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    Résumé Amazon:

     

    «En vérité, l'insurrection contre mes parents, contre la pauvreté, contre ma classe sociale, son racisme, sa violence, ses habitudes, n'a été que seconde. Car avant de m'insurger contre le monde de mon enfance, c'est le monde de mon enfance qui s'est insurgé contre moi. Je n'ai pas eu d'autre choix que de prendre la fuite. Ce livre est une tentative pour comprendre.»

     

     

     

    Avant tout il faut savoir qu'il s'agit d'un roman autobiographique, et qu'Eddy Bellegueule, aussi étonnant que cela puisse paraître est bien le vrai nom d'Edouard Louis (enfin, il a fini par changer définitivement à l'état civil). Pour la bio on va faire bref: il est né en 1992 et a grandi à Hallencourt dans la Somme. Après un diplôme à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, il dirige un ouvrage collectif sur Bourdieu, puis plusieurs essais dont un sur Foucault. En 2014 sort son premier roman En Finir avec Eddy Bellegueule qui obtient un grand succès. Ont suivi deux autres romans: Histoire de la Violence en 2016, et Qui a Tué Mon Père en 2018.

     

     

     

     

     

     

    Savez-vous ce qu'est un incipit? Pour ceux qui ne savent pas ce qu'est un incipit, vous pouvez aller sur Google / Wikipedia, ou bien simplement lire la suite. Un incipit donc, c'est une introduction. Enfin par n'importe quelle introduction. C'est un peu l'entrée en matière dans un roman, qui se caractérise en général par une phrase plutôt marquante, et qui fait presque figure de note d'intention. Parmi les incipit les plus célèbres on peut citer "Aujourd'hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas." Tirée de l'Etranger de Camus, cette phrase résume en fait assez bien quand on y pense toute la condition d'un individu passif, et en apparence indifférent à ce qui lui arrive alors qu'il s'agit plutôt d'une certaine résignation.

    De la même manière, un des incipit les plus célèbres, peut-être même le plus célèbre, de la littérature française, voire de la littérature tout court est celui du narrateur Du Côté de Chez Swann. "Longtemps je me suis couché de bonne heure." Ouais, rien que ça. C'est bizarre comme une phrase aussi simple peut se révéler aussi forte finalement.

     

    L'incipit du livre qui nous intéresse ici, si on ne peut pas le comparer aux chefs-d'œuvre précités reste tout de même assez fort. Jugez plutôt: "De mon enfance je n'ai aucun souvenir heureux."

    Oui, en plus de renvoyer un peu à Proust ça met l'ambiance direct (d'ailleurs par moments avec ses parenthèses et ses digressions ça rappelle un petit peu l'amateur de madeleines). On entre dans le vif du sujet.

     

    Et en effet, on ne peut pas faire mieux comme note d'intention tant la suite du bouquin est à l'avenant.

     

     

    Bienvenue Chez les Ch'tis

    Je vais pas m'étendre sur les détails assez glauques du roman mais à le lire on pourrait presque croire qu'il a vécu au 19ème siècle au milieu des mines de charbon. Putain c'est Germinal le truc. Les gens usés dès la trentaine, les filles enceintes à 20ans (maximum), la misère sociale, intellectuelle, sexuelle, l'alcool, les dents pourries, l'hygiène douteuse, la violence ordinaire... Putain il est plus jeune que moi le mec!! Que je retrouve son coin histoire que j'y mette jamais les pieds lol. Même moi qui ait vécu une enfance difficile j'ai pas vécu ça en région parisienne lol. Bon à part les gens aux dents pourries, les filles mères, le chômage, l'alcool, la violence, la misère sociale... Ah ben si en fait.

     

    En fait sérieusement, pour en avoir parlé avec des gens du Nord y a quand même une différence non négligeable entre la misère qu'on trouve en Ile de France et celle d province, notamment du Nord. D'ailleurs toutes proportions gardées, lui ce qu'il propose c'est de la cassocerie high level, et comme on est dans le Nord, il faut bien un peu de consanguinité, de "pédophilie" et d'inceste, histoire de faire honneur à une certaine banderole du PSG. Bref, c'est un roman rempli de prétendants à un épisode de Strip Tease.

