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    J'en avais entendu parler depuis un moment j'ai fini par le prendre.

     

     

     

    Après Last Exit To Brooklyn et Crackopolis, on pourrait croire que je me fais une série sur les bas fonds. C'est d'ailleurs peut-être vrai, inconsciemment.

     

    Le résumé:

     

    Zarca, écrivain à la petite renommée peut-être plus pour sa vie dissolue et ses relations douteuses que pour ses romans, cherche un nouvelle idée pour son prochain livre. Un jour, Dina, sa "frelonne", sa meilleure amie (et plus encore) lui soumet l'idée de faire un guide des bas fonds parisiens. Après avoir laissé l'idée faire son chemin, Zarca finit par s'atteler à l'ouvrage. Mais alors qu'il plonge de plus en plus profond dans les méandres de l'underground, il est victime d'une tentative de meurtre. Qui peut lui en vouloir à ce point? A travers son enquête, Zarca s'enfonce dans la spirale de la violence et de la déchéance, et la réalité finit par se mélanger à la fiction.

     

     

     

     

    On va commencer par l'auteur comme d'hab. Qui est zarca? Zarca (Johann Zarca dans la vraie vie) est un écrivain de 34 ans originaire de Bry sur Marne. Après avoir fait des études de journalisme, il enchaine des emplois alimentaires. Il se fait connaître  tout d'abord avec son blog sur l'underground, il décide de compiler ses meilleurs articles pour en faire un livre. Son premier roman le Boss de Boulogne, connait un petit succès. Plusieurs autres romans suivront. Conjointement à Pierre Ducrozet avec L'Invention des Corps, il devient lauréat du prix de Flore avec Paname Underground, son quatrième roman.

     

     

     

     

     

     

    Zarca... je me disais bien que ce nom me disait quelque chose. C'est le même nom que la dentiste qui m'a bousillé les chicots quand j'avais douze ans (véridique). Cette p. m'a niqué les dents, à coup de "prévention". Du coup aujourd'hui j'ai quarante ans et toutes mes dents, mais faut voir l'état des dents. Elle a plombé tout ce qu'elle a pu. J'ai longtemps voulu retourner la voir pour lui arracher des dents mais je ne me vois pas brutaliser une vieille de probablement 60-70 balais aujourd'hui. Et puis pour le recours "légal", il doit y avoir prescription. Donc un conseil : n'envoyez pas vos gamins chez n'importe quel dentiste. Question chicots lui non plus n'a pas l'air d'en avoir de belles, mais c'est sûrement davantage dû à ses excès (de drogue) qu'à une dentiste véreuse de Saint Denis. Vu sa gueule et le sujet de ses livre (le bois de Bou, Pattaya, les sex shop, les back room...) le mec a l'air du type bien barré. Le genre mec qui a besoin "d'expérimenter" tout et n'importe quoi. Un mec avec peu d'interdits quoi.

     

     

     

    Mais revenons en au livre.

     J'aime bien l'article du 20mn au sujet du roman (et qu'on peut retrouver ICI):

     

    "Avec son dernier roman, Johann Zarca, 33 ans, frappe fort : l’argot juste, le style frontal."

     

    Non mais lol.

     

    Dès les premières lignes j'ai eu mal aux yeux.

    Franchement, avec son argot (un mélange d'argot de quartier, de "javanais", et d'argot de polar), on a essayé de nous le vendre comme une espèce de nouveau Céline ou un truc dans le genre. Euh oui mais non. Parce que personne, je dis bien personne, ne parle comme ça dans la vraie vie. Pas que les mots et expressions qu'il utilise n'existent pas (ils existent tous, enfin j'imagine, je dois en connaître 80%). Simplement personne, même le plus grand cassoce de l'espace ne fait de phrase comme les siennes avec 8 mots d'argot sur une phrase de 10 mots. C'est impossible. Du coup, ça m'a un peu gêné, comme si le mec voulait en faire trop pour montrer à quel point il savait de quoi il parlait.

