•  

    Quand tu as Free et que ton offre VOD se limite à Canal Play:

     

     

     

    Quand tu récupères un compte Netflix:

     

     

     

     

     

     

     

    Quand ta tablette tombe en rade:

     

     

     

     

    Fuck dat shit, j'ai pris la tablette de ma femme (après tout elle s'est pas privée pour squatter la mienne à longueur de temps).

     

    D'ailleurs c'est marrant en voyant le (gros) catalogue, je me rends compte qu'ils proposent 90% des animes dont j'ai pu parler. Comme quoi ils ont bon goût parce que Aijin par exemple je ne m'y attendais pas.

     

     

    Mais bon, revenons en à notre série.

     

    Quelque part à L.A en 2004, les super héros ont le vent en poupe:

     

     

     

    John (Singleton): Hey Tyrese!

    Tyrese: Yo John, quoi de neuf?

    - Yo j'ai un pur projet sur le feu.

    - Raconte mec.

     - Voilà je vais monter un projet qui me tient à cœur. Tu connais Luke Cage?

    - Le comic? Bah ouais.

    - Et bien je vais bientôt le monter. Tout est verrouillé. Et je veux absolument que ce soit toi dans le rôle titre.

    - Sérieux? Trop cool!

    - Ouais c'est bien parti. Faudrait juste que tu prennes disons 15kg de muscle pour le rôle. T'es partant?

    - 15kg? Euh tu m'as déjà fait prendre 10kg pour Fast and Furious 2. 

    - Je sais mais c'est Luke Cage mec! Ca pourrait devenir le rôle de ta vie!

    - OK mais t'es sûr que ça va se faire?

    - T'inquiète pas, le projet est déjà bouclé à 90% mec. Il manque que toi.

    - Et ça va se faire quand?

    - Je dirais le printemps prochain. Ecoute, on programme une sortie pour juillet 2005 au pire. tout est verrouillé mec!

     

     

     

    Douze ans plus tard...

     

     

     

     

      

    Croyez-le ou non mais le dialogue (imaginaire) du haut de la page est pourtant tiré de faits réels. Quiconque connait Tyrese l'a vu en playboy pas très costaud dans le sympa Baby Boy(de Singleton déjà). C'est devenu un des acteurs fétiches de Singleton qui avait réellement le projet d'adapter le comic. C'est ce qui explique la grosse prise de masse de Tyrese à l'époque. Bon bah il faut croire qu'ils se font fait niquer finalement... 

     

     

    Résumé wiki:

     

    Suite à une expérience qui lui a donné une force surhumaine et une peau indestructible, Luke Cage (né Carl Lucas) s'est réfugié à Harlem où il multiplie les petits boulots. Il va devoir choisir d'utiliser ou non ses pouvoirs pour combattre le crime. 

     

     

     

     

     

     

    Je ne sais pas si je l'ai déjà dit (écrit) mais je ne suis pas un très grand fan des trucs de super héros. Certes j'ai un peu grandi avec les Strange, tout ça, mais ça a nettement moins marqué mon enfance que Ken le Survivant ou les Chevaliers du Zodiaque. D'ailleurs les films de super héros, les séries, je m'en branle total. Surtout qu'en général les séries sont bien pourries: DC avec Arrow (la moins pire), Flash (nulle), Gotham (horrible) et Marvel avec Agents of Shield (bien naze). Alors bon on m'avait dit du bien de Daredevil et de Jessica Jones mais bon la flemme un peu. Pourtant Luke Cage m'intéressait fortement.

