•  

     

     

     

     

    Des fois je me dis que je vais faire des trucs, et puis en fait non. Par contre en général quand je m'engage à faire un truc, je le fais même si ça peut prendre un peu (beaucoup) de temps.

    Je dis ça parce que j'ai toujours voulu lire ce livre depuis que j'en ai entendu parler, il y a quinze ans environ lors d'un séjour au Nigeria. Mon unique séjour. A l'époque mon père à la retraite était retourné au pays et il nous avait fait venir pour les vacances histoire de montrer au France qu'il avait fait des enfants avec sa deuxième femme, ma mère qui a refait sa vie depuis vingt cinq ans n'étant même pas au courant qu'elle était "sa femme" ha ha! Ils sont fous au pays!! Enfin bref, les deux sont partis et, a priori, je ne sais pas si je remettrai un jour un pied là-bas.

    Ce livre donc me parlait, parce qu'il m'avait été conseillé au pays, mais en plus parce que Chinua Achebe son auteur est de la même ethnie et de la même région que ma famille paternelle. Il y avait aussi le fait que j'avais appris que ce livre avait eu un impact certain dans la littérature anglophone, africaine, afro américaine. Par exemple The Roots, le célèbre groupe de Philadelphie a intitulé un de ces albums en écho à ce livre. Je connaissais d'ailleurs l'album avant le bouquin. Enfin tout ceci fait que voilà.

    Malheureusement, quand j'ai voulu l'acheter j'ai appris qu'il n'était plus édité. Alors après quelques années (parce qu'il me faut quelques années pour percuter en général), et aussi après avoir lu les différents titres en VF (le Monde s'Effondre, Tout s'Effondre, mouais), j'ai décidé de l'acheter en anglais... pour le laisser dormir 5 ans dans mon armoire (!!).  Je sais pas je faisais un blocage. Enfin malgré tout j'ai fini par m'y mettre. Comme quoi, tout peut arriver.

     

     Résumé de l'éditeur:

     

    Plus qu'un simple roman, ce livre est un témoignage sur le mode de vie des Africains avant et pendant la colonisation de l'Afrique noire par les Européens. Divisé en trois parties, il montre, étape par étape, la destruction d'une peuplade africaine. La première partie ressemble d'ailleurs plus à une description fidèle de la civilisation africaine qu'à une histoire romancée. Outre la destruction de la vie tribale à la fin du siècle dernier par suite de l'arrivée des Européens, ce roman raconte aussi la tragédie d'un homme qui ne devait connaître que le succès.

     

     

     

     

     

    J'aime le Nigeria. Déjà parce que c'est le pays de mon père et qu'il y a un certain chauvinisme plus ou moins déplacé qui en découle, mais aussi parce que s'il y a bien un pays d'Afrique qui a un rayonnement culturel au niveau mondial c'est bien celui-ci. Dans la musique d'abord avec l'afrobeat popularisé par Fela (et ses fils), puis Tony Allen, Keziah Jones et récemment avec tous les artistes actuels comme P Square, Davido, Ianya etc. Dans le domaine audiovisuel, le pays s'est également illustré par le développement assez impressionnant de son industrie (le fameux Nollywood) tant au niveau de la quantité que de la qualité (il suffit de voir les clips pour se rendre contre que l'image "DV" dégueulasse des films du tiers-monde est révolue). Et puis même au niveau économique, Aliko Dangote, l'homme le plus riche d'Afrique, est nigerian. Alors bien sûr tout ça ne suffit pas à oublier l'inégale répartition des richesses, la pauvreté, Boko Haram, une des guerres civiles les plus meurtrières du continent (la guerre du Biafra) suivie d'une trentaine d'années de dictature (notamment celle de Sani Abacha), le tout ponctué par de nombreux coups d'états. Enfin ça reste l'Afrique quoi... Et malgré tout ce pays reste un énorme vivier d'artistes en tous genres. D'ailleurs au delà des Nigérians de souches, énormément d'acteurs/chanteurs/réalisateurs américans et anglais sont d'origine nigériane. Pour les plus connus ont peut citer Sade, Shirley Bassey, Chiwetel Eijiofor, Adewale Agbaje (Adebisi pour les fans de Oz), et un milliard de rappeurs comme Dizzee Rascal, Wale, Tiny Tempah ou Chamillionnaire. Bon y a Forrest withaker aussi mais ça compte pas(c'était y a 300ans lol).

    Néanmoins et bien que ça ne fasse pas vraiment de différence à mon niveau, la plupart des personnalités artistiques reconnues mondialement sont issues de l'ethnie yoruba, l'ethnie majoritaire du pays. Malgré tout il y a bien un domaine dans lequel les Igbos (ou Ibos, c'est pareil), l'ethnie de mon père (et accessoirement la troisième du pays),  s'est illustrée, c'est la littérature. En effet parmi les plus auteurs africains ET nigérians les plus importants, on peut citer Chimamanda Ngozi Adichie (qui a un siège à l'académie américaine), Ken Saro-Wiwa (connu pour son très beau roman Sozaboy), Wole Soyinka qui est le premier Africain à avoir obtenu le prix Nobel de littérature, et Chinua Achebe qui a également été pressenti un temps pour l'illustre prix.

     

     

     

     


    Chinua Achebe

     

     

     

    C'est le premier livre que je lis en anglais. Je sais pas, ça m'a toujours un peu impressionné les gens qui lisaient des bouquins en anglais alors que parfois je les entendais parler et qu'ils parlaient moins bien que moi. Après tout la compréhension d'une langue et son parlé sont deux choses différentes.

    L'histoire s'attarde donc sur le personnage d'Okwonko un guerrier rédouté et un homme estimé au sein de son village. A travers sa vie, Chinua Achebe fait echo à la grandeur et la sauvagerie d'une Afrique et sa déchéance à l'arrivée de hommes blancs. C'est ce qui est intéressant dans ce livre rien n'est idéalisé.

    L'écriture est simple et à ma grande surprise le livre se dévore assez facilement. Les phrases sont simples, courtes. Ce qui est intéressant dans ce livre c'est qu'à aucun moment Chinua Achebe se pose en victime. Il décrit simplement la fin d'une civilisation qui avait ses bons et ses mauvais côtés, et le passage à une nouvelle civilisation apportée par les Anglais, avec également ses bienfaits et ses mauvais aspects. Ce bouleversement se faisant par une transition lente, sournoise, et avec le concours des propres hommes du pays. Une mutation qui se traduit par un changement de croyances avant de devenir un changement de pratiques, de rites, puis de règles morales et légales.

    Le roman se divise en trois parties qu'on peut plus ou moins définir comme ceci: la vie avant l'arrivée des Blancs, les premiers contacts et débuts de mutation de la société, et enfin l'avènement du "nouveau monde". La première est néanmoins la plus importante.

    C'est d'ailleurs ce qu'il y a de beau en ce qui me concerne, cette volonté de traduire tous les aspects de la vie avant l'arrivée des colons, la manière dont la vie d'Ummofia était régie, tout un système construit autours des saisons des récoltes, des croyances et rites associés aux divinités igbo.

    C'est forcément quelque chose qui me parle un peu sachant que j'ai beau avoir deux origines, je ne connais pas grand chose de leurs histoires et cultures respectives. D'ailleurs en regardant un peu sur le Net j'ai appris que le nom de mon père (Anyanwu, un patronyme assez répandu dans la région), est associé à la composante solaire du dieu suprême. Bon c'est pas mon nom de famille mais ça me fait plaisir d'avoir appris un truc supplémentaire grâce à ce bouquin.

     

    Bref, je m'écarte. De toute façon j'ai pas grand chose à dire de plus. Avec Things Fall Apart Chinua Achebe est un des premiers écrivains à avoir décrit la vie en Afrique du point de vue du colonisé et non du colon, et en profite pour livrer l'histoire tragique d'un homme qui voit son monde se déliter pour laisser la place à un nouvelle société qu'il ne comprend pas. Un beau témoignage en quelque sorte.

     

     

    Très beau livre.

     

     

     

    A savoir: pour les non anglophones, le livre a été réédité en français aux éditions Actes Sud. Je ne peux rien dire sur la qualité de la traduction mais je pense qu'on peut leur faire confiance. ICI un petit article relatif à cette réédition.

     

     

    Partager via Gmail Delicious Technorati Yahoo! Blogmarks Pin It

    votre commentaire
  •  

     

     

     

     

     

    Résumé Amazon

     

     

    Vaste chronique de la vie à Cuba, Trilogie sale de La Havane est un journal égoïste qui emporte le lecteur dans un tourbillon romanesque délirant. Malgré les fulgurances de la danse et du rhum, La Havane est une ville assombrie par la pénurie et le désespoir. Le narrateur déchu y vit dans la crasse et le sperme. Pas de philosophie ici, aucun manichéisme. Juste un homme, centré sur son sexe, ses maîtresses et ses angoisses.
    À la manière d'un Henry Miller, Gutiérrez sait, dans une langue vive et savoureuse, restituer le caractère essentiellement poétique, extrême, suicidaire mais constructeur de la vie sexuelle. Un roman au rythme de salsa !

     

     

     

    Waouh ce livre!

     

    A la base je crois que je cherchais un livre de Bukowski vu que j'ai jamais lu et en dérivant dans le rayon latino, je suis tombé dessus. Moi qui cherchais un truc un peu glauque barré j'ai été servi.

     

     

    Je pensais être un bon pervers vu les quelques dossiers que je me traine mais à côté d'un mec comme Pedro Juan Guitterez, je me rends compte que j'ai de la marge. Je joue en nationale et lui en ligue des champions bordel.

     

    Au menu donc, des pauvres, des nègres, des claudos, des chaudasses, des queutards, des putes, des vieilles, des vieux, du rhum, de la beuh, de la santeria, des putes, des mecs avec des bites de 30cm, des escrocs, des tafioles, des voyous, des violeurs, des réfugiés en Floride, des touristes, des putes, des putes, des criminels, des esprits et encore des putes. Rien que ça.

     

    Il faut dire que Pedro Juan ne nous épargne pas grand chose des bas-fonds de la Havane, lui ancien journaliste déchu, qui a appris à s'adapter à sa nouvelle condition de crève-la-faim. Il nous livre un portrait sans fard de la Havane, loin de l'image de carte postale et des sourires des locaux. 

     C'est bien simple, tout le monde en prend pour son grade, lui compris. En effet, il est loin de s'épargner et se décrit lui-même plus ou moins comme le parfait enculé de base, un mec qui ne pense qu'à lui et qui n'attend rien de personne.

     

     

     

     

    A travers les quelques 430 pages du "roman", Pedro Juan dresse un constat peu reluisant, voire même plutôt édifiant, du Cuba des années 90. Derrière le paysage de carte postale de la Havane, se cache toute une population en proie à une misère généralisée et à la famine, et le pays tout entier s'apparente ainsi à une jungle où comme il aime à la rappeler seuls les plus forts sont voués à survivre. Le système D devient la règle première et chacun se débrouille pour vendre ce qu'il peut pour vivre: sa force, ses compétences, de la drogue, des produits du marché noir, son corps... C'est d'ailleurs assez étonnant de suivre certains personnages ayant un travail plutôt respectable, comme cette infirmière ou cette travailleuse sociale, et de réaliser qu'ils gagnent parfois autant que les gens qu'ils sont censés aider. C'est là l'une des nombreuses aberrations qu'on peut noter dans ce Cuba où tout semble marcher de travers.

    Il y a aussi le racisme, un racisme primaire et ancré dans les mentalités où la couleur de peau prime sur tout le reste. Un peu comme dans tous les pays d'Amérique latine quoi. Néanmoins j'ai eu l'impression en lisant le bouquin que malgré tout les gens se mélangeaient de manière beaucoup plus naturelle que prévue en dépit des disparités.

    Fidèle à la crudité annoncée, aucun détail scabreux n'est oublié, du coup on plonge comme en immersion dans la misère ordinaire du narrateur entre les rats les cafards, les clodos et les femmes de mauvaise vie, leurs mésaventures et leurs drames parfois très glauques.

     

    Pourtant toute cette horreur serait peut-être difficilement supportable sans le cynisme et l'humour de Pedro Juan. Parce que oui, ce roman est drôle. C'est même un des trucs les plus marrants que j'ai lus. Les barres que je me suis tapées à lire les conneries qu'il raconte c'est affolant. Le mec peut te sortir dans le plus grand des calmes qu'il marche sur le Malecon (l'équivalent de la Promenade des Anglais) et qu'il voit un couple baiser dans la rue. Et bien sûr en toute logique il ne trouve rien de mieux à faire que de sortir son chibre et se taper une branlette en pleine rue. Normal.

    C'est probablement aussi le truc le plus "hot" que j'ai lu, à tel point qu'un moment je me demandais si je lisais pas un roman porno. Le mec ne pense qu'à baiser. J'épargne les détails mais il y va de bon cœur. Bordel, y a des moments où j'ai limite le barreau en lisant. Cet enfoiré n'a rien à envier à un acteur porno ha ha!!

     Malgré tout Pedro Juan n'en oublie pas de mettre également en avant le fait que même dans cette misère le peuple cubain malgré toutes les épreuves qu'il peut rencontrer n'en reste pas moins un peuple joyeux qui ne s'apitoie jamais sur son sort et profite du jour présent autant que possible. Comme si le message du livre était que la vie était trop courte pour se focaliser sur les problèmes. Et il aurait bien raison.

     

    La Trilogie Sale de la Havane est donc un très bon roman semi autobiographique (on peine à différencier l'auteur de son personnage) qui permet de découvrir un Cuba insoupçonné, à la fois beau et sordide, hilarant et cruel. Honnêtement j'en attendais pas grand chose et j'ai été agréablement surpris.  

     

    A découvrir

    Partager via Gmail Delicious Technorati Yahoo! Blogmarks Pin It

    votre commentaire
  •  

     

     

    Je suis tombé dessus un peu par hasard je crois.

     

    Résumé:

     

    A l'âge de seize ans, sur ordre de son père, Piotr Andréïtch Griniov gagne le fort de Bélogorsk où il va servir et, parce qu'il est noble, devenir d'emblée officier. Quoique la vie de garnison ne fût pas faite pour le séduire, son existence devient vite plaisante, en particulier grâce à la présence de Maria Ivanovna, la fille du capitaine, qu'il souhaiterait épouser.
    Mais, au début d'octobre 1773, on apprend que le cosaque Pougatchov vient de réunir une bande de brigands et se fait passer pour Pierre III, le défunt époux de Catherine II : il ne va pas tarder à prendre le fort d'assaut et ce sera, pour Griniov, l'occasion de montrer qu'il est bien le « chevalier » de Macha.

     

     

     

     

    Bon en fait j'ai aussi acheté ce livre parce que d'une part je n'avais jamais rien lu de Pouchkine et qu'il est russe (donc incontournable), mais aussi parce que même pour un Russe c'est un écrivain particulier.

    Aujourd'hui grâce au Net, tout le monde, ou presque, sait qu'Alexandre Dumas, un des écrivains français plus populaires, avait une ascendance noire (c'était un quarteron). C'est pourtant pas le genre de truc dont on entendait parler quand j'étais petit. Cependant l'héritage de Pouchkine est encore plus particulier à travers son aïeul Ibrahim Hannibal:

    Si j'ai tout compris au 18ème siècle: le tsar Pierre Le Grand a eu une réflexion (sans doute sous l'influence des lumières) et a "adopté" un jeune esclave noir aux Ottomans avec le dessein de faire une expérience plus ou moins "sociologique". Convaincu que les Noirs étaient égaux aux Blancs sur le plan biologique. Il l'élève (apparemment sans distinction de ses autres enfants), et lui prodigue une éducation poussée (notamment une école militaire en France). Hannibal s'illustre par son intelligence, gravit les échelons, et devient un officier et un érudit renommé.

    Si j'en crois CE SITE le fameux Hannibal est devenu tellement important qu'il a fini comme le 4ème homme le plus influent du pays. Je sais pas si les gens se rendent compte mais on parle de la Russie, du 18ème siècle et d'un noir. C'est pas rien quoi. Heureusement que Pierre Le Grand n'a pas adopté un enfant comme moi parce qu'il aurait été mal barré. 

    Bref cet homme a eu une descendance généreuse dont un arrière petit fils aussi illustre sur le plan historique: Alexandre Pouchkine.

    Ouais, Pouchkine malgré l'ascendance lointaine (arrière petit fils) est un Russe à la peau mate et aux cheveux bouclés. Et ce mec là, est devenu un des auteurs les plus importants de l'histoire de la Russie. LA RUSSIE PUTAIN!! Aujourd'hui encore on étudie ses poèmes à l'école. Ca me ferait presque changer d'avis sur ce pays, du moins sur ma conviction de ne jamais y mettre les pieds.  

     

     

     

     

    Bref pour en revenir au roman qui nous intéresse, il faut savoir qu'il s'agit d'un roman historique, basé sur une révolte qui a eu lieu à l'époque du règne de Catherine II.

     

    Bon en vrai j'ai pas grand chose à dire dessus si ce n'est que c'est un roman court et très agréable à lire, très prenant et épique. Le roman commence d'ailleurs de manière assez conventionnelle, avec un jeune officier un peu innocent, qui rencontre une jeune fille toute aussi innocente. Malgré le côté résolument "aventure" du roman, Pouchkine n'en oublie pas les descriptions plutôt crues de certains épisodes assez violents (le radeau aux pendus, les tortures et mutilations infligées aux bagnards etc). De même si certains personnages sont aujourd'hui assez stéréotypés (le héros, la promise, le traitre etc.), le personnage de Pougatchov bénéficie d'un meilleur traitement. Peut-être est-ce parce qu'il a vraiment existé, ou parce que Pouchkine éprouve une sympathie certaine pour ce personnage; toujours est-il qu'il bénéficie d'une personnalité complexe, à la fois effrayant et jovial, cruel et magnanime, conscient de ses propres contradictions et de sa fatalité.

    Bon y a quand même un truc que j'ai pas compris à la fin du bouquin où figure une note de l'éditeur indiquant avoir reçu un manuscrit autobiographique, alors que les personnages et la trame ont été inventées par Pouchkine (il y a un chapitre "alternatif" à la fin du bouquin). Mystère, mystère...

     

    Enfin bref, on s'en fout l'essentiel est dans le roman.

    Avec ce roman qui parait-il est un livre fondateur de la littérature russe, Pouchkine signe un beau roman d'aventure captivant du début à la fin.

     

    Beau  roman.

    Partager via Gmail Delicious Technorati Yahoo! Blogmarks Pin It

    votre commentaire
  •  

    Ca fait un bail que j'ai rien posté. J'ai pas trop eu le temps, et un peu la flemme aussi faut le dire

     

     

     

     

    Résumé de l'éditeur:

     

    Cinq petites filles ont disparu.
    Cinq petites fosses ont été creusées dans la clairière.
    Au fond de chacune, un petit bras, le gauche.
    Depuis qu’ils enquêtent sur les rapts des fillettes, le criminologue Goran Gavila et son équipe d’agents spéciaux ont l’impression d’être manipulés. Chaque découverte macabre, chaque indice les mènent à des assassins différents. La découverte d’un sixième bras, dans la clairière, appartenant à une victime inconnue, les convainc d’appeler en renfort Mila Vasquez, experte dans les affaires d’enlèvement. Dans le huis clos d’un appartement spartiate converti en QG, Gavila et ses agents vont échafauder une théorie à laquelle nul ne veut croire : tous les meurtres sont liés, le vrai coupable est ailleurs.
    Quand on tue des enfants, Dieu se tait, et le diable murmure… 

     

     

     

     
    Le trailer (lol)

     

     





    Je voulais le lire depuis que j'en ai entendu parler  il y a environ 2 ans. Quand j'en ai parlé à un pote, cet enfoiré m'a sorti qu'il l'avait chez lui depuis un bail. Quand je pense que j'ai eu besoin du net pour en entendre parler... D'ailleurs vu qu'il a mis un an à me le prêter j'ai lâché l'affaire et je l'ai acheté directement. Heureusement que mon pote a d'autres qualités...  

     

    Inspiré d'une histoire vraie il parait. Mouais, alors inspiré de très loin alors. Enfin bref, s'il y a bien quelque chose de maîtrisé dans ce roman c'est le suspense. Chaque chapitre apporte son lot de révélation et on ne sait jamais où l'auteur va nous emmener.

    D'ailleurs, le livre commence fort. Dès les premières phrases, un mystère est posé autour d'un curieux prisonnier enfermé pour un motif mineur mais qui intrigue le personnel pénitentiaire par son souci obsessionnel de vouloir préserver son anonymat le temps de son séjour. 

     

    Le chuchoteur, curieux titre qui prend néanmoins tout son sens à l'ultime fin du roman, est presque construit comme une série américaine du genre True Detective en plus dense, enfin comme si True Detective était produit par AMC ou Showtime. C'est très simple, il n'y a aucun temps mort. On plonge direct dans le vif du sujet pour n'en sortir que dans les dernières lignes. Entre temps chaque chapitre révèle une avancée considérable d'une enquête bien plus tortueuse qu'en apparence, et se termine avec des rebondissements presque tout le temps si énormes qu'ils donnent envie d'enchainer le chapitre suivant.

    Il y a quelque chose de presque mécanique dans la structure du roman, mais ça ne gène absolument pas la lecture, au contraire même. L'écriture est belle, simple et fluide, sans fioriture. Et si les personnages semblent au début stéréotypés, au point de se demander si Carisi s'est inspiré de l'équipe d'Esprits Criminels, ils ont chacun une épaisseur et leur rôle à jouer dans ce roman assez cauchemardesque.

    Franchement, j'ai été assez surpris de la qualité du truc même s'il n'est pas exempt de défauts. Par exemple le côté suspense en fin de chapitre est parfois un peu too much, au point qu'on a vraiment l'impression qu'il manque juste la page de pub avant le prochain. Par ailleurs, si l'intrigue est habilement ficelée (et ce malgré une facilité scénaristique avec une incursion fantastique) on termine le livre avec quelques questions  en suspens.

     

    Pour autant ça ne gâche pas le plaisir de ce bon thriller tortueux bien plus réussi que la moyenne.

     

    En clair avec le Chuchoteur Donato Carrisi n'a pas écrit un grand livre, mais un bon voire très bon thriller assez malsain.

    C'est déjà bien non?

     

    Allez next

     

     A noter: Adéfaut du Chuchoteur, Donato Carrisi est en passe d'adapter un autre de ses romans au cinéma.  Wait and See.

     

     

    Partager via Gmail Delicious Technorati Yahoo! Blogmarks

    votre commentaire
  •  

     

     

    Résumé:

     

    En 1961, Pasolini fit un voyage de plusieurs semaines à travers l'Inde en compagnie d'Alberto Moravia et d'Elsa Morante. Il en  a rapporté des écrits qu'il considère comme une "odeur", une impression mêlée à une sensation et un sentiment prégnants.

     

     

     

     

     

    Si tout le monde (ou presque) connait Pier Paolo Pasolini, le réalisateur, je ne suis pas sûr que ses écrits soient aussi connus en dehors de l'Italie. C'est pourtant la base de son œuvre. Voici sa bio, en très bref:

     

     

    Pier Paolo Pasolini est né en 1923 à Bologne. Durant la guerre, il part se réfugier à Casarsa près de la frontière slovène (ou autrichienne, enfin dans le nord-est quoi), et rejoint un groupe de poètes contestataires. Il perd son frère pendant le conflit.

    Après la guerre il termine ses études, puis se met à enseigner et à écrire principalement de la poésie, et s'engage en politique. Après une accusation de détournement de mineur il est contraint de quitter son poste et part s'installer à Rome avec sa mère. Après une période de vaches maigres, il devient journaliste, puis scénariste, et parvient à se faire un nom dans le monde littéraire grâce à plusieurs recueils de poèmes. En 1960 sort Accatone son premier film auquel succèderont 22 autres. Le 2 novembre 1975, son corps est retrouvé sur la plage d'Ostie. Le mystère autour de son homicide reste entier et sujet à de nombreuses théories.   