    Parce que oui, le mec sait effectivement de quoi il parle. Simplement je ne suis pas sûr que son usage systématique de l'argot ait une quelconque valeur ajoutée. En réalité, Zarca n'a, je pense, même pas la volonté d'être authentique. Du coup, plutôt que Céline, il serait plutôt à rapprocher d'Audiard (toutes proportions gardées), dans le sens où à travers des expressions familières qu'il s'est appropriées, il a inventé un langage qui fait sa singularité. Vu son succès, il a bien fait.

     

     Comme j'ai dit, Zarca sait de quoi il parle. Si Barbès, Chateau Rouge, Stalingrad, Porte de La Chapelle ou Porte d'Auber sont déjà bien connus des Parisiens comme moi, il nous fait découvrir  d'autres bas fonds, parfois insoupçonnés comme le jardin Vuillemin où les Afghans se regroupent pour toutes sortes de business (y compris se fournir en opium), cette planque d'armes des fascistes/ néo nazis parés pour une guerre civile façon "helter skelter" de Charles Manson, ou encore, bien plus glauques, les back rooms hardcore de la capitale.

    D'ailleurs comme je viens de le lire sur la page FB de la maison d'édition, Le Gouffre, la back room la plus trash et sordide de Paris, aurait inspiré le club Le Rectum dans le film Irreversible de Gaspar Noé (sa description m'a aussi fait penser à la back room trash de Cruising, le film de Friedkin avec Al pacino). Zarca n'est pas avare en détail et nous balance d'ailleurs des rumeurs sur le lieu qui font froid dans le dos.

    Concernant le reste Zarca est tout aussi prolixe et le roman se révèle riche en anecdotes comme l'histoire de ce criminel de Pigalle qui possèderait plusieurs bars à hôtesse, plusieurs grec, et racketterait Michou, l'homme en bleu des soirées parisiennes.

    D'ailleurs au delà Michou, l'histoire nous fait croiser de manière tout à fait hasardeuse la route entre autres de Virginie Despentes dans le 20ème, celle de Logan, un faf proche de Marion Maréchal qui avait fait parler de lui il y a quelques années en tabassant et en humiliant Edouard Klein (un responsable du GUD, ce qui lui a valu une peine de prison), et celle de Erik Remès,, l'écrivain homosexuel dont je me souviens encore du passage chez Ardisson il y a plus d'une dizaine d'années je pense. Ce dernier, qui est un ami de zarca, a d'ailleurs une place relativement importante dans le livre.

    Alors que dire de plus sur ce roman en plus de son écriture particulière? Bah on peut dire qu'il est très rythmé. Et aussi "excentrique" soit l'écriture de Zarca, elle reste efficace et personnellement je me suis totalement plongé  dans ce roman assez addictif. C'est bien simple: après un Last Exit To Brooklyn qui m'a tenu la jambe pendant 2 ou 3 mois (j'y arrivais pas), j'ai lu celui-là en quelques jours à peine.

    MAIS, parce qu'il faut toujours un mais, pourquoi Zarca s'est tourné vers le polar? Même si sa trame policière a permis à son auteur d'articuler son guide autour d'une trame narrative, je ne suis pas vraiment rentré dans l'histoire criminelle. Pour moi l'idée du guide se suffisait à elle-même, pas besoin d'en rajouter avec ses histoires de meurtre blablabla. Enfin bon, pas que ça ma gêné mais j'aurais trouvé le livre meilleur sans.

     

    En l'état, Paname Underground reste un roman assez singulier, aussi glauque que marrant, et assez fascinant sur l'underground parisien. Mêlant voyous, homosexuels, caïds de cités, travestis, prostituées, dealers, migrants, sdf, toxicomanes, néonazis et plus encore, ce roman est un sympathique ovni dans le paysage littéraire français.

    A lire donc.

     

     

     

    Allez next. 

     

     

     

    Bonus: le teaser du docu Paname underground que Zarca comptait monter (et qui je crois est au point mort) histoire de faire taire ses détracteurs sur un hypothétique underground fantasmé.

     

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    Quatre mois que j'ai rien posté ici!! C'est vrai que non seulement je ne lis plus trop, mais en plus ce livre à la con m'a pris un temps fou. Je ne comprends pas.

     

     

    Résumé:

     

    Last Exit to Brooklyn est un recueil de six histoires où se croisent des personnages désespérants et désespérés : Harry Black qui ne supporte plus sa femme, la prostituée Tralala, le travesti Georgette... Un monde gangrené par la violence, la folie, la terreur, d'une beauté et d'une humanité terrifiantes. Un monde décrit par Selby lui-même comme " les horreurs d'une vie sans amour ".

     

     

     

     

     

    Pour présenter un peu l'auteur, je vais copier une partie de sa bio gracieusement mise à dispo par Wikipedia (merci Wikipedia):

     

    Né à New York, dans l'arrondissement de Brooklyn en 1928, Selby quitte l'école à l'âge de 15 ans pour s'engager dans la marine marchande, où son père, orphelin, avait travaillé. Atteint de la tuberculose à 18 ans, les médecins lui annoncent qu'il lui reste deux mois à vivre. Il est opéré, perd une partie de son poumon, et restera 4 ans à l'hôpital1.

    Lors de la décennie suivante, Selby, convalescent, est cloué au lit et fréquemment hospitalisé (1946-1950) à la suite de diverses infections du poumon. « C'est à l'hôpital que j'ai commencé à lire avant d'éprouver le besoin d'écrire. »1 Incapable de suivre une vie normale à cause de ses problèmes de santé, Selby dira : « Je connais l'alphabet. Peut-être que je pourrais être écrivain. ». Grâce à sa première machine à écrire, il se lance frénétiquement dans l'écriture.

    Son premier roman, Last Exit to Brooklyn, une collection d'histoires partageant un décor commun, Brooklyn, entraîna une forte controverse lorsqu'il fut publié en 1964. Allen Ginsberg prédit que l'ouvrage allait « exploser sur l'Amérique comme une bombe infernale qu'on lirait encore cent ans après. » Il fut l'objet d'un procès pour obscénité en Angleterre, interdit de traduction en Italie, et interdit à la vente aux mineurs dans plusieurs états des États-Unis. Son éditeur, Grove Press, exploita cette controverse pour la campagne de promotion du livre, qui se vendit aux alentours de 750 000 exemplaires la première année. Il fut également traduit en douze langues. L'auteur le résume ainsi : « Quand j'ai publié Last Exit to Brooklyn, on m'a demandé de le décrire. Je n'avais pas réfléchi à la question et les mots qui me sont venus sont : "les horreurs d'une vie sans amour" . » L'ouvrage est republié sous une nouvelle traduction française début 2014.

     

    Et caetera, et caetera. Pour résumer la suite de sa vie, il est devenu, junkie et alcoolo, puis désintoxiqué mais alcoolo, a continué à sortir des romans mais n'a jamais retrouvé le succès de son premier roman. Voilà.

     

     

     

     

     

     

     

     

    J'avais lu Waiting Period, le dernier livre d'Hubert Selby Jr, peu avant que ce dernier casse sa pipe (il y a un bail donc) et j'avais bien aimé. Un petit livre acide, sympathique à l'humour corrosif. Et sans prétention. Donc son "classique" m'avait depuis toujours fait de l'oeil sans que je trouve le temps de le prendre. C'est en tombant dessus chez un pote que j'ai décidé de le lui emprunter.

     

    On va la faire rapide, je n'ai pas aimé. En fait, je ne suis jamais rentré dedans. L'histoire, si on peut appeler ça une histoire, se borne à décrire des scènes glauques de la vie d'habitants de Brooklyn: des petites frappes, des ouvriers, syndicalistes, des homosexuels extravertis, des michetonneuses à la recherche du coup de leur vie, et plein d'autres âmes perdues à la dérive. En fait, j'ai pas vraiment compris le projet du mec. Il n'y a qu'à la fin du roman que j'ai finalement compris que ça n'en était pas un. C'est plutôt à voir comme une anthologie, un recueil de nouvelles où on retrouverait de temps en temps les mêmes personnages. Mouais. Bof.

    T'es con! Il suffisait de lire le résumé pour le savoir." Oui, oui. Merci du renseignement.

     

     Enfin ceci mis à part, et même si l'incursion dans les "bas fonds" est assez immersive, au final j'ai jamais trop accroché. Niveau structure narrative déjà j'ai eu du mal. Je sais pas, j'ai jamais réussi à voir où il voulait en venir avec ses histoires sur une violence ordinaire, banalisée. Et puis c'est peut-être injustifié mais j'avais souvent à l'esprit Les Seigneurs, le roman de Richard Price (pourtant sorti 10 ans plus tard). Du coup tout au long de ma lecture, Last Exit To Brooklyn a souffert de la comparaison. 

     Et puis même dans le fond, si la déchéance, le désœuvrement, la crudité (je dirais presque la gratuité) de la violence et du sexe  m'ont vaguement choqué (notamment les deux scènes les plus glauques du bouquin, à savoir une partouze gay, et un viol collectif sur un terrain vague), je sais pas, c'est tellement glauque que j'ai eu l'impression que l'auteur se complaisait dans sa fange. Du glauque pour du glauque. A sa sortie le roman a été taxé de pornographie, interdit dans plusieurs pays, de faire l'apologie de la drogue, de l'homosexualité etc. Bah même si aujourd'hui c'est nettement moins "marquant", je comprends les réactions de l'époque. Ca fait très "underground, post beat generation". D'ailleurs si le roman a été adopté par le pédo Allen Ginsberg c'est pas pour rien.

    De toute façon la fange, Selby Jr aime ça vu qu' on lui doit quelques années plus tard le fameux Requiem For Dream (adapté au ciné avec le succès public qu'on lui connait), en fait une suite plus ou moins officielle à son chef d'oeuvre.

     

    Côté style, j'ai déjà dit un nombre incalculable de fois que j'en pouvais plus de ces mecs qui ne connaissent pas l'existence du point. Et bien évidemment, Hubert Selby en fait partie. Non mais sérieux, des phrases de près d'une page avec soixante virgules et autant de digressions et autres apartés, j'y arrive plus. D'autant plus que Selby Jr ne connait pas non plus l'existence des guillemets ou du trait cadratin, ce qui fait qu'on passe allègrement de la description au dialogue le plus naturellement possible. Selby Jr est un expérimentateur. C'est l'époque qui veut ça.

     

     Est-ce que j'ai besoin de continuer pour faire comprendre que j'ai pas spécialement aimé? Non je ne pense pas. De toute façon 'ai rien d'autre à dire.

     

    Avec son roman Hubert Selby Jr avait probablement entre autres pour volonté de choquer le lecteur. Bah le moins que je puisse dire c'est qu'il a réussi. Néanmoins, le rythme assez lent, et le style "particulier" ont rendu ma lecture assez laborieuse. Du coup j'ai eu du mal à trouver un quelconque plaisir à sa lecture.

    Accessible  sans l'être, Last Exit To Brooklyn l'est assurément.

     

    C'était probablement le but après tout.

     

    Allez next.

     

     

    A noter que le roman a été adapté au ciné avec Jennifer Jason Leigh, Burt Young (Paulie dans la saga Rocky, )Eli Orbach (le vieux flic de Law and Order), Stephen Baldwin, Sam Rockwell et j'en passe. Aucune idée de ce que ça vaut.

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    https://images-na.ssl-images-amazon.com/images/I/41Ua4%2Bwh2IL._SX311_BO1,204,203,200_.jpg

     

     

     

    Résumé

     

    Et si on avait droit à une seconde chance ? Victime d'un accident de moto, Thomas Garnier est à l'hôpital sous assistance respiratoire, dans un coma si profond que les médecins envisagent de le débrancher. En réalité, il est coincé entre la vie et la mort dans le "supplément d'âme", en compagnie d'un étrange gamin. Il a une chance de revenir du côté des vivants, à condition de comprendre ses erreurs. De révélation en électrochoc, Thomas recompose la trajectoire de son existence avant qu'il ne soit trop tard. Entre déni et prise de conscience, une seule question le hante : saura-t-il encaisser la vérité ?

     

     

     

     

    On va commencer par une petite bio de l'auteur:

     

    Né en 1983 à Toulouse (où il a probablement grandi), Matthieu Biasotto est graphiste de formation.Travaillant en free lance plusieurs années, il est victime de plusieurs problèmes de santé (un burn-out et une double hernie discale) qui l'obligent à lever le pied et à remettre sa vie professionnelle en question. Il décide de se concentrer sur l'écriture en qualité d'auteur indépendant. Auteur prolifique s'il en est, il est aujourd'hui l'auteur d'un quinzaine de livres. Il vit actuellement à Montesquieu Volvestre en Haute Garonne.

     

     

     

    Voilà. Pas grand chose d'autre à dire, d'autant plus que tout cela est tiré de son site officiel. Au risque de me répéter on peut dire qu'avec au moins 13 bouquins à 35 ans, le mec n'a pas chômé, et qu'il doit vivre dans un confort relatif vu qu'il affirme pouvoir vivre de sa plume (70 mille lecteurs quand même).

     Enfin bref.

     

     

    Pourquoi ai-je lu ce roman? C'est une question qu'on peut légitimement se poser (ou non d'ailleurs) pas pour les défauts et qualités éventuels dudit roman mais plutôt parce que son auteur n'est pas forcément des plus connus ni médiatisés. C'est pas Houellebecq quoi. En fait pour être précis la vraie question serait plutôt: pour quelles raisons ? Parce qu'il y en a, j'y viens tout de suite.

    Alors déjà à la base je ne connaissais pas du tout Matthieu Biasotto. De toute façon, je ne cherchais pas de roman particulier. C'était à une époque pas si lointaine où je faisais des recherches pour mon roman, précisément pour savoir s'il n'y avait pas de roman avec sujet similaire (ce qui est plus que probable au passage). Et effectivement, en fouillant un peu sur le Net et sur Amazon, j'ai fini par tomber sur ce bouquin.

     

    Après avoir déprimé quelques jours, je me suis dit qu'il fallait que je voie si l'histoire et le traitement étaient effectivement similaires à mon roman, et donc que je le lise.

     

    Bien m'en a pris. Déjà parce que ça n'a rien à voir (ou très peu) avec mon livre, mais en plus parce  que le roman s'est avéré très cool (c'est cadeau!) !

    Pour la petite histoire, le fameux Matthieu Biasotto a d'abord auto-édité son roman. Puis, suite au succès rencontré, Bragelonne a été intéressée et a édité le roman. Tout est bien qui finit bien donc.

     

    Donc voilà. Je n'en attendais pas grand chose, et j'ai été agréablement surpris. Le livre se lit très facilement et on se prend rapidement au jeu de piste auquel l'auteur nous convie. Le ton est assez tranchant mais est assez en phase avec le reste. Si j'avais peur de personnages caricaturaux au départ, ils s'avèrent au final assez bien pensés et relativement attachants pour la plupart. C'est assez fou mais en fait j'ai même pas de bémol à souligner, j'ai vraiment bien aimé le bouquin (ce qui est d'autant plus remarquable que je partais avec un a priori vu le sujet).

    Cerise sur le gâteau, le bouquin n'est pas dénué d'humour et certains passages sont assez drôles.

     

    Ce qui est marrant c'est qu'en lisant sa petite présentation sur son site, je me rends compte de la grosse part que le Supplément d’Âme doit comporter.

     

     

    Je vais donc m'arrêter là. Au final Le Supplément d'Ame, sans être un candidat au Nobel, est un bon roman très sympa, assez bien rythmé et doté d'une histoire plus maligne qu'il n'y parait. Et ce jusque dans les dernières pages.

    Et en plus il m'a permis de découvrir un nouvel auteur à la fois auto-édité ET talentueux. Je lirais sans doute d'autres livres de lui.

     

     

    Bonne surprise.

     

     

     

    Pour ceux qui sont intéressés voici son site:

     

    https://matthieubiasotto.com/

     

     

    Allez next

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    Je connais Pablo Neruda de nom depuis longtemps malgré tout je ne me suis jamais penché sur son oeuvre. C'est d'ailleurs tout le paradoxe du truc: je suis attiré par la poésie depuis longtemps mais je n'ai jamais pris le temps de m'y intéresser. Donc, hormis le nom des auteurs célèbres, j'y connais rien. C'est un peu con.


    Enfin bref, j'ai donc eu envie de lire un livre de lui (en plus c'est le poète préféré de Ted dans How I Met Your Mother) et le hasard a fait que je tombe sur celui-là. Ironie du sort c'est peut-être sa seule oeuvre qui n'est pas un recueil de poésie.

     

    Quand on vient du 93, ou d'un coin où le communisme a eu un passé flamboyant, le nom de Neruda évoque toujours quelque chose à l'oreille: le nom d'une cité, d'une rue, d'une place. En lisant ses mémoires je comprends mieux pourquoi.

     

     

    Petite bio express:

     

    De son vrai nom, Ricardo Eliécer Neftalí Reyes-Basoalto, Pablo Neruda est né en 1904 au Chili dans une famille modeste. D'abord reconnu dans son pays comme poète, il s'engage dans la vie politique et devient consul en Birmanie à 23ans. S'en suit une longue carrière qui le voit devenir diplomate, sénateur, ambassadeur, et étendard international du communisme, tout en devenant l'un des poètes les plus importants et les plus médiatisés du  20ème siècle. Lauréat du prix Nobel de littérature en 1972, il finit par s'éteindre le 23 septembre 1973 au Chili, soit douze jours après le coup d'état militaire.

     

     

     

     

     

    Bon je l'ai lu y a un moment déjà donc je vais pas m'éterniser. Le livre porte très bien son nom. Ca fait fait d'ailleurs très longtemps qu'un titre n'avait pas été aussi évocateur, déjà parce qu'il s'agit de ses mémoires, mais surtout parce qu'il est amplement justifié tant la vie du bonhomme a été remplie. C'est assez fou.

    Pour faire simple le bonhomme a voyagé aux quatre coins du globe, à été acteur d'une des plus importantes guerres du 20ème au moins sur le plan idéologique (la guerre civile espagnole), s'est impliqué dans la vie de son pays, a promu l'idéologie communiste partout dans le monde, et est devenu de son vivant un écrivain de renommée mondiale au point d'en obtenir le fameux Nobel. Pas mal quand même. En bref, le mec a eu 10 vies en une seule.

     

     Le livre se lit très facilement et est évidemment bourré de milliers d'anecdotes impliquant parfois des personnalités parfois très proches comme son ami Garcia Lorca.

     

    Parmi le beau monde, on peut y croiser des personnalités artistiques et ou politiques aussi diverses que son grand ami Federico Garcia Lorca donc, mais aussi Louis Aragon, le Mahatma Gandhi, Jawaharlal Nehru, Fidel Castro, Mao Zedong, Elsa triolet, Ilya Erhenbourg (que je ne connaissais pas), Pablo Picasso, Gabriel Garcia Marquez, Alberto Moravia et Elsa Ferrante (mais pas Pasolini), Staline...  et évidemment Saldor Allende. La liste n'est évidemment pas exhaustive.

    Très bien écrit donc mais également très bien articulé, le livre fait la part belle aux nombreuses péripéties qui ont jalonné la vie du poète mais se révèle d'autant plus captivant qu'il permet de découvrir la personnalité de son auteur. Neruda y a apparait au départ comme un jeune paysan vaguement fantasque et introverti, qui s'affirme peu peu tout au long de ses voyages, de sa carrière diplomatique, de la renommée grandissante de sa poésie et surtout de son engagement politique au sein du parti communiste. Le communisme tient d'ailleurs une grande place et on ressent la sincérité de Neruda qui semble réellement vivre pour cette idéologie. Malgré tout il n'occulte pas les dérives orchestrées par Staline, Castro ou Mao mais il les attribue davantage à des dérives (comme un culte de la personnalité exacerbé) qui ont éloigné ces régimes de l'idéologie originelle.

     

    A la la limite, il y a un petit creux lorsqu'il fait l'éloge de différents amis sous forme d'oraisons funèbres. Je sais pas ça m'a un peu plombé la lecture, pas tant par la teneur émotionnelle que du fait que j'ai trouvé que ça cassait un peu le rythme du livre. Ceci étant, on ne peut pas lui reprocher de rendre hommage dans ses mémoires à des personnes qui lui ont été chères, d'un point de vue personnel ou symbolique.

     

    Bon je vais m'arrêter là parce que le livre par pour lui-même et que de tout façon ça fait un petit moment que je l'ai fini. En ce qui me concerne J'avoue Que J'ai Vécu est un très beau livre, mais plus encore un fantastique témoignage d'un homme qui a littéralement traversé le 20ème et milieu des plus petits comme des plus grands, et une oeuvre assez essentielle pour connaître et comprendre un des plus grands poètes du 20ème siècle.

     

    Très beau livre.

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    Résumé de l'éditeur:

     

     

    Erik Ketezer est vétérinaire en Normandie, mais il a passé sa jeunesse à Courvilliers, un ancien fief communiste de la périphérie parisienne. De retour dans sa cité natale pour enquêter sur le décès du frère d’'une de ses amies, il découvre l’état de déliquescence de la ville. L'’économie est dominée par le trafic de drogue, qui s'’organise au sein même de l’équipe municipale : on a découvert des centaines de kilos de cannabis dans le centre technique de la mairie, dirigé par un délinquant notoire. Une impunité inexplicable règne, couvrant les actes de népotisme, les faux emplois, les pots-de-vin, les abus de biens sociaux en tout genre. Pendant ce temps, la ville part à vau-l'eau, les équipements municipaux sont détériorés, les ascenseurs ne fonctionnent pas plus que le ramassage des poubelles, les rats pullulent, le maire a été élu grâce au travail efficace des dealers et des islamistes qui ont labouré le terrain en distribuant menaces et récompenses…
    Ce nouveau roman de Didier Daeninckx est mené tambour battant. Son écriture efficace, directe, est mise au service d’'un tableau accablant des territoires oubliés de la République.

     

     

     

     On va refaire la bio du mec en express: issu d'une longue lignée de communistes aux origines belges et charentaises, il est né à St Denis et à grandi à Aubervilliers où il a adhéré aux Jeunesses Communistes. Il a longtemps travaillé à l'usine, puis est devenu journaliste pour la presse locale et a profité d'une période de chômage pour écrire le premier d'une longue série de romans policiers. Profondément engagé, son œuvre est fortement marquée par les conditions de vie des prolétaires dans les villes de banlieue.

     

     

     

     

     

     

     

    Je connais Didier Daeninckx de nom depuis très très longtemps, pourtant je n'ai jamais lu aucun de ses bouquins. Pourtant si j'ai acheté ce roman précis, c'est parce que je suis tombé par hasard sur un article (probablement celui du Parisien) sur Facebook indiquant un "portrait d'Aubervilliers au vitriol".

    Aubervilliers... Ah Aubervilliers... Si le nom de Daeninckx m'a interpelé si longtemps (alors que je lis très peu de polars français) c'est aussi parce qu'il vient d'Auber, et que cette ville est très importante pour moi. On va dire qu'après St Denis et Paris, c'est la troisième ville à compter dans ma vie. J'y ai fait ma primaire, j'allais au jardin près de la mairie, à la piscine, et même au ciné étant ado. Et surtout, j'y ai vécu. Du coup, le roman a eu une certaine résonance pour moi. Ainsi les lieux évoqués dans le livre me parlent forcément vu que j'ai vécu dans la rue des Fillettes (rue des Jeunettes de Courvilliers), pas loin du foyer des Maliens où ado j'allais manger, mater les matches de foot voire me faire couper les cheveux, et où j'allais encore récemment voir les mécaniciens de rue (des Ivoiriens d'ailleurs, et pas des Maliens).

     

     

    Pour en revenir au livre, je peux dire que j'ai été agréablement surpris. C'est bien écrit, bien rythmé, bien amené et il faut le dire assez addictif. On sent que le mec est un vieux de la vieille niveau écriture. Ce qui est pas mal c'est que l'enquête du héros prend une tournure assez intéressante dans le sens où, loin de suivre un schéma policier traditionnel elle est composée de rencontres et d'entretiens assez "intimes" qui permettent de découvrir petit à petit l'envers du décor d'un banal fait divers. Et évidemment, à travers cette enquête, Didier Daeninckx en profite pour dresser un état des lieux peu reluisant de sa ville. 

    Même si je ne connais pas spécialement la situation politique de la ville, au vu de la description elle semble se rapprocher de celle de Saint Denis a priori, donc elle doit être catastrophique. En tout cas vu le portrait qu'il en fait.

     

    Si la mairie d'Auberv... pardon, de Courvilliers en prend pour son grade, certaines célébrités comme Soral, Dieudonné, Faurisson, Ramadan, se prennent aussi quelques balles en route. Il y a d'ailleurs une critique assez violente des partis politiques municipaux (de gauche notamment) qui, à des fins électorales, ont favorisé les dérives communautaires et religieuses, en permettant à des personnalités douteuses (voyous de quartier ou de cité, imams douteux, lobbyistes véreux...) d'accéder à des postes stratégiques tout ça dans le but de bénéficier de leurs influences au moment des élections. Des pactes avec plusieurs diables. Quelle que soit la part de vérité de ces décisions qui ont amené à gangréner la vie politique de la ville (et logiquement celle des citoyens), je trouve le parti pris assez courageux.

     

    Pour autant et malgré la virulence du discours, le roman ne manque pas d'humour, avec quelques passages limite WTF comme quand le héros se promène à Phuket et croise Jason Voriz au bar de Seth Gueko, ou encore quand un des personnages raconte que le maire d'Aube.. de Courvilliers s'est fait séquestrer et s'est mangé des claques. J'aimerais bien vérifier si c'est vrai ça. Enfin ça ne m'étonnerait même pas vu qu'à St Denis il y a une dizaine d'années des mecs ont braqué les gens du conseil municipal en pleine session d'assemblée (véridique). Les maires adjoints se sont faits dépouiller normal.

     

    Enfin ça reste des anecdotes mais c'est assez révélateur d'un certain climat et qui explique pourquoi certains quartiers sont pratiquement laissés à l'abandon, à Courvilliers comme ailleurs dans le 93.

     

     Bon je m'arrête là. Bref, vous l'aurez compris, Artana c'est un très bon roman, loin des clichés habituels sur la banlieue. 

     

    Allez next.

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