     

    En fait  Luke Cage en y regardant de plus près, ce n'est pas vraiment une série de super héros à proprement parler. Je veux dire que le héros a des pouvoirs certes, on a droit à quelques allusions discrètes aux Avengers, à Daredevil, au Caïd et au Punisher, mais c'est tout. Tout le reste n'est ni plus ni moins qu'une ode à tout un pan de la pop culture américaine (afro américaine précisément), et renvoie bien plus allègrement à l'âge d'or de la blaxploitation et au hip hop qu'à la mythologie de Marvel. Avec son héros à la fois tombeur (comme tout bon héros noir qui se respecte), et torturé, son ennemi fan de musique toujours tiré à quatre épingles digne d'un caïd de Sugarhill, ses belles meufs qui ponctuent la série, ces guests à gogo (Raphael Saadiq, Les Delfonics, Charles Bradley, Faith Evans Method Man pour ceux que j'avais reconnus, d'ailleurs je viens de voir dans Wiki qu'il y a même Heather B. Je sais pas où ils ont été la chercher elle putain), ses références au hip hop (à commencer par Biggie même s'il ne vient pas de Harlem), sa bande son bien cool entre rap tendance Wu Tang (on entend des morceaux du groupe ou de ses membres solo à plusieurs reprises) et Soul à l'ancienne façon Isaac Hayes période Shaft. Tiens d'ailleurs vu qu'on est dans le clin d'œil il est marrant de voir que tous les épisodes ont pour titre un morceau de Gangstarr.  Bon perso n'étant pas un super grand fan du groupe (alors que paradoxalement DJ Premier est un des mecs qui m'ont fait aimer le rap) je devais connaître le nom de quatre ou cinq titres max mais ça reste un clin d'œil marrant à un groupe emblématique.

     

     

    You Know My Steez

     

     

     

     

    Bref, côté référentiel les mecs ont mis le paquet. Le truc c'est qu'ils l'ont suffisamment bien fait pour que ça ne passe pas pour du fan service "black is beautiful" bidon. Non, ils ont fait un truc propre, presque réaliste, avec un héros qui rappelle plus le Hulk de Lou Ferigno que celui de Bana/Norton/Ruffalo. D'ailleurs loin d'être uniquement dans le surfait, la série n'en oublie pas de renvoyer aux problèmes sociaux comme les bavures à répétition qui touchent actuellement le pays .

     

     

    La jolie Misty Knight (Simone Missick), inspectrice intègre dans un monde de corrompus

     

     

    Côté distribution hormis deux-trois transfuges de The Wire (Frankie Faison et l'éternelle espoir Sonja Sohn, que j'avais découverte dans Slam, et qui n'a jamais dépassé les seconds rôles remarqués) et un ou deux acteurs "à tête" comme Mahershala Ali, je ne me souviens pas avoir déjà vu le reste de la distribution.

     

     

    Cottonmouth (Mahershala Ali), un ambitieux prêt à tout pour la couronne de Biggie

     

     

     

    Niveau interprétation, concernant le rôle titre, si Mike Colter n'a pas un charisme des plus impressionnants, il correspond finalement assez bien au personnage de boy scout bien relou et ringard qu'est Luke Cage (il se fait vanner dessus à plusieurs reprises). D'ailleurs même physiquement, s'il est assez balèze, il n'a pas non plus une silhouette de mannequin avec les abdos mais un corps de guerrier à l'ancienne. Il correspond assez bien à l'esprit du show.

    Pour le reste, c'est impec: la mimi Simone Missick est impeccable dans le rôle de Misty (elle a un de ces sourires... et puis elle a un sacré corps qui justifie à lui seul le visionnage du pilote), Mahershala Ali pompe allègrement le registre déjà pas très fourni de Denzel "Franck Lucas" Washington (avec ses "my man" et tout), Alfre Woodward est très classe. Et puis, il y a la toujours mignonne Rosario Dawson, enfin je suis fan depuis son premier film (Kids de Larry Clark), même si elle ne dévoile pas son corps de compète (suffit de voir le film Transe pour s'assurer que... non rien j'allais faire une blague à la con). D'ailleurs chose intéressante c'est apparemment le seul personnage qui apparait dans les trois séries si j'ai lu (Dardevil, Jessica Jones, Luke Cage donc). 