     

    Pier Paolo Pasolini

     

     

    J'aime bien Pasolini. Il a eu une vie assez mouvementée, et il y a dans son œuvre comme dans sa vie comme un parallèle troublant avec Le Caravage: les bas-fonds, la moralité douteuse (et je ne parle pas de leur homosexualité), la mort violente au bord d'une plage.

    Si je n'ai pas vu tous ses films, j'en ai quand même vu près d'une dizaine. J'aime bien déjà parce que le premier film que j'ai vu de lui est probablement son plus célèbre: Salo ou les 120 Jours de Sodome.  C'était marrant parce que qu'on est arrivé dans la salle avec mon pote, y avait que des quinquagénaires avec des têtes de profs de français/d'histoire, du genre à écouter France Culture h24 (j'ai rien contre France Culture hein). Et trente minutes après le début du film, y en a qui commençaient à tourner de l'œil ou à sortir de la salle ha ha!! Ils s'attendaient pas à ce genre de truc glauque et trash. C'est un des rares films qui m'a vraiment dérangé parce qu'en vrai y en a pas tant que ça. D'ailleurs c'est un peu un film à part dans sa filmo. Bref par la suite j'en ai vu d'autres (sur Arte, en DVD, lors d'une rétrospective) et même si certains sont assez "spéciaux" y a toujours quelque chose à gratter dans la démarche artistique (il a tapé dans différents genres, même la comédie), enfin à part ses films érotiques que je trouve chiants comme la mort et que j'avais d'ailleurs vu ado le dimanche soir sur la 6 en quête de scènes chaudes qui n'arrivaient jamais.

     

    Pour en revenir au livre qui nous intéresse, je pourrais le résumer à une réponse de mon collègue quand je lui ai demandé ce qu'il avait pensé de son voyage en Inde: "Oh la la! C'était magnifique!! Il y a une misère là-bas tu ne peux pas imaginer (!!!!)"
    Ouais je ne pige toujours pas le rapport entre la beauté du voyage et la misère du pays mais bon, Pasolini dit plus ou moins la même chose. Parce que c'est un carnet de voyage en quelque sorte.

    Avant tout il faut rappeler que le livre (et le voyage) date des années 60, à une époque où l'Inde est un pays indépendant  mais qui peine encore à se développer et Pasolini, en dépit de toutes ses précautions et bonnes intentions "humanistes", possède malgré lui un regard un peu "colonial", trouvant les Indiens beaux et majestueux avec leurs longs cheveux noirs et fins et les tissus blanc crasseux qui leur sert de vêtements. Aussi il compare plus ou moins souvent la pauvreté des villes qu'il parcourt à celle qu'il a pu voir dans les quartiers défavorisés de Rome.

    Ce qui est marrant c'est qu'il est censé avoir fait le voyage avec Alberto Moravia et Elsa Morante mais cette dernière ne fait même pas de la figu, au point d'avoir droit à une ligne ou deux dans le bouquin. Je serais tenté de dire qu'il devait pas trop l'aimer.

    Sinon on peut noter quelques curiosités sur son voyage comme sa rencontre avec "Sœur Theresa" à Calcutta, qui s'occupait déjà des lépreux. D'ailleurs côté lépreux quand on lit ça on dirait que c'était encore le moyen-âge vu certaines de ses descriptions.

    Vu la réputation de pervers du gars, et vu que j'ai l'esprit souvent assez mal placé, je me suis demandé un moment s'il allait déraper et, un peu comme quand on mate un film de prison, je me suis demandé tout au long du bouquin si un jeune Indien allait y avoir droit ou non. Bah il évoque plus ou moins ce fait lors d'une de ses rencontres avec les divers jeunes Indiens qui jalonnent les pages du bouquin. Enfin en lisant j'ai deviné un léger sous entendu mais bon ça reste à prendre avec des pincettes, d'autant que le jeune en question semble majeur. C'est pas du Frédéric Mitterrand quoi.

     

    Bon j'en ai assez dit. L'Odeur de l'Inde est un bon petit livre assez daté dans sa vision de l'Inde mais très bien écrit et reste très agréable à lire.

     

    Bon livre.

    Partager via Gmail Delicious Technorati Yahoo! Blogmarks Pin It

    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique