Très bon livre.

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    Je dis souvent que je suis pas trop polar pourtant j'en lis toujours mine de rien. Comme quoi j'ai beau faire le mec blasé, j'y reviens inlassablement.

     

     

     

     

     

     

     

     Résumé :

     

    En 1919, alors qu'un terrible ouragan menace la Nouvelle Orléans, un mystérieux tueur provoque une psychose générale en décimant des civils à coup de hache sans raison apparente. Trois individus tentent chacun de leur côté de démasquer le fameux tueur. Il y a Ida, une belle fille noire à peau claire travaillant pour une agence de détective épaulée par son ami Lewis, Michael, le lieutenant chargé de l'enquête, et enfin Luca, un ancien policier ripou fraîchement sorti de prison. Chacun possède propre motivation, mais tous se lanceront à corps perdu dans une enquête les dépassant.

     

     

     

     

    Je voulais me renseigner sur l'auteur et contrairement à ce qu'on pourrait imaginer, Ray Celestin n'est ni cajun, ni créole, ni même américain. En fait il est anglais.

     

     

     

     

     

    Ray Celestin
     

     

     

     

     

    Carnaval m'intriguait un peu. Déjà parce qu'il part d'un postulat réel, le tueur à la hache ayant vraiment sévi à la Nouvelle Orléans au début du siècle dernier (il a ainsi droit à son apparition dans la troisième saison de American Horror Story à la Nouvelle Orléans, et que je n'ai jamais finie d'ailleurs). Mais c'est surtout parce que l'intrigue se passait à la Nouvelle Orléans.

     

    J'aime bien la Nouvelle Orléans. Je ne sais pas pourquoi mais c'est un des endroits des Etats Unis qui me fascine le plus. C'est très probablement dû aux particularismes de la Louisiane, particularismes que Ray Celestin souligne bien dans le livre d'ailleurs. Cette culture unique  dans le pays héritage de différentes populations, Cajuns, Créoles, Haïtiens, esclaves, Français, Indiens et bien sûr Irlandais et Italiens. De la nourriture à l'architecture en passant par le folklore et les uperstitions locales, tout semble différent à la Louisiane. Et puis il y a le carnaval, un des plus célèbres au monde et ça c'est pas rien. 

    Dans l'absolu je raconte peut-être de la merde mais après avoir lu Un Grand Pas Vers le Bon Dieu de Vautrin, maté l'intégrale de Treme et lu quelques James Lee Burke (il place d'ailleurs un clin d'œil à l'écrivain en nommant un personnage Robicheau) c'est l'image que j'en ai.

    Et puis il ne faut pas oublier que c'est le berceau du jazz. Le jazz qui tient d'ailleurs ici une place relativement modeste même s'il reste évidemment très présent ne serait-ce qu'à travers le personnage de Lewis, le meilleur ami et acolyte de Ida Smith.

    Si le pitch de départ n'est par forcément des plus bandants, Carnaval a pour lui d'articuler son intrigue autour de 3 personnages principaux. C'est d'ailleurs sa grande force tant ces 3 antihéros ont une personnalité et un background bien développés.

    L'intrigue en elle-même n'est pas des plus complexe mais le fait de suivre trois personnes enquêter simultanément sur l'affaire en exploitant chacun une piste différente est à la fois intéressant et accentue la complexité de l'histoire dans le sens où on suit l'évolution de chacun de manière indépendante. Ca m'a d'ailleurs un peu embrouillé car je ne l'ai pas lu d'une traite. Enfin ça reste assez minime et on peut dire que c'est à la fois un défaut et une qualité à l'histoire. Au menu: tueur en série, mafia, ségrégation, vétérans de guerre, corruption, maisons de plaisirs, vaudou, et bien sûr du jazz... autant dire qu'on ne s'ennuie pas une seconde.

     

    Avec Carnaval, Ray Celestin n'a pas pondu une grande œuvre littéraire, mais il a quand même réussi à livrer un bon polar doublé d'une belle immersion dans la Nouvelle Orléans du début du siècle dernier. Au carrefour du polar et du roman historique, Carnaval est un roman qui s'il n'arrive jamais à se hisser au niveau d'un Ellroy (la faut à un laque de souffle épique), n'en demeure pas moins un agréable divertissement bien écrit, bien rythmé et très enrichissant d'un point de vue historique. Pour un premier roman, c'est plutôt pas mal.

     

    Bon livre.

     

    A noter : une petite curiosité:  Ray Celestin a écrit une "suite" dans laquelle on apprend que le fameux Lewis était en fait... Lisez les bouquins je ne vais pas gâcher le truc

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