     

    Luke Cage et Claire Temple (Rosario Dawson), qu'elle avait déjà croisé dans Jessica Jones

     

     

     

    Pourtant s'il y a un personnage vraiment au dessus du lot c'est le bien nommé Shades. D'abord à la limite du cliché avec ses lunettes, cet "homme de l'ombre" devient de plus en plus intéressant et charismatique à mesure de l'évolution de la série. Toujours froid et pragmatique Shades c'est l'éminence grise, le mec intelligent qui cherche davantage à partager le pouvoir qu'à régner seul. Et il a bien raison. Theo Rossi, qui l'interprète est parfait dans le rôle avec ce qu'il faut de cabotinage.

     

     

     

    Shades (Theo Rossi), le Machiavel de la série

     

     

    Certains ont apparemment regretté l'absence d'un antagoniste fort à Luke Cage (aucun n'a l'aura d'un Fisk par exemple) mais personnellement moi ça me va. Les méchants sont humains mais ont de la gueule et sont en ce qui me concerne à la hauteur d'un héros un peu plus ordinaire que la moyenne. De toute façon l'intérêt de la série est ailleurs.

     

     

    Plus hip hop qu'épique (il suffit de voir le combat final assez WTF qui, loin d'effrayer la population, prend des allures de battle), Luke Cage n'est pas une grande série à la HBO. Elle ne deviendra jamais une machine à Grammy façon Sopranos, ou True Detective. En revanche c'est un excellent divertissement à l'ancienne, un peu comme un mélange improbable de Hulk, Shaft et... Starsky et Hutch (!!) à la sauce Wu Tang (!!). Un truc archi référentiel aussi casse-gueule que réussi. En plus la BO composée par Ali Shaheed (ex A Tribe Called Quest) et Adrian Younge (inconnu au bataillon) est à tomber Et rien que pour ça, respect.

     

    Seul petit bémol: une pirouette scénaristique permettant de justifier le dernier acte qui est un peu maladroite mais rien de bien méchant. 

     

    Finalement la déconvenue de Tyrese et John Singleton est malheureuse, mais je ne suis pas sûr qu'ils auraient réussi à faire aussi bien. 

    Vivement la saison 2.

    Partager via Gmail Delicious Technorati Yahoo! Blogmarks Pin It

    votre commentaire
  •  

     

     

    Résumé Allociné:

     

    Après la mort de leur mère, Toby et Tanner Howard doivent éviter la saisie de leur propriété familiale. Ils décident alors de commettre une série de braquages, visant uniquement les agences d’une même banque : celle qu'ils doivent rembourser.

    Marcus Hamilton, un Texas Ranger bientôt à la retraite, se lancent à leur poursuite avec son adjoint.

     

     

     

     

     

    Taylor Sheridan est un sacré mec. Acteur de métier et Texan d'origine, il a joué de petits rôles dans tout un tas de séries telles que Dr Quinn, Veronica Mars, Walker Texas Ranger. Son of Anarchy lui permet d'obtenir un rôle plus important mais sa carrière ne décolle pas pour autant. Il décide alors de se tourner vers l'écriture. Bien lui en a pris: son premier scénario est porté à l'écran par Denis Villeneuve et devient un succès critique et public. Sa carrière de scénariste est lancée. Deux autres projets basés sur ses scénarii sont en cours, dont un avec Stefano Sollima à la réal. 

     

     

    Taylor Sheridan (ici dans Sons of Anarchy)

     

     

    N'ayant pas forcément accroché à Sicario, j'avais quelques réserves vis à vis du scénario mais elles étaient infondées. Sous couvert d'une histoire de braquage somme toute conventionnelle, Taylor Sheridan nous livre un beau portrait du Texas. A la fois fidèle aux clichés qu'on leur prête Comancheria en profite pour pour apporter un autre regard. Car le Texas a beau être la terre des cowboys, c'est avant tout un état multiculturel et rempli de paradoxes. A côté de la richesse du sol vivent des gens simples, à la mentalité rurale et souvent affectés parla crise. Au delà du film de braquage, Comancheria est un film sur un pays en perdition, où l'avidité des banques et des groupes pétroliers conduit à déposséder un peuple de ses terres et le mener à la perdition, tout comme l'ont été les Indiens avant eux.

     

     

     

    Toby et Tanner Howard (Chris Pine et Ben Foster)

     

     

    Avec son histoire de petites gens qui luttent désespérément face aux , on pense forcément à Steinbeck (du style Les Raisins de La Colère version braqueurs). Et avec un sujet pareil, il est facile de craindre que le film ne tombe dans le pathos. Heureusement, le film ne cède pas à la facilité du tragique complaisant et livre même quelques scènes marrantes avec quelques phases bien WTF qu'on imagine possibles qu'au Texas.

     

     

    Only in Texas

     

     

    Côté interprétation le film doit beaucoup à ses deux interprètes phares Ben Foster (qui a bien changé) et Chris Pine (qui arrive un peu à faire publier sa gueule de bellâtre). A leurs côtés, Jeff Bridges (qui m'a toujours fait penser à Kurt Russel avec des traits plus gracieux mais qui paradoxalement vieillit moins bien) cabotine sévèrement dans le rôle du gentil ranger amateur de blagues racistes, et Gil Birmingham (Le Jaguar, tous les Twilight... sacrée filmo mec) joue parfaitement son rôle de flic Indien placide.

     

     

    Marcus Hamilton (Jeff Bridges) et Antonio Parker (Gil Birmingham), de vrais "Texas Rangers"

     

    Très bien réalisé par l'Anglais David McKenzie (dont je n'ai toujours pas vu le réputé Starred Up), Hell Or High Water est un beau film qui au-delà de son histoire conventionnelle réussit à surprendre. 

     

    Bon film

     

     

    Partager via Gmail Delicious Technorati Yahoo! Blogmarks Pin It

    votre commentaire
  • Avec un titre pareil on s'attend à du lourd. Et à ce niveau on n'est pas déçu

     

     

     

     

    Résumé allociné:

     

    Arthur Bishop pensait qu'il avait mis son passé de tueur à gages derrière lui. Il coule maintenant des jours heureux avec sa compagne dans l'anonymat. Mais quand son plus redoutable ennemi enlève sa femme, il est obligé de parcourir le monde pour remplir trois assassinats impossibles. Et comme toujours, il doit faire en sorte que ses exécutions ressemblent à des accidents. Une course contre la montre sans relâche s'engage.

     

     

    Bon en fait vaut mieux pas mater la bande annonce qui raconte vraiment tout le film (comme si y avait du suspense en même temps).

     

     Mechanic Resurrection est un peu à Mission Impossible et Jason Bourne ce que Silphon Filter est à Metal Gear: un truc dans la même mouvance mais en nettement moins subtile et beaucoup plus bourrin. Encore que je suis un peu méchant avec Silphon Filter, j'aimais bien le côté "moins intellectuel" du truc. N'empêche avec le recul, je me dis que j'exagère carrément car côté histoire c'est plutôt Super Mario Bros en fait... 

     

    Arthur Bishop (Jason Statham), la classe en toute circonstance

     

    Quand on va voir un film avec Statham on sait ce qu'on va voir et là on en a pour son argent. Le film est bien marrant et bien débilos comme prévu avec un Jason Statham en pleine forme qui saute d'un téléphérique sur un deltaplane en toute décontraction, ou encore qui fait trois fois le tour de la terre en imaginant, planifiant et exécutant tous ses contrats en trois jours. Normal. Pas de pb c'est Statham. A côté Jack Bauer c'est Navarro quoi.

    Ca fait longtemps que j'avais pas vu un film comme ça, ça ferait limite plaisir. Pire qu'un Fast and Furious, on a vraiment droit à tous les poncifs du genre: Jason "Action Man" Statham se ballade régulièrement torse nu, histoire de prouver qu'il continue la fonte depuis Le Transporteur, Jessica Alba parade en bikini (mais ne montrera pas un bout de téton malheureusement), bref le cahier des charges est dûment respecté.

     

     

    Gina (Jessica Alba), la princesse Peach du film

     

    Le seul truc qui me fait un peu chier, c'est l'intrigue. J'avais déjà sorti l'exemple du mec qui va affronter tous les dangers du monde pour sauver la peluche de son gamin ici, bah là c'est pareil. Je veux dire le mec est tellement chaud qu'il va faire ce qu'il avait décidé d'arrêter, à savoir tuer des gens même méchants, tout ça pour les beaux bzez, euh les beaux yeux de Jessica Alba alors qu'il l'a rencontrée à peine 48h plus tôt (!!). Non mais sérieux, perso Jessica Alba ou pas j'ai du mal à comprendre la motiv' du mec, surtout qu'il l'a déjà niquée (lol). Ils auraient pu trouver un peu mieux franchement. D'ailleurs personnellement j'ai jamais compris la hype autour de Jessica Alba. OK elle est jolie mais bon, quand on regarde sa carrière, à part une série moyenne et un Sin City elle a fait quoi de bien? Elle a fait quoi tout court en fait? A ceci s'ajoute une scène d'action totalement inutile au milieu du film, comme si elle avait été écrite uniquement pour rallonger la durée du film (elle n'apporte absolument rien). Et enfin un sympathique personnage de méchant disparait en cours de route sans trop qu'on sache pourquoi. Un peu du foutage de gueule en somme.

     

     

    Jason Statham en pleine scène de remplissage de film

     

    C'est un peu dommage parce que l'aspect "comic" et second degré du truc fonctionne assez bien dans l'ensemble. Et puis bon les "contrats" sont assez jouissifs mine de rien (même si la scène de la piscine éclipse définitivement le reste).

     

    Côté interprétation par contre on est au top du cabotinage: Statham fronce les cils et contracte ses pecs comme jamais, la revenante Alba fait sa moue de gentille fille kidnappée par le grand méchant, les méchants sont caricaturaux au possible, Michelle Yeoh cachetonne sobrement tandis que Tommy Lee Jones en fait des tonnes comme il n'en avait pas fait depuis Batman. Bah oui quand on pense à lui on pense au grand acteur qui a joué dans Le Fugitif, Men In Black, JFK, No Country For Old Men ou encore le réal du beau Trois Enterrements, mais ce qu'on oublie c'est qu'il a aussi cachetonné dans pas mal de séries B dont un certain Piège en Haute Mer (un des meilleurs Steven Seagal). Clin d'œil ou ironie du sort il retrouve ici ses sous-marins.

     

     

    Tommy Lee Jones en plein cabotinage

     

     

    Bref, j'en dis pas plus: Mechanic Resurrection c'est un bon film de guignol dans la lignée de ceux de Timur Berkmambetov (Wanted et Lincoln Chasseur de Vampires), ou d'Hypertension qui préfigurait déjà le style Statham. En vrai si on enlève le casting, le savoir faire du bon Dennis Gansen (La Vague, Le Quatième Pouvoir etc.) et un peu de budget, c'est limite digne d'un Hollywood Night sans scène de cul (les vrais savent).

    Enfin, comme j'aimais bien Hollywood Night et que j'ai pas vu le premier, je pense que je vais me le faire très prochainement s'il est du niveau.

     

     Bête de film!

     

    Partager via Gmail Delicious Technorati Yahoo! Blogmarks Pin It

    votre commentaire
  • Une fois n'est pas coutume, le titre français (déjà pas terrible ceci dit) colle nettement mieux au film que le titre anglais un petit peu hors sujet.

     

     

    Je ne connaissais pas cette affiche mais apparemment Roland Topor l'a faite pour le film.

     


     

    Résumé Wikipédia:

     

    Trois années après avoir photographié la fin de la guerre, le journaliste japonais Shiomi Akutagawa revient au Viêt Nam pour reporter la situation actuelle du pays, les mesures prises par le gouvernement comme les mises en place de Zones Économiques Nouvelles. Accompagné par deux responsables des affaires culturelles, Le et Vu, il se met à douter de la spontanéité des scènes dont il est témoin dans une de ces ZEN. Il décide alors de s'en éloigner seul et fait la rencontre d'une adolescente de 14 ans, Cam Nuong.

     

     

     

     

    Tout le monde connait John Woo ou bien Tsui Hark, mais combien ont déjà entendu parler de Ann Hui? C'est bien dommage parce que malgré qu'elle tape dans un autre registre (en gros personne ne vole en tirant dans tous les sens dans ses films), elle reste une des plus importantes réalisatrices hongkongaises de son époque.

     

     

    Ann Hui

     

    J'ai un rapport particulier avec ce film. J'ai du le voir à 5-6 ans quand il est passé probablement pour la première fois (la dernière?) à la télé française, dans les Dossiers de l'Ecran sur France 2 (Antenne 2 à l'époque) pour être précis. Les Dossiers de l'écran.. Avant d'être le nom d'une rubrique à la con sur un obscur blog, c'est avant tout une émission thématique comprenant un film pour illustrer le propos, suivi d'un débat. L'ancêtre des soirées Thema d'Arte en somme. Et donc à l'époque ce film m'a putain de traumatisé. Il y a des images qui restent imprimées dans la rétine et des scènes qui s'inscrivent durablement dans la mémoire, comme par exemple une scène décrivant un gosse sautant sur une mine. Bref j'ai longtemps cherché ce film désormais introuvable en France (il n'est sorti qu'en VHS) sauf sur le Tube en 15 morceaux en VOSTA tiré d'un vieil enregistrement télé dégueulasse. Heureusement les voies du Net sont impénétrables et un "ami" me l'a trouvé en VOSTFR.

     

    Contrairement à ce qu'on pourrait penser, Passeport Pour L'Enfer n'est pas un film sur les boat people, ni même sur la guerre du Vietnam.  C'est un film sur l'après. Ann Hui a eu l'intelligence de mettre un héros japonais, comme un écho à la situation du Japon d'après guerre. Le héros comme il le dit lui-même perdu ses parents dans la Guerre et a passé son enfance dans un orphelinat. Aussi il retrouve dans Cam Duong un reflet de sa propre enfance.

     

     

    Shiomi Akutagawa (George Lam), un gentil photographe japonais un peu naïf

     

     

    A travers ce film Ann Hui livre un portrait très dur et sans concession du Vietnam d'après guerre. Un pays ravagé par la pauvreté et la misère que les autorités s'efforcent de cacher au reste du monde par une censure omniprésente exercé par un régime ultra répressif. Un peu l'image qu'on pourrait se faire de la Corée du Nord par exemple.

     

     

    Les restes d'un enfant ayant sauté sur une mine

     

     

    A noter que ça lui a causé quelques problèmes puisqu'elle s'est retrouvée au centre d'un conflit diplomatique. Le Vietnam, alors en pleine tension avec la Chine, a jugé que le film était un outil de propagande du régime de Pékin pour nuire au Vietnam (ils ont tellement mis la pression à la France que le film alors en sélection officielle à Cannes a du être présenté hors compétition à la dernière minute). Si le Japon est habituellement connu comme le pays asiatique fasciste et conquérant par excellence, il faut quand même rappeler La Chine reste également très bien placée dans le classement des emmerdeurs de première. C'est bien simple depuis Mao au moins, je crois que la Chine est entrée en conflit (parfois à la limite de la guerre) avec quasi tous ses voisins: le Japon certes mais aussi Taiwan (qui est en Chine pour les Chinois), La Russie, La Mongolie, Le Vietnam, l'Inde. Pas mal. Du coup c'est facile de se dire qu'Ann Hui aurait mieux fait de balayer devant sa porte quand on sait que Mao est à l'origine de plus de morts qu'Hitler (voire Staline je crois). Ce serait un peu lui faire un procès d'intention quand on voit qu'elle a dédié trois films à ce pays (dont The Story of Woo Viet avec un certain Chow Yun Fat). Et bien qu'il soit assez démonstratif par moments ce film reste un drame qui suit le destin d'une adolescente condamnée à la violence et à la misère.

     

     

    Cam Duong (Season Ma) et son petit frère qui tentent de fuir le Vietnam

     

     

    Côté interprétation si le film doit beaucoup à son interprète principal, George Lam qui est parfait en journaliste idéaliste, le reste de la distribution est carrée (notamment un jeune Andy Lau alors quasi débutant et déjà très prometteur) . Néanmoins c'est vraiment Season Ma qui porte le film dans le rôle de cette adolescente ni belle ni moche, déjà brisée mais suffisamment débrouillarde pour survivre à tout prix.  Dommage qu'elle n'ait pas fait carrière par la suite.

     

     

    Cam Duong en pleine séance photo improvisée

     

     

    Chose suffisamment rare dans le cinéma hongkongais pour le signaler, le film possède un très beau score.

     

    Bref, ce film, bien que controversé, reste 35 ans après sa sortie une petite perle, un drame très dur et cruel avec un final nihiliste qui a achevé de me déprimer.

     

    A découvrir.

     

    Partager via Gmail Delicious Technorati Yahoo! Blogmarks Pin It

    votre commentaire
  •  

    Tout va trop vite mes amis. Tout va beaucoup trop vite. J'ai maté le premier épisode le 19 juin si j'en crois le début de création de cet article (j'avais juste mis une photo) et on est déjà le 10 août. Comment ça on est le 25? Et merde...

     

     

     

     

     

     

    Résumé (d'Allociné):

     

    Au premier coup d'oeil, le révérend Jesse Custer n'a rien de spécial. Après tout il n'est qu'un homme d'église d'une petite ville, perdant peu à peu ses fidèles et laissant s'éteindre sa foi. Mais il va bientôt avoir la preuve que Dieu existe bel et bien. Et qu'"IL" est un sacré fils de... Avec sa petite-amie Tulip et un vampire nommé Cassidy, le voilà parti sur les routes américaines pour le trouver...

     

     

     

     

     

     

     

    Bizarre de retrouver Seth Rogen porter une série pareille. Seth Rogen? Mais si! Seth Rogen, le mec qui jouait le flic dans Supergrave (j'adore ce film, il en est coscénariste d'ailleurs), le pote de James Franco avec qui il aime bien faire le guignol dans des films comme The Interview ou encore C'est la Fin. Enfin quelque part c'est pas si étonnant vu qu'il a commencé dans la série "culte" outre atlantique Freaks and Geeks (avec James franco déjà mais aussi pleins d'autre futures valeurs sûres comme Jason "Marshall" Segel, John Francis "Bones" Daley ou encore Ben Foster).

     

    Pour en revenir à la série, il faut dire que j'avais moyennement accroché au pilote. Sachant qu'AMC a perdu deux de ses séries phares à savoir Breaking Bad (même si le spin off marche plutôt bien) et Mad Men, capitalisant tout sur The Walking Dead (que j'ai personnellement lâché au début de la saison 4 après avoir vu le Gouverneur marcher comme un clodo dépressif sans calculer les zombies, non mais lol), enfin bref sachant tout ça j'ai été curieux de voir le nouveau projet phare d'une chaine un peu en perdition.

     

     

     

     

     

    Aujourd'hui donc et quelques épisodes plus tard je ne sais toujours pas trop quoi en penser.

    Le rythme est assez particulier, les scénaristes ayant vraiment pris leur temps pour faire décoller l'histoire, du coup il se passe pas toujours grand chose.

    Il semblerait que les deux grandes inspirations de la série soient Breaking Bad (pour les intro, le midwest (le Texas remplaçant le Nouveau Mexique les tons sépias orangés et même la chaine de diffusion) et... Twin Peaks. Difficile de ne pas penser à David Lynch en voyant la galerie de portraits (humains ou non) tous plus bizarroïdes (voire malsains) les uns que les autres. C'est spé. Du coup comme dans les œuvres précitées, on se retrouve davantage à suivre le quotidien de cet ancien voyou revenu dans son village s'occuper de l'église de son père, un complètement perché, qui tise et tente vaguement de d'amener les paroissiens assister à ses offices. Hormis sa dégaine de mec à côté de la place, il se distingue d'un Constantine par exemple (avec lequel il entretient toutefois des similitudes) par le fait qu'il est dénué de cynisme dans sa volonté à prêcher. C'est un vrai boloss quoi. D'ailleurs Garth Ennis, le créateur du comic (ici coproducteur) a également travaillé sur Hellblazer, ceci explique cela.

     

     

     
    Jesse Custer (Dominic cooper), qui s'en grille une avant d'aller prêcher

     

     

    Pourtant contrairement à ce qu'on pourrait croire, la série n'est pas dénuée d'action. La petite vie "presque ordinaire" de Jesse (du moins jusqu'à ce qu'il ait conscience de son pouvoir) s'évertuant à  développer son église est régulièrement agrémentée de passages complètement WTF comme une partie de paintball improbable, la conquête de l'église ou encore une baston totalement épique avec un ange (!!). Entre les différentes révélations qui ont évoluer l'histoire, Preacher c'est avant tout une galerie de personnages complètement barrés: un vampire queutard et drogué, une criminelle déchainée, un pédo qui conduit un car scolaire (!!), un patron tout puissant dans la ville, qui possède une équipe d'hommes à tout faire/armée/larbins, un shérif désabusé et un ado à la face de cul (au sens propre). Et bien sûr des anges.

     

     

    Eugene Root, ou "Face de Cul" (Ian Colletti) 

     

     

    Du coup avec tout ce foutoir j'ai vraiment eu du mal à savoir sur quel pied danser d'autant plus que la série peut être assez froide par moments (notamment quand elle revient sur l'enfance du héros), parfois drôle, parfois gore et même glauque.

     En fait à travers toute cette galerie de personnages bizarroïdes, la série met en avant la dualité qui réside en chaque individu, chacun des protagonistes pouvant être un bel enculé ou quelqu'un de bien selon le moment.

    Côté distribution si j'avais un peu de mal avec Dominic Cooper et sa grosse tête carrée (le père de Tony Stark dans Captain America, je viens le voir sur Wikipédia) dans le rôle titre, mais il se révèle très convaincant au final, normal il est britannique. Le reste est top:  Joseph Gilgun, qu'on a pu voir entre autres dans This Is England (le film et la série) et dans Misfits, est toujours aussi bon (il a d'ailleurs plus ou moins le même rôle); Ruth Negga qu'on a aussi pu voir dans Misfits d'ailleurs est très bonne en Tulip, Anatol Yusef (Meyer Lansky dans Boardwalk Empire). En fait la majorité de la distribution est anglaise, donc bon.

     

     Cassidy (Joseph Gilgun), un vampire qui fait bronzette

     

    Pour la minute Closer: Dominic Cooper et Ruth Negga (Tulip, sa meuf dans la série) ont déjà joué ensemble au moins à trois reprises: sur Breakfast on Pluto (Neil Jordan, 2005), Preacher, et même  Warcraft (sisi). On pourrait croire que vu qu'ils sont ensemble depuis un moment apparemment et qu'ils ont mis un point d'honneur à tourner ensemble le plus souvent possible. Enfin on s'en tape en même temps.

     

     


    Tulip (Ruth Negga) qui a bien bronzé depuis la BD

     

     

    Vu que j'ai commencé cet article avec le premier épisode et que je le termine après le dernier je peux donner un avis plus complet. S'attachant à montrer la tentative de rédemption du héros dans une bourgade en pleine déliquescence, Preacher est une très bonne série remplie d'humour noir et à la narration en puzzle, qui doit probablement beaucoup à son matériau d'origine, mais qui est suffisamment prenante et originale pour mériter le visionnage. Le seul reproche que je pourrais lui faire et que cette saison a des airs d'introduction et donne donc un sentiment de frustration.

     

    Vivement la saison 2

     

    Partager via Gmail Delicious Technorati Yahoo! Blogmarks Pin It

    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique