• LE BRUIT ET LA FUREUR

    Le Bruit et  la FureurDu classique au rap, de Miles Davis à Lady Gaga, des découvertes et des review même sur ce que j'aime pas. En toute objectivité bien sûr

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    J'ai du mal à publier quoi que ce soit depuis un certain temps Je sais pas je fais comme un blocage. Des fois je me dis que je parlerais bien de tel ou tel truc et puis je bloque. Enfin bref

     

     

     

     

     

    Khruangbin c'est quoi? Créé vers 2007, Khruangbin est un groupe texan composé de Mark Speer (guitariste)et Donald Ray Johnson (batteur) qui se seraient rencontré à l'église où ils officiaient en tant que musicien, rapidement rejoints par Laura Lee (bassiste). C'est d'ailleurs cette dernière qui, apprenant le thaï, aurait trouvé le nom du groupe. Khruangbin signifierait apparemment "aéronef" ou "aéroplane" (un machin qui vole quoi) au royaume de Siam. Pourquoi ce nom? J'en sais fichtre rien (clin d'œil à Jefferson Airplane??). Toujours est-il qu'après quelques dates (dont une tournée avec Bonobo) le groupe a rapidement acquis en notoriété et après trois EP, sort son premier album en 2015 intitulé The Universe Smiles Upon You.  Je ne sais pas trop comment l'album a été reçu et s'il a marché. toujours est-il qu'ils ont continué sur leur lancé et ont sorti cette année leur deuxième album nommé Con Todo El Mundo, probablement une ode à la fraternité au delà des frontières.

     

     

     

    Bon perso je vais pas faire genre car j'ai découvert le groupe très récemment (il y a quelques mois) et assez par hasard, enfin grâce aux fameux algorithmes de Google/Youtube. Et je suis tombé sur ça:

     

     

     

     

     

     

     

    Je passerai sur le clip mais j'ai direct accroché à cette boucle qui n'est évidemment pas sans rappeler Footsteps In the Dark des Isley Brothers. Mais surtout j'ai bien kiffé les différentes variations sur la même chanson qui s'affranchissent du lourd tribut à payer aux frères Isley. Parce que vu le modèle c'était pas gagné.

     

    Pour le rappeler Khrunagbin est composé d'une bassiste, d'un guitariste et d'un batteur. Oui, oui, je le précise parce qu'il le faut. Kruangbin est bien un groupe "instrumental", dont les membres on jugé qu'ils n'avaient pas besoin de s'embarrasser d'une voix d'or ou de textes profonds pour réussir à transmettre de l'émotion dans leur musique. Donc, amateurs de belles voix, passez votre chemin. Pour ma part je trouve qu'ils ont eu raison et que ça marche très bien comme ça.

     

    Parler de la musique de Khruangbin est un peu compliqué vu qu'ils n'entrent dans aucun cadre (pas plus mal). Pour faire simple leur musique se situe au croisement entre la soul, la musique psychédélique, le rock et même l'électro. Tout ça garni d'influences orientales (Mark Speer et Laura Lee étant fans de musique Afghane des 70s). Mouais rien que ça. Ces différentes influences se ressentent à des degrés divers selon les chansons. Aussi improbable que ça puisse paraître pour des Texans qui faisaient de la musique gospel à l'église méthodiste du coin (enfin une grande église tout de même), le mélange est des plus réussis.

     

    J'ai écouté, et si The Universe Smiles Upon You est déjà très maîtrisé (avec déjà cette ambiance très "hippie" 70s), je trouve Con Todo El Mundo encore plus abouti, peut-être plus varié, le groupe se permettant même quelques incursions funk, voire disco (même si j'adhère moins), ainsi que des influences orientales plus marquées. Enfin leur style  était déjà là. je retiens ces morceaux:

     

     

     

     

    Etant donné que j'ai découvert les deux en même temps, j'avoue préférer le second que je trouve plus abouti même si le premier a déjà d'excellents morceaux.

     

    Personnellement il y a deux morceaux que je particulièrement, ce sont ces deux là:

     

     

    Mais bon le reste est très bien aussi, Friday Morning et Rules en tête. En écoutant l'album, on pourrait presque imaginer revenir 45ans en arrière et errer parmi les beatnik et autres toxicos de l'époque. D'ailleurs, j'en viens à me demander si on peut réellement composer des trucs pareils sans jamais avoir voyagé dans des endroits cosmiques grâce à Air LSD.

    Enfin, quoi qu'il en soit je kiffe.

     

     

    Bref, Khruangbin c'est très bien et à priori je suis loin d'être le seul à le penser vu que le groupe va passer en concert à Paris et que c'est déjà complet. A priori l'aventure est loin d'être terminée

     

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    On va passer vite fait sur la bio:

     

    Né en 1988, Joyner Lucas (c'est son vrai nom) est originaire de Worcester dans le Massachussetts. Fan de rap depuis toujours il a commencé à rapper à l'âge de 10ans. Il a sorti 3 mixtapes mais avant d'acquérir une certaine notoriété grâce à son titre Ross Capipcchioni. S'en est suivi (508)507 2209, sa 4ème mixtape et la première en major. 

     

    Et voilà.

     

     

     

    Joyner Lucas c'est quand même l'auteur d'un des sons les plus "viraux"  de la fin de l'année dernière. En effet, sur les réseaux sociaux il était difficile de passer à côté de ce son au titre assez évocateur.

     

     

    Pourtant s'il a bénéficié un bon buzz grâce à cette chanson assez polémique, Joyner Lucas est loin d'être un nouveau.

    Personnellement je l'ai connu il y a quelques années avec Ross Capicchioni.

     

     

     

    Ce titre au contenu assez effarant est en fait tiré d'un horrible fait divers (on peut dire que le mec revient de loin), une démarche qui rappelle un peu 2Pac et son Brenda's Got a Baby. Un fait divers, dont il narre le récit à la fois du point de vue de la victime et du criminel, qui renvoie à la face sombre des Etats-Unis. Ce titre qui a eu un certain impact à l'époque   (et qui est sorti avec l'autorisation du fameux Ross Capicchioni), a tout de suite placé Joyner Lucas au rang des storyteller du rap U.S actuel, une discipline dont il a fait sa spécialité. En témoigne le nombre assez important d'histoires (réelles ou imaginées, drôles ou tragiques) qu'il a illustrées dans ses chansons. Et il le fait plutôt bien, voire très bien et de manière parfois assez complexe, comme on peut le voir dans Keep It 100 où il raconte les péripéties d'un billet de 100 dollars à travers ce qu'il y a de moins glorieux dans le monde de l'argent facile (détournement, drogue, pari, braquage, prostitution, mendicité...)

     

     

     

     

     

    Une chanson que je connais pratiquement par cœur à force de l'avoir écoutée. D'ailleurs si on tend bien l'oreille on peut sentir l'influence de Masta Ace, une référence assez avouée de Joyner Lucas, la légende de Brooklyn étant également connue pour sa facilité à narrer des histoires (Masta Ace a quand même sorti 3 albums concept avec l'histoire d'un rappeur comme ligne directrice). Joyner Lucas se permet d'ailleurs de le citer dans I'm Not Racist en reprenant une rime du "maître" (tirée de la chanson Beautiful)
    Pour la petite histoire, 20Syl et Hocus Pocus avaient sorti un morceau avec le même thème (la chanson "Pascal" les péripéties d'un billet de 500) mais bon, si le résultat était sympathique et que 20Syl n'est pas mauvais, y a pas photo non plus.

     

     

    Sa mixtape nommée (507) 508- 2209 d'après son n° de téléphone de l'époque (le mec qui perd pas le nord, il dû le changer depuis lol), illustre bien le goût de Joyner Lucas pour ce type de morceaux, et s'il lâche quelques morceaux "humoristiques" très second degré, il en profite pour évoquer certains sujets de société comme le rôle des parents dans l'éducation, le suicide, l'avortement. Bref, des trucs qu'on voit pas tout le temps dans le paysage du rap.

     

    Pourtant Joyner Lucas n'est pas vraiment le genre de mec à s'enfermer dans une case.  Que ce sont sur du boom bap ou de, la trap, voire des instru minimalistes, que ce soit en storytelling ou en pur ego trip, le mec est tout terrain.

    Une autre particularité ironiquement moins visible de Joyner Lucas, c'est le soin qu'il apporte à ses clips, qu'il corréalise pour la plupart d'ailleurs. Assez bien pensés en général, ils illustrent bien les storytellings avec une approche assez cinématographique. Il en profite d'ailleurs pour se mettre en scène de manière parfois originale et/ou discrète, dans la peau d'un personnage lambda (par exemple le dealer de taz au début du clip de Keep It 100, ou le criminel de Ross Capiccioni), ou n'apparait d'ailleurs parfois même pas du tout.

     

     

    Souvent là où on ne l'attend pas, surtout après avoir sorti un truc aussi fort que I'm not Racist, le mec est revenu peu après avec un projet en commun avec... Chris Brown. Un projet bien barré et bien golmon où, pour l'occasion la fameuse tête à claques s'est même mise à rapper et il faut le dire le résultat est plutôt pas mal.

    Enfin, il est néanmoins revenu récemment avec Frozen, un morceau sur les accidents de la route (...)  

    Bon on va rapidement oublier son embrouille foireuse avec Logic, le talentueux rappeur avec la dégaine de Big Flo et Oli. En plus d'être inutile, elle est loin d'être intéressante.

    Bref, s'il est habitué à des coups d'éclats et si son talent est reconnu par ses pairs, Joyner Lucas n'a toujours pas la renommée qu'il devrait avoir. A l'heure où un Lil Pump explose les charts avec un Gucci Gang aussi pathétique qu'efficace, Joyner Lucas (qui a "parodié" ce hit dans un remix improbable) attend encore son heure.

     

    En espérant pour lui que ce soit pour bientôt. Attention quand même à ne pas devenir le chargé de com des services sociaux.

     

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