     

    Comme dirait Galabru:

     

     

     

     

     

    Malgré tout, et surtout malgré toute la compassion que je peux avoir pour le bonhomme et son parcours, j'ai par moments été un peu mal à l'aise en lisant le truc. Pas mal à l'aise comme si j'avais lu un truc d'une horreur insoutenable mais plutôt mal à l'aise comme si je voyais à travers le récit comme une espèce de complaisance dans la misère. Un peu comme si c'était un peu un forceur. Je veux dire que sans remettre en question ce qu'il a vécu, c'est un peu comme si le mec avait vécu en enfer,  comme si l'univers qui l'a vu grandir ne lui avait procuré absolument aucun bienfait. Il n'y a aucune contrepartie, aucune chose qui pourrait nuancer ne serait-ce qu'un tout petit peu ce constat. Ce coin c'est un peu Village des Allocs.

    De la même manière, toujours dans la retranscription de son parcours, je ne sais pas si c'est parce que je suis noir, mais il y a un truc qui m'a gêné. Quand je dis que je suis noir, c'est parce que bon d'un point de vue culturel chez les Noirs en général, il y a toujours une espèce de pudeur, une certaine retenue à exprimer certains trucs comme la sexualité, la famille, ce genre de truc. Quand je parle de ça, je fais allusion à la manière dont il décrit ses parents, avec une espèce de retrait comme s'il parlait presque d'étrangers. Alors oui la  relation complexe qu'il a entretenu avec son entourage et notamment ses parents est évidemment au cœur du bouquin mais je ne sais pas, ça m'a gêné. Dresser un portrait pareil (même s'ils sont comme malgré eux), de manière aussi détachée ça me laisse presque perplexe. D'ailleurs, à la limite, s'il y a un personnage qui s'en tire un peu mieux que les autres c'est son père, un produit de son environnement, peu éduqué, rustre, raciste, mais qui conserve une certaine "noblesse" d'âme, un homme qui ne sait pas comment aimer son fils, ni comment accepter le fait qu'il est "différent" et un peu à l'opposé de tout ce qu'il apprécie.

     

    Enfin, il y a un dernier truc qui m'a... Jusqu'ici je me considérais plutôt comme ouvert d'esprit. Je n'aime pas le mot "tolérant", je trouve qu'il sous-entend un certain jugement, genre "je n'aime pas ce que tu fais mais bon je le tolère". Ca me gène un peu, cette espèce de connotation d'ordre moral. Après tout, quand on regarde un peu, en général quand on parle de tolérance on parle également d'interdit (sauf quand on parle de santé évidemment). Enfin bref, tout ça pour dire que j'en ai jamais eu grand chose à foutre de l'homosexualité. Je pars du principe que chacun fait ce qu'il veut. Mais bon il faut croire que tout le monde a son seuil de "tolérance" lol.

    Pourquoi je dis ça? Parce qu'une partie du roman est évidemment axée sur sa découverte de la sexualité, et l'affirmation de son homosexualité un peu envers et contre tout. Je dis évidemment mais je suis tellement con que j'avais pas capté. Du tout, fidèle à lui-même, il décrit son "initiation", à un âge précoce (à un âge où personnellement je regardais encore le Club Dorothée), et également ses fantasmes tout cela avec l'approche qu'on lui connait. C'est froid, clinique, glauque et riche en détails. Perso je m'en serais bien passé. Ca m'a un peu dégoûté. Si c'était l'objectif, je dois dire que c'est réussi.

     

     

    Je me rends compte que j'ai été assez bavard alors je m'arrête là (ça prend du temps d'écrire tout ça). Personnellement En Finir Avec Eddy Belle Gueule est un beau livre, bien écrit, assez dur et assez touchant, que j'ai globalement  apprécié même si j'émets quelques réserves vis-vis du regard presque clinique qu'il pose sur son environnement d'origine. Par ailleurs certains passages m'ont quand même un peu dégoûté, du coup je pense que je vais faire l'impasse sur le suivant qui m'a l'air encore plus joyeux et généreux en détails scabreux.

     

    Allez next!

     

     

    Ah oui: à noter que le roman a été adapté au ciné sous le nom de Marvin ou la Belle Education d'Anne Fontaine (clin d'œil à Almodovar?), adaptation dont Edouard Louis s'est relativement désolidarisé (il n'a ni renié ni soutenu le film). Je pense que je vais aussi passer mon tour.

     

     

     

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    Bon j'ai pas trouvé mieux comme illustration alors on va faire avec.

     

     

    Résumé de l'auteur (enfin je crois)

     

    Alex a tout pour être heureux : une femme magnifique, une fille adorable, un travail passionnant. Son couple a bien traversé quelques périodes difficiles ces dernières années, mais avec sa femme, ils se sont accrochés à l’espoir de vivre des jours meilleurs… Alex regrette néanmoins d’être parfois trop distant. Engagé dans un appel d’offres crucial pour l’avenir de sa société, le jeune entrepreneur ne ménage pas ses efforts pour tenter de remporter les cinq millions d’euros mis en jeux. Mais alors que le dénouement approche, un maître chanteur va anéantir tous ses espoirs et faire planer au-dessus de sa tête une lourde menace... Un matin, Sacha croise la route de Sandra, une jeune femme à la beauté saisissante. Une jeune femme mystérieuse qui dissimule une indicible tristesse sous un sourire de façade. Une jeune femme que Sacha désire revoir à tout prix au risque de dévoiler son vrai visage : celui d’un père rongé par le remords, celui d’un homme en quête de renouveau. Le visage d’Alex, tout simplement. Alex... Sacha... Deux personnalités si différentes. Deux vies que tout oppose. Deux histoires pourtant liées par le destin.

     

     

    Oui c'est un peu long comme résumé.

     

    Commençons par l'auteur: 

     

    Cédric Castagné est un écrivain autodidacte français né le 5 janvier 1982, aux Lilas. Passionné de football, il rêvera toute sa jeunesse de faire de ce sport son métier, avant qu'une grave blessure au genou ne l'éloigne des terrains. Un rêve brisé et une insatiable soif de revanche.
    Il se concentrera alors sur ses études et obtiendra son diplôme d'ingénieur à l'Institut National des Sciences Appliquées de Rouen, en 2004.
    C'est au cours de cette période que naîtront ses premières envies d'écrire. "Sixième sens", sorti en 1999 et réalisé par M. Night Shyamalan, provoque un déclic dans son esprit. Cédric se met alors à imaginer des histoires aux dénouements improbables. Par la suite, ce sont les séries américaines, mais également des auteurs comme Dennis Lehane, Harlan Coben ou encore Maxime Chattam qui nourriront son inspiration... jusqu'à ce que le besoin de se lancer finisse par l'emporter.

    "Un dernier mot avant de partir", fruit de quatre années de travail, est son premier roman.

     

    Cédric Castagné en plein travail (ou pas, j'en sais rien en fait)

     

     

    Non ce n'est pas de moi, j'ai juste pompé sans respect toute la description sur Babelio (photo comprise). Merci à celui ou celle qui a fait tout le taff à ma place.

     

    J'ai déjà parlé de l'auteur, Cédric Castagné, ICI, et donc de la manière dont je suis tombé sur son bouquin. Comme je ne l'ai acheté pour la déco, j'ai profité d'un creux après L'Enfant Peul pour m'y atteler.

     

     

    Je vais faire assez bref, parce que je l'ai lu il y a déjà une dizaine de jours et que je suis passé à un autre bouquin depuis (Eddy Bellegueule). Comme on a pu le voir (ou non), Un Dernier Mot avant de Partir est un premier livre, avec tout cela comporte en bien comme en moins bien. Le pire c'est que c'est pas de moi mais bien de l'auteur.

    Tout d'abord il faut souligner le fait que c'est plutôt bien écrit. Sans être du Proust, on voit que l'auteur maîtrise plutôt bien sa prose. Des phrases courtes, succinctes, qui vont à l'essentiel mais sans pourtant faire "pauvres". Cette simplicité du langage permet d'une part de gagner en clarté dans une histoire somme toute assez floue, et d'autre part d'avancer assez vite dans la lecture. parce qu'il faut le dire: s'il y a bien une qualité à ce bouquin c'est la rapidité avec laquelle il se dévore. Même si on peut se perdre un peu au départ avec les différentes "parties" du roman avec les différents temps employés, on finit pas s'y faire assez rapidement.

    Le problème, parce qu'il y en a un (plusieurs en fait) en ce qui me concerne, c'est l'enjeu. On passe la plus grosse partie du bouquin à suivre un obscur appel d'offres pour lequel je ne suis pas particulièrement passionné. Agility va-t-elle remporter l'appel d'offre malgré les menaces? Humm... mouais, désolé de le dire mais ça ne vend pas du rêve quoi. Je sais pas, le dernier polar que j'ai dû lire ça devait être Le Chuchoteur, alors passer d'un pédophile, d'un kidnappeur, d'un tueur en série et j'en passe (tout ça dans le même livre) à une start-up et un appel d'offres... ça chatouille mes lombaires.

    D'ailleurs en vrai, même si j'exagère un peu, ce n'est même pas tant le sujet qui n'est pas très intéressant. Quand tu vois un film comme Margin Call qui parle de l'épicentre d'une crise boursière avec des mecs qui s'excitent devant des ordinateurs et des réunions de crise, et bien J.C Chandor réussit personnellement bien plus à me captiver avec son film que n'importe quel Marvel. C'est une question de... de narration. De narration et de personnages. Alors oui, je le concède, on ne peut pas comparer un film et un bouquin mais bon globalement les schémas narratifs sont globalement assez similaires dans 80-90% des cas.

     

    En fait, Un Dernier Mot Avant de partir, est un roman au dénouement assez malin. C'est d'ailleurs la force et la faiblesse du livre. Le dénouement plus malin que la moyenne permet en fait à la manière d'un twist de comprendre les tenants et aboutissants de l'histoire. La contrepartie, c'est qu'il faut attendre la toute fin pour voir toute l'histoire  s'emboîter. En fait j'ai un peu eu la mauvaise impression que l'auteur avait trouvé le dénouement et construit l'histoire autour. En même temps c'est pas spécialement grave c'est une démarche comme une autre. Simplement là ça m'a laissé un petit arrière goût un peu amer, un peu comme si l'histoire justifiait la conclusion et non l'inverse.

     

    Je ne vais pas m'attarder d'avantage. Pour faire bref, avec Un dernier Mot Avant de Partir, Cédric Castagné a signé un "thriller" plutôt sympathique mais qui pêche par ses personnages un peu fades et se repose un peu trop sur son dénouement. Pas grave, même Dostoïevski n'a pas commencé sa carrière en pondant un classique. Je lirai très probablement le second qui devrait sortir incessamment sous peu.  Et puis, rien que pour être allé au bout de sa démarche d'autoédition, ça mérite mon respect. Par contre faudra m'expliquer la couverture.

     

    Allez next.

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    Résumé Actes Sud:

     

    Voici un livre de Mémoires qui nous révèle la formation d’un des esprits les plus brillants de l’Afrique noire. Amadou Hampâté Bâ raconte ici sa petite enfance et son adolescence, à l’époque où, dans le Mali du début du XXe siècle, il s’initiait aux traditions ancestrales, fréquentait l’école française en même temps que la coranique, courait la savane, découvrait le colonialisme et s’apprêtait à devenir l’un des derniers grands dépositaires d’une civilisation orale en pleine mutation.
    Roman d’aventures, tableau de mœurs et fresque historique, ce livre restitue dans une langue savoureuse et limpide toutes les richesses, les couleurs et la vie du grand récit oral africain, et donne une belle leçon d’humour, de tolérance et d’humanité.

     

     

     

     

    Et c'est tout. Parce qu'en fait je vois trop quoi dire dessus. C'est d'ailleurs assez bizarre. J'ai bien aimé le bouquin qui est très intéressant et tout, mais je ne sais pas quoi dire de plus que le résumé. C'est fou ça.

     

    On va commencer par le début et parler un peu de son auteur.

     

    Dans le monde de la littérature, et pour les Africains de l'ouest en particulier, Amadou Hampâté Bâ est loin d'être un inconnu. Ecrivain et ethnologue, il fonde à l'indépendance du Mali l'institut des sciences humaines à Bamako, puis devient membre du conseil exécutif de l'Unesco de 1962 à 1970. Il a d'ailleurs effectué de nombreuses missions de conservations du patrimoine pour l'Unesco comme la "collecte" de contes traditionnels peuls et plus généralement d'Afrique de l'Ouest. Lors d'un discours à l'UNESCO il déclare une phrase qui deviendra proverbiale: « En Afrique, chaque fois qu'un vieillard traditionaliste meurt, c'est une bibliothèque inexploitée qui brûle », en réaction aux propos d'un sénateur américain sur l'ignorance supposée des peuples d'Afrique avant l'arrivée de l'homme blanc. Ce qui me fait vaguement penser aux "bienfaits de la colonisation" chers à notre ancien président... Au delà de ces polémiques, il est inutile de dire qu'Amadou Hampâté Bâ est devenu une des personnalités littéraires les plus importantes du mali et globalement d'Afrique de l'ouest.

     

     

     

    Amadou Hampaté Bâ, l'enfant du Mali

     

     

    Bon histoire de broder un peu, et parce qu'il faut bien rentabiliser les 440 pages, Amkoullel L'Enfant Peul, est un livre à mi chemin entre le roman autobiographique, le roman d'apprentissage et le roman historique (si si). Car c'est bien d'histoire dont il est question. Plus encore que l'histoire d'Amadou Hampâté Bâ, il s'agit également de l'histoire de toute une partie du Mali de son évolution des royaumes toucouleurs, dogon et bambaras jusqu'à la domination coloniale. Tout un pan de l'histoire de l'Afrique de l'ouest dont le jeune Hampaté Ba sera tout au long de sa vie le témoin. En effet tout au long du roman le petit Amkoullel sera amené à voyager du Sénégal au Mali en passant à le Burkina Faso. Et il en profite pour nous dévoiler les coutumes des sociétés africaines, leur organisation, les rites d'initiation, la présence de l'islam et celle des croyances ancestrales etc., que ce soit dans la communauté peule, dogon ou bambara. Ainsi il m'a permis par exemple de découvrir l'existence des "associations" (waaldés chez les Peuls) qui régissent la vie des gens des villes et villages et ce dès leur plus jeune âge.

     

    On sent dans le roman un véritable attachement de Hampâté Ba à toute la culture et l'histoire de l'Afrique de l'Ouest, depuis son enfance où il se passionne pour les contes traditionnels et les chants des griots à la gloire des héros peuls et toucouleurs, un attachement qui le poursuivra toute sa vie vu qu'il consacrera une grande partie de sa carrière à tenter de préserver le patrimoine culturel de la région.

    Pourtant malgré tout l'intérêt historique et culturel du bouquin, il ne faut pas oublier que celui-ci est avant tout un roman, et qu'il raconte son histoire. D'ailleurs il a bien raison tant sa vie semble avoir été remplie. De la même manière il en profite pour narrer celle de ses aïeux dont le parcours assez incroyable de certains témoigne de la place du destin dans l'histoire de sa famille.

     Amadou Hampâté Bâ est célèbre pour ses talents de conteurs et le roman, très rythmé et très bien écrit, bénéficie du talent de son auteur et de son sens de la narration. En ce sens il m'a curieusement rappelé par moments des livres comme le Gône du Chaaba ou même la Guerre des Boutons, enfin des livres sur l'enfance de leur auteur.

     

    Bon assez parlé, comme prévu L'Enfant Peul est un très beau roman sur l'Afrique, la colonisation et surtout l'histoire de son auteur jusqu'à son passage à l'âge adulte.  La seule réserve que je pourrais émettre est la surenchère de protagonistes au début du roman, dont il est difficile de se rappeler tous les noms. Hormis ça, c'est du tout bon.

     

    A lire ou à relire.

     

    A noter qu'il a écrit une suite de ses mémoires intitulée Oui Mon Commandant! 

    Je la lirai quand j'aurai le temps.

     

    Allez next.

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    Résumé

     

    A l'été 2005, un terrifiant ouragan dévaste La Nouvelle-Orléans. Dave Robicheaux, envoyé en renfort, découvre un paysage d'apocalypse livré à l'anarchie et à la violence. Chacun y est prédateur ou proie. Dans ce contexte, le meurtre de deux jeunes noirs qui rôdaient dans un quartier riche ressemble à un lynchage raciste. Mais Dave Robicheaux soupçonne un règlement de comptes d'une autre nature...

     

     

     

     

    Bon on va vite passer sur cet horrible titre français (The Tin Roof Blowdown passe déjà mieux même si difficilement traduisible) et on va aller à l'essentiel c'est à dire le roman.

     

    C'est le seizième roman de James Lee Burke  et le troisième roman (enfin je crois) de l'auteur que je me tape et dont je parle (pour les autres, voir ICI et ICI ). Comme je l'avais dit précédemment ma collègue m'en avait filé quelques uns et c'était le dernier vu que je lui ai rendu les autres.

    Ce roman possède à peu près les mêmes caractéristiques que les précédents. En effet on suit toujours David Robicheaux, le flic au grand cœur et au passé tourmenté, accompagné de Clete Purcel, son acolyte de toujours, et de sa famille atypique (une fille adoptée au Vénézuela, une femme ancienne bonne-sœur, un chat et un raton-laveur à trois pattes. J'invente rien). On peut néanmoins se poser quelques questions en voyant que Robicheaux est un flic qui ne part jamais à la retraite (70 balais quand même!). Mais que font les services sociaux???

    Cette fois-ci, en plein ouragan Katrina, il part à la recherche d'un prêtre tout aussi atypique que lui, et croise la route de membres du MS-13, de jeunes Noirs délinquants, d'un obscur agent d'assurance, du plus gros caïd de la Nouvelle Orléans et d'un curieux détective privé aussi mystérieux qu'effrayant. Et au milieu de tout ce bordel se joue la possession de biens plus précieux que de la vulgaire cocaïne...

     

    Oui oui, c'est à peu près ça.

    Y a toujours quelques trucs lourdingues que j'avais déjà pas aimé dans les autres bouquins, à savoir la caractérisation de certains personnages genre sa famille presque tirée d'une image d'epinal avec sa femme belle, noble, aimante et jamais chiante (j'aimerais bien savoir où il l'a trouvée, histoire que j'aille y échanger la mienne...), sa fille belle, intelligente débrouillarde et qui fait du kickboxing, son chat qui garde la maison comme un putain de clébard et qui protège son pote raton laveur handicapé (what the f...) etc. Néanmoins, je ne peux pas nier que j'ai été assez agréablement surpris. Le moins qu'on puisse dire c'est que James Lee Burke s'est cassé la tête à créer une intrigue assez complexe, qui nous trimballe un peu dans tous les sens à l'image de la galerie hétéroclite de personnages qu'il nous balance en pleine poire. Bon le mec se refait pas. Y a toujours quelques violeurs dans le coin et quelques meufs et mecs qui se font sodomiser, voire gangbanger, et y a toujours Robicheaux qui se pose un peu en gardien du temple et dernier rempart contre la déliquescence qui inonde les moindres recoins de Big Sleazy (la Nouvelle Orléans). James Lee Burke est très croyant et ça se ressent. Son univers est assez manichéen. Néanmoins, il nuance un peu ce trait de caractère en proposant des personnages plus complexes qu'il n'y parait. Cette fois, il pousse le bouchon encore plus loin puisqu'une partie de ce roman est centrée sur la dérive d'un personnage en quête d'une rédemption impossible.

    Bref, si Robicheaux reste le vieux sage presque imperturbable (malgré ses démons), si sa femme Molly reste l'archétype de la sainte, si Clete reste la version sexagénaire (voire septuagénaire) et bodybuildée de Martin Riggs de l'Arme Fatale, La Nuit La Plus Longue est une histoire que je ne décrirai pas comme réaliste mais à hauteur d'homme et qui échappe aux clichés qu'on pourrait imaginer. Pour le coup, James Lee Burke a pondu un bon polar assez tortueux et captivant (et mieux écrit que les autres en ce qui me concerne). Cerise sur le gâteau, il est assez marrant par moments.

     

    Le meilleur de l'auteur que j'ai lu jusqu'à présent. Comme quoi j'ai bien fait de m'accrocher parce que c'était pas gagné.

     

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    Résumé (Editions Marchialy):

     

    Quand Jake Adelstein intègre en 1993 le service Police-Justice du plus grand quotidien japonais, le Yomiuri Shinbun, il n’a que 24 ans et il est loin de maîtriser les codes de ce pays bien différent de son Missouri natal. À Tokyo, il couvre en étroite collaboration avec la police les affaires liées à la prostitution et au crime organisé. Pour cela, il n’hésite pas à s’enfoncer dans les quartiers rouges de la capitale, dans les entrailles du vice et de la décadence. Approché par les yakuzas, il devient leur interlocuteur favori tout en restant un informateur précieux pour la police. Une position dangereuse, inédite et ambivalente, aux frontières du crime, qui incite Jake Adelstein à entrer dans un jeu dont il ne maîtrise pas les règles.

    À mi-chemin entre le polar mafieux et l’enquête journalistique, Tokyo Vice est aussi le roman initiatique d’un jeune journaliste américain à Tokyo qui nous livre, avec beaucoup d’humour, un témoignage nerveux sur l’envers de la société nippone.

     

     

    J'ai mis du temps à le finir, je ne sais pas trop pourquoi parce qu'il est plutôt prenant. Loin du roman putassier qu'on pourrait craindre, le livre est plutôt fidèle à son résumé.  Jake Adelstein, l'auteur, est un sacré personnage. Originaire du Missouri, il est le premier "non Japonais" à intégrer le prestigieux Yomiuri, le plus important journal du Japon. Ceux qui connaissent ce pays même de loin (comme moi) savent comme il est difficile pour un étranger de travailler au Japon et encore plus d'intégrer une grosse société japonaise. Ce qui est assez marrant d'ailleurs c'est la facilité avec laquelle il y est paradoxalement parvenu à la fin de ses études. Alors que le Yomiruri est vu comme le  must et l'eldorado des étudiants en journalisme du pays, Jacob Adelstein malgré des résultats plutôt moyens a réussi à y faire son trou. Aux dires de l'auteur lui-même, il a principalement réussi la sélection en faisant de sa faiblesse sa force, à savoir en capitalisant sur son statut d'étranger.

     

     

     

     

     

     

    Oui le gaillard a une tête de personnage de série des années 80 genre NYPD Blue, enfin à la sauce Jason Biggs. J'avais quelques a priori sur la véracité de son récit mais il faut bien admettre que le bonhomme a de sacrés garanties sur son authenticité (il a a été placé un certain temps sous protection policière). Roberto Saviano l'a été mais notre bonhomme semble un tantinet plus honnête sur son enquête.

    D'ailleurs en parlant d'enquête, si elle est bien au cœur de Tokyo Vice, la plus grosse partie du livre s'attache surtout à montrer son évolution en tant que journaliste, de larbin de base à journaliste d'investigation couvrant les grosses affaires de yakuzas. Et honnêtement c'est très loin d'être inintéressant. On y apprend pas mal de trucs sur les mœurs des Japs et sur le commerce sordide du sexe à la japonaise. Je connaissais déjà certains trucs comme les "soapland" ou les "kyabakura" à cause du manga Ushijima mais il y a certains trucs assez effarants comme les esclaves sexuelles ou la prostitution infantile.

     

    Quand on lit le bouquin on se dit que le mec était sacrément barré pour se foutre dans une merde pareille. Jake Adelstein est de ceux qu'on pourrait appeler les emmerdeurs professionnels. Sauf qu'emmerder un des plus puissants yakuzas du pays est rarement une bonne idée, même pour un scoop. Et à force de mettre son nez partout il finit par y perdre des plumes. 

     

    Néanmoins le bouquin n'est pas du genre à se prendre au sérieux à 100%, quand Jake Adelstein décide de raconter sa vie il l'a raconte à 98%, comme le fait d'aller fréquenter des soapland quand il était jeune, et ne manque pas d'humour comme quand il évoque les a priori qu'il suscite auprès des Japonais en tant qu'Américain et surtout de Juif. Et à ce niveau tout y passe : quand ce ne sont pas des enfants qui le prennent pour un "tengu" (un monstre du floklore shinto) à cause de "son gros nez de Juif" comme il dit, ce sont les adultes qui le soupçonnent de faire partie de la C.I.A, voire pire, du Mossad ha ha! Bref par moments c'est du grand n'importe quoi.

     

     

     

    Bref, Tokyo Vice, plus qu'un bon bouquin d'investigation, est une bonne claque dans la lignée de No Angel de Jay Dobyns (sur les Hells Angels), une immersion assez profonde dans les bas fonds de la société Tokyoïte et Japonaise en général où sous un verni d'un pays propre sur lui se cache une crasse assez gerbante. Je lirai ses autres bouquins je pense.

     

     

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